Cela fait presque 20 tomes que les aventures de Mao et de sa complice Nanoka passionnent les lecteurs et les fans de la grande Rumiko Takahashi. Entre ses voyages dans le temps, ses malédictions et ses mystères, il faut bien dire que le shōnen est loin de nous avoir encore livré tous ses secrets. Nous retrouvons donc les anciens disciples du clan Goko aux prises avec un coffret qui génère des monstres et un village qui pratique le sacrifice humain. Mais l’ombre du clan maudit n’est jamais loin et Byoki risque bien de faire un retour fracassant dans les tomes 18 et 19 de Mao, sortis en librairie respectivement les 16 octobre 2024 et le 5 mars 2025. De nouvelles données qui risquent bien de semer encore plus le trouble chez nos amis.
Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.


M le maudit
Le Retour de Rumiko Takahashi
À l’âge de 7 ans, la jeune Nanoka Kiba a perdu ses deux parents dans un accident. Aujourd’hui en troisième année de collège, elle revient sur les lieux du drame et se retrouve projetée un siècle plus tôt, en pleine ère Taisho. Dans ce Japon du début du XXe siècle, elle rencontre Mao, un chasseur de yôkai, qui la considère comme l’un d’entre eux. À la recherche de la créature qui l’a maudit, il va aider Nanoka à lever le mystère sur sa véritable nature…
On ne présente plus Rumiko Takahashi, Grand Prix 2019 du Festival international de la BD d’Angoulême. Cette autrice hors pair qui avait débuté sa carrière en 1978 avec Urusei Yatsura, éditée pour la première fois en France en 1994 avec Ranma 1/2, retourne à la prépublication hebdomadaire avec Mao, sa nouvelle série shônen. Il s’agit là d’un condensé de tout son art, un savant mélange entre action, drame, horreur et humour, qui saura plaire aussi bien à ses premiers fans qu’aux nouveaux lecteurs à la recherche d’un bon shônen de voyage entre les mondes (isekai) !
Glénat

Dans Mao, tout commence avec un clan maudit qui forme des maîtres onmyos spécialisés dans les malédictions : le clan Goko. Un soir fatidique, le clan est éradiqué, le grand maître et sa fille Sana tués et un démon du nom de Byoki maudit l’un des disciples, nommé Mao, pour en faire un de ses réceptacles. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et 900 ans plus tard, Mao est toujours en vie, devenu médecin pour les créatures surnaturelles.

De son côté, Nanoka est une lycéenne qui a perdu ses parents dans un accident de voiture à l’âge de sept ans, événement durant lequel elle a, elle aussi, été maudite par Byoki. De retour sur les lieux de l’accident, elle se retrouve projetée à l’ère Taisho quelque deux siècles auparavant. C’est à ce moment-là que Mao et Nanoka se rencontrent et décident de s’allier, tant pour empêcher Byoki de s’emparer de leur corps, que de découvrir le secret des événements ayant pris place 900 ans dans le passé.

Au fil de leurs recherches, Mao va s’apercevoir qu’il n’est pas le seul disciple à être toujours en vie et si certains vont devenir des alliés, d’autres vont se dresser contre lui afin de faire renaître le clan Goko en recrutant de nouveaux adeptes. Alors que Daigo, le maître de la terre considéré comme un frère par Mao, vient d’être ramené à la vie et emporté par Hakubi et Byoki, un ancien artefact maudit refait son apparition : le coffret à monstres. Lancé sur la piste de l’objet, Kamon et Hyakka finissent par atterrir dans une pension pour jeune fille.
Retrouvez notre critique complète de Mao – Tome 1 à 10 ici !
Le Secret du Coffre Maudit
Mao et d’anciens disciples du clan Goko suivent la piste sanglante du coffret à monstres, une arme magique qui tue au hasard dans la capitale. Leur traque va les conduire au beau milieu d’un spectacle de cauchemar !
Glénat

Lancés par Mao à la recherche du coffret à monstres qui accumule les victimes, Kamon et Hyakka finissent par retrouver sa trace dans une pension pour jeune fille et décident d’intervenir, rejoint par le maître onmyo et Nanoka. Sur place, ils se rendent compte que seul une poignée d’élèves a survécu et que l’intendante et la directrice ont été changées en ayakashi. L’arrivée de Renji accompagné de Sasuga, venus pour récupérer le coffret, complique encore la tâche de nos amis et ce n’est que l’intervention d’Hakubi qui mettra fin à l’affrontement, le coffret étant parvenu à s’enfuir.

À quelque temps de là, la jeune Kagari se retrouve confrontée à des échecs successifs de ses malédictions. Mise au pied du mur par Hakubi, elle décide de s’occuper elle-même du responsable des désenvoutements qui n’est autre que sa sœur aînée Ayame. Étant parvenue à la maudire, Ayame cherche de l’aide auprès de Mao qui se rue à son chevet, laissant à Nanoka le soin de s’occuper des aiguilles empoisonnées de Kagari. Un affrontement sans pitié commence alors entre les deux filles, mais Nanoka ayant peur de tuer son adversaire ne peut pas donner libre cours à toute sa puissance…
Lisez un extrait de Mao – Tome 18 ici !
Le Village des Damnés
Mao et Nanoka se rendent au “village des sacrifiés” où l’on pratique encore le sacrifice humain. Ils découvrent que Sasuga s’apprête à détruire le village pour punir les habitants. Nanoka décide alors d’affronter seule ce jeune génie de la magie de l’eau… Pendant ce temps, Byoki, qui avait disparu en compagnie de Daigo et Hakubi, prépare son retour !
Glénat

Mis sur la piste d’un village pratiquant le sacrifice humain pour apaiser la divinité de l’eau des environs, Mao et Nanoka se rendent sur place et y retrouvent Sasuga mandaté par un ancien habitant désireux de venger sa sœur, l’une des victimes sacrificielles. Alors que Mao a sauvé la jeune victime, Nanoka se rue à l’attaque de Sasuga sans tenir compte des avertissements de Mao. Mais la différence de niveau est bien trop grande entre eux et Sasuga continue son entreprise de destruction de la communauté.

C’était sans compter sur l’intervention de Mao. Une fois la lutte contre Sasuga terminée, Mao et Nanoka rentrent juste à temps pour trouver un message de Natsuno à propos d’un essaim d’ayakashi apparaissant au-dessus du lac Ueno. Redoutant un piège tendu par Yurako, Natsuno s’adjoint l’aide de Kamon pour se rendre sur les lieux. Ils y sont rejoints par Mao et Nanoka tout juste de retour de leur précédente destination. Pourtant, ce n’est pas Yurako qui les attend, mais bien Byoki. Ce dernier espère rendre son âme à Daigo en tuant Natsuno, elle qui a été sauvée de la mort par l’utilisation du Dharma secret du Seigneur de Taizan que Byoki a volé la nuit de la destruction du clan Goko. Mais son plan risque bien de se retrouver confronté à l’imprévu…
Découvrez un extrait de Mao – Tome 19 ici !
La vie vous va si bien
S’il se passe beaucoup de choses dans ces deux tomes de Mao, je ne peux m’empêcher de ronger mon frein depuis quelques volumes. J’ai parfaitement compris que Rumiko Takahashi voulait nous donner les circonstances de la nuit où Mao a été maudit avec parcimonie, mais il est assez frustrant de n’avoir que quelques bribes d’information à chaque fois. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, j’aime toujours autant suivre les aventures du maître onmyoji et de Nanoka, même si je ne serais pas contre un enchaînement plus rapide des affrontements entre les membres du nouveau clan Goko et les anciens disciples. Malgré la qualité du récit, je n’ai pu m’empêcher de ressentir quelques longueurs, surtout dans le tome 18 qui enchaîne les intrigues secondaires, certes utiles pour développer et rendre attachants les recrues de Shiranui, mais qui ne font pas avancer l’intrigue d’un iota.

Après, il faut bien reconnaître que ma propension à vouloir un avancement de l’histoire tient au fait que, mis à part Renji, j’ai beaucoup de mal à m’attacher aux nouveaux disciples de Shiranui. Que ce soit Sasuga et son j’m’enfoutisme latent, Soma qui n’a absolument aucune épaisseur ou encore Kagari qui est une tête à claques, j’ai beaucoup de mal à m’intéresser à leurs interactions avec nos héros. Malheureusement pour moi, ce sont souvent eux qui sont envoyés en première ligne contre leurs adversaires. Cela étant, les interventions de Kamon, Hyakka et Natsuno viennent généralement pimenter l’affaire, même si cette dernière et ses réactions me laissent toujours aussi perplexe. J’avoue avoir arrêté de chercher à comprendre depuis un bon moment, laissant les révélations arriver telles qu’elles sans chercher à tout connecter pour le moment.

Le souci de diluer les informations au long cours est que parfois, du moins dans mon cas, j’en arrive à ne plus me rappeler certains détails, parfois cruciaux, qui m’empêchent une compréhension complète de l’intrigue. Mais je ne m’inquiète pas, j’appliquerai la même méthode que pour ma lecture de Full Metal Alchemist à l’époque : attendre la conclusion de la série et tout relire ensuite d’une traite. En attendant, j’attends beaucoup de la rencontre Mao/Yurako annoncée en clôture du tome 19 et qui devrait intervenir dans le prochain volume relié, dont la date de sortie n’est pour l’instant pas définie par l’éditeur.

Il semblerait que Rumiko Takahashi ait pris son rythme de croisière dans l’intrigue de Mao, faisant s’entremêler l’intrigue principale avec d’autres plus secondaires, mais qui confronte nos héros avec les nouvelles recrues du clan Goko ressuscité par Shiranui et Hakubi. Un tempo assez posé qui risque de se révéler frustrant à la longue tant les informations sur le mystère des événements à la base de tout sont délivrées au compte-goutte par la mangaka. Pour autant, le scénario est toujours autant de qualité et l’impatience ressentie à la lecture de pages prouve sa valeur indéniable. Dans les tomes 18 et 19 de Mao, nous n’avons aucun élément concret à se mettre sous la dent, tout au plus quelques théories sur la véritable nature de Natsuno. Espérons que ces interrogations trouveront des réponses dans le tome 20 de Mao dont la date de sortie n’a pas encore été annoncée.




