
En 2018, année de sortie de Detroit Become Human, God of War ou encore Red Dead Redemption 2, un autre jeu allait faire son apparition et aussi faire parler de lui pour sa recherche poussée de réalisme : Kingdom Come Deliverance était né. Vivre une épopée au Moyen-âge, à la première personne, avec des contraintes réelles et historiques, telle était la vision de Warhorse, et le studio ne fera aucun compromis, il restera fidèle à sa vision. À la fois acclamé et décrié pour ce réalisme hyper poussé (on se souvient de la lourdeur et la lenteur des combats, du saignement, ou encore du crochetage, autant que des paysages somptueux, des bruits de la nature, de la vie des villages, des détails apportés aux équipements). Pour ma part, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé ce pointeur jaune familier du jeu au milieu de mon écran.
Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.
On Prend les Mêmes…
Nous nous trouvons au XVe siècle, en Bohême (République Tchèque actuelle). Dans le premier opus, Henry, fils de forgeron, a dû fuir son village natal, Skalice, après que ce dernier ait été mis à feu et à sang. En quête de vengeance suite au massacre de ses parents dans cet incident, Henry va trouver refuge auprès d’un seigneur voisin et commencer son ascension.
… et On Recommence
Nous sommes toujours en Bohême, au XVe siècle, et Henry, autrefois fils de forgeron, est maintenant écuyer de son seigneur et ami, Hans Capon, qu’il a rencontré dans le premier opus. Les deux compagnons vont être chargés d’apporter une missive à un seigneur voisin, mais tout ne se passe pas aussi simplement qu’ils l’avaient espéré…

Une Édition qui vaut son Pesant de Groschens
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit mot sur les éléments qui composaient le kit presse que j’ai eu la chance de recevoir, certains directement issus de l’édition collector. Les différents éléments étaient contenus dans un magnifique tote bag couleur crème en tissu arborant le blason du jeu. Je vous partage deux éléments importants qui y étaient : la carte de la ville principale du jeu (l’un des “trésors” de l’édition collector), ainsi que le magnifique steelbook disponible à la vente. Et, bien entendu, la version physique du jeu, composée de deux disques et contenant divers codes donnant accès au pass d’extension ainsi qu’à divers cosmétiques. En somme l’équivalent de la Gold Edition dans le commerce. L’ensemble est très qualitatif et augure du bon pour les personnes qui souhaitent se faire plaisir en acquérant l’une des deux versions du jeu (le collector contenant encore bien plus d’éléments).
Attention, les autres objets sur ma photo ne sont, à ma connaissance, destinés qu’au service presse.



Audentes Fortuna Iuvat
Pour commencer, si vous avez joué au premier opus, vous devez très certainement vous remémorer, soit avec nostalgie, soit avec une certaine appréhension, les combats. Pour ma part, les combats de Kingdom Come Deliverance premier du nom ont été une véritable torture !
Bien qu’ils restent très exigeants et dans la même veine, la difficulté a été assouplie, rendant ces derniers plus rapidement accessibles pour peu que l’on s’entraîne, que l’on prenne le temps, et surtout, que l’on soit patient. L’étoile de visée lors des combats est toujours présente mais a été légèrement simplifiée. Il faudra toujours parer et frapper au bon moment sur les parties non protégées de nos adversaires, tout en veillant à notre endurance. Heureusement, il existe dans le monde plusieurs PNJ qui vont partager leurs connaissances moyennant quelques Groschens (la monnaie du jeu) et vous former.

De plus, j’ai trouvé que l’expérience et les gains de niveaux étaient légèrement plus rapides que dans le jeu précédant. Ce qui permet d’évoluer plus vite dans certaines disciplines, telles que le combat à l’épée et ses différentes figures, le vol ou le crochetage, ou encore l’alchimie, pour ne citer qu’eux. Beaucoup de mécaniques de jeu sont à l’œuvre dans Kingdom Come Deliverance II, je ne vais d’ailleurs pas toutes les énumérer pour ne pas vous gâcher la surprise. J’en ai donc sélectionné quelques-unes qui me semblent bien représenter l’ambiance du jeu, en plus des combats mentionnés plus haut.

Commençons par Cabot ! Cabot est le chien d’Henry et va l’accompagner dans ses aventures ! J’ai adoré explorer la possibilité d’être un maître-chien et de bénéficier de son aide lors de combats, ou de son flair lorsqu’il fallait trouver une piste. Dans chaque ville et village il y aura la possibilité de jouer aux dés. Les règles sont simples et peuvent être assimilées à celle du poker (former différentes figures qui vont rapporter plus ou moins de points). De plus, tout au long de notre aventure, nous aurons la possibilité de collecter des dés pour agrémenter notre jeu, mais également des insignes qui, eux, vont influencer la partie grâce à des skills particuliers.



La forge et l’alchimie sont également des éléments importants, car nous pouvons forger et réparer nos propres armes ou encore préparer nos potions. Ces activités sont plutôt lentes et permettent de déconnecter, de passer un moment “cosy” dans le jeu en faisant des activités relaxantes. Enfin, le vol à la tire et le crochetage sont toujours de la partie. Le crochetage est toujours aussi contraignant, surtout à la manette, mais tellement satisfaisant quand on y arrive du premier coup !






Ce que j’ai trouvé moins satisfaisant, ce sont les mini-quêtes présentes au sein d’une quête principale que l’on pourrait qualifier de quêtes “Fedex”, car il s’agira généralement de rendre service à un PNJ pour obtenir en retour une information, qui va nous renvoyer vers une autre quête service et ainsi de suite. Bien que beaucoup soient facultatives, d’autres le sont moins et peuvent décourager. Je finirai en parlant de deux améliorations notoires qui m’ont fait très plaisir, à savoir le fait de pouvoir traverser les buissons sans devoir les contourner, ainsi que la roue du passage du temps, lorsque l’on se repose, qui ne ralentit plus lors de la dernière heure !

À Cheval sur le Réalisme
Tout comme dans le premier opus, le monde de Kingdom Come Deliverance II dans lequel évolue Henry est très vivant. Le jeu est beau. Très beau. Les matières sont bien rendues, les visages également, tout comme les textures. Je me dois par contre d’émettre un bémol sur l’effet de pluie que je n’ai vraiment pas trouvé beau. Particulièrement de nuit. Le jeu est déjà très sombre de base, donc de nuit la torche est nécessaire, et avec la pluie, ce sont les gouttes qui sont illuminées, ce qui crée un contraste trop marqué avec le fond très sombre. De plus, la pluie est représentée par des traits blanchâtres peu esthétiques.

Concernant le menu de Kingdom Come Deliverance II, il est aussi beau qu’il est impressionnant et fourni. En effet, il fourmille de détails, de stats, de menus, de sous-menus et peut faire peur au premier abord. Cependant, il est très semblable au menu du premier jeu et on finit par vite s’y retrouver. Nous retrouvons également le petit lièvre sous la barre de la boussole, qui indique comment les autres nous perçoivent (s’ils veulent nous combattre, s’ils nous cherchent, nous chassent, etc). Les PNJ ont leurs propres occupations. Il y a un cycle de jour et de nuit, ils réagissent lorsqu’on les bouscule, et Henry aura une réputation à tenir qui va influencer ses relations avec les différents personnages, les prix chez les marchands, etc.




Cependant, il arrive qu’il y ait certaines incohérences dans le comportement des PNJ. Tantôt on aide des personnages et ils nous accueillent à bras ouverts, mais juste après ils nous somment de partir car nous n’avons rien à faire là. Henry aura aussi une personnalité plus marquée car nous pourrons choisir ses répliques, tant lors de certains dialogues qui n’influent pas sur l’histoire, que lors des dialogues critiques. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir profiter des dialogues lors de mes balades à cheval avec d’autres compagnons en activant l’option qui permet de suivre le groupe en “autopilote”, ce qui permet au cheval de suivre tout seul le trajet et nous de simplement profiter des dialogues.

Cependant, j’ai trouvé que les choix n’étaient pas toujours limpides et qu’il n’était pas toujours facile de savoir qu’un choix allait nuire à notre réputation. Tout comme lors de la résolution de certaines quêtes, nous aurons différentes approches possibles : éloquence, chevaleresque, pot-de-vin… Que l’on pourra choisir en fonction de nos skills de départ, et ceux que l’on souhaite développer. Comme dans la vraie vie, Henry apprend et développe ses talents à force de les pratiquer. En effet, plus il va se battre, plus il va développer des compétences liées au combat, plus il pratique l’alchimie et apprend diverses recettes, plus il va la maîtriser… Chaque aptitude se divise en niveaux, et chacune d’elles se divise à son tour en sous-compétence que l’on peut choisir d’activer avec des points de compétence que l’on va gagner à force de pratique.


Tout cela participe à l’immersion, qui est vraiment toujours aussi réussie. Les aliments vont continuer de pourrir dans notre inventaire, sauf si on les fait sécher, nous devons toujours utiliser des bandages pour nous soigner et stopper le saignement, manger lorsque l’on aura faim sous peine de tourner de l’œil si l’on tarde trop, dormir quand Henry est fatigué, mais aussi nous laver… Big up au codex qui est très complet et superbement illustré, avec ses enluminures ! Contrairement au premier jeu, nous aurons ici la possibilité de pré-enregistrer 3 tenues et de passer très facilement de l’une à l’autre selon nos besoins (par exemple, une tenue pour le combat, une tenue pour la furtivité, et enfin une autre plus chic).

Il y aura aussi beaucoup plus d’éléments qu’il sera possible d’équiper. Henry va avoir des couches et des sous-couches pour avoir une tenue complète, et la plus fidèle possible historiquement. J’ai adoré le système de ceinture et de poches qui nous permettent d’équiper rapidement certains éléments pour les utiliser en un clic (ou presque) sans passer par le menu. Très pratique pour les bandages et autres potions. Vous l’aurez compris, tout cela relève mine de rien d’une interface qui, je pense, est avant tout destinée au clavier-souris. Cependant, pour l’avoir testé avec une manette Xbox tout du long, les menus restent tout à fait praticables.

Tant que l’on parle de l’immersion, parlons du système de sauvegarde… Si vous avez joué au premier opus, le schnaps du sauveur doit vous être familier. Pour les autres, il s’agit d’un alcool que l’on pourrait crafter ou looter qui, une fois utilisé, sauvegardait la partie à n’importe quel moment. Sinon, nous devions attendre de dormir dans un lit ou de passer un moment important dans la quête principale.

Dans Kingdom Come Deliverance II, il sera toujours question de sauvegarder à l’aide du schnaps du sauveur, d’avoir des sauvegardes automatiques à certains moments clés, de sauvegarder lorsque l’on va dormir, mais une nouvelle subtilité s’est ajoutée : la sauvegarde pour quitter le jeu. Personnellement, j’aime bien sauvegarder régulièrement, et pouvoir enfin sauvegarder à n’importe quel moment du jeu a vraiment été une libération. Même si cela me contraint de retourner au menu principal et de relancer le jeu, je préfère mille fois ce système à la contrainte du schnaps ou de me trouver un lit où dormir. Certes, cela casse un peu l’immersion, mais rejouer les dialogues pour tester les différents choix et voir les répercussions n’a pas de prix.

MédiévASMR
Comme à mon habitude, j’ai testé Kingdom Come Deliverance II en version française et en version anglaise. Pour les deux versions, j’ai trouvé que les doublages étaient qualitatifs et très justes. Du moins, pour le début du jeu, que j’ai fait en français le temps que l’anglais soit téléchargé. Cependant, j’ai vu que la version française du jeu en devait être entièrement refaite, certains PNJ étant particulièrement ratés. Pour ma part, j’ai continué le reste de l’aventure en version anglaise, ayant fait le premier opus dans cette langue. Et j’apprécie tout particulièrement la voix et les intonations d’Henry dans la langue de Shakespeare.

La synchronisation labiale est globalement réussie, même si par moments il y a quelques ratés, mais rien de dramatique. Le ton est sérieux et léger à la fois. C’est très agréable d’avoir une histoire qui mêle les deux. Le son de Kingdom Come Deliverance II est un vrai plaisir et lors de certaines balades dans les bois, on pourrait presque qualifier l’expérience d’ASMR tellement les bruits sont agréables, calmes, naturels.
La musique, quant à elle, est tout ce que l’on attend d’un jeu “historiquement” fouillé, à savoir des mélodies et des instruments qui collent parfaitement à l’idée que l’on se fait du Moyen-Âge. Elle est assez discrète, ce qui, une fois de plus, permet aux bruits d’ambiance d’être mis en avant. Mention spéciale à certains thèmes épiques qui possèdent une vibe hollywoodienne très années 50, nous donnant presque envie de passer le look de notre jeu en mode cinémascope.

Focus sur le Mode Photo
Kingdom Come Deliverance II s’offre le luxe d’un mode photo, pour mon plus grand plaisir ! Bien qu’il soit très (beaucoup trop !) minimaliste, c’est un vrai plaisir de pouvoir prendre des clichés d’Henry. Malheureusement, nous sommes loin de la qualité des modes photos d’autres jeux actuels. Ici, nous aurons juste la possibilité d’avoir une caméra libre (bien que restreinte sur la distance que l’on peut parcourir), zoomer, aller vers le haut ou vers le bas. C’est à peu près tout, on sent que ça n’a pas du tout été leur priorité, voir qu’il a été ajouté au dernier moment. Dommage de se priver d’un tel outil pour un jeu si abouti visuellement.

Avec une immersion aux petits oignons, un gameplay grandement amélioré et plus accessible, tout en restant très exigeant, Kingdom Come Deliverance II fait partie de ces jeux qui nous marquent et nous donnent envie de persévérer. En plus d’être magnifique, c’est très satisfaisant de comprendre une mécanique, d’évoluer dedans et de finir par la maîtriser. De plus, nous avons la possibilité de vraiment être immergés dans le XVe siècle, par exemple, en forgeant nous-même nos équipements, et en vivant les différentes contraintes par lesquelles Henry va passer tout au long de son aventure.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Immersion
Beauté du jeu
Différentes améliorations pour l’accessibilité
Diversité des activités
Sound design
Les points négatifs
Combats très techniques sans liberté
Réactions des PNJ pas toujours adaptées
Mode photo trop simpliste




