A Plague Tale : Requiem

Suite et fin de la duologie lancée en 2019, A Plague Tale : Requiem est un jeu d’action / aventure sombre et prenant, disponible depuis le 18 octobre dernier. Exclusif aux consoles next-gen, le jeu se joue également sur PC et sur Nintendo Switch via une version cloud. Ce test a été effectué sur la version PS5.

Requiem pour un roi

A Plague Tale : Innocence avait fait couler beaucoup d’encre lors de sa sortie. Tout droit sorti des Bordelais d’Asobo Studios, cette aventure dramatique impliquait peste noire, inquisition et deux frère et sœur confrontés à des horreurs sans nom au cœur de la France du 14ᵉ siècle. Après une fin relativement positive et l’espoir que les choses pouvaient s’améliorer, la réalité rattrape malheureusement très vite Hugo et Amicia dans A Plague Tale : Requiem. Et comme son nom le laisse deviner, ce requiem ne sera pas sans sacrifices.

Six mois après avoir fui leur Guyenne natale, notre duo se dirige vers la Provence. L’Ordre, une mystérieuse organisation d’alchimistes, leur a effectivement promis un refuge et la chance d’un nouveau départ. Mais l’infestation de rats qui a ravagé leur région les a suivis ! Détruisant et dévorant tout sur leur passage, ils déferlent sur le nouveau foyer d’Hugo et Amicia de Rune. Leur quête d’un nouveau chez-soi reprend ainsi dans la douleur…

Suspicieuse des réelles convictions de l’Ordre, Amicia décide alors d’embarquer Hugo en quête d’une mystérieuse île. Hugo n’a de cesse de la voir dans ses rêves, comme une prophétie. Cette île serait potentiellement en mesure d’aider Hugo à guérir de la Macula, le mystérieux mal qui le ronge. Ce mal se manifeste de plus en plus régulièrement, au grand dam d’Amicia. De plus, bien qu’il permette au garçon de communier avec les rats, il lui sera également fatal. La course contre-la-montre est lancée : Amicia va tout tenter pour trouver cette île, bravant bandits, soldats et les rats eux-mêmes. Comme dans Innocence, seule une source de lumière les repousse ; en son absence, c’est la mort assurée.

Temps sombres, méthodes sombres

A Plague Tale : Requiem reprend le gameplay à la troisième personne de son aîné, avec quelques améliorations au passage. Nous y incarnons Amicia, qui a un peu plus d’expérience avec les horreurs de son monde que dans Innocence. Un peu trop d’expérience même ; son engouement pour la violence envers ses opposants sera source de nombreuses péripéties. Armée de sa fidèle fronde, elle ne reste qu’une adolescente d’origine noble confrontée à des militaires ou bandits entraînés. La discrétion et l’élimination stratégique des adversaires seront donc toujours préférable au conflit ouvert. Ces derniers ne finiront que rarement bien pour Amicia.

À noter cependant qu’il est désormais possible d’échapper aux ennemis après avoir été détectée. Par la suite, Amicia sera également armée d’une arbalète et de couteaux consommables pour le corps-à-corps. En parallèle, elle peut combiner ses préparations alchimiques avec chaque outil pour créer des projectiles spéciaux. Fini de ce fait le menu radial un peu encombré du premier jeu ! A Plague Tale : Requiem propose un arsenal beaucoup plus intuitif et efficace.

Les préparations alchimiques habituelles pour allumer et éteindre des feux sont rejointes par un enduit de poix. Il permet d’augmenter la puissance d’une flamme brièvement pour éloigner les rats. Ce flash lumineux aura aussi pour conséquence d’aveugler les ennemis, ou de les rendre hautement inflammables s’ils sont visés directement. De quoi ouvrir de nouvelles stratégies, même pour les joueurs plutôt infiltration ! Un garde aveuglé, bien qu’alerté, ne verra pas Amicia se faufiler.

Les améliorations d’équipement restent liées à des établis. Cependant, Amicia peut désormais gagner en efficacité directement selon la manière dont elle est jouée. Passer une section hostile en étant exclusivement discrète fera monter la jauge d’expérience de prudence automatiquement. Cela permettra par exemple à terme de se déplacer plus rapidement accroupie. Un excellent système selon moi, qui change des sempiternels arbres de compétences traditionnels.

Une déferlante de rats

Hugo, quant à lui, peut assister Amicia via deux pouvoirs majeurs : la détection des ennemis à travers les murs et le contrôle direct des hordes de rats. Particulièrement dévastateur, ce pouvoir est une immense source de stress pour Hugo. Il faudra donc l’utiliser avec parcimonie. Le duo de Rune sera également souvent accompagné d’un autre allié, comme Lucas ou la pirate Sophia. Ces derniers disposent de capacités uniques, et seront surtout un accompagnement moral nécessaire tout au long de l’aventure.

Et le moral des de Rune sera malheureusement constamment mis à rude épreuve dans A Plague Tale : Requiem. Entre la mort et la destruction semée par les rats et les différents humains aux motivations malveillantes sur leur chemin, traverser la Provence puis l’île de la Cuna ne sera pas une mince affaire. Là où le premier jeu était déjà riche en scènes horribles, Requiem nous fera régulièrement traverser des moments écœurants. Des séquences de fuite impressionnantes sont aussi au rendez-vous ! On peut remercier les plateformes next-gen et leur capacité à afficher encore plus de rats à l’écran.

Une suite plus ambitieuse

Qui dit plus de rats, dit environnements plus grands également ! Les zones explorées sont nettement plus impressionnantes, que ce soit visuellement ou en termes de nombre d’ennemis simultanés. Il m’a fallu une grosse dizaine d’heures pour voir tout ce qu’avait A Plague Tale : Requiem en réserve, et chaque étape du voyage m’a bluffée. Le jeu passe sans effort de paysages provençaux typiques et chatoyants à des scènes de désolation qui font froid dans le dos, bien plus que dans Innocence. On est sur un des plus beaux jeux de cette année, sans le moindre doute, que ce soit visuellement ou au niveau du son.

J’ai joué au jeu avec les doublages français pour l’immersion et je ne regrette pas du tout. Bravo aux doubleurs qui sont globalement tous excellents. Les musiques, tantôt mélancoliques, tantôt légères, accompagnent les pas d’Hugo et Amicia à merveille. J’avais oublié à quel point l’effet dissonant de violon joué en présence des rats était dérangeant dans Innocence ! Requiem l’utilise à merveille, surtout dans les séquences avec Hugo.

Mon seul regret au niveau visuel : les visages des personnages. Ils demeurent un peu trop proches de ce qu’on aurait vu sur un jeu de la génération précédente. Rien qui ne brise l’immersion, mais quand le reste de la copie est aussi propre… Autrement, le mode photo est au rendez-vous pour profiter de la composition visuelle incroyable du jeu. J’ai vraiment envie de prendre les artbooks de A Plague Tale : Requiem pour en profiter davantage, c’est dire !

Pour conclure…

La progression de la Macula et la quête des de Rune sont l’occasion pour Asobo Studios de nous fournir une conclusion émouvante à la sombre épopée A Plague Tale. Le coup de polish sur le gameplay original est très appréciable, et le jeu en tant que suite remplit son cahier des charges à la perfection. Un incontournable si vous avez aimé le 1, ou si vous cherchez une expérience similaire à celle de la saga The Last of Us.

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points négatifs

Bloqué en mode qualité sans possibilité de choisir un mode performances

Quelques moments un peu frustrants

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