Master Detective Archives : RAIN CODE

"Master Detective Archives : RAIN CODE" Affiche

Créé en 2017, par des transfuges de chez Spike Chunsoft, le studio Too Kyo Games, déjà responsable de Death Come True et de World’s End Club, revient avec un troisième soft d’enquête et d’énigmes : Master Detective Archives : RAIN CODE. Fondé par trois piliers de la franchise Danganronpa : le créateur de la série, Kazutaka Kodaka, l’illustrateur Rui Komatsuzaki et le compositeur Masafumi Takada rejoint par le directeur du jeu Zero Escape, Kotaro Uchikoshi, il n’est pas étonnant que Master Detective nous rappelle par bien des aspects son aîné. C’est d’autant moins surprenant que pour l’occasion les développeurs de chez Too Kyo Games ont retrouvé leurs anciens collègues de Spike Chunsoft pour le création de ce titre d’enquête aussi passionnant que survolté. C’est donc la loupe à la main et Deerstalker sur la tête que nous avons lancé la Nintendo Switch pour ce test.

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch.

Faites entrer le macchabée

L'aventure commence avec "Shinigami"
Un mystérieux "livre" lié à la déesse de la mort

Master Detective Archives : RAIN CODE commence alors que notre avatar se réveille dans la salle de stockage des objets trouvés d’une gare, ignorant totalement qui il est et où il est. Après qu’une voix fantomatique lui ait intimé l’ordre de chercher dans ses poches, il y trouve une lettre de l’Organisation Mondial des Detectives (l’OMD), adressé à Yuma Kokohead, qui lui signifie son affectation dans la ville de Kanai Ward, ainsi qu’un billet pour un train en partance pour la ville désignée. Intrigué, Yuma décide de monter dans l’Amaterasu Express où il retrouve cinq maîtres détectives de l’OMD qui sont étonnés de le voir débarquer, persuadés d’être au complet. Après quelques tergiversations sur son identité, Yuma, qui entend toujours des voix, se sent mal et perd connaissance dans les toilettes du train.

"Yuma Kokohead" se réveille amnésique
L'"Amaterasu Express" l'endroit ou tout commence
Le début de la collaboration entre Shinigami et Fuma dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

À son réveil, il se retrouve face à un fantôme violet doté d’une couronne qui lui explique être lié à lui suite à un pacte qui a coûté au garçon ses souvenirs. En échange de quoi, il peut accéder aux pouvoirs de l’entité qui s’avère être une déesse de la mort nommée Shinigami. Encore sous le choc, Yuma n’a pas le temps de s’interroger plus avant, de la fumée l’alertant qu’un incendie est en cours dans le wagon. Il va ainsi découvrir la mort de tous ces compagnons de voyage brûlés vifs. C’est à ce moment précis que le train arrive en gare de Kanai Ward et notre héros se retrouve encerclé par la pacificateurs, police privée d’Amaterasu Corporation, faisant la loi dans la ville.

Les pacificateurs font la loi dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Une fois son innocence prouvée grâce aux pouvoirs de Shinigami, Yuma est sauvé par Yakou Furio, le chef de l’Organisation des Detectives Nocturnes, seule branche de l’OMD présente dans la ville isolée du reste du monde. Une fois arrivé au bureau du détective, Yuma fait la connaissance de quatre maîtres détectives avec qui il va devoir collaborer pour éclaircir le secret ultime de Kanai Ward et par là même le plus grand mystère mondial.

Yakou est un détective de "Kanai Ward"
la QG des détectives dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
la mission de l'OMD dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Il apprend également qu’il n’était qu’un apprenti détective en formation, quand ses collègues eux ont le statut de “maître” car ils sont dotés de pouvoirs appelés “aptitudes criminalistiques”, leur permettant de résoudre les énigmes les plus ardues. Entre les interrogations liées à son passé, le sentiments qu’il n’est pas vraiment à sa place avec ces détectives de génie et sa quête pour découvrir le secret de la ville pluvieuse de Kanai Ward, Yuma aura fort à faire, surtout que Shinigami ne semble pas vraiment décidée à lui faciliter la tâche.

L'"humour" est omniprésent
Shinigami à la rescousse dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Pluie d’enquêtes

Au premier coup d’œil, on voit de suite la filiation entre Master Detective Archives : RAIN CODE et Danganronpa, le style graphique étant très similaire, même si ici les développeurs ont opté pour une modélisation en 3D totale, tandis que dans son prédécesseur seuls les environnements étaient en 3D, les personnages étant en 2D fixe. Malheureusement, ce choix s’accompagne d’un effet de flou assez marqué en jeu, sans compter un effet de clipping très présent sur les PNJ déambulant en ville. Toutefois, l’atmosphère sombre de cette cité coupée du monde et livrée à elle-même est envoûtante et on adore en explorer les moindres recoins, ne serait-ce que pour y trouver des points de mémoire qui débloqueront des scènes inédites avec vos collaborateurs détectives.

les échanges privés dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
"Kanai Ward" est une ville pluvieuse et lugubre

La bande son et la musique du titre sont extrêmement efficaces et collent parfaitement à cette ville lugubre à tendance cyberpunk dans laquelle la pluie ne s’arrête jamais de tomber. Pour contrebalancer la grisaille ambiante de Kanai Ward, les protagonistes qui vous accompagneront au cours de l’aventure forment un casting de premier choix, que ce soit du côté des détectives, des pacificateurs ou encore de Shinigami, dont la gouaille et les réactions en font la véritable héroïne du jeu. L’inclusion des “aptitudes criminalistique” que vous pourrez emprunter à votre partenaire du moment, via les pouvoirs de Shinigami, rendent chaque enquête différente et permettent d’éviter de tomber trop dans la monotonie.

Vivia dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
Desuhiko dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
Fubuki dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Ainsi en faisant équipe avec Desuhiko vous pourrez prendre l’apparence de n’importe qui. Avec Halara et son pouvoir de recognition, il sera possible de visualiser une scène de crime au moment de sa découverte. N’oublions pas non plus Vivia, qui vous aidera avec sa forme astrale, ainsi que cette chère Fubuki qui s’illustre par sa maîtrise du temps. Même si vous ne disposez de ces capacités que pour un temps assez court, elles arrivent à apporter ce petit truc en plus différent à chaque phase d’enquête. Mais une fois la récolte d’indices terminée et les quêtes annexes expédiées (bien souvent des quêtes FEDEX sans intérêt autre que de revisiter les divers lieux de la ville), il vous faudra trouver le coupable et c’est à ce moment-là que la vraie forme de la déesse de la mort va entrer en jeu.

"Recognition" le pouvoir de Halara
Les "clés solutions" sont les indices

Death code

L'épée de Yuma est dans le corps de Shinigami dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Car oui, dans Master Detective Archives : RAIN CODE vous allez passer de longs moments dans une dimension parallèle : le labyrinthe des mystères, symbolisant l’énigme que vous tentez de résoudre. C’est lors de cette phase que vous allez tenter de tirer des conclusions et d’arriver à la vérité derrière le meurtre sur lequel vous enquêtez. Ainsi, vous serez confrontés aux Q des entités qui symbolisent les êtres qui veulent vous empêcher d’arriver à la vérité, que ce soit le coupable ou les pacificateurs, champions de la dissimulation et de la falsification de preuves. Il ne tiendra qu’à vous de les pourfendre avec votre épée en tailladant les contradictions dans leurs propos à l’aide des indices, des “clés solutions” ramassés lors de votre investigation, tout en évitant les autres propos de votre adversaire.

le duel de raisonnement dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
les spectres sont les ennemis du "labyrinthe des mystères"

Ce duel de raisonnement sera à la base du labyrinthe. Mais d’autres épreuves vous attendent, comme celle de Shinigami où vous devrez reconstituer un mot en cassant, dans le bon ordre, les lettres sur un tonneau tournant dans lequel se trouve la déesse. Bien entendu, un arbre de compétence ainsi que divers indices seront disponibles pour vous aider, mais vous n’en aurez quasiment jamais besoin, le titre n’étant pas d’une difficulté extrême. En ce qui me concerne le challenge était d’arriver à trouver le coupable durant la phase d’enquête afin d’attaquer le labyrinthe en ayant déjà la solution.

Les écran-titre des "chapitres" sont superbes
La mise en scène est époustouflante dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"
Les notes résultats dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Une fois le tueur démasqué, il vous faudra reconstituer le crime dans l’ordre en ajoutant les indices au bon moment dans un manga interactif. Une épreuve qui ne pourra que parler aux fans de Danganronpa, dont elle est directement reprise. Il est assez difficile de vous parler en profondeur d’un jeu d’enquête, tant la surprise de la découverte est capitale, le scénario de Master Detective Archives : RAIN CODE étant assez magistral, je m’arrêterais donc là pour vous permettre de vous y plonger et de vous faire votre propre avis.

L'intérieur du labyrinthe des mystères dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Le Crime de l’Amaterasu Express

Ce n’est un secret pour personne (du moins je crois !), quand il est question de résoudre des mystères ou d’enquêter sur un crime, je ne suis jamais très loin, toujours désireuse de mettre mes neurones à contribution pour trouver la clé de l’énigme. Autant vous dire que depuis son annonce en novembre 2021, sous la dénomination Enigma Archives: Rain Code, j’ai toujours gardé un œil sur le titre surtout depuis que j’ai appris que les créateurs de la saga Danganronpa étaient de la partie. Je ne vous ferai pas languir plus, je me suis littéralement éclatée à dénouer ces meurtres tous plus tordus et passionnants les uns que les autres.

Le résumé final du "meurtre"
chaque exploration du labyrinthe est différent dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Moi qui avais eu du mal avec les divers épisodes de Danganronpa, dont le système de jeu m’avait un peu perdu à force de trop se disperser dans les phases de jugement, ici j’ai pu au contraire retrouver peu ou prou les mêmes mécaniques tout au long de ma partie, ce qui loin de me gêner, m’a permis de me concentrer pleinement sur mes déductions. Les crimes sont bien construits, l’intrigue est parfaitement amenée pour finir de façon flamboyante et les personnalités hautes en couleur des personnages font que l’on s’attache très vite à eux. J’en ai même oublié la redondance inhérente aux enquêtes de ce genre de titre, ainsi que les quelques limitations graphiques et baisses de framerate, pour me laisser porter par le scénario.

Shinigami devient géante pour traquer les "coupables"
l'"épreuve de Shinigami" ou il faut trouver un mot en rapport avec l'énigme
Un mini jeu dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Enfin, ce voyage ne fut pas un long fleuve tranquille non plus, tant les temps de chargement sont longs et nombreux. Un aspect qui a eu le temps de m’exaspérer durant la cinquantaine d’heures passée à Kanai Ward. C’est dire si Master Detective Archives : RAIN CODEm’a plu, car malgré ces pauses forcées qui m’ont un peu gâché l’aventure je n’ai pas pu lâcher ma manette jusqu’à sa conclusion. Autre souci (même si moindre que le précédent) : le doublage !

Les temps de chargements trop longs dans "Master Detective Archives : RAIN CODE"

Si celui-ci est aussi bon en anglais qu’en japonais, la synchro labiale a été calée sur la version japonaise, ce qui occasionne un décalage assez voyant avec la version anglaise. J’ai donc commencé Master Detective Archives : RAIN CODE en anglais, mais je suis très vite repassé en japonais tant cela m’a perturbé. Cela étant il s’agit réellement d’un point de détail en ce qui me concerne, tant le jeu de Too Kyo Games et Spike Chunsoft m’a enthousiasmé au plus haut point. Je suis d’ailleurs un peu triste de l’avoir terminé et j’espère sincèrement ne pas en avoir fini avec les aventures de Yuma et Shinigami, que je retrouverais avec plaisir si l’occasion se présente. Le verdict est rendu et l’appel est lancé.

"Shinigami" est la vraie star du titre
Pour conclure…

Au vu de l’investigation menée durant ce test, nous ne pouvions aboutir qu’à une seule et unique conclusion : Master Detective Archives : RAIN CODE est un excellent jeu d’enquête malgré ses défauts. En effet, ni les temps de chargement odieusement longs et nombreux, ni les bugs d’affichage ne sont capables de ternir la maestria de l’intrigue du jeu et de ses enquêtes toutes plus passionnantes les unes que les autres, sans pour autant être inaccessibles si vous n’avez pas l’âme d’un Sherlock Holmes. Un grand coup de cœur à qui je vous conseille de laisser une chance, ne serait-ce que pour faire la connaissance de Shinigami, la véritable star du titre.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique attrayante et une mise en scène survoltée

On y retrouve l’exubérance et la folie d’un Danganronpa

Les enquêtes sont bien ficelées et l’intrigue prenante

Un casting charismatique, surtout Shinigami

Une bande-son parfaite pour le titre

Les points négatifs

Des temps de chargement (beaucoup) trop longs et trop nombreux

Quelques ralentissements à déplorer et un aspect flouté des visuels 3D

Des quêtes annexes peu intéressantes

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