Tormentum II

Il y a plus de dix ans sortait Tormentum premier du nom. Aujourd’hui, c’est au second opus de faire sa sortie. Dessiné à la main et inspiré par les œuvres de H.R. Giger et Beksinski, ce point and click sombre, surréaliste et d’horreur psychologique nous fait explorer des mondes cauchemardesques avec une atmosphère pesante et oppressante.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Il y a dix ans…

Dans le premier opus, un héros sans nom se retrouve perdu entre réalité, rêves et cauchemars, sans aucun souvenir. Ce dernier va évoluer dans d’étranges environnements, sombres, inquiétants, oniriques et sombres, inspirés par les œuvres de H.R. Giger et Beksinski. Ce point and click offrira des choix moraux qui vont influencer le déroulé de l’aventure. Le studio indépendant polonais OhNoo Studio, spécialisé dans les jeux de style point and click dessinés à la main, veut offrir une expérience riche en récits, contenu psychologique et d’horreur. Il aura fallu près de huit ans pour créer Tormentum II par cette équipe composée de deux personnes : Piotr Ruszkowski et Łukasz Rutkowski, qui ont également participé à la création du premier jeu

Entre réalité et cauchemar

Tout d’abord, comme j’ai évoqué à plusieurs reprises les artistes H.R. Giger ainsi que Beksinski, j’aimerais dire un mot sur ces derniers, histoire de comprendre comment leurs œuvres ont influencé les jeux Tormentum, et plus globalement la pop culture. H.R. Giger était un artiste suisse dont le style, appelé biomécanique, a beaucoup fait parler de lui. Ce style consiste à fusionner des éléments humains avec des éléments mécaniques, dans un style sombre et surréaliste. H.R. Giger est surtout connu pour avoir conçu la créature du film Alien et influencé le style cyberpunk. Beksinski était un peintre, photographe et sculpteur polonais dont les peintures surréalistes et dérangeantes ont été qualifiées de baroque, voire gothique. Il explore les thèmes de la mort, de la désolation ou encore de l’angoisse (avec brio, il faut bien le dire).

Un Monde dans le Monde

2088. Nous incarnons David, un créateur de jeux vidéo qui crée une simulation peuplée d’êtres capables de penser comme les humains. Un jour, il reçoit un colis mystérieux contenant un coprocesseur étrange. Depuis, à chaque nuit, David est la proie de cauchemars dans lesquels il voit un coffre verrouillé et entend une voix de femme qui l’appelle. Petit à petit, ces visions vont le hanter et David va se retrouver piégé au cœur de sa propre simulation. Mais cette simulation lui appartient-elle vraiment encore ?

Point n’Dream

Tormentum II est un point and click traditionnel à la troisième personne dans lequel il faudra explorer différents lieux, interagir avec divers objets, résoudre des puzzles et énigmes, mais également faire des choix moraux qui vont impacter la suite de l’aventure et mener à différentes fins. Le gameplay n’a rien de révolutionnaire, c’est plutôt convenu. Ce qui va vraiment rendre l’expérience inédite, c’est l’ambiance visuelle, sonore, ainsi que l’écriture. J’y reviens plus tard. Pour celles et ceux qui se poseraient la question, il n’est pas nécessaire d’avoir joué au premier jeu pour profiter de Tormentum II.

Lors de l’exploration des différents lieux, divers objets pourront être collectés dans notre sacoche, combinés et utilisés pour débloquer des zones, résoudre des énigmes et avancer dans l’intrigue. David possède un carnet bien utile dans lequel il consignera différentes informations qui s’avèrent être indispensables pour la résolution de certains puzzles, bien que la plupart soient assez faciles à résoudre, et les objets faciles à trouver, pour peu que l’on prenne bien la peine d’observer et de fouiller les divers environnements.

En parallèle, et comme évoqué plus haut, des choix moraux seront à faire tout au long du jeu, lourds de conséquences et qui pourront influencer le déroulé de l’histoire. Cette dimension narrative est très intéressante et renforce une immersion pourtant déjà bien réussie. Comme dit plus haut, j’insiste sur le fait que le gameplay n’est pas révolutionnaire, et s’inscrit dans la lignée des point and click classiques. L’intérêt réside surtout dans l’ambiance visuelle et sonore, ainsi que pour les choix moraux plus que pour le gameplay pur. Si vous cherchez un jeu tourné vers l’action et pas vers le narratif, je pense que Tormentum II ne répondra pas à vos critères. De plus, l’ambiance pesante, sombre et très particulière peut en rebuter certains.

Giger’s Inferno

Une chose est sûre, Tormentum II tire son épingle du jeu en ce qui concerne le visuel et l’ambiance générale surréaliste et fantastique, mêlant également Dark Fantasy et horreur psychologique, le tout avec un dosage parfait et avec plus de 200 scènes dessinées à la main, dont 500 images d’arrière-plans distincts. Plus le temps passe, plus on s’enfonce profondément dans les abysses de sa simulation, un régal. L’inspiration de H.R. Giger et de Beksinski est flagrante, et c’est clairement ça qui donne son identité au jeu, couplée avec la musique que j’ai trouvée incroyable.

Cette dernière a des sonorités métalliques, inquiétantes et oppressantes qui collent parfaitement à l’ambiance du jeu et vont venir peaufiner l’ensemble. Certaines musiques seront stridentes avec des cordes qui vont renforcer le côté inquiétant et oppressant du lieu et du moment. Tormentum II est disponible en français, ce qui est un énorme plus. À noter que le jeu n’est pas doublé, les dialogues seront uniquement des textes à lire au-dessus de chaque personnage.

Pour conclure…

Venez plonger dans le cauchemar le plus inquiétant, le plus sombre et le plus dérangeant pour une durée variant entre 8 et 12 heures selon votre style de jeu. Tormentum II s’offre une ambiance immersive aussi incroyable qu’inquiétante grâce aux inspirations de H.R. Giger et de Beksinski, mais également de l’ambiance musicale très réussie. Bien qu’assez statique (les arrière-plans ne sont pas animés), on ressent la matière et le détail qui a été donné aux différentes scènes lors de leur création (à la main, pour rappel). Cet aspect s’ajoute au côté lourd et oppressant présent dans chaque scène, chaque environnement, chaque interaction. À noter que le style peut ne pas plaire à tout le monde.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Ambiance visuelle

Ambiance sonore

Immersion

Choix moraux impactants

Disponible en français

Les points négatifs

Pas de doublage

Ne convient pas à tout le monde

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