
Iwakura Aria est un visual novel issu des studios japonais MAGES. (dont le nom, vous l’aurez remarqué, est l’anagramme de “games”). Le studio s’est fait connaître avec des licences telles que Steins, Gate, ainsi que son remake des jeux de la saga Famicom Detective Club, dont Emio : L’Homme au Sourire que j’avais pu tester à sa sortie. Voyons cette fois ce qui nous attend derrière les portes du manoir Iwakura.
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.
Domestic’Vestigation
Iwakura Aria se déroule dans le Japon d’après-guerre, pendant l’été 1966. Lors d’un concours de circonstances, Ichiko, une orpheline de 16 ans, se retrouve au service d’un père de famille nommé Amane, et de sa fille Aria, en tant que servante dans un très vieux manoir. Très vite, l’héroïne va se rendre compte que beaucoup de secrets sont cachés dans cette somptueuse maison. Notamment l’héritière de la famille, qui semble en proie à quelque chose de mystérieux, et dont le comportement l’est tout autant. Va-t-elle réussir à percer les mystères qui se cachent derrière ces murs ?

Manor Words
Iwakura Aria est un jeu narratif sous forme de Visual Novel qui va se dérouler en huis clos dans le manoir familial. Le titre est divisé en plusieurs chapitres, et nos choix vont façonner l’histoire et nous mener jusqu’à une des neufs fins possibles. L’histoire se concentre autour d’Aria, de son père Amane, et de Ichiko, bien que d’autres protagonistes fassent des apparitions. La demeure est grande et les domestiques nombreux. La relation entre les deux jeunes filles va évoluer au fil des chapitres et des rencontres qu’elles vont avoir l’une avec l’autre.

La majorité du gameplay consistera à lire et passer des dialogues, et visiter les pièces de la demeure. Cependant, quelques ajouts sympathiques viennent ponctuer le gameplay. Ichiko est une artiste peintre et elle ne se promène jamais sans son carnet à dessins. Il sera dès lors possible de trouver divers éléments à dessiner dans le manoir, qui pourront être utiles (ou non) par la suite. Il sera également possible de nous déplacer dans le manoir via la carte des lieux. Il suffit de cliquer sur le lieu souhaité pour s’y rendre. Les pièces indispensables à visiter seront surlignées en rouge. Chaque lieu sera représenté par une vue unique de l’endroit en question. Une fois dans la pièce, Ichiko fera un commentaire pour décrire l’environnement, et éventuellement découvrir l’un ou l’autre indice.

Dommage que l’interactivité soit si restreinte. Un mini-jeu d’objets cachés, ou d’exploration façon point and click, aurait pu être intéressant à ajouter. Très chaleureux au départ, nous allons plutôt rapidement, en tant que joueur et joueuse, sentir un sentiment de malaise nous envahir. Tout semble trop parfait. Dès lors, lorsque quelque chose ne va pas, cela se perçoit d’autant plus. Cette tension s’installe insidieusement au fur et à mesure que le jeu nous dévoile des fragments étranges de ce qui s’y passe, et donne envie d’en savoir toujours plus. J’ai cependant trouvé le rythme un peu lent, surtout au début, où l’intrigue prend vraiment le temps de s’installer.

L’accent est plutôt mis sur les tâches que doit effectuer Ichiko et sa rencontre avec les différents intervenants. À noter que des histoires secondaires pourront être débloquées au fur et à mesure de l’avancement dans le jeu via le menu Extra (qui contient, entre autres, l’OST sous forme de pistes audio par exemple).

Poupée de Cire, Poupée de Son
Graphiquement, Iwakura Aria est une belle réussite. Les menus sont travaillés et originaux. Les diverses illustrations proposées par Hyakunen et Fumi Nakada sont inspirées de la Renaissance (dont les principaux traits visuels qu’ils revendiquent sont le réalisme, l’utilisation de la perspective, et le travail de la lumière). Cela se ressent dans le menu du jeu, ou encore dans le générique qui pourrait être comparé à un générique d’anime ou de série tellement il est travaillé et soigné. D’autres aspects du jeu suivent cette direction artistique, je pense notamment aux parties racontées (ou à celles qui nous donnent un aperçu du passé), avec l’effet crayonné des différentes planches, ou parfois à la façon d’une aquarelle.

Concernant le manoir et les tenues, nous sommes sur un style légèrement gothique avec des robes à rubans, la longue chevelure noire d’Aria, ainsi que son teint de porcelaine, l’architecture du lieu rappelle également ce style. Concernant l’aspect sonore, j’ai testé Iwakura Aria en japonais sous-titré anglais, le français n’étant pas une option disponible. Comme à chaque fois, les doublages japonais sont de très bonne qualité, bien que le jeu de Ichiko soit très cliché et naïf. À noter que certaines parties ne seront pas doublées. Les sons d’ambiances sont également de la partie et on sent qu’un travail minutieux a été fait pour ces derniers, bien que les bruitages en tant que tels soient classiques. Cela ajoute une dimension supplémentaire, vu que le jeu ne propose aucune cinématique à proprement parler.



Enfin, la musique de Iwakura Aria a été composée par Takeshi Abo, qui travaille pour le studio depuis longtemps. L’OST est superbe, bien qu’aucun thème ne soit spécialement plus marquant qu’un autre. Cependant, elle accompagne parfaitement les différents moments, qu’ils soient de tension ou de relâchement.
Avec une direction artistique aussi léchée, il serait dommage de passer à côté de ce titre. Et ce n’est pas sa seule qualité puisque le jeu offre également un scénario intéressant et plein de tension et de malaise (pour peu que l’on soit prêt à complètement s’immerger dans le récit, notamment en prenant le temps de lire les nombreux dialogues (en anglais), visual novel oblige). Si vous vous sentez l’âme d’un détective en herbe, alors n’hésitez pas !
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Superbe graphiquement
Histoire pleine de tension
Ambiance sonore
Bons doublages
Les points négatifs
Pas de sous-titres français
Lent à se mettre en place
Manque d’interactivités dans les pièces à visiter
Répétitif




