
Allier l’aventure narrative en solo avec le plaisir de partager une histoire en multijoueur, voilà l’épreuve dans laquelle s’est lancée THQ Nordic. Avec Tides of Tomorrow, une nouvelle façon d’explorer la narration s’ouvre à nous. L’originalité du concept se matérialise par une expédition influencée par les choix du joueur que nous suivons. Les péripéties des joueurs de Tides of Tomorrow se suivent donc et chacun influence son prochain. Dis comme ça, c’est un peu brouillon et pourtant, le concept est finalement très simple. Si votre curiosité a été piquée, ce test vous en dévoilera un peu plus sur l’intrigue et les mécanismes qui régissent Tides of Tomorrow.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Plastémie, mon ennemie.
Commençons par un brin d’histoire. En vue à la première personne, nous nous réveillons dans la peau d’un.e Tidewalker. Se traduisant par « marcheur des marées », cette appellation définira notre aventure. Repêché en mer par Nahé, nous sortons la tête de l’eau en ayant absolument tout oublié. Nous voilà dans un monde sur lequel un déluge s’est abattu. Une maladie mortelle nommée la Plastémie a envahi la Terre. Aucun remède ne permet de se soigner, seule une boisson, l’Ozen permet d’en atténuer les symptômes. Les Tidewalkers tout comme les humains, ne sont pas épargnés par cette pandémie. Il nous faudra donc nous procurer de l’Ozen tout au long de notre périple pour espérer ne pas périr.
L’Ozen n’étant pas en quantité illimitée, elle se retrouve donc au cœur de toutes les attentions. Contrôlée par les maraudeurs, cette source de conflit nous guidera au travers de différentes rencontres. Groupuscules ou personnages singuliers, nombreuses seront les tensions, mais la lutte contre la Plastémie ne se fera pas non plus sans un travail d’équipe. C’est là que les Tidewalkers ont toute leur importance. Peu commun, leur arrivée a été annoncée par une prophétie annonçant la fin de la Plastémie. Leur particularité ? Ils peuvent avoir des visions du passage d’anciens Tidewalkers.


Suis-moi, je te fuis
Au début de la partie, nous choisissons un joueur à suivre. Que ce soit l’un des membres de THQ Nordic, un ami ou un parfait inconnu, son aventure et ses choix influenceront votre histoire. Les chapitres s’articulent au milieu de l’océan, où nous pouvons rejoindre les différents lieux, théâtres de l’histoire. Si la majorité des chapitres nous proposent de suivre le joueur choisi au départ, certains peuvent nous emmener marcher sur les pas d’un autre joueur. La nature des choix des Tidewalkers précédents est indiquée avant de se lancer dans les chapitres, nous permettant par la suite de deviner certaines de leurs décisions.
Facultatifs, les événements océaniques s’apparentent à des quêtes secondaires, très rapides. Se manifestant par différents mini-jeux, ces derniers nous proposent des courses, des batailles ou encore du marchandage. Le but premier de ces événements est de nous permettre de gagner de l’Ozen ou de la ferraille, monnaie principale du jeu.


Des sujets sérieux sur un fond léger
Traitant de la maltraitance animale, de maladie mortelle et globalement de la destruction de tout l’écosystème, Tides of Tomorrow n’a rien d’amusant au premier abord. Mais avec une direction artistique colorée, cubique et enfantine, ces sujets sont vite dédramatisés. Ajoutez à cela une bande-son qui n’a rien d’angoissant ou d’épique, mais plutôt axée sur un côté festif. Le jeu est tout public, peut-être même dirigé vers une clientèle assez jeune. Aucune réelle violence, aucun mot plus haut que l’autre, une avancée linéaire et un gameplay très faciles, mais ça n’en fait pas pour autant un jeu puéril. Les dialogues et Tides of Tomorrow n’infantilisent pas le joueur et le jeu reste plaisant pour tout adulte souhaitant juste profiter d’une aventure sans prise de tête.
Là où Tides of Tomorrow perd de l’intérêt, c’est bien sur la difficulté du jeu. C’est bien simple, il n’y en a aucune. Très peu d’exploration, nous sommes guidés par la main et les quelques moments un peu plus délicats comme les infiltrations restent très courts et très faciles. Si aucun bug n’est à constater, le visuel très simple et la vue en première personne nous faisant penser à un Mirror’s Edge au gameplay simpliste peut en freiner plus d’un.


Un concept intéressant, mais perfectible
Pour exploiter le concept d’une histoire modifiée par les choix des joueurs précédents, les développeurs ont choisi d’exploiter la notion de visions. D’un simple maintien de la gâchette, nous entrons dans un mode nous permettant de voir les endroits où nous pouvons visionner des moments du passé. Il nous suffit de nous rapprocher des orbes pour dévoiler les actions du Tidewalker précédent. À ça, s’ajoutent des informations que nous pouvons récolter des PNJ, nous informant par exemple que le dernier Tidewalker a mis un sacré bazar dans les lieux ou au contraire, a aidé les habitants.
Certaines petites énigmes se résolvent avec ce concept et nous pouvons nous aider de ces visions pour trouver la voie à suivre. Malheureusement, ces visions sont parfois inutiles et les énigmes proposées sont encore une fois, beaucoup trop courtes et faciles. Le fait de visualiser les choix d’un autre joueur est pourtant un terreau fertile à des puzzles bien plus complexes, permettant d’exploiter l’environnement et des mécanismes de gameplay plus complexes que ce qui nous est proposé ici.
Si l’histoire est globalement cohérente avec des parallèles aux autres Tidewalkers plutôt logique, certaines scènes paraissent temporellement assez incohérente. On ressent bien l’effort des développeurs pour limiter ces illogismes, mais certaines situations restent tout de même très bancales. On ressent notamment souvent l’impression que les personnages secondaires revivent plusieurs fois les même aventures.


Un sentiment de trop et de trop peu
Concernant mon expérience personnelle, j’ai trouvé l’histoire trop longue, avec trop d’arcs narratifs qui s’enchaînent. Huit personnages secondaires nous accompagnent dans l’histoire, mais si certains sont bien exploités, les relations avec d’autres sont dénuées d’intérêt, voire un peu chaotique. Si on retrouve une dualité méchants/gentils, certains conflits perdent un peu de leur sens avec des personnages et des situations qui auraient pu être plus traités en profondeur.
Le gameplay donne aussi ce ressenti de vide et de trop-plein. Beaucoup de visions sont disponibles et nombre d’entre elles sont complètement futiles. Comme si elles venaient rythmer notre avancée qui est bien souvent un ennuyante de par un gameplay assez limité et un environnement relativement pauvre. Les personnages que nous ne croisons qu’à un seul moment de l’histoire sont aussi souvent peu marquants. Si quelques-uns se démarquent par une histoire émouvante, la majorité ne servent qu’à meubler.
Pour finir sur une note positive, il est important de mettre en avant l’originalité de certaines scènes. Avec des petits défis ou situations à gérer qui parfois nous met en concurrence avec le joueur que nous suivons. Ces derniers permettent de varier le gameplay et d’apporter un peu de challenge en mode multijoueur.


Tides of Tomorrow propose un concept intéressant qui est bien amené et bien exploité. Cependant, le jeu souffre d’une histoire parfois mal narrée et d’un gameplay qui aurait pu être plus complet. Proposant des thématiques sérieuses et d’actualité, la gravité de la situation est contrebalancée par une direction artistique un peu enfantine. Du bon, du mauvais, la base est très bonne, mais la narration et le gameplay auraient nettement pu apporter une meilleure expérience vidéoludique.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un concept intéressant
Des thématiques parlantes
Des défis ludiques
Certains personnages secondaires attachants
Les points négatifs
Un gameplay assez pauvre
Une narration bancale
Beaucoup d’éléments inutiles dans un monde assez vide
D’autres personnages secondaires mal exploités




