Forspoken

"Forspoken" écran titre

Après le cas controversé de Final Fantasy XV, le studio Luminous était attendu au tournant avec sa première création originale : Forspoken. Après de multiples reports ayant fait monter la hype chez les joueurs, le titre débarque enfin sur PS5 et PC. Avec un monde ouvert, luxuriant et magnifique, le premier contact s’avère prometteur, mais sur le long terme, c’est une autre histoire.

Ce test a été réalisé sur une version PS5.

Alfre au Pays des Querelles

Dans Forspoken, nous incarnons Alfre Holland, surnommé Frey, jeune femme de 21 ans qui se retrouve, la veille de son anniversaire, jugée dans un tribunal de New York. En effet, trouvée au Holland Tunnel alors qu’elle n’était qu’un bébé, il ne lui reste de ses parents qu’une couverture brodée au nom d’Alfre et un sentiment profond de rejet du monde. Afin de survivre et de s’offrir un avenir meilleur, Frey vit de petits larcins, mettant de l’argent de côté pour quitter la ville avec son chat Homère, sa seule compagnie. Libérée par une juge qui fait preuve de clémence envers la délinquante, Frey quitte le tribunal, mais est attaquée par un gang sur le chemin du retour.

"Frey Holland" l'héroïne de l'histoire
Notre héroïne n'a pas une vie facile dans "Forspoken"
"Homère" la seule amie de Frey

Il s’avère que c’est en tentant un vol de voiture pour eux qu’elle s’est fait prendre, et qu’ils ne sont pas très contents de la tournure qu’ont pris les événements. Après avoir réussi à leur échapper, la voleuse rentre dans son appartement miteux et retrouve son félin adoré. S’accordant un peu de repos avant de quitter définitivement la ville, Frey est brusquement réveillée par un incendie qui ravage son repère. Le gang l’a retrouvée et s’est vengé à sa manière. Choisissant de sauver Homère, notre héroïne perd du même coup tout l’argent qu’elle avait réussi à économiser et se retrouve à la rue. Après avoir confié son chat à la juge qui lui a sauvé la mise un peu plus tôt, la jeune femme réfléchit à son avenir et à un moyen d’en finir avec tout ça, quand son attention est attirée par un étrange bracelet dans un bâtiment abandonné.

Un "incendie" fait tout perdre à Frey
Frey met Homère à l'abri chez la "Juge"

Alors qu’elle s’en empare, elle est transportée dans un autre monde nommé Athia. Pire encore, son bracelet, qu’elle nommera Krav, se met à lui parler et lui explique qu’elle est condamnée à le garder au poignet sans pouvoir le retirer. Commence alors pour Frey une quête pour pouvoir rentrer chez elle. Mais entre la brume nocive qui ravage ce monde et les quatre Tanntas, anciennes gardiennes et protectrices des lieux, qui semblent être devenues folles à lier, elle aura fort à faire et moult combats à mener avant que ce ne soit le cas…

Alors que tout semble perdu Frey aperçoit un "Bracelet"
Quand l'héroïne se saisie de "l'objet"...
...Elle est téléportée à "Athia"

Krav saga

Au départ de Forspoken, annoncé initialement en 2020 sous le nom de code “Project Athia”, se trouve un studio bien connu des fans de Final Fantasy : le polémique Luminous Studio. Fondé en interne chez Square Enix pour s’occuper du développement de FF XV, l’équipe s’était retrouvée engluée dans des problèmes de développement à répétition, donnant à ce quinzième épisode des airs de créature de Frankenstein, les bonnes idées côtoyant les pires, dans un gloubi-boulga qui a très souvent laissé un goût très amer à beaucoup de fans.

Athia le monde de "Forspoken"

Désireux de se lancer dans un nouveau projet avec le moteur maison (développé pour FF XV), le Luminous Engine, les développeurs ont appelé de grands noms sur la production, histoire de mettre toutes les chances de leur côté. Entre Ami Hennig (Uncharted) et Gary Whitta (Rogue One) au concept, Todd Stashwick (Heroes, Malcolm) et Allison Rymer (Shadowhunters) au scénario et Garry Schyman (BioShock) et Bear McCreary (God of War Ragnarok) à la musique, il y avait de quoi être enthousiaste. Puis, le jeu prévu initialement pour le 24 mai 2022 a été repoussé au 11 octobre pour finalement débarquer ce 24 janvier 2023, instillant un peu de doute dans l’esprit des joueurs échaudés par leur précédente expérience avec un titre signé Luminous.

le "Bestiaire" est varié et joli dans "Forspoken"
Chaque ennemi est sensible à un type de magie dans "Forspoken"

Maintenant que Forspoken est sorti, le suspens a pris fin, laissant à ses acquéreurs le soin de se faire une idée manette en main. Et si l’histoire n’est pas d’une originalité folle, voire assez prévisible, elle arrive quand même à nous embarquer dans le sillage de cette Afro-américaine, nous réservant quelques moments poignants. En ce qui concerne la promesse d’un monde ouvert, vaste et luxuriant, la promesse est tenue et l’exploration d’Athia en luttant contre les monstres nés de la brume est l’un des grands points forts du jeu. C’est (relativement) beau, ça tourne bien (uniquement en mode performance) et en rajoutant une musique qui s’adapte parfaitement à l’univers et le sublime, ainsi qu’un système de combat accessible basé uniquement sur la magie, on pourrait presque croire à l’excellence du jeu, mais…

les "Labyrinthes scellés" sont un exemple de lieu à explorer

Frey-nages incontrôlés

Car oui, vous vous en doutez, il y a un “mais”. Au cours des douze chapitres qui vous amèneront au générique de fin (comptez une vingtaine d’heures pour boucler l’aventure), vous serez donc lancés dans l’exploration d’un Athia dévasté par une brume qui transforme hommes et animaux en monstres, mais également dans l’exploration de la ville de Cipal, dernier bastion épargné de l’humanité. Si dans cette dernière vous pourrez mener quelques quêtes annexes (appelées “détours”) scénarisées en lien avec les habitants, hors des murs, vous ne pourrez que chercher des coffres, combattre des ennemis pour augmenter vos stats, visitez des lieux comme les guildes pour glaner des infos et des labyrinthes scellés pour gagner de l’expérience et parfois une nouvelle cape.

Les "ressources" collectées servent à l'amélioration des équipements
La carte de "Forspoken"
les combats sont légion dans "Forspoken"

Vous pourrez par ailleurs collecter des ressources pour améliorer votre équipement, même si celui-ci se limite à deux pièces : une cape et un collier. Toutefois, l’exploration n’en est pas pour autant laborieuse, ni ennuyeuse, puisque le système de combat, assez simple à prendre en main, vous donnera envie de tuer tout ce qui bouge. Dans Forspoken, les sorts sont associés aux gâchettes : R2 pour les sorts offensifs et L2 pour les sorts de soutien, l’appui sur les deux gâchettes en même temps déclenchant un sort d’afflux, sorte d’attaque spéciale. Cela étant dit, l’utilisation des sorts de soutien et de l’attaque spéciale sont soumises à un temps de rechargement, forçant à être un peu stratégique dans leur déclenchement.

les décors sont somptueux dans "Forspoken"
Les adversaires peuvent aussi "voler"

De plus, grâce à un arbre de compétences propre à chaque type de magie (Frey en acquerra quatre au final), il est très vite possible d’avoir accès à un panel de coups très varié et jouissif en combat et qu’il faudra adapter suivant l’adversaire, tous n’étant pas vulnérables aux mêmes pouvoirs. Autre gros argument mis en avant dans la communication du jeu, le parkour. Frey est une athlète, adepte de la discipline, et en arrivant à Athia, le parkour classique prend une autre dimension puisqu’il devient magique, lui permettant de sauter beaucoup plus haut et beaucoup plus loin. De quoi faciliter les nombreux déplacements et les phases d’escalade avec un côté fun en prime. L’ajout d’un grappin ou de la possibilité de surfer sur l’eau en rajoute encore une couche, même si ces deux pouvoirs s’acquièrent un peu tard dans l’aventure.

Le "parkour magique" une grande trouvaille

Le supplice de Tannta-le

Comme beaucoup, j’ai suivi le développement de Forspoken avec énormément d’intérêt. Le jeu était, sur le papier, un titre calibré pour me plaire et je m’y suis donc lancée des étoiles dans les yeux, par anticipation. Au début de l’intrigue, j’ai bien aimé cette héroïne cassée par la vie, la relation qu’elle a avec son animal de compagnie et j’ai même versé une larme quand elle s’en sépare. Puis le voyage a véritablement commencé et ce qui était une crainte diffuse depuis les prémices de l’aventure s’est confirmé. Lors du choix du mode graphique, j’ai comme d’habitude opté pour le mode performance, habituée à ce que le rendu graphique soit très proche du mode qualité.

Le "vernis" autre moyen de booster ses capacités
l'"arbre de compétence", un pour chaque type de magie
"Cipal" dernière ville habitée par les hommes

Seulement voilà, après quelques heures de jeu, comme je trouvais les graphismes un peu en deçà des standards actuels de la PS5, j’ai fait des tests et j’ai compris ! Malheureusement, il a fallu faire un choix, car soit vous voulez un jeu avec des textures à la hauteur mais qui saccade et vous opterez pour le mode qualité ou raytracing, soit vous voulez un titre qui tourne pas trop mal et vous devrez dire adieu aux textures détaillées des décors avec le mode performance. Je vais être honnête, je me suis beaucoup amusée à parcourir les différents environnements, les combats sont grisants, malgré des pics de difficulté incompréhensibles sur certains ennemis disséminés sur la carte. L’idée des puzzles taquets pour ouvrir certains coffres m’a divertie au début puis, devant leur facilité, m’a un peu lassée.

exemple de coffre avec "ouverture à énigme"

Par contre, j’ai adoré explorer les labyrinthes scellés, les guildes des Connaissants et apprivoiser les chats des Tanntas même si cela ne sert pas à grand-chose. En fait, pour moi, le plus gros problème de Forspoken, c’est son héroïne. Au départ, j’ai eu beaucoup de compassion pour son histoire et ses failles qui la rende égocentrique, égoïste et pour le moins détestable. Le seul problème, c’est que Frey n’évolue pas beaucoup au long de l’histoire et ne commence à se remettre en question qu’à la fin du scénario. Je dois avouer qu’au bout d’un moment, j’ai bien failli arrêter ma partie tant elle me portait sur les nerfs, mais pour le test, j’ai dû continuer malgré tout, et il faut reconnaître que j’aurais vraiment loupé quelque chose tant la fin est belle.

la "fabrication" est importante
le système d'amélioration dans "Forspoken"
le menu des équipements dans "Forspoken"

Autre problème de taille, la plupart des dialogues, même secondaires, forcent le personnage à rester statique et les temps entre la fin du dialogue et le moment où l’on reprend le contrôle de son avatar sont conséquents. Du coup, ces hachures constantes nuisent grandement à l’immersion et finissent par nous détacher totalement de Forspoken. Enfin, en ce qui concerne le doublage français, sans être une catastrophe, il tombe bien souvent à côté, les intonations étant parfois en décalage avec l’image. N’ayant pas essayé la version originale, j’ignore si elle souffre du même problème, mais cela n’aide pas non plus pour s’immerger dans le titre, d’autant que certaines animations des personnages détonnent tant elles font peu naturelles.

les décors sont variés dans "Forspoken"
Les boss sont assez simple à battre dans "Forspoken"
Dans la "brume" les ennemis sont plus puissants

Vous l’aurez compris, je suis bien embêtée avec Forspoken, tant je suis partagée. Impossible de décider si c’est un bon jeu avec beaucoup de défauts ou un mauvais jeu avec des idées de génie. J’ignore même au final si je l’ai aimé… Ou pas !

les effets de magie sont très beaux dans "Forspoken"
Pour conclure…

Ce qui est évident quand on parle de Forspoken, c’est que le titre va diviser et faire couler beaucoup d’encre dans les prochains mois tant il est en demi-teinte. Avec une histoire téléphonée, une technique un peu limite, un monde ouvert superbe et un système de combat intéressant, il est difficile d’avoir un avis tranché sur ce titre de Luminous Studio qui passe très souvent à côté de son propos sans se planter complètement. C’est pourquoi je vous encourage vivement à vous faire votre propre avis, mais peut-être plus au détour d’une promo.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Un monde ouvert vaste et magnifique

Un bestiaire intéressant et varié

Un panel de magie et de coups très variés

Le grand nombre d’options d’accessibilité disponibles

Les points négatifs

Une intrigue cousue de fil blanc et une héroïne particulièrement antipathique

Le trop grand nombre de dialogues et cinématiques qui cassent le rythme du jeu

Trop peu de quêtes annexes scénarisées et intéressantes

Les animations des personnages très peu réalistes

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