Voilà qui n’est guère habituel en ce qui concerne les aventures des membres de l’Agence des Détectives armés, mais le tome 26 de Bungô Stray Dogs s’est présenté assez vite à la suite du dernier tome, puisque seulement deux mois séparent les deux sorties. Vu le suspens haletant sur lequel s’est conclu le dernier chapitre de l’intrigue, c’est une excellente nouvelle pour les lecteurs qui ont eu la joie de voir apparaître dans les boutiques spécialisées le tome 26 de Bungô Stray Dogs le 26 septembre 2025. L’heure est donc venue de découvrir dans son intégralité le plan de Dostoïevski que plus rien ni personne ne semble en mesure de contrer désormais.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Le tigre mène l’enquête
Après avoir été expulsé de son centre d’accueil, Atsushi Nakajima se retrouve seul et à la rue… il rencontre alors un étrange jeune homme du nom d’Osamu Dazai. Ce dernier fait partie de l’Agence des Détectives armés, une troupe d’enquêteurs aux pouvoirs paranormaux, à la recherche d’un mystérieux tigre mangeur d’hommes. Atsushi semble avoir d’étroits liens avec ce tigre, et se retrouve enrôlé malgré lui parmi ces fameux Détectives sur l’initiative de Dazai. Action et batailles entre illustres écrivains à Yokohama !
Ototo
Bungô Stray Dogs commence sur la vie d’Atsushi Nakajima, un orphelin rejeté sans la moindre compassion par l’institution qui l’abritait. La faute à une créature monstrueuse : un tigre blanc gigantesque qui semble le suivre comme une ombre maudite, semant la panique partout où il passe. Seul, affamé, rejeté d’un monde qui ne veut pas de lui, Atsushi erre dans les rues de Yokohama, persuadé d’avoir touché le fond. Jusqu’au jour où le hasard (ou peut-être le destin) le place face à un homme étrange qu’il sauve de la noyade : Osamu Dazai, excentrique notoire, suicidaire chronique et futur mentor improbable. Loin d’exprimer de la gratitude, Dazai le réprimande aussitôt pour avoir gâché sa tentative de suicide.

Entraîné malgré lui par Dazai et son collègue Kunikida, Atsushi découvre l’existence de l’énigmatique Agence des Détectives Armés, une organisation aux méthodes aussi singulières qu’efficaces, où les talents surnaturels sont le lot de tous ses membres. Peu après Dazai révèle à Atsushi que le tigre blanc qui le hante depuis toujours n’est pas un monstre extérieur… c’est lui-même. Une bête tapie dans son âme, un pouvoir incontrôlable dont il ignorait jusqu’alors l’existence. Devenu membre de l’Agence, Atsushi trouve enfin un foyer, une raison d’exister et une cause à défendre. Une paix éphémère, car déjà se profile dans l’ombre la Mafia Portuaire, rivale de toujours de l’Agence, qui convoite à son tour la force du tigre blanc.

Une guerre de territoires et de convictions s’engage, ramenant à la surface les fantômes du passé de Dazai et révélant que sous le masque du détective nonchalant se cache un ancien cadre de la pègre. Mais à Yokohama, rien n’est jamais simple. Alors que l’Agence tente de protéger la ville, une menace bien plus vaste se dresse : la secte des Anges Déchus tend un piège implacable, accusant les détectives de terrorisme. Dazai est emprisonné dans l’imprenable forteresse de Meursault, tandis que ses compagnons deviennent la cible de l’unité d’élite des Chiens de Chasse, menée par le légendaire héros de guerre Ôchi Fukuchi. Un homme que la gloire a rendu implacable… et qui dissimule un secret : il détient le pouvoir vampirique du mythique Bram Stoker et nourrit un projet qui dépasse la simple justice : un rêve d’ordre absolu.

À mesure que les masques tombent, les alliances se brouillent. Dazai et Fiodor Dostoïevski, liés par le poison de Nikolai Gogol, s’engagent dans une partie d’échecs mortelle où la moindre erreur risque d’être mortelle. Flanqué de Sigma, Dazai avance ses pions avec un calme désarmant, son sourire masquant un esprit d’une implacable lucidité. Pendant ce temps, Aya ayant fui le danger en compagnie de Bram Stocker, affronte l’inimaginable : un Akutagawa devenu vampire et manipulé par Fukuchi. Atsushi, bouleversé par les révélations de Teruko, décide de retrouver ses compagnons afin qu’ils l’aident à y voir plus clair dans les révélations de la jeune fille. Pendant ce temps, dans les entrailles de Meursault, Dazai et Sigma, croyant avoir triomphé, découvrent trop tard la dernière ruse de Fiodor : un ascenseur scellé, qui se remplit lentement d’eau. La mort monte à mesure que l’air se raréfie.

En surface, Atsushi atteint la tour où Aya et Bram sont retenus captifs. Le jeune homme s’élance à leur secours… mais se heurte à un Akutagawa toujours sous influence. L’Ordre Unique est alors activé et Le monde chancelle. Dazai, une balle dans la tête, s’effondre dans le silence de Meursault. Aya, seule face à l’apocalypse, tente le tout pour le toute arracher du torse de Bram l’épée qui scelle ses pouvoirs. Mais la table qu’elle utilise n’est pas assez lourde pour y parvenir. Guidée par l’urgence, elle choisit le sacrifice : son propre poids comme ultime espoir de délivrance. Au même instant, Fukuchi, convaincu de sa victoire, baisse la garde.

Son vieil ami Fukuzawa saisit cette unique ouverture pour l’affronter dans un dernier duel, où s’entrechoquent loyauté et idéaux brisés. Dans les profondeurs de Meursault, Dostoïevski triomphe. Il retrouve Gogol, obtient l’antidote et savoure une victoire totale. Mais coup de théâtre, Dazai, revenu d’entre les morts, renverse la partie dans un ultime coup de maître. Fiodor tombe… mais pas sans un dernier rictus : son pouvoir lui permet de renaître dans le corps de celui qui lui a donné la mort. Et c’est ainsi que Dostoïevski revient dans le corps du vampire Bram Stoker, fusionnant le cerveau du stratège et la puissance du roi des ténèbres. Le monde vacille, les héros s’effondrent, et le jeu touche à sa fin avec un échec et mat magistral. À moins que…
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Le Diable du Nord contre le Chevalier vampire
Alors que tout le monde se pensait tiré d’affaires, Dostoïevski ressuscite mystérieusement dans le corps de Bram, aux côtés de la “singularité trilatérale” : la “Déité Incarnée” d’Amenogozen. Sa puissance est phénoménale, et aucun des Chiens de chasse ni des Détectives armés ne parvient à lui tenir tête…
C’est à ce moment que Dostoïevski révèle le terrible secret qui se cachait derrière la future guerre mondiale prévue trente-six années plus tard.
Fukuzawa décide alors de donner son dernier ordre à Atsushi, mais c’est une personne à laquelle il ne s’attendait pas qui vient lui sauver la vie face au dieu-humain manipulé par le Diable du Nord.
Ototo

Maintenant que Dostoïevski, ressuscité dans le corps de Bram Stocker, à activé la singularité trilatérale à la fin du tome 25 de Bungô Stray Dogs, Aya, Atsushi et leurs compagnons ne peuvent que contempler le désastre. La jeune fille a à peine le temps de pleurer la mort de celui qu’elle appelait “Brammy”, que Teruko tente une attaque surprise contre Fiodor. Malheureusement, elle est arrêtée par l’image de Fukuchi devenu une déité nommée Amenogozen, mais n’ayant plus rien d’humain. Devant cet être aux pouvoirs divins Fukuzawa donne à Atsushi son dernier ordre, fuir le dieu-humain et retrouver Dostoïevski pour lui faire payer ses crimes.

Alors que le tigre blanc pars à la recherche de ses compagnons, il assiste impuissant à leur éradication par le dieu nouveau-né sur ordre de Dostoïevski. Cependant, même le grand stratège a commis une erreur en voulant faire la démonstration des pouvoirs d’Amenogozen. Ayant mis la vie d’Aya en danger, il a poussé Bram Stocker à s’incarner pour quelques instants en Akutagawa, lui donnant ses pouvoirs afin de protéger l’enfant. C’est donc transformé en chevalier noir que l’ex-cadre de la mafia portuaire va se dresser devant Fiodor et sa créature affiliée. Mais a-t-il réellement une chance de l’emporter ?
Une page qui va marquer

Décidément, ces derniers mois et la sortie rapprochée des tomes 24, 25 et 26 de Bungô Stray Dogs m’ont comblée, même si une fois encore Kafka Asagiri et Harukawa Sango nous laissent dans une attente insoutenable. Alors que nous avions vu évoluer la relation entre Aya et Bram Stocker dans le tome 23 du manga, je craignais que celle-ci trouve un terme avec la prise du corps du roi des vampires par Dostoïevski. En ce sens je ne me suis pas trompée et je suis singulièrement déçue que l’apparition de Bram ait été aussi brève surtout une fois l’épée qui le scellait enlevée. Je partage donc aisément la peine d’Aya , d’autant que si elle l’ignore, le lien entre la jeune fille et l’immortel est désormais dévoilé ce qui rend le sacrifice du vampire d’autant plus poignant.

S’il y a bien une chose que je déteste, c’est dire adieu aux personnages que j’ai longuement côtoyé au cours d’une série et je reconnais volontier que des séries où le concept de mort devient totalement optionnel, à l’instar de Dragon Ball, me conviennent parfaitement. Ce n’est pas ici le cas il semblerait et j’appréhende la fin de la bataille qui, si elle ne signe pas la fin de la saga, risque de se dérouler sans certains protagonistes centraux auxquels je me suis énormément attachée. Cela étant dit, je me demande bien quel est ce “dernier protocole” enclenché par Fitzgerald en réponse à la singularité trilatérale initiée par Dostoïevski. J’avais un peu oublié les autres acteurs rencontrés au fil de l’intrigue tant j’étais axée sur le combat de ces derniers tomes.

A ce propos, il semblerait que le tigre blanc ait une fonction bien particulière pour Fiodor, puisqu’il serait le marque page du livre primordial. Il est évident que nous n’avons pas encore toutes les informations en notre possession et je n’ai pas réellement compris ce que ce rôle impliquait. Il reste donc encore de nombreuses questions sans réponse dont j’espère avoir les solutions dans les futurs mois. Mais pour cela il va falloir attendre puisqu’aucune date de sortie n’est encore prévue pour le tome 27 de Bungô Stray Dogs. Reste à prier pour que celle-ci ne soit pas trop lointaine.
Le suspens est intense alors que les pertes sont lourdes chez les opposants à Dostoïevski. Le combat continue plus féroce que jamais et le lecteur est suspendu à chaque page du manga. Si l’on commence à appeler l’épilogue de nos vœux, on appréhende néanmoins la clôture de cet arc tant il nous fait craindre que plus rien ne soit plus jamais comme avant après l’hécatombe des derniers chapitres. Il ne reste plus qu’à espérer que l’éditeur Ototo continue sur sa lancée et nous propose assez vite la suite de Bungô Stray Dogs, mais il y a fort à parier que c’est un vœu pieux puisque le tome 27 n’a encore aucune date de sortie annoncée.




