
Né d’un projet d’une petite équipe de Bandai Namco, Hirogami s’est déployé dans nos contrées grâce à l’aide de l’éditeur Kakehashi Games. Au nom très explicite, c’est dans un monde fait de papier plié et replié que nous nous envolons le 3 septembre 2025. Amateurs de jeux de plateformes en 3D, préparez-vous à partir vers le village de notre héros principal, Hiro.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
L’art du pliage
Hirogami. Ce nom est un mélange entre le nom du héros, Hiro et l’origami. C’est sur cette base que collera l’univers du jeu. Hiro, un artiste énigmatique fait de papier, avait le don de se plier pour adopter diverses formes. Mais alors que le Fléau s’abat sur le village, ses pouvoirs disparurent. Peu aguerri, c’est pourtant lui qui a été sommé d’explorer les frontières du village pour repousser cette calamité.
Hiro n’a cependant pas été choisi au hasard. Si ce n’est ni son courage, ni sa bravoure qui le distingue des autres, ses capacités à se plier lui confèrent un avantage considérable. Alors qu’il rentrait au village, il découvrit par hasard en vainquant un tatou corrompu, qu’il pouvait retrouver son don de transformation. C’est donc avec cette première altération de tatou que commence la bataille contre le Fléau.
Au cours de l’aventure, Hiro se verra doté de quatre formes en plus de la sienne. Le tatou, la grenouille, le gorille et l’avion. Chacune ayant ses propres capacités, avec un potentiel qui accroît vers la fin de l’histoire. C’est avec ces différentes structures que s’axe le gameplay d’Hirogami. Les niveaux sont conçus pour nous obliger à exploiter toutes les transformations, à passer de l’une à l’autre et à maîtriser tous les pliages d’Hiro. En plus de ces formes, Hiro peut se déplier ou s’envoler en avion et en oiseau dans certaines phases précises.


Du papier coloré
Pour rester dans le thème, l’ensemble des éléments est composé de papier plié. Ce sont donc des reliefs et des bordures de pliures qui dessinent notre environnement. Loin de proposer des décors en papier froissé, la maîtrise de l’art du pliage d’Hirogami nous offre des textures lisses et agréables à regarder. Le monde de Hiro se distingue aussi par des couleurs saturées, mises en valeur par des nuances majoritairement roses/violettes/bleues, contrastant avec le vert/marron représentant les éléments naturels.
D’un point de vue audio, on peut constater que le témoignage de Tsubame Ao, en charge de l’ensemble de l’aspect sonore reflète notre ressenti. « La musique du jeu est composée pour être délicate, mais tendue à la fois. » Comme elle l’explique très bien, elle a combiné des instruments japonais traditionnels avec des méthodes modernes, pour créer un nouveau son entre étrangeté et mysticisme. Hirogami nous berce en effet entre son action rythmée par les combats, la frénésie des plateformes et sa délicate direction artistique. Le tout enrobé de mystères liés au Fléau et aux dégâts qu’il a causé.
Pour évoluer dans ce jeu de plateforme en 3D, la caméra s’oriente automatiquement pour nous guider vers le bon chemin, même si elle est parfois un peu mal placée. De même que la voie à suivre est tout indiquée par des plateformes mises en avant. Ces deux éléments combinés nous permettent d’avancer naturellement, sans se perdre. Quelques moments peuvent être un peu complexes à passer, car nous devons maîtriser les pouvoirs d’Hiro tant intellectuellement que manuellement. Le jeu n’est pas vraiment du genre puzzle, mais force est de constater qu’un peu de réflexion et d’observation sont tout de même nécessaires.


Un monde en proie aux défis
Le parcours d’Hirogami est linéaire, assimilable à un jeu « couloir ». Depuis le village principal, pouvant être considéré comme un hub, plusieurs niveaux sont disponibles, se débloquant les uns à la suite des autres. Une fois terminé, chaque niveau peut être refait à volonté. À chacun d’entre eux sont associés six défis, demandant de ne pas subir de dégâts, de collecter des objets ou encore de finir dans un temps imparti. Difficilement réalisables à la première découverte, ces objectifs sont beaucoup plus accessibles après la fin du jeu, une fois qu’Hiro a débloqué plus de capacités.
La sauvegarde automatique se fait une fois un niveau terminé. Trois emplacements de sauvegarde sont disponibles, mais aucune sauvegarde manuelle n’est proposée. Ce qui induit l’obligation de finir un niveau en entier pour garder sa progression. Cela est plus contraignant pour les défis, notamment ceux demandant de ne pas subir de dégâts. Hirogami se transforme ici en Soulslike, forçant le joueur à recommencer le niveau à la moindre erreur.
Hirogami ne propose pas de niveau de difficulté, mais là celle-ci est bien équilibrée. Si quelques morts peuvent survenir de temps à autre, notre jauge de vie et le fait que les ennemis ne recouvrent pas leur santé lorsque l’on meurt, rendent les combats surmontables par tous. De même que les capacités d’Hiro permettent de plier les combats assez rapidement. En revanche, ne pas subir de dégâts est un vrai challenge. Chaque ennemi a ses patterns et s’en sert assez régulièrement en nous ciblant facilement. Il n’est donc pas facile d’esquiver et d’attaquer un adversaire sans se faire toucher par celui-ci ou un autre de ses congénères.


Entre Fléau et vestiges environnementaux
Le Fléau a envahi absolument tous les alentours et avec, sa faune locale. Manque de chance, cette dernière dispose d’une bonne IA, nous ciblant directement et réussissant à se protéger. Animaux corrompus et petites boules noires agressives s’accordent pour nous détruire.
L’environnement physique ne nous épargne pas non plus. Pointes, lave, plateformes mouvantes ou s’écroulant, de nombreux pièges nous attendent dans ce jeu de plateformes. Là aussi, le jeu est plus qu’accessible. En plus de checkpoints récurrents, les pièges sont reconnaissables de loin et un peu longs à la détente. Quelques passages demandent une bonne coordination, mais dans l’ensemble, les niveaux se traversent sans trop de difficulté.
En-dehors de tous ces éléments qui veulent notre peau, de nombreuses bonnes choses sont à notre disposition. Les checkpoints, pouvant au passage augmenter notre jauge de vie, monnayant quelques bouts de papier. Des trésors, contenant notamment des ornements, soit des nouvelles capacités à débloquer ou encore des reliques pour compléter la galerie. Certains coffres contiennent aussi du papier d’or ou du papier kozo, indispensable pour fabriquer les reliques et les ornements.


Hirogami, un pari réussi ?
Le temps passe vite devant Hirogami. Un niveau dure entre 5 à 15 minutes environ. Beaucoup plus parfois, lorsqu’il est réalisé pour la première fois. Au total, il faut bien 10 à 15 heures de jeu pour venir à bout d’Hirogami, tout dépend aussi de si le 100 % est un objectif. Le jeu nous absorbe, niveau après niveau. Cependant, ce n’est pas le scénario qui est vraiment captivant, mais plus l’organisation des niveaux. Le fait de gagner en capacités et par extension, d’affronter des niveaux de plus en plus durs et originaux.
La possibilité de refaire les niveaux et de proposer des défis augmente considérablement l’intérêt du jeu et sa durée de vie. L’organisation de ces derniers sur un hub en 3D permet d’intégrer totalement cette rejouabilité des levels, tout en nous permettant de consulter les défis. Cela offre une fluidité au jeu, qui ne serait pas présente si les niveaux étaient accessibles sous forme de liste dans un menu principal.

Hirogami partait déjà sur de bonnes bases, avec un concept qui ne peut que plaire : l’origami. Vous connaissez quelqu’un qui n’aime pas les origamis ? Non. Tout au mieux indifférents, les gens sont généralement fascinés par cet art du pliage. Mais une fois sur papier, l’idée devait être développée à la hauteur de son thème. Et nous pouvons très clairement affirmer que la petite équipe derrière cette œuvre a réussi à concocter une jolie petite aventure. Des décors et un gameplay fidèle au monde du papier, une direction artistique qui nous offre une ambiance aussi apaisante que tendue et un level design maîtrisé, proposant une montée progressive de la difficulté tout en renouvelant les idées, presque tout est réussi. Seul le scénario vient froisser cette aventure qui peut aussi s’avérer ardue pour ceux souhaitant aller plus loin que l’histoire.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Le level design
La direction artistique
Les ennemis
La difficulté du jeu
La durée de vie
Les points négatifs
La caméra pas toujours bien orientée
Un scénario basique, très peu captivant
Un 100 % pouvant être un peu trop exigeant




