
En mars 2020 les joueurs avaient vu débarquer un petit ovni auquel personne ne s’attendait : Biped, titre clairement orienté coopératif développé par NEXT Studios. Suite au bon accueil réservé à leur titre, les équipes de développement se sont donc remises au travail et c’est en avril 2024 qu’ils ont annoncé une suite : Biped 2 prévu pour une sortie à l’horizon 2025. Chose promise chose dûe, Biped 2 à donc débarqué sur PC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch le 5 novembre 2025 avec son lot de nouveautés annoncées. Cependant, dans les faits, c’est bien plus compliqué que ça…
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
On prends les même et on recommence
À la base, Biped est né d’un heureux accident : alors que deux développeurs de NEXT Studios étaient plongés dans le développement d’un autre de leurs titres, ils se sont rendu compte qu’essayer de faire grimper des robots à quatre membres indépendants en utilisant la physique Ragdoll tenait de la gageure. Ils ont alors eu l’idée de les priver de bras pour se concentrer uniquement sur les jambes. Biped était né ! Après un développement d’à peine deux ans, Aku et Sila se sont lancés à l’assaut des PC, PS4 et Nintendo Switch du monde entier.

Portés par un concept centré sur la coopération à deux, ces petits robots aux jambes contrôlables indépendamment l’une de l’autre ont su trouver leur public et se tailler une bonne réputation au sein des jeux à la It Takes Two et autres Split Fiction. Cinq ans ont passé depuis et Biped 2, qui promettait de belles nouveautés, nous est tombé entre les mains. Une chose est désormais certaine : la suite s’inscrit dans la droite ligne de son aîné. Beaucoup trop, d’ailleurs.

Outre l’ajout de deux nouveaux héros, d’un mode coopération à quatre joueurs, de modes de déplacements inédits et de nouveaux types d’obstacles, Biped 2 reprend point par point l’esthétique de son grand frère, que ce soit au niveau de certains environnements ou de son menu. Pire encore, les tutoriels sont exactement les mêmes d’un jeu à l’autre, tout comme un certain nombre de musique, ce qui fait d’emblée grincer des dents. Cela étant, nous n’avions pas encore plongé dans l’histoire…
Qu’est-ce qui marche à deux pattes le matin, à deux pattes le midi et à deux pattes le soir ?


C’était déjà le cas avec le premier volet et Biped 2 ne fait pas exception : l’intrigue est ici plus que secondaire, ne servant que de prétexte pour envoyer nos robots en mission de sauvetage sur une planète menacée. Après avoir réactivé toutes les balises de la Terre, Aku et Sila, revenus à bord du vaisseau Onion, reçoivent un nouvel appel de détresse venant de la planète Tau, dont la structure est compromise par le même type de panne. Cependant, pour cette mission à haut risque, ils ont désormais deux nouveaux alliés sur qui compter : un robot chat et un robot punk que le studio n’a même pas pris la peine de nommer.

C’est reparti pour un tour : nous voilà catapultés seuls, à deux ou à quatre sur la planète Tau où un shaman va nous guider pas à pas (c’est vraiment le cas de le dire) au travers des 17 niveaux nécessaires pour réactiver les inverseurs de puissance. Il faut bien le reconnaître : Biped 2 a une direction artistique très mignonne et colorée qui plaira autant aux adultes qu’aux enfants. Les musiques, elles, ne sont pas entêtantes et collent bien à l’ambiance, ce qui permet d’avancer à son rythme sans être obligé de couper le son.


Ce sont donc six biomes différents qui nous attendent, allant de la forêt au royaume des lotus, en passant par les rocheuses, le niveau de glace, le temple de pierre et les falaises du couchant. Pour ceux qui ont déjà testé Biped, cela rappellera forcément beaucoup de choses. Heureusement, les nouveaux venus auront de quoi découvrir durant les cinq heures nécessaires pour boucler l’aventure (une durée qui peut augmenter drastiquement suivant votre capacité à déjouer les pièges sur votre chemin).
Frustration quand tu nous tiens…

Mettons les choses au point d’entrée de jeu : votre taux de réussite dans les niveaux de Biped 2 tiendra plus de la chance que de l’habileté. Le principe reste inchangé : chaque stick de la manette est couplé à une jambe du robot (stick droit pour la jambe droite, stick gauche pour la gauche). Vous devrez donc alterner les mouvements pour avancer, sauf sur terrain lisse où il est possible de glisser en poussant les deux sticks à fond pour gagner de la vitesse. Toutefois, ces méthodes de déplacement s’avèrent au final d’une précision discutable et il ne sera pas rare de tomber du parcours à cause d’une micro-erreur de calcul.

La jouabilité n’est d’ailleurs pas aidée par les caméras fixes, dont les angles sont parfois loin d’être optimaux pour juger de la profondeur ou de son placement lors de certaines épreuves. D’autre part, le challenge est assez corsé. Le titre ne dispose que d’un mode « Facile » et d’un mode « Dur », ce qui veut tout dire. Même après avoir fini l’aventure (si vous n’avez pas craqué avant), vous n’aurez jamais la sensation de pleinement maîtriser le jeu, ce qui est très frustrant. Cela étant, Biped 2 a été pensé avant tout pour la coopération à deux et je vous conseille de vous en tenir là, le passage à quatre joueurs rendant les niveaux trop chaotiques pour être réellement amusants.

Côté technique, après avoir testé le multijoueur en « coop locale » et « en ligne », il se trouve que le online offre une expérience bien plus stable, là où le local souffre de légers ralentissements visibles (un comble !). On note tout de même une très bonne adaptation des épreuves entre la campagne solo et le multi, même si les passages solo où l’on est couplé à un robot (que l’on contrôle également) sont particulièrement éprouvants, la faute à une précision plus que limite du bot allié.

Enfin, concernant les nouveautés, certaines épreuves sont bien trouvées (le wagon sur rails, la rampe de glisse), tandis que d’autres sont plus dispensables (le deltaplane, la chasse aux élémentaires). L’embêtant, c’est que toutes ces mécaniques sont utilisées jusqu’à plus soif, ce qui complique le fait de rester motivé pour aller au bout de l’expérience, voire de relancer Biped 2 une fois terminé. D’autant que la fin qui vous attend est pour le moins… surprenante, dans le mauvais sens du terme.


J’ai deux pieds gauches !
Quand on m’a proposé le test de Biped 2, j’y ai immédiatement vu l’occasion de me lancer dans une aventure mignonne en compagnie de mon mari et de mon fils. En effet, après avoir coopéré en se passant la manette pour débloquer toutes les fins de Silent Hill f, nous cherchions un nouveau challenge à faire à deux avec mon époux. Mauvaise pioche, tant pour l’un que pour l’autre. Je dois bien reconnaître que si nous avons réussi à éviter de justesse l’engueulade avec mon mari, mon ado, qui gère très mal la frustration (il suffit de l’entendre rager quand il joue), n’a que très peu apprécié l’expérience.



Si mon niveau de jeu n’est pas excellent, ce n’est pas leur cas (ils ont platiné Super Mario Wonder) et malgré cela, nous avons eu toutes les peines du monde à avancer dans les niveaux. Je me souviens notamment d’un rouleau à traverser en posant la patte du robot correspondant à la couleur qu’il prend et qui, parfois, disparaissait sans aucune explication, nous rendant fous. Bon, en vrai, passé les premiers niveaux, nous avons tout de même réussi à nous amuser, même si les apparitions trop fréquentes du shaman cassaient le rythme et un peu du fun. L’ayant également essayé avec un ami, je dirais qu’il est limite plus facile de garder son calme quand la personne n’est pas dans la pièce avec nous.


Au vu de la difficulté de Biped 2, j’aurais apprécié que les monnaies ramassées (pièces et étoiles) servent à autre chose qu’à acheter des éléments cosmétiques. Après avoir testé le jeu, ne connaissant pas le premier volet, je me suis renseignée. Les excellentes critiques du premier épisode m’ayant étonnée, je me suis dépêchée d’aller voir ce qu’il donnait. C’est comme cela que j’ai pu constater les énormes ressemblances entre les deux volets. Si Biped brillait par la nouveauté et avait des défauts excusables pour un titre de 2020, sa suite ne bénéficie pas de la même indulgence cinq ans après. Cela étant, pour un joueur qui n’aurait pas expérimenté le premier opus, la note de ce test serait sûrement un peu plus haute et c’est un point à prendre en compte.

Malgré une direction artistique adorable et un cadre parfait pour la coopération, Biped 2 souffre rapidement de l’absence de précision. La jouabilité basée sur les deux sticks, amplifiée par des caméras fixes et une difficulté très corsée, transforme le défi en un véritable test de patience. Si le mode deux joueurs (de préférence en ligne) reste la meilleure expérience possible, il faudra faire attention aux crises de nerfs ! Le problème majeur de cette suite est son manque d’ambition. Biped 2 reprend l’esthétique et, pire, recycle les mêmes mécaniques et les mêmes tutoriels que le premier opus. L’indulgence accordée au titre en 2020 n’est plus de mise cinq ans après. Le jeu reste une découverte charmante pour les nouveaux venus, mais les vétérans regretteront que la suite s’inscrive dans la droite ligne de son aîné : beaucoup trop, d’ailleurs.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Des personnages trop mignons
Le principe de contrôler une jambe par stick avait du potentiel
L’adaptation des épreuves suivant que l’on joue seul ou à plusieurs
Certaines bonnes idées de puzzles
Durée de vie très courte (heureusement !)
Les points négatifs
Des contrôles trop imprécis et aléatoires
Une difficulté trop élevée même en mode “Facile”
La monnaie du jeu ne donne accès qu’à des éléments cosmétiques
Attention à la crise de nerf et aux disputes en coopération tant le jeu est frustrant
Recyclage éhonté du premier jeu tant dans la forme que dans le fond
Des mouvements de caméra parfois hasardeux




