RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army

Entre nouveautés qui cartonnent et remasterisations de ses anciennes gloires, l’éditeur Atlus n’en finit plus de collectionner les titres à même de ravir les fans, même si cette fois il s’agit d’un jeu plus confidentiel du catalogue de l’éditeur nippon qui se voit remis sur le devant de la scène. Sorti initialement en 2006 sur PlayStation 2 sous l’intitulé Devil Summoner: Raidou Kuzunoha vs. the Soulless Army, ce spin-off de la saga Shin Megami Tensei revient aujourd’hui avec un tout nouvel écrin. Rebaptisé pour l’occasion RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, c’est donc le 19 juin 2025 que Raidou Kuzunoha quatorzième du nom a investit nos consoles, amenant avec lui le vent du changement. Une occasion unique de faire découvrir un pan de la série des Devil Summoner au grand public et nous avons répondu avec plaisir à cet appel démoniaque.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Dans la famille Shin Megami Tensei, je demande l’invocateur de démons…

Ce n’est un secret pour personne que la licence Shin Megami Tensei est l’une des saga comptant le plus de ramification, au point qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Entre les Shin Megami Tensei numérotés qui représentent le tronc principal de la série et les Spin-off comprenant les Persona, les Digital Devil Saga ou encore les Devil Survivor, les aficionados d’Atlus ont de quoi jouer, sachant que tous les titres partagent un bestiaire commun et un système de fusion des monstres. Dans le cas de RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, ce dernier fait partie de la branche des Devil Summoner au même titre que Soul Hackers et Soul Hackers 2.

Si les liens entre RAIDOU et la série principale sont assez ténus, il est à noter tout de même que Raidou Kuzunoha a fait une apparition en tant que personnage invité dans Shin Megami Tensei III : Nocturne HD Remaster, remplaçant du même coup Dante (Devil May Cry) présent dans l’édition Shin Megami Tensei III : Nocturne Maniax sortie auparavant. Mais il y a fort à parier que son implication est passée assez inaperçue vu la notoriété du personnage auprès du plus grand nombre à cette époque. C’est là que ce remaster va venir rebattre les cartes, permettant à l’invocateur de démons de toucher une plus grande audience grâce à une modernisation totale du titre.

Le cas Kaya Daidouji

A ce propos, RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army est-il réellement un remaster ? En effet, si l’on y retrouve une direction artistique assez proche de ce qu’elle était en 2006, une intrigue totalement identique et des angles de caméra fixes comme dans la version PS2, les nombreuses options de confort désormais disponibles, les visuels entièrement refaits (tout comme les doublages) et la modification du système de combat font que le titre d’Atlus, édité par Sega, se situe à mi-chemin entre le remaster et le remake. Mais nous y reviendrons plus tard. RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army commence en pleine ère Taisho (dans les années 1930), alors que le Japon s’ouvre à l’étranger et se prend de plein fouet les influences occidentales que ce soit en matière de littérature ou de technologies.

C’est dans ce contexte qu’un lycéen accède au titre de Raidou Kuzunoha XIV, un nom qui se transmet au sein du village Kuzunoha, d’invocateur de démons en invocateur démons. Malgré son statut d’étudiant, Raidou n’a pas vraiment le temps de profiter de la vie. Entre son boulot de détective le jour (au sein de l’agence de détective de l’étrange Narumi) et son rôle de protecteur de Tokyo pour le compte de la mystérieuse organisations Yatagarasu la nuit, l’ado et ses démons ne chôment pas. C’est lorsque la jeune Kaya Daidouji contacte Narumi pour lui demander de la tuer, avant d’être enlevée par des soldats rouges (au nez et à la barbe de nos héros) que les choses s’enveniment.

Lancé dans une enquête pour retrouver l’héritière de la puissante famille Daidouji, Raidou va se retrouver englué dans un complot aux ramifications bien plus complexes que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Il est vraiment difficile d’en dévoiler plus sans spoiler, mais sachez que l’intrigue est prenante et que l’on ne s’ennuie jamais durant la vingtaine d’heures nécessaires pour en venir à bout. Servie par un casting attachant, des dialogues pleins d’humour et de petites références, on se laisse irrémédiablement embringuer dans le récit que l’on veut suivre jusqu’à la fin.

Une Gouto dans l’affaire

Afin de résoudre l’enlèvement de Kaya, Raidou va devoir explorer Tokyo en long en large et en travers, menant ses investigations avec l’aide de ses familiers. C’est donc en utilisant les compétences spéciales de ses démons que Kuzunoha pourra découvrir des indices ou compléter des témoignages, en utilisant la capacité de vol ou de télépathie de ses compagnons par exemple. Ceux-ci étant invisibles du commun des mortels, il sera également possible de les envoyer investiguer seul dans des endroits inaccessibles au démoniste.

Petite cerise sur le gâteau, dans le remake une interface rapide permet de changer d’allié à la volée, éliminant ainsi la manipulation fastidieuse nécessaire dans l’opus original. Vous l’aurez compris, les trajets et autres aller-retours seront nombreux entre les divers point de la carte, assez étendue il faut bien le dire, mais là encore les développeurs ont pensés à nous en ajoutant au sein de RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, une possibilité de sprinter, des voyages rapides en tramway, sans parler d’un système de sauvegarde automatique et de sauvegarde rapide qui améliore beaucoup l’expérience de jeu. Cela étant, on se rend très vite compte que nos méthodes d’investigations sont simplifiées à l’extrême par rapport à l’opacité dont faisait preuve son modèle.

Il suffit d’avoir le démon avec la bonne capacité pour régler une affaire ou trouver une piste, et, si cela ne suffisait pas, Gouto ne se prive jamais de nous dire carrément quoi faire pour venir à bout d’une énigme. De plus, les informations disponibles sur l’écran de jeu atténuent encore plus la part de réflexion à déployer par le joueur qui se retrouve à faire ses recherches mécaniquement sans y prêter une grande attention. Un sentiment de répétition vient alors peu à peu entacher le plaisir de jeu et une option permettant de passer outre toutes ses aides aurait été appréciable.

En ce qui concerne les quêtes annexes, là encore, avoir les bonnes compétences de démons permet d’en venir à bout assez facilement et elles ne sont pas toutes passionnantes, loin de là. Regroupées dans le “Dossier d’affaires”, à vous de voir si vous comptez leur accorder du temps… ou pas !

Invoquez-les tous !

Autre changement notable par rapport à son illustre aîné, dans RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army les ennemis sont visibles, ce qui limite le nombre de combat et simplifie l’exploration en laissant au joueur le choix d’éviter la confrontation. Nous l’avons vu, les démons sont la base des pouvoirs de Raidou qui peut en invoquer jusqu’à deux en combat, ce qui n’était jusqu’à présent possible qu’à partir du deuxième épisode de la série : Devil Summoner 2: Raidou Kuzunoha vs. King Abaddon. Afin de compléter sa collection avec des alliés de plus en plus puissants, deux solution s’offrent à vous : soit les piéger dans des tubes au cours des combats, soit obtenir de nouvelles incarnations grâce au système de fusion, système que l’on retrouve dans absolument tous les titres estampillés Shin Megami Tensei.

Ici, c’est un savant fou du nom de Victor (petite référence au Dr Victor Frankenstein ?) qui officie pour créer des créatures hybrides, tout comme pour faire évoluer ses armes. Il en existe trois types : le katana, la lance et la hache, chacune possédant une sorte d’arbre de compétence menant à un arsenal de plus en plus puissant. Chaque arme aura des affinités élémentaires différentes et confèrera à Raidou de nouvelles capacités spéciales et passives, qui seront permanentes même si l’arme est par la suite déséquipée. Autre point, il sera important d’augmenter la jauge de loyauté de vos démons au maximum, ceux-ci vous offriront alors régulièrement des items ou des matériaux qui vous seront bien utiles. En ce qui concerne les combats, là encore RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army s’émancipe de la série des Shin Megami Tensei en optant pour des combats en temps réel de type action-RPG.

Pour vaincre ses adversaires, l’invocateur pourra, en plus de ses deux créatures de soutien (qu’ils agissent de leur propre chef ou qu’ils suivent vos directives), compter sur une attaque légère, une attaque lourde, un système d’esquive et des pouvoirs élémentaires. L’attaque légère occasionne des dégâts limités, mais permet de récupérer de quoi régénérer votre jauge de MAG, ce qui n’est pas le cas des attaques lourdes qui sont pourtant plus puissantes. Vous devrez prendre en compte que votre jauge de MAG ne sera pas vidée uniquement par vos attaques magiques, mais également par celles de vos démons. Il sera donc impossible de rester totalement en retrait sous peine de voir vos compagnons dans l’incapacité d’attaquer. Raidou dispose également de deux attaques spéciales, une s’activant au remplissage d’une jauge spéciale et la deuxième, bien plus puissante, lors d’une esquive parfaite.

En prime, une fois lancée, cette attaque restaurera énormément votre jauge de MAG. On retrouve aussi l’intérêt de cibler les faiblesse des ennemis, afin de les vaincre plus facilement, la facilité de changer de démons à la volée aidant à répondre à tous les cas de figure avec efficience. Cependant, les combats émaillant votre parcours ne représentent pas un grand challenge et un sentiment de redondance peut survenir au bout d’un moment (heureusement la difficulté peut être changée en cours de partie). A contrario, lorsque l’on se confronte à un boss ce n’est plus la même limonade et, mis en confiance par l’accessibilité des combats précédents, on se retrouve face à un pic de difficulté soudain, exigeant de maîtriser des schémas spécifiques pour battre chacun de ces gros ennemis. Il ne sera alors pas rare de s’y reprendre à plusieurs fois avant de remporter la victoire.

Raidou, dur et dingue

Depuis que j’ai découvert les productions made in Atlus avec Persona 5, je me jette sur tout ce qui a rapport de près ou de loin à Shin Megami Tensei. Après m’être régalée avec Persona 3 Reload et Metaphor: ReFantazio j’étais curieuse de découvrir RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, pour la première fois traduit intégralement en français. Il faut bien le reconnaître je n’ai absolument pas boudé mon plaisir et j’ai apprécié mettre mes pas dans ceux du mutique Raidou, de son sarcastique “chat” Gouto, du blasé Narumi et même de la maladroite Tae. On s’attache vite et facilement aux protagonistes, ce qui permet de passer outre les quelques bizarreries de l’intrigue.

De mon point de vue, il est extrêmement dommage que le volet enquête soit réduit à son plus simple appareil, tant j’aurais adoré faire chauffer mes cellules grises et fouiller partout pour récolter indices et témoignages. Si j’ai beaucoup aimé m’immerger dans le Tokyo de l’ère Taisho, les quelques redondances m’ont parfois fait passer en mode pilotage automatique et je pense être passée à côté d’informations importantes. Ainsi lors du combat contre un boss ayant la forme d’un globe oculaire, mes démons se sont retrouvés incapables d’agir durant une très longue période sans que je comprenne ni pourquoi, ni comment faire pour y remédier. J’avoue également ne pas encore avoir bien intégré comment défile le temps en jeu, ni à quelle vitesse, ce qui m’a valu de devoir attendre sur place assez longtemps quand une quête annexe demandait un timing particulier.

Pour autant, je dois avouer qu’après 24 heures passé sur RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, je suis contente d’avoir eu la possibilité de le découvrir dans cette forme modernisée qui pourtant respecte parfaitement son modèle original. Une excellente occasion pour Raidou de sortir des ténèbres et de se faire connaître du grand public, d’autant que le remaster d’Atlus est une excellente porte d’entrée sur la saga, à la fois prenant et accessible… Peut-être un peu trop d’ailleurs.

Pour conclure…

Encore une fois, Atlus a frappé fort avec RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, en proposant un titre fidèle à son modèle tout en arborant un aspect bien plus actuel, capable de contenter les vétérans de la licence tout autant que les nouveaux venus. Un action-RPG plus qu’honnête, qui, s’il n’a pas la flamboyance d’un Stellar Blade ou d’un Final Fantasy 7 Rebirth, possède d’autres atouts à faire valoir, comme un casting sans faute de goût, un système de combat intéressant et une intrigue prenante qui saura vous faire passer outre ses autres défauts. Certes, le rendre accessible au plus grand nombre s’accompagne d’une simplification à outrance et d’une baisse drastique de la difficulté, mais comme on dit, l’Enfer est pavé de bonnes intentions.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une refonte graphique et des doublages flambants neufs pour moderniser le titre tout en conservant son identité si particulière

Un système de combat en temps réel jouissif et addictif

De nombreuses options de confort sont disponibles pour rendre le jeu plus accessible

Le lore commun aux Shin Megami Tensei qu’on est toujours content de retrouver

Entièrement traduit en français

Les points négatifs

Le volet enquête réduit à presque rien

Des combats un peu répétitifs au bout d’un moment

Des pics de difficultés qui surviennent avec les boss alors que les ennemis de base ne représentent pas un gros challenge

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