
Fondé en 2022, le studio indépendant bruxellois Tolima nous propose son premier titre, Koira, un jeu poétique et musical édité par Don’t Nod, à qui l’on doit tout récemment Lost Records : Bloom and Rage. Avec une équipe de six personnes lors du développement de Koira, ils se sont tous unis autour de l’envie de créer et proposer des jeux narratifs, poétiques, avec une dimension émotionnelle. Avec ces quelques mots-clés comme ligne de conduite, pas étonnant que Don’t Nod, connu pour ses jeux narratifs et émotionnels, s’y soit intéressé.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Balade en Forêt dans Koira
Notre personnage se réveille en pleine forêt et fait la connaissance d’un petit chiot au nez rouge, avec qui il se lie d’amitié. Leur but va être de rentrer chez eux, tout en veillant l’un sur l’autre. Leur relation va évoluer, ils vont se soutenir mutuellement pour faire face aux dangers tout en résolvant des puzzles. La confiance sera primordiale pour que nos deux amis rentrent sains et saufs à leur maison. Koira est avant tout une histoire d’amitié et de confiance entre un chiot et son maître ainsi qu’une fable éthique et écologique.

Il Avait le Nez Rouge
Dans Koira, nous devons résoudre des puzzles (plutôt faciles) à travers divers petits niveaux représentés par les différentes parties d’une forêt enneigée. D’ailleurs, le gameplay est tout aussi simple que les énigmes, et il consiste en plusieurs actions à répéter tout au long du jeu. Tout d’abord, nous devons gérer le chiot. En effet, ce dernier est autonome et vit sa vie en courant partout. Il doit être appelé (ou sifflé plutôt ?) pour ne pas se perdre ou se mettre en danger. Ensuite, il faut savoir que la forêt dans laquelle l’histoire se passe est envahie par des ombres, nocives et agressives pour nos amis.


Le petit chien a, lorsqu’il mange des pommes (pourquoi pas, après tout ?) le nez qui devient lumineux. Grâce à cela, les ombres sont écartées et nous pouvons emprunter des passages auparavant bloqués par les ténèbres. Vous l’aurez compris, il faudra dès lors donner régulièrement des pommes au chiot pour qu’il garde son nez lumineux le plus longtemps possible. Heureusement, ce dernier ne manque pas de nous faire comprendre qu’il a faim par des aboiements “musicaux”. Pas de dépaysement de ce côté-là dans Koira, si vous avez un chien dans la vraie vie, vous connaissez déjà la chanson… En parallèle à cela, nous aurons des totems qui réagissent à certaines notes de musique. Il faudra découvrir ces dernières pour activer ce totem. Grâce à ces derniers, au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire, nous allons développer de nouveaux pouvoirs.

Nous devrons également éviter des pièges, protéger notre chiot de nombreux dangers ou résoudre des puzzles. Nous aurons, pour cela, la possibilité d’interagir avec le décor par différents moyens. Par exemple, on apprend rapidement que certains objets peuvent être ramassés et lancés, ce qui permet d’éviter des pièges à ours, ou de faire tomber les pommes pour le chien lorsqu’elles sont dans un arbre. Petite précision importante, car cela participe grandement à l’ambiance particulière de Koira, tous les êtres vivants de ce monde s’expriment à travers des notes de musiques, formant parfois même des mélodies (j’y reviendrai plus bas).


Un jeu fluide et immersif donc, qui vous envoûte pour de longues sessions ou de plus petites parties selon vos envies. Une fois installé dedans, rien ne vous en fera sortir. Je n’ai d’ailleurs pas noté de bugs majeurs, excepté un moment où le chiot est resté bloqué derrière un rocher, j’ai dû relancer la partie. Partie dont le point de sauvegarde (automatique malheureusement) était au début du chapitre. J’ai donc dû tout refaire complètement cette partie-là, et bien que ces derniers ne soient pas longs, avoir des points de sauvegarde intermédiaires serait un plus, je pense.

Le Sacre du Printemps
Les graphismes de Koira sont comme une aquarelle, avec des touches de couleurs diluées. C’est très sombre et très contrasté, en témoignent les deux personnages principaux qui sont noirs, en silhouettes, tout comme leurs ennemis et les autres animaux qui peuplent la forêt. Finalement, les passages avec de la couleur (autre que le rouge) vont être extrêmement rares et, lorsqu’ils arrivent, on en profite complètement. Le jeu est d’ailleurs très contemplatif par moments et offre de jolies ambiances tant dans les moments joyeux que les moments plus angoissants.


Malgré des couleurs ternes la plupart du temps, les environnements arrivent à être plutôt variés et diversifiés. La direction artistique se rapproche d’un livre pour enfants, avec des personnages mignons et naïfs, lorsqu’ils sont gentils, et angoissants lorsqu’ils sont méchants. On pourrait aussi le rapprocher d’un Miyazaki ou d’un Michel Ocelot dans sa direction artistique, avec des totems et des créatures tout en rondeur pour le maître japonais, et avec les ombres chinoises et les camaïeux pour le cinéaste français…


La Musique Adoucit les Moeurs
L’ambiance musicale est importante dans Koira, très importante même… La musique est tantôt composée de notes toutes simples au piano, tantôt rythmées, tantôt mélancolique ou triste, parfois accompagnée d’instruments à cordes ou de cuivres. Pour s’exprimer, notre personnage et le chiot ont chacun un instrument qui les représente. Ils ne vont donc pas s’exprimer par des mots, mais par des notes, et des phylactères avec des logos qui représentent ce qu’ils veulent. Et il en sera de même pour toutes les créatures que l’on va croiser au cours de notre aventure, ainsi qu’aux objets que l’on va percuter.

Cette forme d’expression peut rappeler les vieux films muets qui étaient ponctués de notes de musique lors de certaines actions. D’ailleurs, tout comme dans les films muets, Koira arrive à nous faire ressentir des choses sans parler, comme la joie, la peur, l’angoisse, la tristesse. J’ai retrouvé la même ambiance que Neva avec la relation entre deux êtres qui doivent cohabiter ensemble, se faire confiance et faire grandir leur relation. Nous aurons par exemple des mini-jeux hors du temps pour renforcer notre lien et notre attachement au chiot. Faire des bonhommes de neige, par exemple, ou des parties de cache-cache. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver un message sous-jacent dans Koira concernant la chasse et l’impact qu’elle a sur la nature et les animaux qui la peuplent. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler l’intrigue.

Quelle jolie surprise ce petit Koira ! Le concept est très rafraîchissant et poétique, on se prend au jeu à aider et à prendre soin de notre petit chiot. J’ai beaucoup aimé l’originalité du concept, ainsi que la direction artistique et musicale, qui donnent une dimension originale et surprenante à ce petit jeu indépendant.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Direction artistique
Concept super original, créatif et émotif
Personnages attachants
Les points négatifs
Points de sauvegarde pas assez fréquents
Quelques bugs mineurs




