
Cette année, la Japan Expo tout comme Ankama soufflent toutes deux leurs 25 bougies, une coïncidence idéale pour réunir les passionnés autour d’une célébration commune. À l’occasion de la journée d’ouverture du salon, nous avons rencontré Bénédicte Hennequière, responsable des opérations transmédia chez Ankama. Avec la Gardienne de la cohérence narrative du Krosmoz, qui veille également au développement de cet univers à travers les jeux vidéo, les mangas et les séries d’animation, nous avions pu évoquer les coulisses de cette année anniversaire, mais également les projets qui façonneront l’avenir d’Ankama.
- GBG : Cette année, Ankama fête ses 25 ans. C’est un cap symbolique malgré tout. Quel était l’objectif principal en imaginant ces célébrations ?
Bénédicte Hennequière : Effectivement, 25 ans, ce n’est pas rien. Nous avions vraiment envie de célébrer cet anniversaire, mais pas simplement de marquer une date. Nous voulions que toute l’année devienne une véritable fête pour nos fans et notre communauté. Nous avons donc mis en place plusieurs dispositifs en ligne, mais aussi organisé de nombreux événements tout au long de l’année. Nous sommes allés dans le sud de la France, dans le nord, dans le centre, et nous irons également au Brésil ainsi qu’en Colombie, puisque nous avons aussi une importante communauté internationale.
Mais nous souhaitions surtout créer un véritable point de rassemblement. Chez Ankama, tout est profondément lié à la communauté : les rencontres, les échanges et les discussions font partie intégrante de notre identité. Comme nous participons chaque année à Japan Expo, qui célèbre elle aussi ses 25 ans cette année, nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose de spécial à imaginer ensemble. C’est ainsi qu’est née cette collaboration. À l’origine, nous voulions organiser notre propre convention. Le fait qu’elle prenne finalement place au sein de Japan Expo est un heureux hasard qui tombe parfaitement. Cet événement constitue finalement le point d’orgue de notre anniversaire. Il permet à notre communauté de nous rencontrer, mais surtout de se retrouver entre passionnés.
- GBG : Quels sont les points d’orgues de la célébration que les visiteurs ne devront surtout pas manquer ? Pendant la convention, mais aussi plus généralement tout au long de l’année ?
Bénédicte Hennequière : Plusieurs conférences sont organisées pendant Japan Expo afin de présenter tout ce qui attend notre communauté dans les prochains mois. Nous avons notamment une conférence consacrée aux jeux, au cours de laquelle nous dévoilerons ce qui attend les joueurs durant les six prochains mois. De belles annonces sont prévues.
Les amateurs d’animation pourront également découvrir Welsh & Shedar, notre nouvelle série diffusée en fin d’année. C’est une grande première pour nous puisqu’elle a été produite au Japon. Jusqu’à présent, toutes nos productions étaient réalisées dans notre studio français. Du côté de l’édition, les lecteurs pourront bientôt retrouver la suite du manga Wakfu : La Grande Vague. Mais, au fond, même si l’on parle de joueurs, de lecteurs ou de spectateurs, tout cela représente une seule et même communauté. Nos fans suivent généralement l’ensemble de nos univers, quels que soient les médias.

La convention constitue évidemment un moment très important, mais les célébrations continueront jusqu’à la fin de l’année avec plusieurs événements organisés à la rencontre de notre communauté. L’un des rendez-vous les plus marquants sera sans doute notre concert symphonique organisé à Lille avec l’Orchestre National de Lille. Toutes les musiques emblématiques de nos jeux et de nos séries y seront réinterprétées dans une version symphonique. Ce sera un événement vraiment exceptionnel.
- GBG : Organiser les 25 ans d’un univers aussi riche doit représenter un défi colossal…
Bénédicte Hennequière : Oui, complètement. De nombreuses équipes sont mobilisées, parce que tout le monde est concerné. Cette année, nous avons mis en place un système de saisons afin d’animer l’ensemble de cette année anniversaire. Chaque saison dure deux mois et propose une grande thématique commune accompagnée d’événements, aussi bien dans la vie réelle que directement dans nos jeux. Cela mobilise les équipes événementielles, bien sûr, mais également les équipes de développement de DOFUS, DOFUS Touch, DOFUS Rétro, WAKFU et WAVEN.


Chaque jeu propose ainsi des événements ou des contenus en lien avec la thématique des 25 ans. Il s’agit souvent d’événements temporaires qui viennent enrichir cette grande célébration et qui conduiront progressivement à une conclusion commune en fin d’année. Je peux d’ailleurs déjà en parler puisque cela sera annoncé quelques instants après cette interview : les joueurs pourront découvrir une nouvelle classe jouable, la dix-neuvième classe de DOFUS. C’est toujours un événement très attendu par notre communauté. Plus largement, cette nouvelle classe s’inscrit dans notre logique transmédia. Chez Ankama, nous travaillons chaque année autour d’une grande thématique commune qui rassemble les jeux, l’édition et l’animation. Cette année, il était logique que cette thématique tourne autour des 25 ans et des Dofus, qui représentent finalement l’essence même de l’univers Ankama. L’année prochaine, une nouvelle thématique prendra naturellement le relais.
- GBG : Qu’est-ce qui a été le plus compliqué à mettre en place pour cet anniversaire ? Une telle célébration doit représenter une sacrée logistique…
Bénédicte Hennequière : Effectivement, le plus compliqué, ça a d’abord été la logistique. Nous avions énormément d’idées et beaucoup d’envies, mais il fallait aussi accepter que nous ne pourrions pas tout faire. La première étape a donc consisté à définir une direction claire : décider de ce que nous voulions proposer, fixer les priorités et mettre en place une ligne directrice commune. Une fois cette trame établie, je n’ai pas le sentiment que nous ayons rencontré de grosses difficultés. Finalement, le plus compliqué a surtout été de faire des choix.
S’il devait y avoir un véritable défi, ce serait plutôt de tenir le rythme tout au long de l’année. Par exemple, nous avons mis en place un système de loterie qui accompagne chacune des saisons. Tous les deux mois, les récompenses évoluent, les événements changent… Tout cela représente une charge de travail supplémentaire qui vient s’ajouter à ce que les équipes réalisent déjà au quotidien. Le véritable enjeu est donc avant tout organisationnel : penser à tout, réussir à tout coordonner et maintenir cette dynamique pendant toute l’année. C’est finalement ce qui demande le plus d’énergie.
- GBG : Une partie de vos joueurs vous suit depuis plus de vingt ans, tandis que d’autres découvrent seulement vos univers. Comment avez-vous réussi à imaginer un événement capable de parler à toutes les générations ?
Bénédicte Hennequière : En réalité, c’est surtout notre communauté qui rend cela possible. Nous avons la chance d’avoir des joueurs qui ont grandi avec DOFUS, ou encore des spectateurs qui ont découvert notre univers grâce à WAKFU. Ces personnes sont aujourd’hui devenues des adultes, parfois même des parents, et elles transmettent naturellement cette passion à leurs enfants. Au tout début, DOFUS s’est énormément développé grâce au bouche-à-oreille. Et finalement, cela continue encore aujourd’hui. Simplement, ce ne sont plus seulement les amis qui se recommandent le jeu : ce sont désormais les parents qui le font découvrir à leurs enfants.
Cette transmission intergénérationnelle permet à notre univers de continuer à vivre. De notre côté, nous n’avons pas vraiment changé notre manière de travailler. Bien sûr, nous avons modernisé nos productions au fil des années, mais notre philosophie reste la même : beaucoup d’échanges, beaucoup de transparence et énormément de respect envers notre communauté. C’est cette relation de confiance qui fonctionne depuis vingt-cinq ans, et nous avons envie qu’elle continue encore longtemps.
- GBG : Ces 25 ans sont-ils uniquement tournés vers le passé ou représentent-ils aussi une occasion de préparer l’avenir d’Ankama ? Et peut-on déjà avoir quelques informations sur la prochaine saison de WAKFU ou sur les futurs projets autour de DOFUS ?
Bénédicte Hennequière : Ces 25 ans sont évidemment l’occasion de faire le bilan. C’est un anniversaire très festif, mais aussi chargé de nostalgie. Nous sommes très fiers de tout ce que nous avons construit jusqu’à présent et des liens que nous avons tissés avec notre communauté. Mais ce n’est absolument pas la fin de l’histoire. Au contraire, nous regardons résolument vers l’avenir et nous espérons être encore présents dans vingt-cinq ans. Depuis toujours, ce qui fait la force d’Ankama, c’est son approche transmédia. Nous développons notre univers, le Krosmoz, sur différents supports et nous souhaitons continuer dans cette direction. Aujourd’hui, le Krosmoz est structuré autour de trois grandes périodes : l’Âge des Dofus, l’Ère du Wakfu et, bientôt, l’Ère de Waven. Cette nouvelle période va continuer à se développer avec le jeu WAVEN, mais aussi grâce à une série d’animation et à plusieurs projets éditoriaux.
Nous allons donc poursuivre cette aventure et continuer à faire grandir notre communauté autour de ce nouvel âge du Krosmoz. Bien sûr, nous travaillons également sur d’autres projets, qu’ils prennent place dans le Krosmoz ou dans des univers totalement différents. Concernant WAKFU, je vais essayer de ne pas dévoiler d’informations qui ne seraient pas encore publiques… (rires) Ce que je peux dire, c’est que la saison 5 comptera 26 épisodes, diffusés en deux parties de treize épisodes. Si tout se déroule comme prévu, la première partie devrait arriver fin 2027, tandis que la seconde est attendue courant, voire fin 2028. Je préfère rester prudente sur les dates, mais cette fourchette est déjà une bonne indication.

En parallèle, nous lancerons également Welsh & Shedar, notre nouvelle série d’animation produite au Japon, prévue pour la fin de l’année 2026. L’histoire se déroule dans l’univers de DOFUS, quelques dizaines d’années après les événements du film. Les spectateurs retrouveront certains personnages bien connus, désormais plus âgés, mais découvriront également de nouveaux héros et une toute nouvelle aventure. Visuellement, la série adopte une esthétique beaucoup plus proche du japanime classique, puisqu’elle a été réalisée par un studio japonais. C’est une première pour Ankama et nous sommes très impatients de découvrir la réaction du public. Nous espérons que cette direction artistique nous permettra également de toucher un nouveau public. Même si les fans retrouveront de nombreuses références à notre univers, l’histoire a été pensée pour rester accessible, y compris à celles et ceux qui découvriraient le Krosmoz pour la première fois.

- GBG : Justement, avec Welsh & Shedar, est-ce qu’il est nécessaire de bien connaître l’univers de DOFUS pour apprécier la série ?
Bénédicte Hennequière : Non, pas du tout. Bien sûr, certains termes propres à notre univers, comme les Dofus, ne seront pas forcément expliqués dans le détail. Mais cela ne gênera pas la compréhension de l’histoire. Au contraire, nous espérons que cette série donnera envie aux nouveaux spectateurs de découvrir plus largement le Krosmoz et de s’intéresser à nos autres œuvres.

- GBG : Si vous deviez résumer ces vingt-cinq années en une seule image ou un seul souvenir, lequel choisiriez-vous ?
Bénédicte Hennequière : À titre personnel, je choisirais sans hésiter l’avant-première du film DOFUS. Toute l’entreprise s’était réunie dans une grande salle de cinéma pour découvrir le film ensemble. C’était notre premier long métrage dans cet univers que nous connaissions tous si bien. Nous étions comme des enfants devant l’écran. À la fin du film, pendant le générique, le nom de tous les employés d’Ankama apparaissait. Je n’avais pourtant pas travaillé directement sur le film, mais je participais malgré tout à la construction de cet univers. Voir mon nom défiler à l’écran m’a profondément touchée. J’avais vraiment le sentiment que toute l’entreprise était remerciée pour sa contribution. Je pense que ce film a représenté une étape importante dans l’histoire d’Ankama.

Si je devais répondre au nom de l’entreprise, je choisirais plutôt un souvenir encore plus ancien : l’installation dans les locaux de Roubaix. Au départ, Ankama est née dans la chambre de l’un de ses fondateurs, avant de s’installer dans une pépinière d’entreprises. Puis, avec le succès de DOFUS, les fondateurs ont pu acheter une ancienne usine textile et la transformer en ce qui est encore aujourd’hui le siège d’Ankama. Je n’étais pas encore présente à cette époque, mais c’est un souvenir qui revient très souvent lorsque nous discutons avec les fondateurs ou les anciens de l’entreprise. Investir ces locaux, immenses et magnifiques, a véritablement donné corps à Ankama. C’était la preuve concrète que l’aventure prenait une nouvelle dimension. Je pense que cela a dû être un moment absolument incroyable à vivre.
- GBG : Pendant la Japan Expo, les visiteurs pourront-ils profiter d’exclusivités ou de surprises particulières ?
Bénédicte Hennequière : Oui, plusieurs annonces seront dévoilées au cours des différentes conférences organisées pendant Japan Expo. Nous proposerons notamment une avant-première des deux premiers épisodes de Welsh & Shedar lors de la conférence du dimanche. En revanche, ces annonces ne resteront pas réservées aux visiteurs présents sur place. Elles seront naturellement relayées auprès de toute notre communauté. Au-delà des annonces, plusieurs surprises attendent malgré tout les visiteurs. Nous organiserons notamment un concert intimiste pendant Japan Expo, qui permettra aux fans de redécouvrir l’univers Ankama à travers sa musique. Et ce ne sera qu’un avant-goût du grand concert symphonique prévu en fin d’année. Celui-ci se déroulera au Nouveau Siècle, à Lille, avec l’Orchestre National de Lille. Il réunira les musiques de toutes les licences d’Ankama, qu’il s’agisse des jeux ou des séries d’animation.

- GBG : Et vous, personnellement, quel est le moment de ces célébrations que vous avez le plus hâte de vivre ?
Bénédicte Hennequière : Sans hésiter, le concert symphonique. C’est un projet qui me tient particulièrement à cœur puisque j’en suis à l’origine. Bien sûr, le directeur du son réalise l’essentiel du travail artistique, mais j’ai eu la chance de porter cette idée dès le départ. J’ai surtout hâte de vivre ce moment avec notre communauté. Nous avons également prévu un moment d’échange après le concert afin de pouvoir discuter avec les fans autour de notre univers.J’ai vraiment envie de voir leurs réactions, leurs émotions, les étoiles dans leurs yeux… et je pense très sincèrement que je verserai moi aussi une petite larme. C’est vraiment le moment que j’attends le plus.
- GBG : Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.
Bénédicte Hennequière : Avec plaisir, merci à vous !
Un grand merci à Ankama et à Cosmocover, et plus spécifiquement Nissa, pour avoir permis cette rencontre.




