Mao – Tome 16

Suivant de près la publication japonaise de la série, qui n’a que trois petits tomes de plus au compteur, Mao vient d’atteindre les 16 tomes pour le plus grand plaisir des fans de l’inégalable Rumiko Takahashi. Confronté à la résurrection de Daigo, qu’il a toujours considéré comme son frère, le maître onmyo va se heurter à Kabuki et Byoki, alliés dans la capture du jeune homme revenu d’entre les morts. Une confrontation pleine de rebondissements que nous avons pu découvrir en librairie le 3 avril 2024.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Mao-dit Byoki !

Le Retour de Rumiko Takahashi

À l’âge de 7 ans, la jeune Nanoka Kiba a perdu ses deux parents dans un accident. Aujourd’hui en troisième année de collège, elle revient sur les lieux du drame et se retrouve projetée un siècle plus tôt, en pleine ère Taisho. Dans ce Japon du début du XXe siècle, elle rencontre Mao, un chasseur de yôkai, qui la considère comme l’un d’entre eux. À la recherche de la créature qui l’a maudit, il va aider Nanoka à lever le mystère sur sa véritable nature…

On ne présente plus Rumiko Takahashi, Grand Prix 2019 du Festival international de la BD d’Angoulême. Cette autrice hors pair qui avait débuté sa carrière en 1978 avec Urusei Yatsura, éditée pour la première fois en France en 1994 avec Ranma 1/2, retourne à la prépublication hebdomadaire avec Mao, sa nouvelle série shônen. Il s’agit là d’un condensé de tout son art, un savant mélange entre action, drame, horreur et humour, qui saura plaire aussi bien à ses premiers fans qu’aux nouveaux lecteurs à la recherche d’un bon shônen de voyage entre les mondes (isekai) !

Glénat

Quel peut bien être le lien entre une lycéenne des années 2020 et un maître onmyo de l’ère Taisho ? Aucun a priori, si ce n’est une malédiction lancée par un chat démon, nommé Byoki, à la recherche d’un corps pour devenir son hôte. C’est donc ainsi que commence l’aventure de Mao, maître onmyo aux puissants pouvoirs et ancien disciple du maléfique clan Goko, et Nanoka Kiba, lycéenne ayant perdu ses parents à l’âge de sept ans, dans un accident de la circulation où elle a été maudite par Byoki. De retour sur les lieux, bien des années après, Nanoka se retrouve mystérieusement transporté dans le Japon du début du XXᵉ siècle et se lie d’amitié avec Mao qui partage son destin.

Ensemble, ils vont chercher à déterminer la vérité sur la nuit de l’apparition du démon qui a conduit à la chute du clan Goko et à un véritable massacre, 900 ans auparavant. Au fil de leurs découvertes, les héros vont retrouver d’autres disciples du clan devenus, comme Mao, immortels. Si certains ex-condisciples vont lui apporter leur concours pour comprendre les événements de cette nuit-là, d’autres vont tenter de faire revivre le clan spécialiste des malédictions dans une lutte qui transcende le temps. Attirés dans un village isolé par des rumeurs à propos d’un chat fantôme, Mao et Nanoka vont se retrouver face à face avec Daigo revenu d’entre les morts. Accompagné de Byoki, ce dernier ne semble pas dans son état normal.

The adventure of Dai, go ! 

Un voleur pyromane sème le trouble dans la capitale. Mao et Hyakka, qui enquêtent sur place, découvrent qu’une petite fille est liée aux incidents ! Une vieille dame apparaît alors, qui dit appartenir au clan Ootori… Hyakka se retrouve au cœur de plusieurs destins tourmentés !

Glénat

Mao tome 16 débute une fois le choc des retrouvailles avec Daigo passées. Byoki a juste le temps d’expliquer à Mao et Nanoka médusés qu’il ne s’agit que du corps du maître de la terre, mais privé de son âme, avant que Hakubi n’intervienne pour capturer le moribond. Afin d’éviter la capture de son frère d’adoption, Mao se lance dans la bataille, mais Byoki s’allie avec Hakubi pour le contrer et emmener Daigo devant nos héros impuissants. Tandis que le duo retrouve Hyakka pour l’informer de la réapparition de Daigo, un avis de recherche interpelle Nanoka. Mais quand de mystérieux feux sont déclenchés dans le cadre de cambriolages, il n’en faut pas plus à Mao pour s’adjoindre les services du magicien de feux et partir pour enquêter sur cette affaire.

Lisez un extrait de Mao – Tome 16 ici !

Esprit familier

Je me doute que cela doit paraître redondant si vous lisez mes critiques de Mao les unes après les autres, notamment celle du tome 15, mais je suis toujours aussi impressionnée par la maîtrise du suspens chez Rumiko Takahashi. De petites révélations en indices dévoilés, le fil rouge de l’intrigue ne perd jamais en intensité, et ce même quand il est un peu relégué au second plan par les aventures secondaires de nos héros. La frustration de ne pas en savoir plus tout de suite est bien là, mais très bien dosée, moteur d’une impatience sans cesse renouvelée de continuer la série.

Alors que la dévotion de Byoki à reconstituer Daigo puis à accompagner son corps sans âme m’avait déjà surprise, le voir se ranger aux côtés d’Hakubi qui a eu ordre de Yurako de tuer le jeune homme a fini de m’étonner. Je dois bien reconnaître que je n’arrive pas à discerner ce qui se joue autour du ressuscité ainsi que les motivations de chacun et encore moins le rôle de Natsuno dans tout ce micmac. Après avoir eu un chapitre consacré à Kamon, cette fois-ci c’est à Hyakka de prendre le rôle principal et d’en dévoiler un peu plus sur sa famille.

Par le prisme de la petite Hazuki, kidnappée pour intégrer un clan spécialiste des malédictions contre sa volonté, le maître du feu y a sans doute vu un parallèle avec sa propre situation au sein du clan Goko. Il a ainsi condamné sa propre famille, coupable à ses yeux d’avoir renié les valeurs ancestrales des Ootori pour se lancer dans le commerce de malédiction. Je me demande si le tome 17 verra un scénario parallèle mettant en scène Natsuno, mais de toute façon, j’espère que la confrontation à peine amorcée dans ce volume se poursuivra rapidement dans le prochain.

Pour conclure…

Après de brèves retrouvailles, bien vite écourtées, avec Daigo, la mangaka abandonne bien vite, et très sûrement à dessein, son nouveau personnage pour se concentrer sur Hyakka. Le maître du feu va se dévoiler un peu plus au lecteur à travers une confrontation avec les descendants de sa famille. L’occasion d’en apprendre plus sur les origines de Hyakka et de sa famille, tout en le remettant à l’honneur comme Kamon dans le volume précédent. Le suspens étant à son comble quant aux motivations ayant conduit à la renaissance de Daigo, on espère fortement que Rumiko Takahashi reprenne le fil rouge de son intrigue dès le prochain tome, dont la sortie n’est toujours pas datée pour l’instant.

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