Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club

C’est en 1988 que le premier jeu de la saga Famicom Detective Club naît au Japon, suivi l’année d’après par son petit frère, écrit tous deux par Yoshio Sakamoto, co-créateur de Metroid, et également l’auteur de cette dernière création tout droit sortie des studios Nintendo. Les jeux de cette série nous mettent dans la peau d’un jeune détective, membre de l’agence Utsugi, qui doit élucider un meutre avec l’aide de ses collègues. 

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Un Sourire pour l’Éternité

Lorsque le corps sans vie d’un collégien est retrouvé un matin, l’agence Utsugi est contactée par la police pour se charger de l’affaire. Avec l’aide de ses collègues, un jeune homme de 19 ans, va devoir tirer au clair cette affaire, qui n’est pas sans rappeler une série de meurtres ayant eu lieu il y a 18 ans de cela, ainsi qu’une légende urbaine, L’Homme au Sourire, mettant en scène un meurtrier et un sac en papier sur lequel un sourire est dessiné. Il faudra s’accrocher pour résoudre cette enquête, le meurtrier ayant un modus operandi à glacer le sang !

Entre Animé et Point and Clic

Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club, est divisé en plusieurs chapitres. Nous incarnons majoritairement notre personnage attitré, mais il arrive que de temps à autre, nous incarnions également Ayumi, notre binôme, ou Mr Utsugi, le patron du club de détectives. Pour les trois personnages, la majorité du gameplay se limitera à lire des dialogues, sélectionner des réponses et/ou des questions lors de différentes interactions avec les pnj du jeu. Toutes nos observations liées aux différents personnages seront consignées dans un bloc-notes, telles que leur histoire, les indices à leur sujet, nos interrogations,… Lors des interrogatoires, plusieurs choix de dialogues sont proposés, ce qui va nous permettre de gérer notre entretien comme nous le souhaitons, et rend le tout bien compartimenté.

Nous aurons également la possibilité d’étudier les alentours pour analyser les différents lieux et y trouver d’éventuels indices. Nous aurons enfin la possibilité d’étudier les personnes avec qui nous sommes en train de nous entretenir. Ce procédé nous permettra entre autres d’en apprendre plus sur ces gens, mais aussi de les faire réagir s’ils voient que l’on s’intéresse à un élément en particulier du décor. En effet, il arrivera fréquemment que l’on se retrouve bloqué car nous aurons l’impression d’avoir utilisé toutes les options de dialogues possibles, mais lorsque l’on va étudier la personne, ou choisir l’option “réfléchir”, et ainsi résumer toutes les informations que l’on a pu récolter, nous allons avoir de nouvelles propositions qui vont se débloquer et nous permettre de continuer notre interrogatoire.

Une notification est d’ailleurs visible lorsque de nouveaux choix sont disponibles. Cette dernière est tellement discrète, avec son surlignage du texte en jaune, que j’ai d’abord cru qu’il n’y en avait pas, ce qui, en début de jeu, m’a donné une impression de confusion, le temps de comprendre la mécanique et pouvoir continuer mon interrogatoire. Dans ces moments, je me suis retrouvée à tester 1001 choses jusqu’à ce qu’enfin, quelque chose finisse par se déclencher, ce qui a rendu Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club peu instinctif, notamment à cause de ce manque de lisibilité. Surtout que, le jeu étant linéaire, il n’est pas possible de faire marche arrière une fois la conversation lancée, il faut la terminer pour débloquer la suite et changer d’environnement.

Ce détail mis à part, nous allons également recevoir un téléphone portable de la part de notre patron pour pouvoir échanger avec l’équipe. Ce téléphone va être le prétexte de plusieurs gags, ce qui va alléger le ton, et permettre de souffler entre deux sessions d’interrogatoire. Une fois la journée terminée, nos détectives se retrouvent au bureau et échangent sur leurs découvertes le temps d’une mise au point. Lors de cette dernière, il faudra soit sélectionner les bonnes réponses dans un choix multiple, soit les sélectionner via notre bloc-notes, ou encore les indiquer manuellement à l’aide du clavier, selon les déductions que l’on a eues et les indices trouvés, le tout afin de faire avancer l’enquête et passer au chapitre suivant.

Le gameplay peut paraître restreint (et il l’est d’une certaine façon), mais j’ai quand même trouvé que c’était plutôt organique, bien pensé et fluide, et ce, malgré les quelques désagréments mentionnés plus haut. Par exemple, pour étayer la richesse de Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club, nous allons, comme je l’ai dit ci-dessus, pouvoir interagir avec certains éléments du décor. Mais également les utiliser, comme une tasse de thé par exemple lors d’un rendez-vous dans un café. Nous pourrons ainsi choisir de boire une gorgée avant d’interroger la personne. Parfois, certains personnages vont également nous faire des cadeaux (qui peuvent d’ailleurs se révéler encombrants) que l’on va garder avec nous au long de la journée. Et le cadeau en question de faire réagir le personnage suivant etc… Ces ajouts, tout simples de prime abord, donne beaucoup de profondeur au jeu, mais aussi à ses personnages.     

Giallo-ne in the Dark

Ce qui saute aux yeux au premier abord, ce sont les graphismes de Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club. Ils sont beaux, soignés, détaillés, et se rapprochent d’une production d’un long métrage animé. Le jeu pourrait d’ailleurs se résumer comme étant un mélange entre le point and clic et l’animé interactif. Nous avons d’ailleurs droit à des découpages variés de temps en temps, comme celui d’un manga, ce qui donne du dynamisme à un jeu très statique de base.

Certains passages sont entrecoupés de scènes animées à l’image sombre et granuleuse, comme si la scène avait été filmée avec une vieille caméra et affichée ensuite sur une vieille télévision. Pour ajouter à l’impression de malaise et de terreur, dans ces moments, nous pouvons apercevoir le tueur des crimes d’il y a 18 ans, et certaines interactions qu’il a eues avec ses victimes. Ce style graphique très particulier rappelle évidemment le cinéma de Hideo Nakata et son incontournable Ringu. Pas étonnant lorsque l’on sait que Yoshio Sakamoto est un fervent admirateur du cinéaste d’horreur Dario Argento. L’ambiance est posée…

Smile Davis Jazz

Bien que le thème du jeu soit grave, l’ambiance générale de Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club, elle, ne l’est pas du tout. En effet, les environnements sont clairs et ensoleillés. De plus, le jeu est parsemé de beaucoup de touches d’humour et les différents PNJ sont hauts en couleurs. Mais surtout, les environnements sont calmes, cosy, décontractés, ce qui n’empêche pas le jeu de traiter de sujets de société graves et profonds. En effet, au fur et à mesure que l’enquête va avancer, que les langues vont se délier et les secrets émerger, des tragédies vont voir le jour à travers des sujets (très) graves.

Le jeu est en version japonaise, sous-titré en français et les doublages, comme souvent pour les productions du soleil levant, sont parfaitement maîtrisés ! Et comme souvent, nous allons nous retrouver avec tout un panel de personnages, tous avec une personnalité différente.

Concernant la musique, cette dernière a des notes jazzy, tantôt joyeuses, tantôt plus sobres. Elle peut être déroutante à certains moments, comme lorsque l’on va avoir une musique plutôt enjouée sur la scène du crime. Petit plus qui fait également son effet, un résumé de l’intrigue narrée lorsque l’on revient sur le jeu, à la façon d’un résumé d’épisodes d’animé (on y revient). Très chouette attention si l’on reste un moment sans y rejouer.  

Pour conclure…

Avec sa direction artistique classique mais extrêmement soignée, ses références à des œuvres cultes du cinéma d’horreur et son ambiance tantôt pesante, tantôt légère, Emio – L’Homme au Sourire : Famicom Detective Club nous fait passer un moment intense et plaisant. Le gameplay se veut classique pour qui a l’habitude de ce genre de jeux d’enquête, mais reste néanmoins très efficace et parvient même parfois à réellement proposer de la diversité bienvenue. La formule a déjà fonctionné par le passé, et elle fonctionne encore une fois : on se prend de plaisir et d’intérêt pour cette agence de détectives où le travail d’équipe est de mise afin de démasquer l’assassin de cet opus.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Histoire et personnages

Variété dans les actions

Joli et bien doublé

Profondeur des sujets abordés

Durée du jeu

Les points négatifs

Manque de lisibilité lors des interrogatoires

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