
J’avais pu tester une petite démo de deux parcs il y a quelques semaines, une démo très simple où nous avions la possibilité de ne parcourir que deux environnements vides (entendez sans PNJ, ni défis, ni items) où la jouabilité s’apparentait davantage à une petite roulade de santé plutôt qu’à un défi compétitif façon J.O. Mais j’étais déjà confiante en tant que joueuse historique de la licence car l’upload graphique était à la hauteur et une prise en main rapide et jouissive était de la partie. Il est temps aujourd’hui de découvrir le jeu complet. Enfin, les deux jeux complets puisque l’éditeur à la tête de ce remake nous propose un bundle regroupant les opus 3 et 4 de la saga Tony Hawk’s Pro Skater.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Easy Grinder
(Note de musique) Mais dites-moi, qui est ce grand faucon noir ? Eh bien, c’est le patron de la figure verticale qui est de retour mesdames et messieurs, et en HD s’il vous plaît ! Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 est un bundle qui, comme son nom l’indique, upgrade graphiquement les deux opus de la licence à roulettes. Nous retrouvons dans cette sortie un mode carrière pour chaque titre, un mode multijoueurs (local et cross-plateforme), un mode skate libre ainsi qu’un mode de création de parc. Plutôt complet s’il en est. Mais le jeu est-il assez fourni en défis et autres easter eggs pour parvenir à nous tenir en haleine sur la longueur ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Ace of Skate
Les Personnages Jouables
Première agréable surprise du jeu, la quantité incroyable de choses à découvrir et surtout à débloquer ! Dès le commencement, sans rien avoir fait, vous pouvez choisir votre futur acrobate parmi 30 sportifs, tous issus de la vraie discipline. Certains ont déjà été évoqués lors de ma découverte de la démo mais sachez qu’il y en a pour tous les goûts, avec des légendes (comme Rodney Mullen, connu pour ses figures très “street” et qui a révolutionné le style dans les années 90, ou bien Bob Burnquist, sorte de David Copperfield de la discipline, ou encore Steve Caballero, véritable vétéran de la discipline qui a su, dès la fin des années 80, faire rêver les spectateurs en jouant sur la hauteur de ses aerials comme personne avant lui.)

Mais le jeu permet aussi de découvrir de jeunes talents comme Tyshawn Jones, âgé d’à peine 27 ans et déjà détenteur par deux fois du prix Thrasher, ou par exemple Léo Baker qui, non content.e d’avoir été finaliste des X Games à seulement 14 ans (!), porte et défend les couleurs LGBTQ+ en tant que non binaire dans la discipline. Enfin, last but not least, Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 met en avant des carrières féminines (et Dieu sait que la discipline en a à son actif) comme la vétérante Elissa Steamer, figure de proue de la planche dès la fin des années 90, ou de jeunes recrues des quatre coins du monde parmi lesquelles la japonaise Aori Nishimura, multi-médaillée d’or de 24 ans, l’américaine Nora Vasconcellos, véritable égérie de son sponsor Adidas, l’australienne Chole Covell, ayant participé aux J.O. de cet été à seulement 14 ans (hé oui !), mais aussi la philippine Margielyn “Margie” Didal, médaillée d’or des J.O. de 2018, sans oublier Letícia Bufoni, qui n’apparaît pas moins de deux fois dans le Guinness Book des records pour avoir su se surpasser très tôt dans sa discipline.

Mais encore bien d’autres qu’il serait malheureusement trop long d’évoquer, sans parler des personnages bonus qu’il est possible de débloquer au fur et à mesure du jeu (que je ne vous spoile pas, excepté Michelangelo en image, et qui valent le détour, croyez-moi). Et, bien sûr, non content de pouvoir se mettre dans le short de ces grands athlètes, il nous est également possible de les customiser parmi plusieurs tenues, planches et équipements.



Cela ne vous suffit pas ? Qu’à cela ne tienne, vous avez également la possibilité de créer votre skateur.euse de A à Z, apparence physique (offrant un menu peu détaillé cependant), garde-robe longue comme un grind sans fin et équipements à foison customisables presque à l‘infini. Cela ne suffit toujours pas ? Il est alors toujours possible de débloquer et d’ajouter des “effets” esthétiques à vos déplacements comme des flammes, des paillettes ou encore des pixels que vous laisserez sur votre traînée pour un effet bien badass. Votre choix est fait ? Il est temps de commencer votre carrière sportive…






Le Mode Carrière
Dès l’écran de démarrage, le jeu nous propose d’opter pour un mode carrière. Le mode historique de la saga qui consiste à réaliser les défis d’un parc avant de pouvoir passer au suivant, collectant au passage des points de compétences, des déblocages d’items esthétiques, ainsi que des figures attribuables aux touches de votre manette. Vous commencez donc petit pour progressivement devenir le dieu du skate qui sommeille en vous depuis le début. Concrètement, en mode par défaut, vous aurez deux petites minutes (modifiable dans les options) afin de réaliser le plus de défis possibles au sein d’une map.



Ces accomplissements, dont un certain nombre sera nécessaire pour passer à la map suivante, peuvent aller d’un certain nombre de points à atteindre (souvent trois paliers différents) en enchaînant vos plus belles figures au gré de vos envies, à la réalisation d’un enchaînement particulièrement complexe et réussi (sans tomber évidemment), ou encore réaliser certaines figures imposées à certains endroits précis du parc. Ajoutons à cela la collecte des lettres SKATE disséminées un peu partout (et vraiment partout, croyez-moi) ou quelques défis propres à la nature de la map, d’ailleurs souvent les plus amusants, à base de PNJ hauts en couleurs, d’accomplissements thématiques, de découverte de zones cachées ou encore de loufoqueries en tout genre. Ces défis sont au nombre de dix mais seulement un certain nombre sera nécessaire pour passer à l’étape suivante. Libre à vous d’y revenir plus tard si vous êtes complétiste dans l’âme.



Toutes les trois ou quatre maps viendra s’intercaler un plus petit parc où se déroulera une compétition. Vous devrez alors obtenir une médaille en combinant les deux meilleures sessions parmi les trois qu’il vous est demandé de réaliser, sous la forme d’un enchaînement de figures libres, avec cette fois, attention, des pénalités pour les chutes ! Et c’est ainsi que vous cheminez parmi pas moins de 17 environnements plus quelques bonus, si vous décidez d’enchaîner les modes carrière des deux jeux (3 et 4). À noter que vous conservez vos stats accumulées, même si vous vous décidez de switcher d’un jeu à l’autre, ce qui est très plaisant. Ainsi, il m’est arrivé plusieurs fois d’être bloquée sur une map du 3 et d’aller donc un peu explorer le mode carrière du 4 avant d’y revenir, et inversement, une liberté très bienvenue qui rend la progression hyper fluide et agréable.




Dernières options d’accessibilité, mais non des moindres, tout d’abord le fait que vous pouvez recommencer autant de fois que nécessaire vos deux minutes de roulade sans perdre vos défis précédemment débloqués (vous réaliser alors les défis à votre rythme en autant de sessions de deux minutes que vous le désirez), et, comme dit plus haut, vous pouvez également modifier la durée des sessions dans le menu du jeu afin d’avoir largement le temps d’explorer et tester les défis en une seule session (les durées proposées varient de deux minutes à quinze minutes, de quoi se dégager pas mal de temps afin d’explorer un parc dans ses moindres recoins sans trop s’inquiéter du chrono), un confort qui, encore une fois, est accueilli à bras ouverts.


Enfin, pendant votre cheminement de carrière, vous accumulez des points de compétences que vous pouvez distribuer dans des statistiques entre chaque parc, parmi lesquelles votre vitesse générale, votre vitesse de rotation, votre équilibre général ou encore votre hauteur de saut, pour n’en citer que quelques-unes. Vous débloquerez également, de manière progressive, des skins et autres éléments esthétiques qui permettront de customiser votre skateur.euse personnel.le à l’infini (contrairement aux athlètes de “la vraie vie” qui, eux, ne sont customisables qu’à travers quelques skins prédéfinis, à débloquer aussi cependant).

Personnellement, j’ai trouvé ce mode carrière très abouti, très bien pensé et surtout très généreux, comme l’ensemble du jeu au demeurant. On se sent vite progresser (peut-être trop vite diront certains, et c’est un fait qu’il ne s’agit pas d’un jeu particulièrement exigeant, je n’ai d’ailleurs pas vu de menu de difficulté) et la découverte des nouveaux parcs se fait de manière fluide et assez rapide pour rester un plaisir tout du long.

Les Parcs
Comme cité plus haut, la combinaison des deux jeux Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 offre au total une petite vingtaine de parcs jouables. La version démo du jeu nous invitait à tester la Fonderie et le Campus universitaire (vides cependant) et ils étaient déjà très plaisants à rouler. Mais je n’étais pas prête à redécouvrir avec autant de plaisir les autres maps des jeux avec de véritables pépites en tout genre. Notons avant tout que chaque parc, quel qu’il soit, est maintenant beaucoup plus vivant que dans la version démo, avec son lot de PNJ, figurants, badges et autres items à collecter.

Parmi tous ces chouettes stimulis vidéo-ludiques, notons donc la présence systématique des lettres S K A T E à chercher aux quatre coins du parc, un certain nombre d’emblèmes à l’effigie du jeu offrant des points de stats, des liasses de billets permettant d’accumuler de l’argent à dépenser dans les boutiques de vêtements, accessoires, effets et personnages bonus, ainsi que des PNJ que nous pouvons soit faire tomber (parfois pour un défi, parfois gratuitement) soit aider en les délivrant d’une situation ennuyeuse. Et de manière plus ponctuelle, nous retrouvons des PNJ thématiques au parc en question (souvent sous forme d’humour très 90’, ce qui n’est pas pour me déplaire), d’un photographe qui attend de nous qu’on réalise une figure précise à un endroit précis, ou encore différents items, thématiques eux aussi, à exploser sur notre passage.


Et dans certains parcs seulement, une zone secrète à trouver et déverrouiller, petite cerise sur le gâteau qui fait toujours plaisir. Tous les parcs ne se valent pas, certains étant plus petits que d’autres, mais tous ont quelque chose de suffisamment ludique et / ou esthétique afin d’y passer plusieurs sessions sans s’y ennuyer. Mention spéciale cependant au magnifique Alcatraz, à la très chouette atmosphère, et qui regorge de passages secrets en tous genres et parvient à parfaitement combiner horizontalité et verticalité, mais aussi à l’Aéroport, qui lui est tout en longueur et horizontalité, mais dont les défis sont particulièrement amusants, ainsi que son ambiance sonore au top (l’accumulation de blagues dans les annonces des haut-parleurs ont fait ma journée), mais surtout au Parc Aquatique, juste magnifique dans son esthétique et sa topologie, avec son lot de passages secrets, d’énormes structures à grinder, et ses visuels enfantins qui sauront raviver votre âme de bambin.


L’artwork du titre de ce bundle ne s’y est d’ailleurs pas trompé en l’utilisant comme visuel promotionnel principal. L’ensemble des parcs est de toute façon très appréciable. Je pense notamment à Tokyo, où il faut bien lever les yeux pour en apprécier toute l’atmosphère cyberpunk, San Francisco et son atmosphère cinématographique avec vue sur la baie, ou encore Canada qui donne follement envie d’un bon vin chaud réconfortant après toutes ces chutes dans l’eau glacée. N’oublions pas de préciser qu’en plus du Parc Aquatique, deux autres maps inédites à ce remake sont skatables, le Studio de Cinéma, sympathique mais anecdotique, et surtout le Flipper, qui porte bien son nom puisque nous sommes littéralement largués au cœur d’une borne de jeu plus vraie et clignotante que nature (il s’agit d’un niveau qui tenait à cœur aux développeurs de ce remake qui ont une carrière passée dans les jeux d’arcade). Et peut-être encore d’autres, mais no spoils.
Les Graphismes, la Musique et le Mode Photo
N’y allons pas par quatre chemins, les graphismes font carrément le taf. J’avais évoqué des problèmes de modélisation des visages lors de ma critique de la démo, et c’est toujours le cas. Il est vrai que l’idéal aurait été d’avoir des personnages superbes où nous reconnaissons parfaitement les sportifs jouables, surtout que le jeu propose un mode photo, mais il faut aussi reconnaître que nous les voyons de dos 90% du temps et que ça n’handicape en rien le jeu. Dommage cependant, en plus de ces visages disgracieux, d’avoir plusieurs fois constaté (en mode photo toujours) des pieds ou des mains passant à travers la planche lors d’une figure ou bien encore des poses peu naturelles. Mais encore une fois, cela ne se remarque qu’une fois le jeu à l’arrêt et absolument pas pendant qu’il est en mouvement.

Pour contrebalancer ces petites réserves, je dois par contre avouer que, même en mode photo, la modélisation des accessoires (vêtements, structure de la planche, décors) et la résolution des graphismes 2D (stickers, motifs, visuels de dessous du plateau) sont très bons et permettent de s’amuser avec les zooms du mode photo. L’esthétique générale du jeu est très poussée et hyper cohérente, que ce soit dans les menus, dans l’esthétisme général des personnages ou dans le choix vertigineux des visuels de customisation (certains dessous de plateau sont tout bonnement magnifiques). Les parcs ne sont pas en reste, et, outre leurs qualités ludiques mentionnées plus haut, les graphismes et la direction artistique sont à la hauteur.

Ils fourmillent ainsi de détails aguicheurs comme des tags, stickers et autres graffitis, mais aussi d’un travail poussé sur les chartes graphiques de l’univers créé pour le jeu (marques, publicités, logos) ainsi qu’un sens du design général plutôt de bon goût (mobilier de l’Aéroport, sculptures monumentales du Campus, néons et hologrammes de Tokyo…). Bref, une très belle réussite sans réels défauts. Côté musique, le jeu envoie également du lourd avec une bonne soixantaine de morceaux, de plusieurs styles et époques que vous pourrez choisir de placer ou retirer de la playlist in-game.


Ainsi, outre les artistes déjà mentionnés dans ma découverte de la démo (le jeu mettait judicieusement en avant le mastodonte Motorhead avec son mythique Ace of Spade), si vous désirez vous faire une session bien énervée à l’ancienne, vous aurez le loisir de vous mettre dans les oreilles des artistes comme Starcrawler, Speed of Light ou les Sex Pistols et Iron Maiden en personnes (mais aussi découvrir des groupes moins installés comme les énergiques Memo PST). Si vous êtes plutôt Hip-Hop Old school, vous opterez pour Run DMC ou KRS-One (vous aurez également le loisir d’apprécier des artistes plus récents mais non moins incontournables de la musique urbaine comme De La Soul, MF Doom, Vince Staples et j’en passe).

Vous désirez une vibe nostalgique avec du punk californien ? Placez alors dans votre playlist Urethane, The Faction, Jeff Rosenstock, The Toy Dolls ou bien Bodyjar. On remonte encore dans le temps et on se fait une vibe 80’ avec Gang of Four et Cold Cave, ou bien nous décidons de profiter du coucher de soleil un soir d’été en écoutant des titres plus chill comme ceux de Steve Lacy et Lupe Fiasco, un régal. Le jeu comprend aussi son lot d’artistes rock en vogue (preuve que le genre n’est pas tout à fait mort !) comme King Gizzard, Idles ou bien Fontaines DC.


Outre sa générosité en termes de contenu, le jeu brille par ses menus d’accessibilité très bien fournis. Nous retrouvons des options de simplification du gameplay comme l’équilibre parfait, l’absence de chutes, la vitesse de déplacement, la durée du chrono (mentionnée plus haut), ou encore la récupération instantanée après une chute. Vous avez également une personnalisation hyper complète de l’ATH où chaque élément peut être enlevé ou ajouté, ainsi que différentes profondeurs de caméra permettant d’ajuster la grandeur du personnage sur l’écran.


Enfin, une personnalisation de la playlist musicale du jeu est possible en décochant les titres que l’on ne souhaite pas entendre. Pour ce qui est du mode photo, il remplit les standards actuels avec angles de caméra variés, déplacement libre dans le décor, possibilité d’afficher ou gommer des éléments à l’écran (Skaters, PNJ, items), calibrage des reflets et orbes, possibilité d’aberration chromatique, de grains et de vignettage… De quoi passer des après-midi à se prendre pour Tobin Yelland ou Skin Phillips.

Tony Hawk’s Pro Maker
Alors là, on rentre dans un gros morceau puisqu’on pourrait qualifier cette partie de Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 de véritable jeu dans le jeu. Si vous avez toujours rêvé de réaliser votre skatepark de A à Z, vous êtes à la bonne adresse. Mais non content de vous offrir des modules professionnels à foison, le jeu vous permet également de choisir parmi une grande sélection de mobilier urbain afin de rendre votre parcours plus “street”. Concrètement, trois possibilités s’offrent à vous dans cette section : Créer votre parc en partant d’une plaine vide, découvrir et rider les créations d’autres joueurs, éditer et modifier les créations d’autres joueurs.

Pour la première possibilité, eh bien c’est très complet, il n’y a rien à dire. Si vous avez déjà joué à un jeu de création (parcs à thèmes, parcs d’attractions…), vous ne serez pas dépaysé, vous risquez simplement de vous sentir un petit peu limité dans votre créativité. Mais rappelons qu’il ne s’agit que d’une section d’un jeu plus grand, il est dès lors normal que ce ne soit pas aussi complet qu’un jeu entièrement dédié à la création. Cependant, j’ai tout de même été personnellement bluffée par les nombreuses possibilités qu’offre tout de même ce Tony Hawk’s Pro Skater. Voyez plutôt… Vous avez tout d’abord la possibilité de placer des modules “classiques” comme des rampes, des barres ainsi que des blocs en tout genre, sans oublier plusieurs “piscines” de formes différentes.


Vous avez ensuite la possibilité de modifier leur orientation, leur nombre, leur texture (béton, métal, bois…) ainsi que leur hauteur (si vous désirez par exemple les placer sur un élément déjà existant, le tout afin de créer différents niveaux de hauteur à votre parc), ensuite vous pouvez commencer à vous aventurer dans les éléments urbains qui sont finalement des structures skatables mais non prévues à cet effet, par exemple des bancs publics, des distributeurs de boissons, des voitures, des bornes incendies, des containers, etc. On continue avec les grosses structures que je qualifierais d’artistiques, comme des fontaines, des sculptures modernes ou encore des éléments architecturaux comme des kiosques ou des tunnels. Vous pouvez alors décorer votre parc, des éclairages publics de plusieurs couleurs vous sont proposés, ainsi que des éléments naturels comme des plantes en pots, des buissons et des arbres.


Et vous pouvez enfin terminer par insuffler un peu de vie à tout cela en ajoutant quelques PNJ mobiles, des panneaux publicitaires, ainsi que des objets du quotidien (caddies de supermarché, vélos, plots de chantier…). À noter qu’une dernière section (peut-être la plus intéressante pour les architectes dans l’âme) consiste à pouvoir créer ses structures complètement librement en modifiant leur taille, leur forme, leur orientation, leur texture ainsi que leur dénivelé. Cela prend du temps mais cela permet de pouvoir aller au bout de son idée si on est prêt à s’y investir, et je salue cette possibilité qu’offre le jeu. Vous voilà déjà avec un parc bien rempli, bien vivant et bien personnalisé !


Vous avez tout de même peur de vous ennuyer en le parcourant sur votre planche ? C’est là que la partie intéressante commence ! Vous avez en effet la possibilité d’ajouter des défis au sein de votre parc. Ils se présentent sous la forme d’hologrammes à placer çà et là et vont de la réalisation de certaines figures ou combos à des endroits précis, à des défis de destruction ou de collecte de certains objets à placer où bon vous semble, en passant par des badges plus gros à percher dans des endroits impossibles si l’envie vous en prend. Enfin, vous pouvez aussi rendre votre parc plus poétique en y plaçant des notes de musique qui, une fois traversées, diffusent des sons sur votre passage comme des accords de guitare ou des percussions, un peu gadget mais amusant tout de même.

Sans oublier qu’il vous est possible d’appliquer une atmosphère et une esthétique particulière à votre parc en choisissant parmi plusieurs thèmes reprenant les principaux niveaux jouables en mode carrière (Canada et son atmosphère enneigée, San Francisco et son magnifique couché de soleil, etc.) De quoi réellement passer des heures à peaufiner ses créations, le tout de manière réellement fluide, sans trop de prise de tête, et c’est déjà un accomplissement en soi réalisé par le studio. Outre cette création de parcs, il existe donc deux autres possibilités comme mentionné plus haut. Explorer les parcs d’autres joueurs peut s’avérer amusant ou frustrant selon la qualité du parc, mais certains que j’ai pu tester valaient le détour pour quelques minutes d’exploration.

Je suis par exemple tombée sur une map un peu psychédélique où tous les défis étaient basés sur de longues barres de grind fluo (tout un concept !) ou encore une map beaucoup plus chill où le créateur avait mis l’accent sur l’aspect esthétique et artistique de son parc, alors très agréable à parcourir avec une playlist plus calme. Enfin, non content de pouvoir les parcourir, vous pouvez également modifier ces parcs créés par d’autres joueurs. Vous en réalisez alors une nouvelle copie pour vous. Cela fonctionne plutôt bien car il est assez courant d’apprécier une création tout en se disant que l’on aurait fait certaines petites choses autrement, comme relier deux spots de manière plus fluide ou alléger le nombre de décorations qui deviennent alors des d’obstacles par exemple. Bref, vous l’aurez compris, cette section création est vraiment un atout du jeu en général et peut réellement occuper pendant de nombreuses heures les plus créatifs et bricoleurs d’entre-nous.


Ça Planche pour Moi
Si vous avez peur de vous ennuyer une fois votre carrière solo terminée ou que vous en avez marre de skater seul, le jeu vous propose un mode multijoueurs. En local, cela se présente par un écran splitté verticalement (à ma connaissance, sans possibilité de splitter horizontalement malheureusement) qui permet donc à deux joueurs d’explorer un parc ensemble.

Pas de mode coopératif cependant (un peu dommage, on aurait apprécié allier nos deux scores ou se répartir des figures afin d’atteindre certains objectifs par exemple), mais plusieurs modes de duels comme le mode Trick Attack (à qui fera le plus haut score comme il le souhaite), le mode HAWK (sorte de chasse aux œufs où chacun cache ses lettres avant de devoir trouver celles de l’autre), le mode Combo Mambo (qui porte bien son nom et récompense le joueur ayant fait le plus bel enchaînement de tricks) ou encore le mode Graffiti (sorte de jeu de reversi où il faut colorer le plus d’éléments possible sur la map, y compris ceux déjà colorés par l’adversaire), voire même un jeu du chat et de la souris, et ce parmi neuf modes au total.

Un mode multi plutôt amusant même si finalement assez anecdotique sauf si vous possédez tous les deux un esprit particulièrement compétitif. Le mode en ligne permet lui de réunir jusqu’à 8 joueurs, de quoi former un gang urbain bien hétéroclite comme on les aime !
Que dire devant tant de générosité à part merci ? Plus sérieusement (mais tout aussi enthousiaste), Tony Hawk’s Pro Skater 3 + 4 n’a réellement pas beaucoup de défauts. Le mode carrière, bien qu’un peu court, est très addictif et plaisant, le nombre de personnages jouables et de customisations personnelles est réellement satisfaisant, les maps sont hyper agréables à découvrir dans leurs moindres recoins et le jeu se dote de deux véritables “jeux dans le jeu” en proposant un mode multijoueurs qui, s’il n’est pas la révolution de l’année, reste super plaisant pour quelques sessions, ainsi qu’un mode de création de parcs très complet qui lui par contre vous occupera des heures durant. Enfin, un mode photo plutôt performant permet d’apprécier à sa juste valeur la belle mise à niveau graphique du jeu, très réussie également. Ajoutons à cela une bande musicale réellement appréciable ainsi que des options d’accessibilité qui permettent d’apprécier le jeu à sa façon, sans frustration, et nous avons un véritable moment de détente, de nostalgie, et d’amusement entre les mains.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Nombre et diversité des personnages jouables
Esthétique générale du jeu
De nouvelles maps inédites très réussies
Accessibilité juste comme il faut
Création de parcs très réussie
Respect de la discipline sportive
Bande musicale diversifiée et de qualité
Plusieurs modes de jeu pour varier les plaisirs
Un mode multijoueurs local ou cross-platforme
Les points négatifs
Un mode carrière un peu court
Quelques détails graphiques disgracieux
Multijoueurs local splitté uniquement verticalement




