Planet of Lana

Ce premier jeu du studio suédois Wishfully Studios, créé en 2018, d’abord en exclu Xbox et PC, mais ici testé sur PS5, nous raconte l’histoire de Lana, une jeune fille, et son fidèle compagnon Mui, qui cherchent à sauver leur planète d’une invasion extraterrestre. La Scandinavie nous offre ici un jeu au style graphique très inspiré, exposant de magnifiques décors naturels et ensoleillés, rappelant les créations des Studios Ghibli. Le dépaysement dans Planet of Lana est total, avec de magnifiques panoramas, des environnements fournis, mais aussi un gameplay varié et créatif.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Seules au monde

Planet of Lana commence par un jeu entre deux sœurs dans un petit village, qui va faire office de tutoriel. Nous y incarnons l’une d’entre elles, Lana. Et c’est à travers ce petit jeu que nous allons apprendre les rudiments du gameplay (sauter, s’accroupir, monter sur des plateformes…). Nous allons découvrir à cet instant que les éléments du décor avec lesquels nous pourrons interagir seront colorés d’un rebord jaune, à la façon d’un Horizon Zero Dawn ou d’un God of War. Ce moment est très dynamique et très vivant, les différents habitants du village vaquent à leurs occupations et donnent vie à l’environnement.

Malheureusement, nous allons assister à l’invasion de notre planète par des robots. Ces derniers vont mettre en cage et kidnapper tous les habitants, ainsi que notre sœur. À ce stade du jeu, nous ne sommes pas de taille à les affronter et allons assister impuissants à cet évènement. L’ambiance du jeu change drastiquement et la quiétude d’alors fait place à la menace.

Malgré un côté très naïf tant dans les décors que dans le chara design des personnages qui pourraient faire penser à un gameplay relaxant et peu stressant, nous serons pourtant amenés à exécuter beaucoup de phases de furtivité et d’infiltration. Pire, Lana, ainsi que Mui, son petit chat, ne sont malheureusement pas invincibles et mourront parfois devant votre regard impuissant.

La majorité du gameplay consiste avant tout à se déplacer latéralement dans de vastes décors chatoyants, ponctués par la résolution de puzzles et énigmes, plutôt simples à réaliser, et, de temps en temps, des phases de plateformes. Il n’y aura pas de combats à proprement parler, mais des QTE, qui, bien que rares, vont être placés aux moments de tension. Nous pourrons également compléter une fresque, en recherchant les dix sanctuaires secrets, dispersés dans le jeu.

Très vite, nous allons rencontrer Mui, une espèce de chat noir, qui va s’avérer être un personnage à part entière. En effet, nous allons pouvoir lui demander de faire certaines actions, comme nous attendre à un endroit, l’appeler auprès de nous, le faire appuyer sur des boutons, ou bien passer dans des passages trop étroits pour nous… Il a également la capacité de pouvoir sauter excessivement haut, ce qui va très souvent nous sauver la mise. Petit bonus, Lana peut aussi le caresser, que demander de plus ? Ce gameplay participe à rendre Planet of Lana dynamique et vivant et va donner une jolie connivence aux deux protagonistes, qui vont s’entraider tout au long du jeu. C’est très réussi et chacun arrive à trouver sa place sans prendre le dessus sur l’autre.

Vous l’aurez remarqué, le gameplay de Planet of Lana est réellement varié, et ce malgré le fait qu’il n’y ait pas de combats. De plus, ce gameplay sera régulièrement mis à jour avec de nouvelles mécaniques. Cette évolution rend d’ailleurs le tout très satisfaisant, entre autres avec un pouvoir que nos deux personnages obtiendront au cours du jeu.

Petit bémol cependant, le pointeur de direction de Mui n’est vraiment pas instinctif car son activation se fait grâce aux gâchettes droites alors que son orientation se fait par le joystick gauche, une difficulté de coordination qui aurait pu être aisément évitée car le joystick droit n’est jamais utilisé, il aurait donc pu remplir ce rôle et nous simplifier la vie. Certains diront que cela ajoute une petite difficulté à un jeu peut-être un peu trop simple, à chacun ses attentes donc…

Totoro chez les robots

Planet of Lana possède une direction artistique assez convenue. En effet, ses inspirations sont assez évidentes. On pensera très fort aux studios Ghibli, déjà mentionnés plus haut, mais aussi aux deux derniers Zelda, notamment dans le design des machines, le tout rehaussé d’une touche d’Horizon Zero Dawn dans son aspect post-apocalyptique où un monde technologique va côtoyer des cultures et habitations primitives.

Fort heureusement, ce que l’on retient surtout lorsque l’on y joue, c’est que Planet of Lana est surtout et avant tout un jeu d’une très grande beauté, très lumineux et très coloré, avec des graphismes comportant des effets de peinture, aux nuances et lavis rappelant la technique de l’aquarelle, qui rendent le tout très doux et mélancolique. Les différents environnements sont très fournis et très détaillés, notamment dans les différents villages que nous traversons.

Tout comme pour Cat and Ghostly Road, la profondeur de champ sera montrée par des éléments de tailles et de nuances variées, une perspective atmosphérique qui apporte une belle spatialité aux décors et par conséquent une bonne immersion dans l’univers. Nous évoluons en vue latérale, dans un jeu en 2D, grâce à des travellings gauche et droite.

Le choix du cadrage général est très bien choisi, un plan d’ensemble où les personnages semblent tout petits face à cet univers poétique bien que parfois menaçant. De plus, à certains moments clés de l’histoire, la caméra fait un bond en arrière pour nous faire profiter de la grandeur des environnements dans lesquels nous évoluons, nous avons alors droit à de magnifiques cinématiques avec des panoramas grandioses. Soulignons également qu’il n’y a pas d’ATH, ce qui nous permet de profiter à 100% des décors

Dans la vallée de Lana

Dès l’écran d’accueil, le ton est donné, avec un thème simple joué au piano, ainsi que des chants d’oiseaux et de cigales en guise de percussion. Tout au long du jeu, le sound design sera particulièrement soigné et en parfait accord avec les différents environnements explorés.

Y seront intercalées d’autres partitions tout aussi réussies, celles-ci accompagnant les différents évènements vécus par Lana tout au long du jeu, avec tantôt des bruits de conversations, tantôt des cris de mouettes, tantôt le souffle du vent. Mais également des planches qui craquent, des envolées lyriques, ainsi que des thèmes plus calmes ou angoissants selon les situations… Rien de foncièrement original de nouveau, mais toujours enivrant et adéquat.

Là où Wishful Studios tire véritablement son épingle du jeu, c’est dans un souci du détail que peu de jeux de cette envergure adoptent, lors des phases d’infiltration par exemple, où Lana chuchotera ses directives à Mui, ce qui est parfaitement logique et permet, encore une fois, une très bonne immersion dans ce bel univers.

Faune et flore de Lana…ture

Planet of Lana est surprenant par sa créativité ! En effet, lors de notre Odyssée, nous allons parcourir notre planète en long, en large, et en travers, et nous allons pouvoir profiter d’une multitude d’environnements aussi divers que variés (village, forêt, grotte, temple, marais, désert,…), ce qui nous évitera une certaine lassitude, notre attention étant régulièrement attirée par les nouveaux panoramas qui se succèdent.

Le studio a pris la peine de peaufiner son univers dans pas mal de détails, notamment dans la faune extravagante qui peuple les environnements, ainsi nous croiserons pêle-mêle différentes machines volantes et marchantes, des plantes tentaculaires, de drôles de sangliers noirs, ou encore des rochers mouvants.

La culture des habitants de la planète semble avoir également été bien réfléchie, Lana et son peuple parlant et écrivant une langue incompréhensible à nos sens, ce qui apporte évidemment tout l’exotisme et le dépaysement du jeu.

Même du point de vue des choix de designs, on remarque assez rapidement un léger décalage par rapport aux normes actuelles dans le domaine, par exemple chez Mui, le petit chat, qui s’apparente davantage à une boule de poils cartoony qu’à un félin anatomiquement réaliste. Un chouette environnement donc, où l’on a définitivement envie de passer du temps. Mais attention, Planet of Lana n’est pas que sucre et caramel, il possède également ses moments de tension et son lot d’impacts émotionnels

Pour conclure…

Avec un univers riche et poétique, mêlant valeurs sûres et touches d’originalité, Planet of Lana est une belle surprise. Le studio suédois a su nous concocter un jeu dynamique et prenant, au gameplay évolutif, efficace et agréable, ainsi qu’aux graphismes soignés. La partie musicale, que ce soit la trame sonore ou le sound design est particulièrement soignée et recherchée, ce qui terminera de parfaitement vous immerger dans ce bel univers qu’est Planet of Lana. Une petite bouffée d’air frais dans le milieu du jeu vidéo, qui, s’il ne se pose pas comme une révolution dans le domaine, sait utiliser intelligemment des codes déjà testés et approuvés afin de développer une proposition singulière, créative et immersive qui s’ancre dans une atmosphère mélancolique.

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Direction artistique aux petits oignons

Univers sonore riche et immersif

Gameplay évolutif et satisfaisant

Les points négatifs

Certains choix de contrôles incohérents

Une intrigue qui manque d’originalité

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