Aphelion

Les développeurs de Don’t Nod se sont associés avec l’Agence Spatiale Européenne pour leur toute dernière création : Aphelion. Reprenant ce qu’ils font de mieux, c’est une aventure narrative qui nous est proposée. Et vous l’aurez deviné, cette dernière se déroulera dans l’espace. Nous emmenant pour la toute première fois dans les étoiles et s’essayant donc dans le domaine de la science-fiction, c’est loin des aventures habituelles que nous décollons le 28 avril 2026.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Perséphone, une lueur d’espoir parmi les étoiles

La raison de notre présence dans l’espace est bien loin de nos préoccupations actuelle. S’il s’agit toujours de découvrir un peu plus cette immensité, l’urgence ici est surtout de trouver un nouvel habitat pour les humains. Nous sommes en 2060 et notre Terre est devenue inhospitalière. En cherchant un nouveau refuge, l’Agence spatiale européenne a découvert une nouvelle planète, Perséphone. Dernière chance de sauver l’humanité, la mission scientifique Hope-01 est déployée pour étudier la planète et y déceler une éventuelle possibilité d’abriter l’humanité. L’entière responsabilité de la mission repose sur les épaules des deux astronautes qui nous accompagneront tout au long de notre aventure : Ariane et Thomas.

Une mission d’une telle ampleur n’est pas sans risque. Premiers humains à explorer la planète, ils n’ont donc que des connaissances théoriques du terrain. Et comme tout ne se déroule jamais comme prévu, leur vaisseau s’écrase sur la planète, séparant leurs chemins.

Une exploration entre admiration…

Première chose particulièrement saisissante, tant pour nos astronautes que pour nous : la beauté des lieux. Couverte de glace par endroits, propices aux doux écoulements d’eau à d’autres, Perséphone est une planète magnifique. Sublimée par la direction artistique, la colorimétrie et les graphismes adoptés par l’équipe, c’est un véritable régal visuel que nous offre Don’t Nod. Et ce, même en dehors de la planète. Les personnages, les animations et les détails sont soignés et nous donnent une impression de finesse. Dans le même état d’esprit, l’apparition de l’ATH et la police d’écriture soulignent cette finesse caractéristique du titre.

Un visuel accompagné d’une bande-son particulièrement bien choisie. Cette dernière nous transmettant à la fois la solitude des lieux, l’atmosphère épique de la mission et la douceur du jeu, le tout avec des notes faisant écho aux univers de science-fiction. Ce doux mélange audio-visuel est particulièrement saisissant et prouve encore une fois que Don’t Nod excelle dans la stimulation des émotions, et ce rien qu’avec ces deux caractéristiques techniques.

…et désolation

Don’t Nod s’est finalement très peu essayé aux jeux d’action/aventure avec des phases de déplacement complexes. Si Banishers : Ghosts of New Eden nous avait conquis, l’apparition dans Aphelion des phases d’escalades couplées à une avancée linéaire dans un environnement bordé de murs invisibles complique la tâche.

D’un côté, une route toute tracée avec les éléments utilisables mis en avant. De l’autre, beaucoup de rebords, quelques endroits exigus et des zones inatteignables. En effet, si les parois des grottes forment régulièrement les limites, beaucoup de rebords nous empêchent tout simplement de tomber dans le vide. Ainsi, nous pouvons courir vers le précipice, notre personnage ne se trouvera que bloqué. Ces délimitations très obtuses nous bloquent parfois et il est parfois possible de s’en sortir qu’en bougeant aléatoirement dans tous les sens. Ajoutez à cela une hitbox des éléments bien trop généreuse et le Aphelion perd grandement en réalisme. Il est en effet très difficile de rater un point d’accroche. De plus, les déplacements les plus complexes d’Arianes sont rigides et généralement toujours dans le même plan. Nous sentons ici de très grosses lacunes sur le gameplay.

Dernier petit point négatif, la forme de l’histoire d’Aphelion. Si le fond est bien amené, captivant et touchant, la forme est un peu bateau. Prendre comme décor une mission pour explorer une nouvelle planète afin de sauver l’humanité, n’est déjà pas très original. Mais un élément que je ne citerais pas par risque de spoil, vient enfoncer le clou un peu plus. L’histoire semble s’inspirer un peu trop de The Invicible.

Un sujet qui touche, comme toujours

Choisir d’exploiter seulement deux personnages n’est pas un choix anodin. Coupé du reste du monde, facilement plus des trois-quarts de notre temps de jeu est orienté sur eux. Cela nous permet de plus facilement accrocher à ces protagonistes et de créer une forme d’attachement émotionnel. De même qu’un seul véritable ennemi nous pourchassera, lui donnant toute l’importance et la méfiance qu’il mérite, bien qu’il ne soit finalement ni très effrayant, ni très menaçant.

Si la sauvegarde de l’humanité est le point clé de la mission, un autre facteur viendra prendre de l’importance dans Aphelion : l’amour. Entre les responsabilités qu’incombent la réussite de la mission et les sentiments amenant à vouloir aider et retrouver l’autre, nos héros – surtout Ariane – se verront régulièrement tiraillés dans leur moralité. Quand le professionnel et le personnel se mélangent, ce n’est jamais de bon augure.

En dehors de la problématique humaine, des questions restent en suspens. Quid de Perséphone alors ? L’exploration de la planète nous apporte autant de questions que de réponse, nous tenant en haleine tout au long des six à sept petites heures du jeu. Cette courte durée de vie permet au moins de faire avancer l’intrigue à un bon rythme, évitant l’ennui et la répétitivité.

Une mission, deux approches

En ce qui concerne le gameplay Don’t Nod reprend avec Aphelion, la formule de Banishers : Ghosts of New Eden. Si dans ce dernier les deux protagonistes étaient jouables presque quasiment simultanément, un soin était apporté pour les différencier, chacun ayant ses particularités. Il en est de même ici. La grosse différence réside dans l’alternance des chapitres, chaque astronaute étant le seul et l’unique personnage jouable de son chapitre. Cela permet de suivre en même temps l’histoire des deux côtés, comme dans The Last of Us Part II.

Pour différencier nos deux héros, les développeurs leur ont donné deux gameplays bien différents. Ariane se retrouve plus dans l’action, escaladant et parcourant la planète à toute allure. Elle peut aussi manipuler l’environnement en utilisant le champ électromagnétique de la planète et son scanner. Thomas, blessé à l’atterrissage se retrouve lui à subir ses déplacements. Impossible d’escalader et le trou dans sa combinaison ne lui permet pas de bénéficier d’oxygène en permanence. Il devra ainsi plus utiliser son sens de l’observation et anticiper ses déplacements pour avancer tout en trouvant régulièrement des réserves d’oxygène. Hors de question de foncer tête baissée avec lui.

Tant qu’il reste un espoir

La mission Hope-01 s’est achevée très rapidement, mais la qualité de l’expérience audio-visuelle ainsi que la narration bien organisée – à défaut d’avoir obtenu toutes nos réponses -, annoncent un gros potentiel pour une prochaine aventure du même genre. Si nous avions accès à beaucoup de contenu annexe à l’histoire principale grâce aux différentes notes et fichiers audio d’Aphelion, il est difficile à accepter que toutes ces informations ne servent que d’explication aux phénomènes étranges se déroulant sur Perséphone. Si le choix de garder l’histoire centrée sur la relation de nos deux astronautes est compréhensible, il reste que de nombreux éléments auraient pu pimenter un peu plus notre aventure.

Pour conclure…

Aphelion est une réussite sur bien des points. Original, magnifique, ode à l’amour et aux regrets, les développeurs ont su marquer le coup en utilisant ce pour quoi on contait déjà leurs louages. Malheureusement, le gameplay, l’exploitation de l’environnement et l’histoire un peu trop courte nous laissent un goût amer de frustration.

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Le fond de l’histoire

Tout l’aspect audio-visuel est magnifique

L’utilisation des deux personnages de façon bien distincte

Les points négatifs

La forme de l’histoire

La courte durée de vie du jeu

Le gameplay

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