
Et si le fait d’apprendre et de jouer pouvaient se combiner, et donner quelque chose de fun ? C’est le pari qu’a fait le studio écossais Yaldi Games, avec son premier jeu, Out and About, que nous allons découvrir ensemble, et dont le thème porte sur la cueillette sauvage et le respect de la nature. Sujet original s’il en est ! Et plutôt d’actualité…
Cette preview a été réalisée sur une version PC (Steam Deck) fournie par l’Éditeur.
On arrive à Beau Port
Il y a peu de temps, le joli village de Portobello a subi une tempête dévastatrice. Abattue, la population du village se tourne vers nous pour les aider à reprendre pied et retaper la petite bourgade. Pour ce faire, connaître le terrain et les différentes plantes et champignons qui y poussent va être un atout majeur. Apprendre à les reconnaître, à les cuisiner, ainsi que leurs bienfaits, telle est notre mission ! Il n’y a pas un instant à perdre : le destin de Portobello est entre nos mains !

Sacheur Cueilleur
On commence Out and About par la création de notre avatar. Création plutôt complète d’ailleurs, et dans les standards habituels (cheveux, accessoires, vêtements…). C’est également à cette étape qu’il faut nous trouver un nom. L’apparence est ici tout de même importante car Out and About est un jeu à la troisième personne, donc nous allons voir notre personnage à l’écran tout le temps. Nous commençons alors notre aventure. Il est à noter que dans la première partie du jeu, il y aura pas mal de tutos qui vont s’afficher. Cependant, malgré leur fréquence, je les ai trouvés très clairs et précis, et bizarrement peu invasifs, un bon point certain.

En tant que cueilleuse, nous allons rencontrer lors de nos balades dix personnages, et ce sont ces derniers qui nous confieront des quêtes à réaliser pour eux. Il est d’ailleurs très facile de repérer les PNJ qui souhaitent nous parler car ils arborent un point d’exclamation jaune (!) au-dessus de leur tête. Impossible de les rater. Lorsque les dialogues s’enclenchent, un encadré avec le texte défilant va s’afficher, ainsi qu’un portrait du PNJ avec qui nous sommes en train de converser, arborant son humeur du moment, un classique qui a fait ses preuves. Lorsque nous rendons service aux divers PNJ, ou que nous réalisons des activités avec eux, notre niveau d’amitié avec ces derniers va se renforcer. Selon les personnages, les bonus obtenus à chaque palier d’amitié passé seront plus importants.


La map se divise en 5 zones où il sera possible de trouver pas moins de 57 plantes et champignons à partir desquels il sera possible de créer plus de 90 recettes ! De plus, le voyage rapide sera possible pour faciliter nos nombreux déplacements et allers-retours ! De quoi gagner pas mal de temps entre deux sessions de cueillette et de préparations de recettes. Et pour créer ces recettes, nous aurons besoin de plantes ! Notons que ces ingrédients sont tous des végétaux qui existent réellement, et qui se trouvent un peu partout sur la map, à différents endroits selon les zones, toujours en adéquation avec leur biotope réel.


De plus, chacune des plantes est accompagnée d’une carte d’identité, qui seront créées grâce aux photos que l’on va prendre des différents spécimens. Lorsque l’on consulte ces cartes, différentes informations nous sont données sur l’espèce en question. Tout d’abord, cette dernière sera présentée sous la forme d’une table de botanique réaliste du plus bel effet. Nous saurons ensuite si cette dernière est comestible ou non (bien pratique ma foi), quelles sont ses caractéristiques physiques, où la trouver, etc. C’est d’ailleurs grâce à cette carte que l’on va pouvoir comparer la plante in situ en cliquant sur des parties spécifiques, mises en avant sur la carte, afin de valider qu’il s’agit bien de la même plante (le type de feuilles, la forme de la tige, l’aspect des fleurs…).



Lorsque l’on est enfin sûr que la plante est bien celle que l’on recherche, il est enfin possible de la cueillir et donc de la collecter. Attention cependant car l’accent est mis sur l’importance de ne pas abuser de la disponibilité de la nature, nous demandant de ne pas en cueillir trop. Principe courant lorsque l’on fait de la cueillette sauvage afin de préserver les différents plants et qu’ils puissent se régénérer sans trop de difficulté, exit donc ici le farming abusif. Pour rendre tout cela plus visuel, une jauge de santé sera affichée pour nous montrer à quel point on “tue” la plante en cueillant trop d’éléments (fleurs, feuilles…) sur un même plant. J’ai trouvé cet aspect très actuel et très intéressant pour responsabiliser, éduquer, et conscientiser une action banale qui semble sans conséquences.


Full Petal Alchemist
Récapitulons la boucle de gameplay : nous avons reçu la demande de l’habitant et nous avons récolté et identifié les plantes nécessaires. Il est temps de passer à la popote. Pour cela, nous aurons notre livre de cuisine, qui va s’étoffer au fur et à mesure de nos expériences. Pour chaque recette, une photo du plat y est associée, ainsi que l’argent que l’on va gagner en la vendant, les ingrédients nécessaires à sa mise en œuvre, ainsi que l’aspect final de la recette (croustillant, mou…), mais également l’état dans lequel elle met lorsqu’elle est consommée (énergisante, relaxante…), et enfin, le plus important, son goût.

Selon nos actions (aide communautaire, vente au marché, test de reconnaissance des plantes…), nous allons gagner différents types de monnaie, utilisables chacune pour des actions différentes, soit pour nous-même, soit pour la communauté. Le surplus de recettes cuisinées peut donc être vendu au marché. Différents personnages du village vont défiler devant notre stand avec des critères spécifiques, et nous devons fouiller dans notre inventaire pour leur dégoter quelque chose à grignoter, à boire ou autre, qui leur conviendra. Certains objets seront d’ailleurs limités dans le temps car périssables, ce qui va impliquer de gérer correctement le stock de notre marchandise pour le marché.


Après avoir vendu, à notre tour d’aller faire des emplettes à la boutique du village. Cette dernière nous propose des vêtements pour personnaliser encore davantage notre personnage, mais aussi des améliorations de nos paniers (plus d’espace par exemple), des accessoires tels que des gants ou une brosse à champignons. Enfin, comme nous sommes dans un jeu qui met l’accent sur la nature et sa préservation, c’est donc naturel que nous ayons la possibilité de ramasser les déchets que l’on va trouver lors de nos balades dans la nature, une plus-value en parfaite adéquation avec le message que veut faire passer le jeu.


Il est par contre agaçant que ce soit notre personnage qui doive tout faire et que les autres dépendent totalement de nous. C’est à se demander comment ils faisaient avant notre arrivée. Cet aspect du jeu est vraiment naïf et n’aide finalement pas à expliquer que la préservation de la nature est bel et bien le souci et la responsabilité de tous…

Belle des Prés
Visuellement, Out and About nous propose un HUD plutôt discret et classique, avec l’habituelle boussole linéaire sur le dessus, la quête en cours en haut à droite, et les objets utilisables en bas à gauche. Rien de neuf sous le soleil à ce niveau-là. On continue dans les lieux communs (mais sympathiques) avec un journal des quêtes en cours et des quêtes complétées, un panier en osier dans lequel on dépose nos cueillettes, ainsi qu’un inventaire plus large du type sac à dos. En ce qui concerne l’aspect graphique, j’ai trouvé les animations plutôt abouties et très fluides avec quelques touches originales, comme par exemple notre personnage qui aura des attitudes très naturelles lors de ses déplacements. En effet, dans les pentes, il va ouvrir ses bras comme pour faire l’avion, et lors de plus longues sessions de course, va sautiller et gambader.


Ça donne une dimension charmante aux déplacements, sans prise de tête et naïve, qui colle bien avec l’ambiance générale du jeu. Les PNJ, par contre, restent plantés là où ils sont. C’est toujours un peu frustrant quand certains éléments d’animation sont très poussés et d’autres moins. Mais on ne le rappelle jamais assez, le budget d’un petit studio n’est pas assez conséquent pour permettre ce genre d’artifices. Lors de moments qui nécessitent une cinématique, nous avons un écran noir, certainement faute de moyens. Il existe cependant des cinématiques, mais un choix a certainement dû être fait dans ce qu’il convenait de montrer ou pas. Ce n’est pas dérangeant car les fondus noirs concernent la plupart du temps la résolution de problèmes communautaires, comme dégager un tronc d’arbre d’une route par exemple. Nous aurons donc l’avant / après, sans voir les personnages s’activer pour le déplacer.


Un autre petit détail qui m’a un peu sortie de l’immersion : le liseré jaune et les étincelles bleues qui nous informent qu’il est possible d’interagir avec une plante. Heureusement, il existe un mode immersif à cocher pour favoriser l’immersion, retirer les aides visuelles, et rendre tout cela plus digeste. Je vous ai parlé plus haut de la barre de vie lorsque l’on cueille des plantes. Eh bien, en plus de ce signe visuel, il y aura également un son qui devient dissonant au fur et à mesure que la barre tombe dans le rouge. J’ai trouvé l’idée très intéressante.

Comme le fait que différentes saisons et moments de la journée soient disponibles. Cela rend toujours un monde plus vivant d’avoir des changements de saison, et encore davantage dans ce cas-ci car cela va influer sur les plantes disponibles. Out and About est encore rempli d’autres petits détails qui rendent le jeu mignon et attachant, et que je vous laisse découvrir par vous-même.
La Cueillette aux Champs d’Options
Voyons voir ce que le jeu nous propose en termes de personnalisation… Après un bref passage dans les options du jeu, j’ai remarqué qu’il était possible de régler la sensibilité de la caméra, ce qui rend le jeu très fluide et très agréable à prendre en main. Petit bémol cependant, il n’y a pas encore de traduction française pour Out and About, j’ai donc testé le jeu en anglais, sous-titré anglais également. Cependant, le nom des différentes plantes a lui été traduit en pas moins de 27 langues.

Je finirai cette partie avec un mini-point sur l’appareil photo qui nous sert à photographier les plantes car ce dernier est doté d’un mode selfie, avec différentes poses à faire adopter à notre personnage. Mais malheureusement, une fois la photo prise, je n’ai jamais trouvé où se sauvegardent ces photos. En posant la question sur Steam, les développeurs m’ont dit que ce n’était pas prévu pour le moment. Dommage. Enfin, côté musique, la bande originale est très sympathique sans être exceptionnelle, assez calme et relaxante comme vous pouvez l’imaginer. À noter cependant qu’elle n’a aucune restriction en termes de droit d’auteur, ce qui est assez rare pour être mentionné.

Quid du Steam Deck ?
Vous le savez, je teste les jeux PC sur Steam Deck et celui-ci ne fait pas exception à la règle. J’ai trouvé que Out and About se prêtait bien au format portable de la console, je n’ai pas rencontré de ralentissements. L’écran était de taille tout à fait adéquate, bien qu’un peu petit pour certaines actions à réaliser. Le tactile de l’écran était aussi fonctionnel, bien que je ne l’aie presque pas utilisé. Un chouette jeu qui s’adapte donc plutôt bien à la console de Valve.


Out and About est une jolie découverte qui permet de se relaxer, et qui offre mine de rien beaucoup de possibilités. Le jeu est riche et suffisamment varié pour ne pas s’ennuyer, et nous évite la lassitude lorsque nous répétons les mêmes tâches en boucle. Les animations sont très jolies et il y a un soin particulier apporté aux détails. Le caractère informatif est bien intégré et très digeste et le message général en parfaite cohérence avec l’époque actuelle. Un jeu à découvrir seul, dans un endroit douillet, ou en famille, afin de sensibiliser les plus jeunes au respect de la nature.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Thème original et engagé
Ludique et pédagogique
Graphiquement très sympa
Gameplay varié et amusant
Les points négatifs
Uniquement en anglais
Mode photo inutile




