
Révélé en 2018 sous le nom d’Extreme X Despair, The Hundred Line -Last Defense Academy- sonne comme le titre de la dernière chance pour TooKyo Games, tant son développement fut houleux pour les transfuges de Spike Chunsoft. Après la défection de leur premier éditeur, le studio a dû s’endetter afin d’avoir une chance de mener le projet à son terme. Heureusement pour les joueurs, le renfort d’Aniplex et de Media Vision aura permis aux équipes du studio d’apporter la touche finale à leur dernier né. Prévu pour une sortie mondiale le 24 avril 2025, ce tactical RPG mêlant visual novel et élément de point’n click rappelle immédiatement son aîné, Danganronpa, dont il partage la direction artistique ainsi qu’un mélange des genres qui a fait le succès de la franchise de Spike Chunsoft. Pour autant, est-on en présence d’un clone pur et simple de Danganronpa ? Pour le savoir, nous avons intégré la dernière promotion de la Last Defense Academy.
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.
La ligne rouge



The Hundred Line -Last Defense Academy- prend place au sein du Tokyo Residential Complex, ville enclavée sous un dôme, où vit paisiblement Takumi Sumino, un lycéen, et son amie d’enfance Karua. Alors qu’un matin comme tous les autres ils sont en route pour aller en cours, une alerte retentit, leur intimant de se rendre à l’abri souterrain le plus proche. Après avoir obéi, et une fois la (fausse) alerte passée notre duo retourne à l’air libre où il se retrouve nez à nez avec… un chien ! Alors que Takumi, surpris, a dégringolé les escaliers, Karua, elle, se lance à la poursuite de l’animal. A la recherche de son amie, l’adolescent débarque dans une école en ruine et retrouve le Shiba qui reprend sa véritable forme, celle d’un étrange spectre qui lui dit se nommer Sirei.


La créature lui indique également qu’il est un élu avant de lui remettre un petit katana tout en le sommant de se poignarder avec. Complètement paniqué, Takumi prend la fuite et à peine sorti du bâtiment retrouve Karua alors que retentit une nouvelle alarme, bien plus inquiétante celle-ci. En quelques minutes le complexe est envahi par des monstres qui massacrent les habitants, avant de se tourner vers le duo qui se retrouve acculé. C’est à ce moment-là que Sirei réapparaît et réitère ses consignes à Takumi. Il doit se poignarder en plein cœur pour déclencher l’Hémoanima, un pouvoir capable de vaincre les monstres et de sauver son amie. Après avoir obéi et combattu les envahisseurs avec succès, le lycéen est alors embarqué par Sirei et perd conscience. Il se réveille un peu plus tard dans une classe en compagnie d’autres adolescents aussi perdus que lui.


Après une entrée en fanfare, Sirei explique à tout ce petit monde qu’ils sont le dernier rempart de l’humanité contre les monstres ayant saccagé leur ville, et qu’ils se trouvent au sein d’une académie spécialement formée pour combattre cette menace avec les pouvoirs de l’Hémoanima qu’ils sont tous capables d’utiliser. Encore choqués par ce qu’ils viennent de vivre, les jeunes gens vont devoir cohabiter et s’entendre pour protéger le précieux item enfermé dans la chambre forte de l’établissement, et ce pour une durée de 100 jours, faute de quoi l’humanité sera exterminée !

Si ce pitch à des relents de déjà vu, ce n’est pas anodin puisqu’au scénario de The Hundred Line on retrouve Kazutaka Kodaka (Danganronpa Trilogie) et Kotaro Uchikoshi (AI: The Somnium Files – nirvanA Initiative) qui se sont associés pour donner lieu à cette intrigue somme toute assez classique, mais prenant tout son sens sur le long terme, mis en scène sous forme de visual novel. En effet, il serait dommage de vous en dévoiler plus, tant le scénario se révèle génial par les multiples rebondissements et autres révélations fracassantes qui viennent émailler la vie des adolescents au cours de ces 100 long jours.

Pour les habitués des productions Spike Chunsoft et TooKyo Games, vous ne serez pas déstabilisés puisque la direction artistique en 2,5D assurée par Rui Komatsuzaki (Danganronpa) reprend peu ou prou le même style graphique que les précédents titres du studio. Idem pour la musique, puisque le compositeur Masafumi Takada (Danganronpa et Master Detective Archives: Rain Code) a repris du service pour The Hundred Line. Pas besoin de tergiverser, les points communs entre le bébé de TooKyo Games et son aîné sont très nombreux, au point que l’effet de surprise n’est absolument pas là pour les habitués des productions précédentes. Pire encore, on commence le jeu avec une désagréable impression de déjà vu, qui heureusement ne dure pas au-delà des premiers jours de cette vie forcée en communauté.
The Faculty


C’est donc au sein de l’établissement scolaire, entouré de flammes éternelles protégeant le bâtiment et ses alentours, que vous allez évoluer la plupart du temps en compagnie de vos condisciples. Ces derniers sont d’ailleurs une bande bigarrée aux personnalités fortes, voire loufoques, qui suscitent l’attachement au fur et à mesure que l’on en apprend plus sur leurs histoires personnelles. Pour autant, tout ne se passera pas simplement à faire coexister toutes ses personnalités différentes et vous devrez parfois faire preuve de persuasion afin de rallier certains élèves à votre cause. Ces phases vous demanderont de choisir la bonne réplique au bon moment pour convaincre vos condisciples.


Dans The Hundred Line, pour apaiser les tensions, il vous faudra en apprendre plus sur les autres membres de l’unité spéciale de défense, et vous aurez alors le choix d’interagir avec eux directement ou de leur offrir des cadeaux via le Gift-O-Matic (machine à fabriquer toutes sortes de présents). Cela vous permettra par ailleurs d’augmenter vos statistiques en langage, math, sciences, études sociales et gym, ce qui vous sera bien utile lors de vos explorations à l’extérieur de l’enceinte de l’école. Evidemment, les diverses commodités ne seront pas tout de suite accessibles et se débloqueront au fur et à mesure du temps. Comme l’académie ne compte aucun professeur, vous allez avoir beaucoup de temps libre entre deux batailles pour la survie de votre espèce et chaque activité prendra un certain temps à réaliser.



Ainsi, chaque journée sera composée de deux temps libres (un le matin et un l’après-midi) que vous pourrez utiliser pour passer du temps avec vos condisciples, vous entraîner au combat, créer un cadeau ou lire pour accumuler des connaissances. Les activités consistant à augmenter le niveaux de vos attaques, de vos pièges ou des potions disponibles lors des combats ne prendront que peu de temps et n’interféreront pas avec d’autres activités plus chronophages. En ce sens, on retrouve un peu le système de développement social popularisé par les Persona où il sera important de bien choisir les éléments sur lesquels on souhaite se concentrer. Une seule activité nécessitera toute la journée : l’exploration du monde extérieur.
Battle Loyal


Si The Hundred Line -Last Defense Academy- se passe surtout dans l’école, vous serez parfois amené à vous rendre au-delà du mur de flammes pour y trouver des ressources nécessaires à la confection d’objets. C’est sous la forme d’un jeu de plateau que nous évolueront dans un monde en ruine où chaque décision, comme retourner une pierre ou goûter un champignon, sera à même de vous causer des dommages tout autant que de vous faire dénicher des ressources parfois précieuses, voire les deux en même temps. Pour vous déplacer vous aurez deux cartes en mains représentant le nombre de cases que vous pourrez parcourir, et chacune des cartes utilisées laisse la place à une nouvelle. Libre à vous de choisir les cases que vous voudrez emprunter et celles à éviter en composant avec votre main.

Sachez toutefois que vous ne pourrez ramener que 9 ressources à la fois, chaque élément supplémentaire nécessitant de se débarrasser d’un objet déjà récolté. Bien entendu, les points de vie perdus lors des événements ou de la rencontre d’ennemis le seront jusqu’au retour à l’école, il faudra donc faire attention à son parcours quitte à rentrer plus tôt que prévu. Cependant, la mort dans The Hundred Line -Last Defense Academy- n’est absolument pas une mauvaise chose, pour peu qu’elle ait lieu sur le territoire de l’académie, et représente même un élément tactique appréciable. En effet, à intervals réguliers les envahisseurs vont se ruer à l’assaut de l’établissement afin de mettre la main sur l’objet précieusement gardé en son sein.

A cette occasion, les étudiants vont faire appel à l’Hémoanima qui va leur permettre d’utiliser des armes psychiques uniques à chacun lors de phases typiques d’un tactical RPG. Chaque action coûtera un certain nombre de PA, que ce soit les déplacements ou les attaques et votre tour prendra fin quand vos PA atteindront 0, laissant alors aux ennemis le soin d’attaquer. Chaque personnage possède des attaques ayant des portées et des puissances différentes et terrasser les ennemis moyen et puissant vous permettra d’accumuler des PA, ce qui ne sera pas le cas en détruisant les ennemis faibles, faciles à terrasser mais dont le nombre peut vite s’avérer être un problème.


Cela étant, chaque action, coup donné et dégât reçu permet de remplir une jauge de voltage qui une fois à 100% (et au-delà) donnera accès à des boost d’attaque et de défense, ou à une attaque spéciale dévastatrice qui rendra le personnage l’ayant utilisé complètement sonné pendant au moins deux tours. Cette attaque est également disponible quand la vie de votre avatar est au plus bas et chaque utilisation causera la mort de ce dernier. Cependant, l’école possède un système capable de ressusciter les combattants et ces derniers seront de retour dans la bataille une fois la vague d’ennemis vaincue.

Un aspect important à prendre en compte afin que chaque décès vous rapproche un peu plus de la victoire, certaines batailles comportant plusieurs vagues successives d’ennemis, quand encore ils n’ont pas dans leur rang des boss appelés “Commandants”. Si vous êtes un habitué des tactical RPG, il est fort possible que vous ne rencontriez guère de challenge lors des affrontements de The Hundred Line, mais ceux-ci constituent une excellente porte d’entrée au genre pour les néophytes.



Sirei-térer suffisait, ce serait Nigou de ne pas le faire !

Vous l’aurez compris, avec The Hundred Line -Last Defense Academy- nous ne sommes pas dans une énième revisitation de Danganronpa, malgré ce que leur similitudes pouvaient laisser craindre. Cela dit, la filiation est totalement assumée comme se plaît à nous le rappeler Darumi lors de ces répliques qui cassent régulièrement le quatrième mur. L’intrigue est passionnante de bout en bout, mais c’est surtout après la première fin que le jeu prend réellement toute sa saveur en nous invitant à revisiter tous les moments et tous les choix faits lors du run précédent pour obtenir une nouvelle fin sur les 100 que comporte le jeu.

Certes, toutes ne sont pas excellentes, loin de là, mais c’est suffisant pour replonger encore et encore dans la trentaine d’heures nécessaires (bien plus si vous voulez tout maximiser) pour boucler les 100 jours de service de nos protagonistes. En ce qui me concerne, j’ai mis bien plus longtemps à cause des multiples temps de chargements présent en jeu et de leur durée, sans que je sache réellement s’ils étaient imputables au titre de TooKyo Games ou à ma console vieillissante. J’avoue qu’arrivé au terme de l’aventure, je n’avais pas le cœur de laisser ma petite bande d’adolescents sans replonger directement pour un nouveau run.


Il faut dire que The Hundred Line -Last Defense Academy- est assez simple pour un joueur chevronné et s’adresse clairement à un public non initié à la licence Danganronpa. Malheureusement, sa seule localisation en anglais le coupe d’une grande partie de son audience potentielle et risque bien de s’avérer préjudiciable pour le succès du titre auprès du grand public. Un pari que j’espère gagnant, tant les productions de TooKyo Games ont toujours le don de m’enthousiasmer, surtout depuis qu’elles ont appris des erreurs de leurs aînés en limitant les divers gameplay disponibles en jeu.

The Hundred Line -Last Defense Academy- aurait pu être un simple clone de Danganronpa tant ils partagent de points communs, à commencer par leur direction artistique, leur ambiance sonore et quelques points de leur scénario. Pour autant, le petit dernier de chez TooKyo Games tire son épingle du jeu en proposant un visual novel mâtiné de tactical RPG aussi passionnant qu’inattendu, où chaque choix du joueur amènera l’intrigue à l’un des 100 dénouements possibles, lui assurant une rejouabilité sans aucune perte d’intérêt. Bien que le challenge ne soit pas vraiment au rendez-vous pour les habitués du genre, The Hundred Line en constitue une excellente porte d’entrée, si ce n’est que sa localisation uniquement en anglais risque bien d’en freiner quelques-uns. Une décision dommageable tant ses qualités sont nombreuses et font de The Hundred Line -Last Defense Academy- un titre à découvrir absolument !
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Une direction artistique en 2.5D, rappelant celle de Danganronpa, toujours aussi efficace
Un casting haut en couleur auquel on s’attache immédiatement
Une intrigue passionnante aux multiples rebondissements
Les choix du joueur ont une véritable incidence sur la conclusion du jeu et donnent envie de le refaire encore et encore pour en explorer toutes les fins
Un mélange de différents gameplay parfaitement dosé qui fait mouche
Une durée de vie conséquente doublée d’une rejouabilité appréciable
Les points négatifs
Quelques longueurs à déplorer au cours des 100 jours au sein de l’académie
Des temps de chargement très présents qui finissent par crisper quelque peu
Pas de localisation française disponible




