
Split Fiction est le dernier jeu d’Hazelight Studios. Après It Takes Two et A Way Out, les développeurs suédois nous proposent une toute nouvelle aventure coopérative mêlant plateforme, puzzles et action. Au menu cette fois : science-fiction, fantasy, et réflexions sur l’avenir des industries du divertissement. Split Fiction est disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X & S.
Ce test a été réalisé en coop locale sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
De fiction à réalité virtuelle
Après les succès retentissants de It Takes Two et de A Way Out, Hazelight Studios a su s’imposer dans les consciences collectives comme les rois du jeu en coopération. Split Fiction reprend d’ailleurs l’excellente initiative de pouvoir y jouer en ligne en ne disposant que d’une seule copie du jeu via le “Pass Ami”, cross-plateforme compris. J’y ai incarné Zoé, écrivaine extravertie férue de fantasy. Mon partenaire jouait la laconique Mio, également écrivaine, mais portée science-fiction dystopique. Toutes deux répondent à l’invitation d’une entreprise leur promettant un contrat d’édition.

À la place, les participants y découvrent un projet révolutionnaire. La Machine, décrite par le PDG Rader comme son chef-d’œuvre, a pour capacité de donner vie à leurs histoires. Il leur suffit de se laisser porter par des sortes de champs de force. La Machine se charge ensuite de construire une simulation plus vraie que nature de leurs romans.

Cependant, tout ne se passe pas comme prévu. Après avoir revêtu des combinaisons pour accéder à la Machine, Mio a un mauvais pressentiment. Au lieu d’accepter d’entrer dans sa sphère, l’autrice est projetée dans celle de Zoé ! Le jeu nous laisse alors choisir qui incarner pour la suite de l’aventure. Une aventure semée d’embûches, et de révélations peu flatteuses sur les réelles intentions de Rader.


Moteur, fiction !
Split Fiction nous plonge très vite dans une action menée tambour battant. Entre explosions et cascades dans la première histoire de Mio, puis invasion de trolls dans celle de Zoé, on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Ce premier chapitre sert de tutoriel pour les actions de plateforme de base. Elles resteront constantes tout au long du jeu, mais seront constamment complétées par des gimmicks propres à chaque univers fictionnel. Bonne nouvelle pour celles et ceux qui craignent de s’ennuyer en fonction du personnage choisi : chaque gimmick est vraiment fun.


Dans la première histoire de Mio par exemple, les deux femmes deviennent des cyber-ninjas en quête de vengeance. Zoé sera armée d’un fouet permettant de soulever sans peine les objets colorés en vert. Du côté de Mio, ce sera un katana gravitationnel, lui permettant de marcher sur certains murs. Les deux gameplays se complémentent, nécessitant régulièrement de la coordination de la part des deux joueurs. Les énigmes de Split Fiction sont rarement dures, mais il faudra tout de même se creuser un peu les méninges.


Sans spoiler tous les autres univers, Split Fiction propose autant d’idées fantasy que sci-fi. Et toutes sont franchement réussies. Outre le thème principal de chaque chapitre du jeu, Zoé et Mio croiseront régulièrement des histoires secondaires. Ces intrigues dans l’intrigue permettent d’explorer encore plus d’idées narratives, mais dans des niveaux beaucoup plus courts. Des parenthèses bienvenues, d’autant que certaines sont l’occasion de petites compétitions amicales.


Fiction réaliste
L’amitié, c’est justement l’un des thèmes centraux de Split Fiction. Zoé et Mio commencent l’aventure plutôt comme des camarades d’infortune. Outre leurs goûts très différents en matière de littérature, elles n’ont pas le même cadre de référence. L’occasion pour ces deux personnalités de régulièrement se confronter, mais toujours dans le but d’entretenir une amitié naissante. C’est cette même amitié qui permet à nos héroïnes de traverser toutes ces épreuves, y compris quand la Machine commence à puiser dans leurs tourments les plus profonds.


Split Fiction met en avant l’idée que chaque histoire contient une part de son auteur. Une thématique qui vient très vite se heurter aux motivations de Rader et de sa Machine, sans surprise. Car cette Machine n’a pas pour seule ambition de donner vie aux idées, mais bel et bien de les siphonner. En volant les idées des artistes, inconscients de cette démarche, Rader compte dominer l’industrie du divertissement avec des histoires révolutionnaires.


Si cela vous rappelle peu subtilement ce qu’il se passe dans notre réalité avec les IA génératrices, ce n’est pas un hasard. Split Fiction résonne comme une véritable réponse aux craintes des créatifs concernant l’usage de l’IA. Une thématique que j’ai également à cœur, et que j’ai trouvée très bien exploitée par Hazelight Studios.


Mon avis sur Split Fiction
Pour en revenir au jeu en tant que jeu, Split Fiction ne se contente pas d’être une très belle histoire. Mécaniquement, je l’ai trouvé encore plus abouti que It Takes Two. Les séquences de plateformes ne sont jamais frustrantes, mais elles sont surtout un prétexte pour parcourir des décors somptueux. Que ce soit les univers de sci-fi ou de fantasy, Hazelight Studios a mis le paquet sur la direction artistique. Les villes futuristes imaginées par Mio sont colossales et oppressantes. Les paysages fantasy de Zoé stimulent la rêverie et donnent envie de s’y perdre.


Heureusement pour nous, Zoé comme Mio vont aussi varier leur répertoire d’histoires tout au long du jeu. Si un chapitre fantasy mettra en avant des dragons adorables, un autre sera plus axé métamorphoses de nos personnages. Tous les univers explorés sont uniques et bourrés de références pop culture. Split Fiction n’hésite pas à user d’humour et de dérision, comme un auteur s’amusant de lui-même de ses propres créations.


En définitive, j’ai beaucoup aimé ma douzaine d’heures passées sur Split Fiction en coop. Outre les thèmes abordés qui ont su me toucher et m’émouvoir, je me suis beaucoup attachée à Zoé et Mio. Voir leur relation évoluer jusqu’à la conclusion épique du jeu était un vrai plaisir. J’ai hâte de revisiter le jeu ultérieurement par ailleurs, là où je ne me vois pas refaire It Takes Two par exemple. Mention bonus pour le doublage français d’ailleurs, qui permettra à beaucoup de joueurs et de joueuses peu friands d’anglais de profiter de l’intrigue.


Hazelight Studios a su se dépasser avec Split Fiction, alors que la barre était déjà très haute. Là où on aurait pu craindre un effet “It Take Two bis”, le jeu joue encore plus sur l’aspect coop écran splitté que ses prédécesseurs. Si je devais recommander un jeu à faire en multi sur cette génération de consoles, même avec des gamers moins chevronnés, ce serait en définitive celui-ci. Entre réalisation aux petits oignons, histoire émouvante et engagée, et gameplay toujours fun : c’est un sans-faute pour Split Fiction.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Direction artistique impeccable
Doublage français par défaut
Difficulté dosée
Les univers fictifs sont tous mémorables
Les histoires annexes, de vraies pépites
Les points négatifs
Un boss final un poil longuet





