Neva

Depuis la sortie de Gris en 2018 et son succès critique et commercial, le studio Nomada Studio basé à Barcelone s’est fait discret. Pendant cet intervalle, deux événements importants ont eu lieu : la naissance du fils du directeur créatif Conrad Roset, et la pandémie. Cette dernière a mis en lumière divers problèmes environnementaux et sociaux qui ont inspiré le studio pour la création de leur prochain jeu, Neva.

Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.

The Neva-ending Story

Neva, c’est tout d’abord un cri d’amour à nos enfants, nos parents, ainsi qu’à notre planète, et à la difficulté de continuer de vivre et évoluer dans un monde qui se meurt. Nous allons vivre l’histoire d’Alba et de son jeune loup blanc, Neva. Ce dernier a récemment perdu son parent suite à une confrontation difficile avec les forces obscures qui détruisent la planète. Leur voyage à travers ce monde autrefois flamboyant, qui se retrouve à l’agonie, sera aussi ponctué de moments émotionnellement intenses entre nos deux protagonistes. Le temps passant, ces derniers vont évoluer, tout comme leur relation. Le louveteau deviendra loup et cherchera sa propre voie.

Le Gameplay à la Loup-e

Découpé sous la forme de saisons, chacune sous-divisée en plusieurs parties, il faut souligner que Neva est très dense. Dans un niveau, il apparaît qu’une zone possède plusieurs couches. Bien que ce soit un jeu couloir, nous devrons de temps en temps prendre des chemins alternatifs, voire différents de Neva, et c’est à ces moments-là qu’on se rend compte de la complexité des strates, et qu’elles sont enchevêtrées les unes dans les autres. Du chemin “central”, nous allons nous retrouver sur un chemin souterrain, puis en remontant, on va se retrouver sur une plateforme en hauteur, où nous reconnaîtrons le chemin de départ etc…

Concernant le gameplay de Neva, il consistera à se déplacer de la gauche vers la droite dans un décor magnifique qui va évoluer au fur et à mesure des niveaux. Pour commencer, nous pouvons choisir notre style de jeu, soit en mode aventure (mode normal), soit en mode histoire, où nous n’aurons pas de dégâts, sauf dans les parties scénarisées où Alba peut mourir. Neva est avant tout un jeu contemplatif, mais aussi de plateformes et d’énigmes, avec un peu de combats également. Au fur et à mesure de notre périple, nous allons croiser des structures blanches de style moderniste, des totems, qui sont mobiles et que nous devons activer et manipuler pour pouvoir nous rendre à l’endroit souhaité, tels des casse-tête. Nous aurons la possibilité de sauter, simplement d’abord, puis en saut double, de nous battre à l’épée et enfin de faire des roulades.

L’environnement, composé d’éléments naturels, va se mouvoir et nous faire perdre nos repères. Il nous sera également possible d’interagir avec ces derniers afin de les fractionner, par exemple. L’une ou l’autre technique sera ajoutée par la suite, dont le contrôle de Neva. La coopération entre nos deux protagonistes va être primordiale. En plus de ces quelques commandes plus que basiques, et le contrôle de notre acolyte, nous pourrons interagir avec Neva, le louveteau qui nous accompagne. En effet, nous pourrons simplement le caresser, mais aussi l’appeler pour le motiver à nous suivre, ou encore le câliner, notamment après les phases où nous devrons faire face à la force obscure.

Concernant les combats, nous aurons plusieurs sortes d’ennemis, des plus simplistes aux plus élaborés. Nous devrons soit nous battre simplement à l’épée pour les détruire, soit ruser en résolvant un puzzle pour arriver à en atteindre certains. Lors de notre avancée, nous aurons à plusieurs moments des totems en pierres, de type cairns, qui vont nous permettre de récupérer nos points de vie. Il y aura également un collectible, une fleur blanche luminescente, qu’il faudra faire éclore. Elles sont cachées un peu partout dans chaque niveau, qui peuvent être rejoués si nécessaire pour pouvoir toutes les trouver. Quelque chose arrive peut-être si l’on parvient à toutes les activer…

Réalisme Magique

On ne peut aborder Neva sans parler de sa direction artistique. Tout comme celle de Gris, elle est tout simplement à couper le souffle ! Ce sont de vrais tableaux naturalistes fourmillant de mille et un détails, les couleurs sont éclatantes et chatoyantes, comme la verdure des décors représentés, et ces coloris sont toujours bien dosés, avec beaucoup de goût, et dans des camaïeux de couleur selon l’ambiance souhaitée. On ressent bien la mousse et la matière organique des environnements naturels. Le tout rappelle fortement le travail des illustrateurs d’enluminures médiévales, dans cet aspect “géométrique” et fortement stylisé de la nature, mais aussi et surtout à l’œuvre de l’artiste américain Eyvind Earle, disciple du Réalisme Magique, que nous avons tous pu admirer dans les somptueux arrière-plans du chef-d’œuvre de Disney “La Belle au Bois Dormant”. Un régal pour les yeux donc !

Le Monde de Neva

Si la première impression est toujours la bonne, alors, lorsqu’on lance Neva pour la première fois, nous nous retrouvons enveloppé de douceur, poésie et quiétude. Malgré une introduction un peu rude, le calme finit par revenir après la tempête, pour un temps du moins. En effet, il s’agit d’un monde qui meurt donc certains passages vont être plus difficiles, plus émotifs, bien que toujours superbes ! Je pense aux décors avec les sangliers ou les cygnes, pour ne citer qu’eux. Comme dit plus haut, “le” thème du jeu va en fait être “des” thèmes, tels que l’enfance, le passage à l’adolescence, la séparation d’un enfant et de son parent, représentés par la relation entre Alba et Neva, mais aussi l’écologie et la préservation de l’environnement, l’impact de l’homme sur la planète, qui eux seront représentées par la force obscure.

Aucune promesse de “rétablissement” n’est faite quant au monde dans lequel nos deux amis évoluent. Le monde, la faune, la flore, semblent voués à disparaître, il s’agit juste de se frayer un chemin pour survivre. Lors de nos périples, nous serons responsables de ce louveteau qu’Alba prend sous son aile, et lorsque nous serons, à plusieurs reprises, séparés de lui, ou qu’il sera en danger, telle une mère voulant protéger son enfant, nous n’aurons qu’une envie : voler à son secours. Cette envie est d’autant renforcée par les jappements d’appels à l’aide de Neva, de la possibilité de lui faire un câlin pour le réconforter, le caresser et même l’appeler par son nom pour qu’il nous suive.

Ces quelques manipulations, toutes simples, mais identiques à celles que l’on aurait avec un chien dans la vie de tous les jours, renforce notre responsabilité envers lui de manière très subtile. De plus, au fur et à mesure de l’évolution, nous voyons Neva grandir, acquérir de nouvelles capacités, changer de personnalité également. Une belle évolution se fait entre nos deux protagonistes, renforcée par la façon dont Alba va appeler Neva, ou le caresser, car elle aussi changera à différents moments de sa vie. Beaucoup de nuances et de subtilités seront présentes dans ce jeu. Concernant la musique, cette dernière est douce, calme et enveloppante, comme l’ambiance visuelle du jeu, avec son brouillard et sa mousse.

Pour conclure…

Malgré un thème et un propos difficile, Neva sait nous emporter dans ses ambiances. Tantôt féerique et remplie de quiétude, et tantôt angoissante, Neva sait renouveler tant ses environnements que son gameplay, même si ce dernier n’est pas révolutionnaire. Neva est de ces jeux où une direction artistique magnifique permet d’adoucir certains petits manques d’audace en termes de gameplay.

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Direction artistique

Thèmes abordés

Renouvellement du gameplay

Connivence des deux héros

Ambiance sonore

Les points négatifs

Manque de lisibilité

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