Oni Goroshi – Tome 1

Prépublié depuis 2020 dans les pages du magazine Manga Goraku, Oni Goroshi, série de Masamichi Kawabe vient de trouver son chemin jusqu’aux rivages francophones, grâce à Meian. C’est donc avec une sortie simultanée des deux premiers tomes de Oni Goroshi le 29 mars 2024 que l’éditeur compte bien faire découvrir aux lecteurs ce thriller horrifique nous contant la quête de vengeance d’un yakuza se réveillant d’un coma après quinze ans. Nous avons pu découvrir en avant-première le premier volume de Oni Goroshi et on en Satan-dait pas à ça.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Le démon à la niaque

Je détruirai tout ce que tu es.

Depuis toujours, cette ville est le théâtre d’horreurs…

Découvrez la vengeance d’une de ses victimes.

En 1991, dans la ville de Shinjô, département d’E., Shûhei Sakata tue sa fille et son épouse. Cependant, ce n’est qu’une mise en scène, un piège tendu par ceux qu’on appelle les démons. Après quinze ans derrière les barreaux, Shûhei est enfin libéré.

Depuis l’époque Heian, une légende court sur ces terres… « Cette ville est hantée par les démons. » Elle sera désormais le théâtre d’une vengeance sans précédent. Découvrez l’histoire de ces hommes possédés et déchaînés.

Les démons sévissent dans cette ville maudite. Qui se cache derrière ce maelström de folie et de mauvaises intentions ? Son but ? Se venger de ces cinq démons.

Meian

Oni Goroshi prend place dans la ville de Shinjô, ville qui possède de nombreuses légendes de personnes possédées par des démons et ayant perpétré des massacres sur son sol, à commencer par le dernier d’entre eux, Shûhei Sakata surnommé le tueur possédé, après le meurtre de sa femme et sa fille. Mais la vérité est ailleurs puisqu’en réalité toute la famille a été massacrée par cinq individus portant des masques de Nô : Hannya la vengeresse, Okina le vieillard, Aka-Tengu le Tengu rouge, Ikkaku l’hermite cornu et Inari le renard.

Sakata, yakuza sur le point de s’emparer de toute la ville, a donc vu ses plans contrecarrés par ces cinq individus qui l’ont laissé dans un état végétatif après lui avoir tiré une balle dans la tête, avant de maquiller la scène de crime. Au regard des exactions passées de Shûhei, et malgré son état comateux, il est tout de même poursuivi et condamné à être incarcéré à perpétuité dans une unité médicalisée. Quinze ans plus tard, suite à une réduction de budget et au fait que Sakata ne présente plus la moindre dangerosité, ce dernier est libéré et recueilli par son ancien partenaire et meilleur ami Akira. Chargeant l’un de ses hommes d’escorter le malade apathique jusqu’à un hôtel le temps de trouver une structure appropriée pour lui.

Malheureusement, sur le chemin, Shûhei est poignardé dans le bras par un ancien rival cherchant à se venger. Laissé seul par l’assaillant et par son escorte qui se sont enfuis, le yakuza toujours amorphe est amené au poste de police qui ignore tout de son identité ainsi que de son état. Le couteau planté dans son bras provenant d’une scène de crime, il est interrogé comme principal suspect, c’est alors qu’un événement va provoquer le réveil plein et entier de Sakata. La vengeance est désormais en marche et rien ne pourra plus l’arrêter désormais…

Lisez un extrait de Oni Goroshi – Tome 1 ici !

Devilman

C’est de l’imagination de Masamichi Kawabe qu’est sortie l’intrigue de Oni Goroshi, dont c’est la première série. Prépublié depuis 2020 dans le magazine Manga Goraku de Nihon Bungeisha, la série en est actuellement à son treizième tome relié et est toujours en cours de sérialisation. Avec des graphismes fouillés, faisant la part belle aux dégradés de gris et à l’utilisation du noir pour renforcer l’impression de ténèbres permanents se dégageant des gens tout autant que des lieux, il est difficile de se dire que des personnes innocentes peuvent peupler Shinjô que l’on considère très vite comme un Enfer ou s’entretuent les démons.

Si le style graphique est assez déroutant, il se prête assez bien à la mise en scène de cette histoire ainsi qu’à la violence qui règne au cours des pages. Pour autant, le terme de thriller horrifique comportant des éléments de surnaturel, annoncé par Meian, semble galvaudé à la lecture de ce premier tome, puisque je n’y ai vu qu’un récit de vengeance relativement classique, que ce soit dans son thème ou dans son exécution. 

Kill Oni

Dès les premières pages de Oni Goroshi tome 1, j’ai eu un sentiment de déjà-vu qui m’a assailli, sans pour autant que j’arrive à mettre le doigt dessus. Puis, une fois la dernière page tournée, j’ai enfin trouvé ! Cette histoire de vengeance m’évoque irrémédiablement Kill Bill de Quentin Tarantino. Certes, le contexte est différent, les lieux et les personnages aussi, pour autant le pitch de cet ancien yakuza sorti du coma après 15 ans pour assouvir sa vengeance sur les meurtriers de sa famille, invoque chez moi le souvenir de ce film qu’au demeurant j’affectionne. Cela mis à part, Masamichi Kawabe mise sur un récit très noir et ultra-sanglant pour narrer le déchaînement de violence de Shûhei Sakata, ce qui fait de cette œuvre une histoire à réserver aux plus avertis.

Le personnage principal est un yakuza de la pire espèce qui ne cherche à aucun moment la rédemption, mais simplement la justice pour les deux seules âmes qu’il aimait : sa femme et sa fille. Il est évident que les cinq démons responsables sont capables de bien pire que Sakata, mais j’ai malgré tout eu beaucoup de mal à me projeter dans cette intrigue, n’éprouvant aucun attachement pour aucun des protagonistes quels qu’ils soient. J’ai également été gênée par le graphisme de Masamichi Kawabe dont il se dégage une impression de raideur et d’immobilité même au cours des combats. Ces derniers sont d’ailleurs très détaillés, ce qui nuit parfois à la lisibilité de l’action.

Pour toutes ces raisons j’ai beaucoup de réserves quant à la capacité de Oni Goroshi de m’embarquer dans son univers, et ce même si je comprends le propos sous-jacent de l’auteur qui veut illustrer une ville bercée de légendes de possédés, mais où en réalité les pires démons se trouvent dans le cœur des hommes eux-mêmes.

Cependant, ayant conscience que ce premier tome de Oni Goroshi est nécessaire pour poser les bases et que l’auteur peut nous réserver des surprises par la suite, d’autant que je n’ai absolument pas vu la présence d’éléments de surnaturels (si ce n’est la faculté de Shûhei de se réveiller d’un état végétatif et de se mouvoir après quinze d’immobilité) promis par Meian dans ses annonces, je n’émettrais pas de jugement définitif pour l’instant. Cela étant dit, j’ai un gros doute sur le fait que Oni Goroshi puisse me captiver tout au long de ses 13 tomes pour l’instant paru au Japon.

Pour conclure…

Meian mise donc sur Oni Goroshi pour sa nouvelle publication, la première en France pour Masamichi Kawabe. Avec un premier tome très noir et extrêmement violent, l’auteur nous introduit un univers mis à feu et à sang par la vengeance d’un homme qui vient de se réveiller d’un état végétatif après quinze ans. Ce qui nous est présenté comme un thriller horrifique est donc à ne pas mettre entre toutes les mains, et prend son temps pour nous présenter des personnages au-delà de toute rédemption. À voir sur les prochains volumes si l’intrigue évolue de manière significative afin de nous donner envie de suivre la croisade de Shûhei qui commencera chez les libraires le 29 mars 2024.

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