The Legend of Zelda Echoes of Wisdom

Après avoir remanié sa série phare pour lancer Link à l’assaut d’un monde ouvert dans The Legend of Zelda : Breath of the Wild et The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom, Nintendo décide encore une fois de casser les codes de la licence pour proposer une aventure où l’héroïne est la princesse Zelda. Du jamais vu depuis le décrié épisode développé par Viridis et édité par Philips sur CD-i en 1995, l’injouable Zelda’s Adventure, depuis renié par Nintendo. Outre cet épisode “fantôme”, c’est donc bien la première fois que nous pouvons incarner la célèbre princesse dans une aventure complète qui, au vu des trailers, avait de biens beaux atouts à mettre en valeur. Sorti le 26 septembre 2024, exclusivement sur Nintendo Switch, nous avons défouraillé à tout-va pour vous sortir ce test et, sans trop gâcher le suspens, The Legend of Zelda Echoes of Wisdom tient toutes ses promesses… et même plus encore !

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Chaos of Kingdom

The Legend of Zelda Echoes of Wisdom débute en nous mettant dans la peau de Link (tout de même) en chemin pour délivrer Zelda, emprisonnée dans un cristal par Ganon. Jusqu’ici rien de très exceptionnel, si ce n’est qu’une fois son némésis vaincu, le héros n’a que le temps de fissurer la prison de verre de la princesse avant d’être englouti par une faille ténébreuse jaillissant de l’endroit où Ganon est tombé. Sortie de sa cage, Zelda, de retour au château, apprend de son père que des failles semblables à celle qui a englouti son sauveur se développent aux quatre coins du royaume. L’une d’entre elles se forme justement dans la salle du trône, engloutissant le roi et ses deux conseillers, qui réapparaissent immédiatement pour accuser Zelda d’être à l’origine de cette propagation. Mise en prison sur ordre des imposteurs, la princesse y fait la rencontre de Tri, un esprit invisible pour la plupart des gens (sauf ceux ressortis des fissures) et dont le but est de refermer les ouvertures ténébreuses.

Mais pour une raison inconnue, il n’arrive plus à mener sa mission à bien et demande donc l’aide de l’Hylienne. Ayant obtenu son accord, il lui confie son sceptre qui est capable de créer des “échos” d’objets ou de monstres. Grâce à ses nouveaux pouvoirs, et à l’aide de son mentor Impa, la princesse va fuir son foyer pour enquêter sur ce fléau en compagnie de Tri.

Nous allons donc incarner l’intrépide princesse durant tout ce périple en Hyrule, le tout avec des graphismes chibi du plus bel effet, donnant l’impression d’évoluer au sein d’un diorama géant, copié/collé de ceux du remake de Link’s Awakening dont était déjà responsable le studio Grezzo. Malheureusement, après Breath of the Wild et Tears of the Kingdom, il faut bien admettre que l’intrigue manque singulièrement d’enjeux. Si le scénario sert plus de prétexte à nous lancer dans l’exploration et à nous attaquer aux diverses failles qu’à développer réellement un lore, nous avons tout de même l’agréable surprise de revoir des têtes connues et les peuples les plus emblématiques d’Hyrule comme les Gerudos, les Gorons, les Zoras et j’en passe. La musique prend également une grande place dans les pérégrinations de l’hylienne royale et cette dernière, bien que manquant un peu de morceaux marquants, habille les évènements avec efficacité sans jamais devenir entêtante. Mais là où Echoes of Wisdom tire son épingle du jeu, c’est sur son gameplay.

C’est donc grâce à son acolyte Tri, petite boule de lumière, que Zelda va acquérir un certain nombre de pouvoirs à même de lui permettre de rester en vie. Car, ne l’oublions pas, la princesse n’est pas une combattante comme peut l’être Link et elle va avoir besoin de se servir de ses cellules grises (les vôtres en l’occurrence) pour se sortir de certaines impasses. Munie du sceptre de Tri, elle va donc pouvoir mémoriser certains objets comme des lits, des tables, des caisses, des vases et autres, mais aussi tous les monstres qu’elle aura réussi à vaincre, pour les recréer sous la forme d’échos. Tri aura également la faculté de se synchroniser avec certains objets ou êtres vivants pour vous permettre de les déplacer à distance ou même de vous accrocher à eux en suivant leur mouvement. Et c’est là que ça devient intéressant.

Pour chaque obstacle à franchir, vous pourrez décider de bricoler un pont de fortune fait de caisses ou choisir d’utiliser l’un de vos monstres et ses déplacements pour franchir l’écueil. Aucun doute, la débrouillardise est de rigueur et votre ingéniosité votre seule limite… ou presque. En effet, chaque écho coûte un certain nombre de triangles pour être matérialisé et Tri ne peut donc créer qu’un certain nombre d’échos simultanément. Si ce nombre augmente à mesure que votre compagnon monte de niveau, il n’en reste pas moins qu’il faudra choisir astucieusement ses échos pour réussir à résoudre certaines énigmes. Quand je vous disais que Zelda n’est pas une combattante dans Echoes of Wisdom, ce n’est pas tout à fait vrai. En réalité, après un certain temps, nous commençons à récupérer les artéfacts de ce cher Link coincé dans le monde des ténèbres et notre héroïne pourra alors se métamorphoser en un simili Link capable de se battre à l’épée ainsi qu’il l’a toujours fait. Cependant, cette transformation est limitée dans le temps et il faudra récupérer de l’énergie pour pouvoir se changer en guerrier à nouveau. Bien entendu, cette jauge ainsi que les divers équipements récupérés de Link seront améliorables via des fragments de puissance disséminés un peu partout.

De quoi contenter aficionados de la première heure qui retrouveront un mode de combat plus classique, bien que très limité tant par sa durée que par la difficulté à retrouver de l’énergie dans certaines régions. Si l’utilisation des armes de Link est parfaitement optimisée et se révèle fluide en combat, ce n’est pas forcément le cas pour le choix des échos, qu’on ne peut équiper qu’un par un. S’ensuit un passage par le menu ou la multiplicité des items copiés rend la navigation laborieuse, malgré la possibilité de réorganiser la place des échos. Heureusement, quand le menu est ouvert, l’action se met en pause, ce qui permet de chercher plus tranquillement ce dont on a besoin. Pour autant, on aurait apprécié de pouvoir équiper plus d’un écho à la fois, voir de pouvoir les classer par types ou par catégories.

Absence de failles

Vous l’aurez compris, l’exploration étant l’un des points clé de tout Zelda qui se respecte, Echoes of Wisdom n’échappe pas à la règle. Nous aurons donc accès à une carte assez vaste, mais aux distances finalement pas si éloignées que cela pour se rendre aux divers points d’intérêts. Et si vous n’avez pas la patience de prendre la route à pied, vous pourrez toujours utiliser les (très) nombreux points de téléportation ou faire le trajet à cheval. Durant votre périple, en plus de votre mission principale, vous ferez donc la connaissance des différentes peuplades d’Hyrule, ce qui donnera lieu à de nombreuses quêtes annexes qui, sans être toujours passionnantes à réaliser, vous donneront l’occasion de fouiller encore plus les environnements. Les grottes seront souvent l’occasion de se creuser les méninges à coups d’énigmes à résoudre pour accéder à un coffre au trésor contenant une récompense à la mesure de sa difficulté. Et des secrets, il y en a un paquet à découvrir durant les quelque 27 heures que dure le jeu (quêtes annexes comprises), entre une chasse aux tampons et la découverte de recettes de smoothies aux ingrédients improbables, il n’y a pas le temps de s’ennuyer.

D’autant que chaque biome du monde possède ses propres échos à traquer, mais également des donjons assez labyrinthiques avec des mini-boss parfois retors. Toutefois, les fouilles de Zelda ne s’arrêtent pas au monde extérieur, puisqu’avec l’aide de Tri elle va se rendre à l’intérieur des failles pour tenter de les refermer. Dans ces ténèbres où l’environnement est à moitié décomposé, il sera nécessaire de délivrer les amis de Tri, souvent en parcourant un donjon qui se conclut avec un affrontement de boss, afin qu’ils puissent unir leurs forces et renfermer la fissure. Un rappel aux grandes heures de la saga et à ses donjons titanesques.

Un Zelda a-Tri-pique

Décidément, les princesses semblent avoir la côte chez Nintendo ces derniers temps. Après Princess Peach : Showtime !, c’est donc au tour de Zelda d’avoir sa propre aventure. Après avoir incarné ce cher Benjamin Hunter pour mon test d’Ace Attorney Investigations Collection je me suis dit qu’un peu de girl power ne me ferait pas de mal et je me suis laissé convaincre de tenter l’aventure. Vous l’avez sûrement déjà anticipé, au vu de ce qui précède, mais je ne le regrette absolument pas. Avec Echoes of Wisdom, Nintendo et Grezzo créent un portail monumental vers la saga à tous ceux que la licence avait jusqu’à présent laissés de côté. En effet, la possibilité de gérer chaque obstacle/ennemi de diverses manières est une idée assez maligne, laissant au joueur la possibilité de détourner les items de leur fonction première pour ne faire totalement autre chose. Ainsi, j’avoue avoir énormément utilisé la capacité de déplacement de mes monstres en lieu et place de constructions pour me hisser sur certaines plateformes.

De même, j’ai adoré choisir et expérimenter pour trouver le type de monstre idéal pour vaincre certains adversaires, laissant de côté, bien souvent, la transformation en épéiste, à laquelle je ne recourais que pour gagner un peu de temps ou contre certains boss un peu retors. Pour autant, il m’a fallu plusieurs fois aller consulter l’encyclopédie pour comprendre les spécificités de certains échos et arriver à les utiliser correctement. Si quelques ralentissements se sont fait ressentir, ça n’a pas été suffisant pour me gêner dans mon exploration, d’autant que le casting complètement fou des PNJ, aux histoires parfois prenantes et amusantes qui ont sauvé un peu le manque de profondeur du récit. Le sentiment de liberté ressenti m’a également galvanisé, même si le titre est tout de même plus resserré et dirigiste qu’un Breath of The Wild par exemple, mais cela est contrebalancé par l’excitation d’acquérir toujours plus de nouveaux échos. Le seul effet pervers de pouvoir recréer des monstres, est que l’on devient vite spectateur des combats, laissant ses créatures se débrouiller par elles-mêmes sans véritablement intervenir. Les combats perdent ainsi vite en dynamisme et il peut arriver que l’on y ressente de l’ennui quand cela vient à traîner en longueur. Cela étant, si vous cherchez de l’action, il vous restera la possibilité de devenir guerrier pour participer à l’affrontement. C’est vous qui voyez… Mais pour moi c’est tout vu !

Pour conclure…

Avec The Legend of Zelda Echoes of Wisdom, Nintendo fait très fort en proposant aux joueurs une lettre d’amour à sa licence phare capable de contenter les joueurs de la première heure et de s’ouvrir à ceux désireux de la découvrir. En faisant de la princesse Zelda l’héroïne de cette épopée, l’équipe de développement s’affranchit de la formule classique et innove à nouveau pour proposer une expérience nouvelle. Entre la possibilité de traverser les obstacles de pleins de façons différentes avec la création d’échos, une durée de vie confortable et des graphismes absolument superbes, il n’y a que quelques points de détails qui viennent un peu ternir le tableau comme quelques ralentissements ou un menu de choix des échos pas réellement optimisé. Ce n’est toutefois pas suffisant pour ternir notre enthousiasme et c’est un grand OUI OUI oui …

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique qui fait mouche

Le système d’échos qui permet un gameplay qui s’adapte au joueur

Un titre qui contentera tant les fans de la première heure que ceux qui voudraient se lancer dans la licence

Des quêtes annexes loin d’être anecdotiques

Les points négatifs

S’y retrouver dans les échos disponibles devient vite compliqué

Des combats qui manquent parfois un peu de dynamisme

Vous devriez Lire aussi
Atelier Ryza – Ever Darkness & the Secret Hideout

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture