Banishers : Ghosts of New Eden

Les développeurs de DON’T NOD n’ont pas chômé en 2023 avec Jusant et Harmony : Fall of the Revery. Ce studio, dont la renommée a été portée par Life is Strange, avait même envisagé de sortir Banishers : Ghosts of New Eden en fin d’année. Mais face à d’innombrables sorties en novembre, Focus Entertainment et DON’T NOD ont décidé de repousser la sortie au 13 février 2024.

C’est donc après quelques mois d’attente que nous pouvons enfin mettre la main sur cette nouvelle création. Sortant DON’T NOD de ses sentiers battus en proposant pour la toute première fois un jeu d’action-RPG, Banishers : Ghosts of New Eden fait tout autant rêver qu’il nous fait douter. Sera-t-il à la hauteur de nos attentes ?

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Vole comme le papillon

Attaquons en premier l’histoire de Banishers : Ghosts of New Eden. Réputé pour ses narrations de qualité, DON’T NOD se devait de nous offrir une intrigue marquante. En s’associant à Focus Entertainment, à l’origine de chefs d’œuvres comme la série A Plague Tale, tout nous laissait présager un voyage extraordinaire aux côtés d’Antea et Red. Ce sont d’ailleurs les développeurs eux-mêmes qui nous l’ont annoncé sur X : 

J’ai personnellement trouvé l’histoire un peu longue à démarrer. Les deux premières heures n’étaient pas très concluantes, mais une fois le lore installé, me voilà saisie pour les six prochaines heures (et plus encore sans la fatigue). Banishers : Ghosts of New Eden, c’est l’histoire d’un couple de banishers. Des professionnels ayant pour mission de bannir les morts qui hantent les vivants. “La Vie aux vivants, la Mort aux morts.” Tel est leur crédo. Appelés par un ami pour venir lever la malédiction à New Eden, leur expédition tourne mal face au Cauchemars et les voilà loin de New Eden.

Déterminés à y retourner, ils croiseront en chemin des cas de hantises. C’est à travers ces cas que nous trouverons les plus belles, mais aussi les plus tragiques histoires. Car un cas de hantise, c’est un ou des vivants, hantés par un ou plusieurs fantômes de personnes qu’ils ont connues. Le rôle des banishers est de trouver la cause de la présence du fantôme. Ceci fait, ils exploitent alors un objet qui fait lien avec le monde des vivants pour invoquer le fantôme et décider de son sort, ainsi que du sort de la personne hantée. 

DON’T NOD renoue ici avec les jeux à choix. Les destins de notre couple, mais aussi des personnages secondaires se retrouvent soumis à nos jugements. Le studio a réussi à réaliser un bon jeu à choix, dans le sens où, certaines décisions seront incompatibles entre elles, nous forçant à faire des sacrifices.

Se déroulant à la fin du 17ème siècle en Amérique, nous voilà en plein cœur de la colonisation, où les villes sont peuplées de Colons. En adéquation avec l’époque, nous retrouvons des problématiques telles que la chasse aux sorcières, les épidémies ou encore les impunités religieuses. De même que nous retrouvons une ambiance un peu sombre, des lieux du passé et des habitants au style bien dépassé. Cependant, Banishers : Ghosts of New Eden traite aussi de sujets intemporels. C’est ainsi que nous nous retrouvons au cœur de conflits familiaux et amoureux, que la vengeance et la jalousie viennent alimenter.

Banishers : Ghosts of New Eden reste un jeu fantastique, dont le côté mystique prévaut sur le réalisme. Ainsi, il est tout à fait normal pour les colons de croiser un Banishers et par extension, l’existence des fantômes n’est pas remise en cause. Le monde de New Eden est lui-même empreint de magie. Si elle n’est pas visible pour le commun des mortels, notre vision dans la peau d’Anthea nous permet de révéler et d’affronter nombre de phénomènes surnaturels.

Âmes sœurs

Le gameplay de Banishers : Ghosts of New Eden tire son originalité par la dichotomie entre Red et Anthea. Le premier est vivant et démontre son utilité par une force moyenne au combat, avec un corps-à-corps armé ou des attaques à distance au fusil. Red est aussi le seul à pouvoir interagir avec le monde des vivants. À l’inverse, Anthea se montrera relativement faible avec ses poings ou très forte avec ses manifestations spectrales. En tant que fantôme, elle pourra interagir avec les éléments surnaturels. Une différence qui les rend complémentaires pour leur permettre d’avancer vers New Eden. De même que la résolution des cas de hantise se trouvera bien facilitée par les capacités spectrales d’Anthea. Ainsi, entre ses mains, nous pouvons mettre en avant les traces que les fantômes laissent derrière eux pour les analyser. 
Il peut être difficile de mettre deux personnages principaux sur un même pied d’égalité. Sur ce point, DON’T NOD a réussi à accorder autant d’importance à Anthea qu’à Red. Si Red est mis en avant sur la forme, en étant bien plus jouable par sa condition de vivant, Anthea est elle, mise en avant sur le fond. En effet, son histoire est plus détaillée, allant jusqu’à être au centre des préoccupations de certains passages de l’histoire.

L’équilibre dans l’importance qui leur est donnée réside même dans l’inventaire, où chacun dispose de 4 équipements pouvant être améliorés. Même au niveau des compétences, nous retrouvons à peu près le même nombre d’améliorations. Notez qu’en ce qui concerne ces dernières, nous obtenons des points pour les débloquer. Ces points étant différents pour Red et Anthea, il n’est même pas possible pour le joueur de privilégier un personnage à l’autre. À moins de ne pas dépenser tous ses points de compétences… mais qui fait ça ?

Travail à la chaîne

Banishers : Ghosts of New Eden est un monde ouvert immense découpé en cinq zones. Pour se repérer, une carte est disponible avec les principaux points d’intérêts. Ces derniers peuvent être mis en surbrillance, afin de pouvoir les localiser sur la boussole pendant le temps hors-menu. Notez d’ailleurs que cette boussole est particulièrement bien pratique. Au lieu d’indiquer la direction de la destination, elle s’adapte au déplacement du joueur. Ainsi, si un lieu doit être contourné pour accéder à notre objectif, la boussole s’adapte pour nous indiquer exactement le chemin à prendre. Cet atout est vraiment non-négligeable dans un monde ouvert aussi vaste, linéaire et garni d’obstacles en tous genres.

Si le côté linéaire du monde ouvert est un peu frustrant, nous obligeant à toujours suivre les sentiers sans y déroger, nous pouvons tout de même nous réconforter avec la fluidité du jeu. Entre les ouvertures de portes, les passages étroits et l’escalade, nous pouvons admirer la grâce avec laquelle les actions se déroulent. Bien que nous ayons parfois à affronter quelques mouvements un peu abrupts, notamment en combat.

En parlant de combat, DON’T NOD ne nous a pas offert une grosse variété d’ennemis, ni même d’attaques. Red a quatre attaques (corps-à-corps léger et lourd, attaque au fusil et bannissement), alors qu’Anthea ne dispose que d’une attaque légère aux poings et de quatre manifestations spectrales. Pour des combats un peu plus originaux, nous devrons jongler entre nos deux héros. Côté ennemis, nous faisons très vite le tour avec gros maximum une petite dizaine d’adversaires. Certains vont se montrer plus résistants à Red et inversement avec Anthea. Les combats ne se montreront pas très difficiles. Enfin si vous jouez en mode histoire, DON’T NOD nous propose ici 5 niveaux de difficulté. Du touriste au joueur chevronné, vous trouverez forcément votre place ! 

En ce qui concerne l’aspect audio-visuel, nous pouvons profiter d’un jeu particulièrement bien abouti. Si on retrouve parfois le même schéma dans la conception des murs, ou un recyclage de certains éléments, le jeu reste à mon sens très beau avec une direction artistique que j’apprécie beaucoup. Aucun clipping n’est venu troubler ma vision et les textures ont un aspect plus que satisfaisant. Sans être à la pointe du réalisme, les détails des décors et de nos personnages nous offrent un rendu vraiment immersif. Rappelons que Banishers : Ghosts of New Eden reste une production de DON’T NOD qui, malgré ses récentes sorties, reste un studio indépendant. 

La musique de fond se veut discrète, voire absente et notamment durant les combats pour laisser place à des bruitages bien adaptés. L’aspect sonore n’est jamais invasif et c’est vraiment une bonne chose pour se concentrer sur l’environnement. J’ai personnellement joué avec les doublages anglais que j’adore, mais ayant aussi joué en français pour ce test, je dois bien avouer que ceux-ci sont aussi très convaincants.

Techniquement, même si Banishers : Ghosts of New Eden s’en sort très bien sur pas mal de points, sa bête noire se glisse dans la navigation. En effet, le jeu freeze lorsque nous souhaitons aller sur le menu. Si ce n’est pas très dérangeant en période de calme, bien que sur une console PS5 cela fasse mal au coeur, c’est tout bonnement insupportable en combat. Ayant des doigts hantés, il m’est souvent arrivé de cliquer sur la flèche de gauche sans le faire exprès. Cette flèche ouvrant la carte, le jeu se met à s’arrêter quelques secondes avant d’ouvrir la carte. En plein combat, oui oui.

Jusqu’au-boutisme

Comme mentionné précédemment, le monde ouvert autour de New Eden est dense et immense. Les développeurs ont parsemé divers objets et cas de hantise sur la carte. Au cours du temps, les lieux changent et les diverses zones traversées nous offrent de nombreux environnements variés. Des bois à la mine en passant par les marécages, l’ambiance changera pour nous donner l’impression de découvrir un nouveau chapitre à chaque nouvelle zone.

Les quêtes sont particulièrement remplies de dialogues que nous pouvons passer. Cependant, l’histoire étant un petit peu complexe, être attentif aux échanges entre les divers personnages s’avère plus que nécessaire pour comprendre tous les tenants et aboutissants et ce, même des histoires secondaires. Car là réside aussi ce qui plaît dans Banishers : Ghosts of New Eden. Les histoires s’entremêlent et tout semble lié de près ou de loin. Des liens inattendus se dévoilent, nous permettant de connaître plus en profondeur l’histoire de New Eden. Le jeu reste tout de même un peu trop complet au niveau des dialogues. Il y a énormément de possibilités de discuter et même avec la meilleure volonté du monde, suivre tous les dialogues optionnels peut s’avérer lourd et inutile. 

Banishers : Ghosts of New Eden nous prendra une petite quinzaine d’heures pour l’histoire. Quant au 100 %, il nous faudra nous armer de patience et passer 40 à 50 heures à New Eden. Une bonne moyenne pour un action/RPG en monde ouvert. Ni trop long, ni trop court, nous pouvons profiter de notre jeu sans se lasser ni rester sur sa faim. Même si légèrement répétitif dans la résolution des cas de hantise, les histoires nous tiennent en haleine, évitant l’ennui. Le plus frustrant dans cette chasse au 100 %, réside dans l’importance de fouiller l’environnement. Certains coffres nécessitent des clefs et certains points d’intérêts sont nichés dans des coins difficiles d’accès. Heureusement pour nous, de nombreux feux de camp nous permettent d’effectuer des voyages rapides. De quoi nous faire économiser des centaines de kilomètres à pied !

Pour conclure…

Longtemps attendu, mais pour le meilleur ! Banishers : Ghosts of New Eden est la bonne surprise de ce début d’année. DON’T NOD excelle encore une fois dans la narration de son jeu. Mais plus encore ici, le studio a réussi à prouver qu’il pouvait offrir un RPG au gameplay attractif avec un monde ouvert copieux. Le tout animé d’un rendu fluide avec un aspect audio-visuel immersif. Loin de viser la centaine d’heures pour son 100%, les bannisseurs nous offrent tout de même un temps de jeu plus que suffisant.

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une bonne durée de vie

La narration excellente

Une ambiance immersive

Un gameplay atypique

Un grand monde ouvert

Les points négatifs

Les freeze pour accéder au menu

Les chemins très linéaires du monde ouvert

Des combats répétitifs avec peu d’ennemis et peu d’attaques

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