GunGrave G.O.R.E

"GunGrave G.O.R.E" Affiche

Dernier né d’une franchise débutée en 2002 sur PlayStation 2, GunGrave G.O.R.E ressurgit d’entre les morts pour un opus qui nous promettait un shooter décomplexé et jouissif. Précédé par GunGrave VR en 2019, qui lui sert d’introduction, GunGrave G.O.R.E se sera fait beaucoup attendre avant de débarquer sur consoles et PC le 22 novembre 2022, de quoi bien faire monter les attentes des fans de la licence. Attentes qui se seront vues tuées dans l’œuf (de corbeau !! Ha ha ha !!)

Become the Grave

GunGrave G.O.R.E est comme nous l’avons dit une série qui compte plusieurs épisodes, ce qui sous-entend une intrigue au long cours. Je vous rassure de suite, il n’est absolument pas nécessaire d’avoir fait les divers jeux pour recoller les wagons puisque GunGrave G.O.R.E vous propose un récapitulatif des aventures de Brandon Heat, alias “Beyond the Grave”, Grave pour les intimes.

L'histoire de "Brandon Heat"

Et quand bien même vous sauteriez l’étape flashback, il y a peu de chance que cela vous manque, tant le scénario du jeu n’est qu’un prétexte pour mettre Grave en situation de faire exploser ses ennemis. Comme je suis sympa, on va reprendre un peu l’historique en commençant par les événements de GunGrave premier du nom. Brandon Heat est un petit malfrat qui possède un gang avec son meilleur ami Harry McDowell. Après la mort des membres de leur gang, Harry et Brandon rejoignent Millenion, THE organisation à la tête de la ville.

Histoire racontée en bonus dans "GunGrave G.O.R.E"

C’est l’escalade pour les deux hommes, Brandon devenant un balayeur (tueur) de renom à la tête d’une unité spéciale appelée “True Grave” et Harry montant les échelons de Millenion à vitesse grand V. Mais tout n’est pas rose pour le futur ressuscité puisqu’en devenant un assassin, Brandon décide de renoncer à l’amour de la femme de sa vie, Maria, qui, rejetée, va épouser Big Daddy, le boss l’organisation criminelle. De son côté, coincé dans son ascension, Harry va tourner la carte et comploter pour tuer le big boss et devenir calife à la place du calife. Pour cela, il va se débarrasser de tous les fidèles du patron mafieux, incluant son ami de toujours, Brandon.

Quinze ans plus tard, suite à l’assassinat de Big Daddy et à la purge systématique de ses proches (dont Maria), Harry (alias “Bloody Harry”) décide de tuer Mika (fille de Big Daddy et de Maria) afin d’éradiquer tout héritage de l’ancien chef. Mais dans l’ombre, le Dr Tokioka a inventé un processus de necrolyzation qui ramène Brandon d’entre les morts. Amnésique, il ne se souvient que de deux choses, il doit détruire Millenion et tuer Harry MacDowell. Au terme d’une bataille épique, Grave va remporter le combat et mettre fin à la folie de son ancien ami.

Brandon est devenu "Beyond the Grave"

Toutefois, ce n’est pas une éternité sereine qui attend notre héros, mais un réveil forcé avec GunGrave: Overdose, où le tueur mutique devra lutter contre le fils passablement sadique et dérangé d’un chef de la mafia qui a passé un accord avec un symbiote extraterrestre, toujours aidé dans sa démarche par Mika et ce bon vieux Dr Tokioka. Ayant réussi une nouvelle fois à sauver la situation, Grave sera de nouveau “endormi” pendant plusieurs années, en attendant, non les trompettes du jugement dernier, mais GunGrave VR qui implique encore un réveil en fanfare pour ce bon vieux “Beyond the Grave”.

"El  Arcangel' au complet

Alors que des humains infectés à la SEED (une drogue extra-terrestre), les “Orgmens”, se déchainent à South City, mettant en péril la population, Mika décide de prendre les choses en main en créant “El Arcangel”, un groupe qui a pour but de lutter contre la SEED et les responsables de sa création : le clan Raven. Pour faire bonne mesure, Grave est invité à participer aux affrontements et rétablir la justice. Mais devant la menace latente du clan Raven et de sa drogue extra-terrestre, le groupe décide d’éradiquer définitivement le problème dans GunGrave G.O.R.E. Sous le commandement de Mika, le groupe (composé de Grave, Quartz et du Dr Aso) va tenter de remonter à la source du psychotrope en s’occupant au passage des quatre boss du clan Raven qui comptent bien leur mettre des bâtons dans les roues.

L’enterrement du serpent de mer

Au départ de la franchise en 2002, ce n’est pas le gameplay de GunGrave qui a électrisé les joueurs, mais bien le design des personnages réalisé par Yasuhiro Nightow, le mangaka créateur de Trigun, qui a aussi servi de scénariste sur le jeu, ainsi que les designs mécaniques de Kōsuke Fujishima (Sakura Wars, Oh My Goddess !, You’re Under Arrest). Cette ambiance et ce graphisme si particulier lui ont attribué une belle popularité, au point que le jeu sera adapté en animé en 2003 pour un total de 26 épisodes. Produit par le célèbre studio Madhouse, la série reprend l’histoire de Brandon Heat depuis son origine, jusqu’à la fin de son combat contre Bloody Harry et apporte au titre une renommée certaine.

Exemple de niveau de "GunGrave G.O.R.E"

S’en suivront la sortie de GunGrave: Overdose en 2004 puis en 2019 de GunGrave VR. Annoncé avec la publication de deux artworks en mai 2019, GunGrave G.O.R.E fera surtout parler de lui pour un certain nombre de reports. Prévu initialement pour une sortie en décembre 2019, le titre sera repoussé en 2020, puis en 2021 et enfin 2022, signe d’un développement chaotique qui se ressent dans le titre final. Pourtant, le studio Iggymob a fait appel à des pointures pour venir en renfort sur le jeu. Ainsi, on retrouve Yasuhiro Nightow, Ikumi Nakamura (directrice artistique d’Okami et de Bayonetta), mais également Isamu Kamikokuryo (Final Fantasy X, XII, XIII et XV). Comme quoi, les grands noms, ça ne fait pas tout. Et on se demande réellement la mesure de leur implication sur le projet quand on voit le résultat final.

La map de "GunGrave G.O.R.E"

Un peu d’action, ça reviG.O.R.E 

Jeu de tir en vue à la troisième personne (TPS), GunGrave G.O.R.E va logiquement chercher des influences du côté de Devil May Cry, mais n’est pas Dante qui veut. Après une cinématique qui envoie du lourd et met des moulures au plafond, on prend enfin le contrôle de Grave. On l’imagine mobile, gracile et aérien, mais on se retrouve à manier un 3,5 tonnes en panne de direction assistée. Les espoirs s’envolent alors et on sent que le test va être long… très long.

On évite et en enchaine les hits dans "GunGrave G.O.R.E"

D’autant que le level-design tenant plus du rail-shooter, sans l’avancée automatique, que du TPS fait que chacun des 31 stages composant le titre (et ne durant qu’une dizaine de minutes) paraît en durer le double. Environnement basiques et vides, musiques insupportables tenant de la torture auditive (et pourtant je suis une métalleuse de base), le tout agrémenté d’une maniabilité aux fraises et d’une caméra qui ne l’est pas moins

Oh le joli "bug de caméra"

GunGrave G.O.R.E ne marque pas vraiment de point sur ce côté-là. Pourtant, Grave, avec son look badass, son cercueil en guise de bouclier et son absence totale de parole, avait de quoi séduire. De même que la perspective de massacrer des hordes et des hordes d’ennemis de façons toutes plus brutales les unes que les autres.

Les "environnements" se ressembles tous

Mais cela ne tient pas sur la durée, même si celle-ci est confortable (comptez une douzaine d’heures pour finir l’aventure), car la redondance des actions finit très vite par lasser. Oh, Grave ne manque pas de coups, qu’ils soient réguliers ou spéciaux, et la possibilité d’attraper des ennemis pour s’en servir comme bouclier et leur asséner un finish est une idée intéressante. De même, la possibilité d’acheter des améliorations au labo permet de rajouter encore plus de possibilité à un panel d’attaque déjà bien développé. C’est classique, mais ça marche toujours.

Un des premiers "boss" du jeu

C’est lent, c’est lourd… Ça me Grave !

À la découverte du trailer passé lors de la Gamescom 2021, j’ai sauté de joie devant la perspective de ce qui m’était promis avec GunGrave G.O.R.E. En manque de Devil May Cry, j’ai attaqué avec délice ma partie, trépignant déjà devant les combats à peine amorcés et le fait d’incarner Grave que je trouve pour ma part très charismatique. Malheureusement, au bout de quelques missions, j’ai déchanté.

Découper ses ennemis c'est jouissif dans "GunGrave G.O.R.E"

Certes, j’ai pu bourriner tout mon soûl tout en arrivant à avancer avec un minimum de peine, mais la lourdeur du héros m’a de nombreuses fois fait rager, quand ce n’est pas la caméra qui faisait des siennes. Le ponpon étant lors d’un passage pour atteindre Scumland (oui, c’est le nom de la ville), se déroulant sur un train en marche et dans lequel il convient d’éviter des panneaux, de sauter par-dessus des barres, le tout avec des ennemis débarquant de tous les côtés.

Le "passage du train" qui m'a rendu folle

Cette phase m’a rendue complètement dingue alors qu’il est question d’arriver à rentrer dans le train avant qu’on passe sous un tunnel, autant dire mission impossible avec un tank tel que Grave. Après avoir fait Bayonetta 3, je dois bien dire que le contraste est extrême, trop peut-être pour moi et mes nerfs. Si je relance GunGrave (j’avais beaucoup aimé l’animé à l’époque), ce sera à dose homéopathique d’une mission max par session. Mais j’ignore encore si j’aurai envie de m’infliger ça !

Tout est dit pour "GunGrave G.O.R.E"
Pour conclure…

Loin du défouloir jouissif que nous avait fait miroiter le trailer de lancement du titre, GunGrave G.O.R.E se montre au final aussi léger et maniable qu’une pierre tombale. Si l’amusement de défourailler des adversaires par dizaines est bien présent, il s’essouffle vite devant la redondance de l’action, les environnements vides et la frustration d’une maniabilité plus que passable. Cela dit, à petite dose, on pourra peut-être passer outre pour se focaliser sur la proposition de tirer sur tout ce qui bouge, mais pas sûre que ça justifie les 50 € d’investissement du titre.

La  note  de la  rédaction

2/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Grave est charismatique

Le jeu est un bon défouloir

Une bonne durée de vie (un peu plus de 10 heures) pour un titre du genre

Les points négatifs

Un personnage lent et lourd

Une maniabilité pas toujours au rendez-vous

Des environnements vides et génériques au possible

Un jeu très vite redondant

Des pics de difficultés incompréhensibles

Une caméra capricieuse

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