
J’ai toujours à cœur de présenter des jeux sympas de petits studios indépendants, et ce sera encore une fois le cas avec Morgan : Metal Detective, créé par le Studio Morgan, cofondé en 2023 par deux personnes passionnées. Le focus du studio est de proposer des histoires originales et sincères, axées sur l’inclusion, en travaillant sur un gameplay accessible et des personnages féminins et/ou issus de la communauté LGBTQIA+, sans pour autant négliger la narration.
Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.
La Dame de Fer
Dans Morgan : Metal Detective, nous incarnons Morgan qui arrive sur Glasden, une île fictive des Cornouailles. Son grand-père y a laissé un mystère, qu’il n’a pas eu le temps de résoudre, et que notre héroïne va tenter d’élucider avant la vente de la maison. Pour y parvenir, elle devra rencontrer les divers habitants, qui ont tous perdu un objet, et que Morgan va retrouver grâce à son détecteur de métal. C’est dans une ambiance de détente totale que nous allons ainsi explorer l’île armée de notre appareil de détection.

C’est Métaaaal ! (Mais Calme)
La majorité du gameplay de Morgan : Metal Detective consistera à parler avec les différents PNJ pour obtenir des petites tâches à réaliser, et bien sûr à scanner le sol, puis creuser. Les petites missions confiées par ces derniers nous indiqueront à chaque fois un lieu où chercher afin de mieux nous orienter. Et, comme je vous le disais plus haut, c’est armés de notre détecteur de métaux que nous allons arpenter l’île, et la creuser, telle une taupe. Pour ce faire, rien de bien compliqué ! Une fois son détecteur en main, Morgan va balayer le sol à la recherche d’un signal sur son cadran qui émettra des sons et des signaux visuels de plus en plus forts lorsque nous approchons d’un objet métallique. Les sons et visuels seront différents selon la nature de l’objet à découvrir. En effet, une boîte de conserve, une médaille, ou l’objet d’une quête ne signaleront pas leur présence de la même manière.



Pour lancer la cinématique où Morgan creuse, il faudra faire un mini-jeu de rythme qui consiste simplement à appuyer au bon moment dans une fenêtre de temps donnée. Ces objets, découverts au gré de nos coups de pelle, historiques, modernes, de quête, ou simples déchets, pourront être échangés à une boutique de l’île contre divers autres objets. Par exemple, il sera possible d’acheter des packs d’autocollants (on y revient plus bas), ou de nouvelles pellicules pour l’appareil photo.

Une fois les objets de quête retrouvés et rendus à leur propriétaire, ces derniers nous récompensent en nous donnant une cassette audio. Cette dernière pourra contenir de la musique, ou des messages laissés par notre grand-père, ce qui agrémente le lore du jeu de façon très ludique et agréable sans nous bloquer dans nos déplacements puisque nous pourrons l’écouter sur notre walkman.


Et enfin, comme chaque aventurier qui se respecte, Morgan aura droit à son carnet, dans lequel seront référencées nos trouvailles, ainsi qu’une partie rédigée à la façon d’un journal intime qu’il sera possible d’agrémenter. Je vous parlais plus haut des autocollants qu’il est possible d’obtenir en échangeant des déchets métalliques trouvés sur l’île, et grâce à qui on va pouvoir donner une personnalité à notre cahier. Et tout comme les autocollants, les photos que l’on va prendre pourront, elles aussi, être exposées dans notre journal. Par contre, j’ai trouvé dommage que le texte ne puisse pas être déplacé sur les pages du journal. En effet, j’ai voulu à plusieurs reprises mettre une photographie dans mon journal pour illustrer ce dernier, mais en continuant l’histoire, il arrivait que du texte vienne se superposer sur ma photo. Dommage.

Country Roads
Morgan : Metal Detective est un jeu en vue à la première personne. Les graphismes sont lisses, colorés, et rappellent les bandes dessinées franco-belges en lignes claires, voire les livres pour enfants, tant tout est naïf. J’ai trouvé que les personnages et les environnements étaient très épurés, même si le rendu 3D est vraiment une réussite, ce qui donne dès lors un aspect pâte à modeler à l’ensemble du jeu. Rappelons qu’il s’agit ici du jeu d’un petit studio, il est donc normal que les attentes ne soient pas les mêmes que pour un AA, les budgets ou la taille de l’équipe n’étant pas du tout comparables. Ainsi, il est vrai que les PNJ sont particulièrement statiques et restent au même endroit toute la durée du jeu sans effectuer aucun mouvement, mais ils auront une petite phrase dès qu’on interagit avec eux pour compenser.

C’est un voyage agréable qui nous est proposé dans ces paysages des Cornouailles, à travers ce petit village portuaire. Pour avoir déjà été dans cette région, j’ai vraiment retrouvé des éléments qui m’y ont fait penser, comme les petits murets en pierres représentatifs des campagnes anglaises, ou encore les palmiers, typiques des Cornouailles grâce au Gulf Stream qui crée un microclimat propre à la région. Mais également les ruines romaines qui attestent du passage de cette civilisation dans le passé de l’île britannique, et soulignent la lourde histoire de la région. On sent vraiment un amour de cette terre à travers le jeu, qui a très bien été retranscrit.


La map du jeu est aussi magnifique, dans le même style naïf et coloré que le reste. Cependant, je n’ai pas totalement compris son utilité étant donné que dès qu’il est fait mention d’un lieu, la caméra dirige notre regard vers ce dernier pour nous aider à le situer. J’ai trouvé que les deux ne cohabitaient pas spécialement bien ensemble, d’autant que l’île est petite, donc chercher par nous-même est relativement faisable. Elle a au moins le mérite de nous montrer une vue d’ensemble sur les PNJ avec qui on doit interagir, signalés par un point d’exclamation.

L’Île du Docteur Morgan
Lorsque je lance un jeu, la première chose que je fais est d’aller voir les options, histoire de régler directement celles que je préfère, afin de jouer dans une version qui me correspond le mieux. Et ici, première bonne surprise, le jeu est entièrement sous-titré en français, et les menus sont traduits. C’est également le cas des panneaux indicatifs qui vont être traduits in game. Cela manque de subtilité dans la mise en forme, mais je souligne l’effort. Autre option qui semble anodine, mais qui est plutôt intéressante et rigolote, c’est la possibilité de “cacher les bras” de Morgan. Je m’explique : nous incarnons Morgan en vue à la première personne, et lorsqu’elle manipule son détecteur de métal, mais surtout lorsqu’elle court, elle fait aller ses bras de part et d’autre de son corps, ce qui se traduit par des mains qui font des allers-retours sur les bords de l’écran.


C’est effectivement surprenant au début, mais on finit par s’y habituer et ne plus y faire attention. Cependant, pour celles et ceux que ça rebute, sachez que cette option est dédiée à ce souci visuel. Un autre aspect visuel du jeu qui est très déroutant au début, c’est cette impression d’être “pompette” lors des déplacements. Il y a en effet un genre de petit rouli, comme si nous étions sur un bateau, très surprenant au début, mais auquel on finit par s’habituer. Avec le bruit de la mer qui est de plus en plus présent lorsque l’on s’en approche, l’effet est vraiment original et immersif. Je l’ai dit plus haut, mais Morgan : Metal Detective est très cosy et très calme. Un peu trop à certains moments.

Nous sommes sur une île avec peu d’habitants, certes, mais ici j’ai trouvé que le monde manquait d’animation, de vie. À part quelques vaches dans les prés ou quelques mouettes qui volent, je n’ai pas vu d’autres animaux, ni aucune personne qui se promène… Et, comme abordé plus haut lorsque j’ai mentionné les PNJ, je suis consciente que cela demande beaucoup de travail et un budget conséquent afin de pouvoir peupler un monde virtuel.

Boîtes de Concert
Les cassettes audio données par les PNJ en échange de nos bons et loyaux services nous permettront de changer la musique d’ambiance au gré de nos envies. Une option bienvenue qui fait toujours plaisir. Je n’ai malheureusement retenu aucun thème audio, bien que je les ai trouvés plutôt agréables à écouter. Ils ont été composés dans des styles rock sixties et surf music très chaleureux et donnent réellement du rythme à nos missions.


Concernant les doublages, notre héroïne Morgan est doublée par Charlotte McBurney, qui est la comédienne qui a incarné Amicia dans A Plague Tale. Les autres comédiens de doublage sont également très agréables, sans être dans une performance extraordinaire. Autre travail sur le son à mentionner et qui est très utile lors de nos sessions, c’est le changement de son en fonction du type d’objets que détecte notre capteur. En effet, un objet historique ou de quête n’émettent pas le même son, la même fréquence, ce qui peut s’avérer utile pour cibler nos recherches sur un seul type d’objet.
Morgan : Metal Detective est un petit jeu cosy et indépendant qui se terminera en quelques heures à peine (sauf si vous visez le 100%). Avec une ambiance maritime et portuaire aux petits oignons et un concept original, nul doute que ce petit jeu vous fera prendre un bon bol d’air lors de vos sessions de jeu, armé de votre détecteur de métal.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Chouette histoire
Jeu cosy
Ambiance portuaire réussie
Concept original
Les points négatifs
Répétitif
Manque de vie




