C’est en début d’année que nous avons découvert Witch and Mercenary, manga de chez Doki Doki adapté d’un light novel. Maintenant que la sorcière et son garde du corps ont posé leur valise en Outre-Terre, dans le tome 2 de Witch and Mercenary paru le 4 mars 2026, Siasha doit tout faire pour monter les échelons dans la hiérarchie des aventuriers, sans attirer l’attention de ses pairs. Pas évident quand on possède une puissance magique démesurée. Heureusement pour elle, son garde du corps veille au grain.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Dangereuse alliance
Deux âmes brisées en route vers un continent mystérieux, prêtes à tout pour trouver enfin la paix.
Dans un monde où les sorcières sont craintes et pourchassées à cause de leurs pouvoirs redoutables, Siasha, l’une des plus puissantes de toutes, est traquée par une armée de mercenaires.
Parmi eux se trouve Zig, particulièrement réputé pour sa force et sa détermination. Après un affrontement sanglant dont il est le seul survivant, il choisit d’épargner Siasha, touché par son désir sincère de vivre en paix. Cette dernière, consciente du talent du mercenaire, lui propose alors de devenir son garde du corps.
Ensemble, ils partiront vers des terres inconnues, ignorant encore ce que ce voyage leur révélera sur eux-mêmes et sur la magie.
Doki Doki

Sur le continent de Vasterre ou prend place l’action de Witch and Mercenary, la peur des sorcières dicte sa loi et aiguise les lames. Zig Crane, mercenaire aguerri à la carrure de colosse et au sabre aussi large que sa réputation, n’est qu’un rouage de plus dans cette mécanique bien huilée de chasse et de sang. Engagé aux côtés d’autres soldats pour éliminer une énième magicienne, il s’attend à une mission brutale, expéditive, presque routinière. Mais au cœur d’une clairière silencieuse, face à une simple maison de terre et à une jeune femme immobile, tout déraille. Un geste d’intimidation de trop, une flèche décochée comme on jette une allumette… et l’étincelle devient incendie. L’inconnue riposte, et en un instant, la chasse se transforme en carnage.

Zig, guidé par un instinct presque animal, échappe de justesse à un sort qui fauche ses compagnons. La proie était bien la sorcière, mais les rôles, eux, viennent de se renverser. Au terme d’un affrontement éprouvant, le mercenaire l’emporte, seul survivant d’un groupe réduit au silence. Pourtant, face à cette ennemie prête à accueillir la mort comme une délivrance, Zig hésite. Plus de commanditaire, plus de récompense et au final, plus vraiment de raison de tuer. La sorcière, Siasha, saisit cette faille. Plutôt que de supplier, elle propose un pacte inattendu : devenir sa garde rapprochée et l’accompagner vers Outre-Terre, un continent aussi mythique qu’inaccessible, dont aucun explorateur n’est jamais revenu. Un pari insensé que Zig accepte, liant son destin à celle qu’il était censé abattre.

Leur traversée les mène aux confins du monde connu, mais à peine le pied posé sur cette terre inconnue, l’illusion d’un nouveau départ vole en éclats. Entre les créatures monstrueuses et l’expédition anéantie, encore une fois, ils restent les seuls survivants. Et pourtant, Outre-Terre ne se résume pas à ce chaos. Là où ils s’attendaient à l’hostilité brute, ils découvrent des habitants, des cités et une magie omniprésente, domestiquée grâce à d’étranges artefacts. Un monde où la sorcellerie n’est plus une malédiction, mais un outil. Un monde, en revanche, où les mercenaires comme Zig n’ont pas leur place. Fascinée par cet équilibre inédit, Siasha voit plus loin que la survie et choisit d’embrasser cette nouvelle vie en devenant aventurière, entraînant dans son sillage un guerrier qui n’a plus qu’un contrat et qui compte bien le mener à son terme…
Destin en Zig-zag
Apprendre à vivre, pas seulement à survivre. Se faire des alliés, pas des ennemis. Pour la sorcière et le mercenaire, une nouvelle vie commence. Le secret pour se fondre dans la société humaine, c’est de se faire des amis et non des ennemis. Siasha commence une toute nouvelle vie en Outre-Terre, là où la magie est monnaie courante. Devenue aventurière, la sorcière est bien décidée à gravir les échelons le plus rapidement possible, et elle y parvient sans mal en se frottant à plus fort qu’elle… Entre Zig, le combattant sans peur ni reproche, et Siasha, la nouvelle aux pouvoirs démesurés… le duo n’est pas près de passer inaperçu.
Doki Doki

Surpris par l’attaque d’une malebête à la fin du tome 1 et Witch and Mercenary un groupe d’aventuriers se voit prévenu du danger in extremis par Zig. Avec un peu d’aide (invisible) du mercenaire, le chef du groupe, nommé Alan Clows, arrive à terrasser le monstre invisible, pendant que Siasha et son compagnon s’éclipsent furtivement, afin de ne pas se faire voir des aventuriers. Alors que la sorcière commence à perdre patience dans sa chasse aux Kangouloups, le guerrier décide de lui accorder une pause, le temps de faire un peu de shopping. Cependant, tandis que Siasha est en plein essayage, Zig est abordé par une jeune femme qui est à sa recherche, missionnée par Alan qui recherche l’homme qui lui a sauvé la mise dans la forêt.

Ne sachant pas si la nouvelle venue est amie ou ennemie, le mercenaire réussit à lui faire ingurgiter un laxatif à son insu, ce qui coupe court à la conversation. Une fois Siasha dotée d’une nouvelle tenue, et après un petit passage par la boutique d’artefact, les voilà de retour dans les bureaux de la guilde. C’est ce moment que choisit Alan pour interpeller Zig dont il est désormais certain de l’implication dans sa victoire contre le requin spectrale. Préparé à devoir se défendre contre ce nouvel écueil, Zig est sur ses gardes jusqu’à ce que l’aventurier qui lui fait face dégaine la récompense pour la capture du monstre pour la lui remettre. Ayant refusé l’argent, le garde du corps explique la situation à un Alan pour le moins compréhensif. Une fois les choses éclaircies, Siasha est engagé pour une mission d’extermination impliquant des guêpes-rasoir et des calamars volant…

Re-mana-ment
Après un premier tome qui avait su me conquérir grâce à la détresse implicite de ces personnages principaux, victime de préjugés, le tome 2 de Witch and Mercenary sombre de plus en plus dans le classique, ce que je trouve dommage. Après une critique prometteuse des méfaits d’une société jugeant sur des croyances erronées, il semblerait que l’arrivée de nos héros en Outre-Terre fasse basculer l’intrigue vers un voyage initiatique pour la sorcière amenée à devenir aventurière. Bien que le voyage m’intéresse et que j’ai toujours autant d’empathie pour la jeune femme et son compagnon, il est dommage que les thèmes forts rythmant le début de la série ne trouve plus aucun écho une fois rallié ce continent porteur d’espoir.

A ce propos , je dois avouer que les réactions de Siasha ne manquent pas de me surprendre, tant après des années de persécutions on aurait pu s’attendre à bien plus de méfiance, voire d’hostilité envers les humains. Pourtant, la voilà qui s’adapte avec plutôt de facilité à sa nouvelle existence, dans un monde où tout paraît limite trop simple. Je conçois que nous sommes encore en phase d’installation de l’intrigue, mais ce volume, suite de missions et de découvertes pour Siasha me laisse sur un sentiment mitigé, sans doute dû aux grandes attentes que j’avais pour la suite à la sortie du tome 1 de Witch and Mercenary.

D’autre part, j’avais hâte de voir Zig un peu plus au centre de l’action et d’en savoir plus sur le taciturne mercenaire, mais il n’agit durant tout ces chapitres que comme l’ombre de Siasha, la laissant même ignorante de sa rencontre avec Elcia (la femme aux yeux bandés) et Alan. Un côté protecteur assez intrigant quand le but du contrat passé avec la sorcière est de l’armer pour qu’elle puisse s’intégrer au milieu des humains. Ce n’est donc pas une bonne chose de lui cacher certains aspects des conséquences de leur intervention lors de l’attaque du requin spectral. Pour autant, Witch and Mercenary vient de dévoiler l’existence de trois familles mafieuses régissant la vie souterraine de la cité d’Hallian, ainsi que la présence d’un autre mercenaire semblable à Zig.

Deux éléments assez intrigants pour me donner envie de creuser encore un peu la question avant de me faire un avis final sur Witch and Mercenary. Après tout, ce n’est pas la première fois qu’une saga que j’adore montre des signes de longueurs, j’en veux pour preuve certains tomes de Shadows House, Bungô Stray Dogs et Mao dont certains passages m’avaient semblé traîner en longueurs, avant que le récit ne reprenne sa maestria habituelle. Il serait donc mal venue de ma part de me décourager aussi vite et si je ne retrouve pas l’enthousiasme du début, je n’en reste pas moins motivée à pousser mon exploration d’Outre-Terre plus avant. Rendez-vous est donc pris pour la sortie du tome 3 de Witch and Mercenary dont la date n’est toujours pas connue à l’heure où ces lignes sont écrites.
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce deuxième tome de Witch and Mercenary souffle le chaud et le froid. Si le plaisir de suivre ce duo atypique reste intact, on peut regretter que l’intrigue délaisse la force de ses thèmes initiaux (la persécution et les préjugés tenaces) au profit d’un schéma d’aventurier plus conventionnel en Outre-Terre. Entre une Siasha presque trop prompte à s’adapter dans ce monde nouveau et qui peine à convaincre pleinement tant on attendait les cicatrices de ses années de persécution et un Zig qui joue les ombres protectrices au point de masquer les enjeux à sa protégée, ce volume installe une transition un peu lisse. Cependant, l’ombre des familles mafieuses d’Hallian et l’apparition d’un alter ego de Zig sont des promesses narratives qu’il est impossible d’ignorer. À l’image de certaines longueurs rencontrées dans nombre de séries adulées avant qu’elles ne retrouvent leur éclat, il convient de laisser le bénéfice du doute à cette saga. L’exploration d’Outre-Terre ne fait que commencer, et malgré un enthousiasme plus tempéré, la curiosité pour le tome 3 reste entière.




