
Hollow Knight : Silksong est un jeu de plateformes action de type “Metroidvania”. C’est surtout la suite tant attendue du premier Hollow Knight, qui avait marqué les esprits en son temps. Ce second volet sera-t-il à la hauteur de son aîné ? Le jeu est disponible depuis le 4 septembre dernier sur toutes les plateformes, y compris de la génération de consoles précédente.
Ce test a été réalisé sur une version PC.
L’attente touche à sa fin
Difficile de ne pas commencer cet article sur Silksong sans évoquer la longue traversée du désert qu’ont été ces six dernières années pour les fans d’Hollow Knight ! Si vous n’êtes pas familiers avec ce jeu, il s’agit tout simplement d’un des meilleurs “Metroidvania” des dix dernières années. Financé en masse sur Kickstarter, l’un des paliers de développement évoquait une campagne alternative pour le personnage Hornet. Un personnage mystérieux qui a marqué les joueurs et joueuses du premier Hollow Knight au fer rouge !


Hornet refait apparition à plusieurs reprises tout au long du jeu. C’est notamment elle qui nous explique comment atteindre notre objectif. Et sans trop spoiler Hollow Knight, son rôle est vital lors de l’affrontement final. De multiples questions et théories planaient ainsi autour de la chasseuse en rouge. Qui était-elle vraiment ? Quel était son lien avec les mystérieuses Tisseuses, et le Roi Pâle ? Et surtout, quand allions-nous pouvoir la jouer, cette fameuse campagne alternative la mettant à l’honneur ?


Visiblement, ce qui était prévu comme un simple DLC par la Team Cherry a vite pris une ampleur considérable. Hornet est devenue la protagoniste à part entière de son propre jeu, baptisé Silksong. Situé après les événements du premier Hollow Knight, on y retrouve Hornet en bien mauvaise posture, capturée par de mystérieux insectes dévots vers les terres étranges de Pharloom. Notre chasseuse en rouge se libère tant bien que mal de ses ravisseurs, plongeant au fond d’un ravin… Et marquant le début de notre aventure. Une aventure qui peut prendre plus d’une cinquantaine d’heures pour en voir le 100%, mais exclusivement dans le jeu.


Flotte comme un papillon, pique comme une Hornet
Très vite, la prise en main d’Hornet rappelle celle du Chevalier d’Hollow Knight. Première nouveauté bienvenue : Hornet peut s’accrocher aux rebords des plateformes. L’une des principales critiques du précédent jeu était son aspect plateforme perfectible. Le tir est ici rectifié très tôt, et continuera de l’être tout au long de l’aventure. Car Hornet pourra compter sur les reliques laissées par des Tisseuses pour régénérer ses forces et capacités.


Silksong remplit son cahier des charges de Metroidvania en proposant des améliorations constantes, axées offense et mobilité. On peut très vite dasher et courir pour se propulser plus loin. Mais aussi utiliser sa Soie, cette précieuse ressource qui sert habituellement à se soigner, pour effectuer un redoutable coup spécial. Le même coup spécial qui viendra ouvrir une zone précédemment inaccessible… Si vous êtes fan du genre, vous voyez déjà le topo. On sera constamment en quête de nouveaux chemins, tout comme des outils les rendant accessibles.


La vraie force du kit de mouvements d’Hornet repose dans sa versatilité. Là où certaines capacités d’Hollow Knight ne servaient qu’à se déplacer, Hornet est constamment sur l’offensive. Son second dash lui fait projeter son arme en avant pour enchaîner. Enchaîner sur quoi ? Tout va dépendre des circonstances. Si c’est vers un ennemi, c’est l’occasion parfaite d’asséner deux coups en un, et de garder la pression. Mais c’est surtout un formidable outil d’escalade une fois combiné avec le saut mural ! En seulement quelques minutes de jeu, on se sent aux commandes d’une héroïne agile, gracieuse, et surtout mortelle.


La Soie appelle la Soie
Hornet aura bien besoin de toutes ces qualités lors de son périple en Pharloom. Cette terre étrange, dont sa Citadelle a cherché à l’enlever, est surtout en proie à l’ombresoie. Cette affliction rend les insectes sur notre route particulièrement agressifs. Il faudra donc régulièrement jouer de l’aiguillon face à un bestiaire de plus de 200 adversaires différents. Des créatures aux designs toujours très réussis. Pèlerins fanatiques, corbeaux armés jusqu’aux becs, automates dorés, araignées opportunistes : on prend un malin plaisir à remplir notre journal de chasse.


Notre périple en Pharloom nous mènera dans des lieux hauts en couleurs et riches en moments “wow”. Silksong est truffé de moments propres au genre. C’est bien simple, quand je pensais avoir tout vu du jeu, j’ai découvert quatre segments entiers de la région dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Le système de quêtes annexes du jeu, les Souhaits, fait d’ailleurs en sorte d’encourager l’exploration assidue. Et vous serez presque toujours récompensé pour vos fouilles !


Sans surprise, de redoutables boss viendront régulièrement barrer notre progression. J’ai adoré le soin apporté à la lisibilité de ces combats. Rien que le premier “vrai” boss, la mystérieuse Lace, donne très bien le ton. Mais il ne faut pas oublier que cette fois-ci, nous aussi nous sommes un peu la boss. Alors certes, Hornet n’est pas immortelle et n’a pas autant de points de vie que dans Hollow Knight, et il suffira de quelques erreurs pour être renvoyé au dernier banc visité. Et comme le Chevalier en son temps, elle devra également compter sur l’aide d’une cartographe qui pousse la chansonnette pour se repérer dans le monde. Une habitude de famille, certainement…


Emblématique
Malgré cela, Silksong réussit très bien à nous faire nous sentir puissante. Après tout, Hornet avait un ensemble de coups et de mouvements très impressionnant dans Hollow Knight. Pouvoir utiliser à notre tour les mêmes coups est donc très satisfaisant. Et pour continuer sur cette lancée, Hornet se distingue du Chevalier par sa panoplie d’outils. Là où le petit fantôme ne disposait que de son aiguillon et de son Âme, Hornet a plus d’une dague dans sa besace. Beaucoup, beaucoup plus d’une dague.


Exit le système de charmes, qui est remplacé dans Silksong par les Emblèmes. Chaque Emblème attribue des attaques de base très différentes à Hornet. J’ai expérimenté avec les sept styles proposés, et tous sont vraiment aboutis. Mais chaque Emblème se joue très différemment des autres. En Bête par exemple, il n’est plus possible de se soigner en Tissant, la capacité de soin habituelle. À la place, Tisser déclenche une fureur bestiale, qui nous fera régénérer de la vie en frappant les ennemis directement !


En plus de modifier radicalement notre gameplay, les Emblèmes de Silksong peuvent également accueillir plusieurs outils. On en distingue trois types : les rouges pour les armes actives, les bleus pour le soutien offensif, et les jaunes pour la qualité de vie. Là où ça se complique, c’est que chaque Emblème n’a pas forcément le même nombre d’emplacements d’une certaine couleur qu’un autre ! Il faudra donc choisir les outils les plus adaptés à chaque situation en les passant en revue depuis un banc. Couteaux de lancer ? Scies circulaires ? Pièges à piquants ? Et pourquoi pas un pistolet à soie, si le cœur vous en dit ?


L’outil ne fait pas la chasseuse
La variété est le maître mot qui décrit le gameplay de Silksong. Là où j’ai vite trouvé ma combinaison de charmes préférée dans Hollow Knight, je n’ai cessé d’expérimenter avec les outils de Silksong. Comme dans un jeu à l’ancienne avec un inventaire limité, le fait de devoir choisir sciemment ses outils apporte une toute nouvelle dimension à l’exploration et aux affrontements. J’ai vraiment ressenti l’expertise d’Hornet à travers ce système, qui m’a même un peu fait penser aux vieux opus Monster Hunter pour le coup.


En bonne chasseuse, notre héroïne brillera davantage en prenant le temps d’exploiter les ennemis et le terrain à notre avantage. Silksong est un jeu qui s’apprécie nettement plus dès lors que l’on arrête d’essayer d’y jouer comme au premier Hollow Knight. Si un affrontement ne peut pas se résoudre en bourrant les attaques basiques, c’est qu’il y a certainement une meilleure manière de procéder. Changer son équipement, aller explorer une autre route, revenir plus forte : il est rare de rencontrer des murs insurmontables dans Silksong.


Pourtant, le sujet de la difficulté du jeu domine les espaces de discussion sur Internet. Je vous mentirais si je disais que Silksong est un jeu facile. Les pièges environnementaux sont retors, les ennemis frappent parfois bien plus fort qu’ils ne le devraient. Les boss sont certes très lisibles, mais puniront les erreurs répétées. Et après avoir tâté du Elden Ring moderne, où les checkpoints étaient juste devant le lieu de notre échec, ça pique parfois de devoir se refaire un chemin semé d’embûches pour avoir le droit de réessayer l’affrontement. Sans parler du mode Âme d’Acier, qui fait son retour une fois le jeu terminé, et qui demande toujours de ne tout simplement pas mourir !


Mon avis sur Hollow Knight : Silksong
En ce qui me concerne, même si j’ai parfois pesté sur les aspects cités plus haut, je trouve Hollow Knight : Silksong nettement plus équilibré que son prédécesseur. Il y a certainement des points à revoir qui feront probablement l’objet de mises à jour d’équilibrage… Mais le jeu est tellement prenant qu’il m’était impossible de le lâcher complètement sur un échec. Dans l’ensemble, la nature plus nerveuse du gameplay d’Hornet a rendu l’expérience globale nettement plus agréable.
Visuellement, Silksong reprend le style très réussi de son aîné, et a même l’insolence de le sublimer par moments. Chaque zone de Pharloom est mémorable, en termes d’ambiance comme d’histoire. Une histoire bien aidée par le fait qu’Hornet participe activement aux conversations avec les PNJ cette fois-ci. Néanmoins, même si le jeu est nettement plus explicite dans sa narration, ses environnements regorgent d’histoires et de pièces de puzzles plus subtiles. Autant dire que j’ai hâte de voir les fans décortiquer le jeu dans les semaines à venir ! La fan d’Hollow Knight que je suis a régulièrement dû ramasser sa mâchoire par terre sur certaines révélations.


La bande son du jeu, toujours signée par Christopher Larkin, contient de véritables pépites. La comparaison avec celle du premier Hollow Knight était évidente, tout comme la grande partie des points évoqués tout au long de ce test. Mais force est d’admettre que Silksong se tient fièrement sur ses deux pattes, et n’a vraiment pas à envier à son aîné. Si Hollow Knight a posé les briques d’un somptueux château, Silksong en a fait un palace resplendissant. En définitive : oui, Silksong est à la hauteur d’Hollow Knight, et s’accorde même le droit d’être encore meilleur.

Hollow Knight : Silksong est un de ces titans du jeu vidéo indie qui est tout simplement incontournable. À moins d’être profondément allergique au genre, chaque heure passée sur le jeu est un régal. C’est un de ces jeux que l’on a du mal à lâcher avant d’en avoir vu chaque recoin, chaque facette. Et dans le cas de Silksong, si je peux vous donner un conseil pas trop divulgâcheur, c’est de ne surtout pas vous arrêter à votre première “fin” du jeu…
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Hollow Knight, sublimé
Direction artistique phénoménale
Gameplay de haute voltige, et hautement personnalisable
Du lore, des réponses, et encore plus de questions
Plus besoin d’attendre des news de Silksong à chaque événement vidéoludique majeur !
Les points négatifs
Certains choix d’équilibrage qui font lever un sourcil par moments




