Dr Who – Il était une Fois un Seigneur du Temps

Pour le 60e anniversaire de la série Dr Who, Dan Slott, auteur de comics à succès et fan de la série, nous livre ici deux histoires dans une adaptation unique, mettant successivement en scène le dixième Docteur et le neuvième Docteur. Nous retrouverons également respectivement Martha Jones et Rose Tyler, ainsi que beaucoup d’ennemis emblématiques de la série TV dans des intrigues follement dynamiques, comme seul le Docteur en a le secret.  

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Allons-y, Dan !

Dan Slott est un auteur de comics américain qui a travaillé sur différentes séries dont Amazing Spider-Man, Batman Adventures ou Silver Surfer, dont sa version était déjà très largement inspirée de Dr Who. Très jeune, il va rencontrer l’univers du Docteur lors de ses séjours chez sa grand-mère et des retransmissions des épisodes de la série sur une chaîne de télévision américaine. Par la suite, sa famille va déménager à Londres, ce qui va d’autant plus le plonger dans l’univers du Docteur, cette série étant une œuvre très appréciée, voire culte, et largement diffusée sur la BBC. On sent que l’on a ici affaire à un auteur qui aime la série et a envie de se l’approprier tout en gardant le terreau de départ. Nous retrouvons d’ailleurs une interview de Dan Slott, ainsi que quelques couvertures alternatives en bonus à la fin du numéro.

Cet extraterrestre voyage à travers le temps et l’espace à bord de son vaisseau dont l’extérieur ressemble à une ancienne cabine de police bleue, le TARDIS.

Black River

Juste un Homme dans une Boîte

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai parcouru ce One-Shot « Dr Who – Il était une Fois un Seigneur du Temps ». En effet, la couverture dynamique et soignée donne envie de se plonger dans l’univers du Docteur, que je connaissais déjà très bien. Pour ceux qui ne sont pas dans mon cas et qui désireraient découvrir Dr Who par ce comics, sachez que c’est parfaitement le cas ! En effet, j’ai particulièrement apprécié dès les premières pages une mise en contexte de l’univers pour les nouveaux arrivants. Celle-ci consiste en une présentation des différents personnages clés du lore sous la forme d’une page de garde, puis l’histoire démarre avec une introduction qui se veut un clin d’œil aux différents Seigneurs du Temps ainsi que leur “compagnon” respectif. Cela permet de faire comprendre de manière visuelle et ludique le principe de régénération du Docteur, et donc qu’il s’agit de la même et unique personne à chaque fois.

« Dr Who – Il était une Fois un Seigneur du temps » sera composé de deux nouvelles, chacune avec un docteur différent (Dixième puis neuvième Docteur), et donc deux personnalités bien distinctes. Ces personnalités se ressentiront entre autres dans les notes d’humour à l’anglaise, toujours bien dosées et fidèles à la série télévisée. Dans la première histoire, nous suivons le dixième Docteur, ainsi que Martha sa compagne de voyage. Ces derniers se rendent sur la planète des Pyroméths, une espèce extraterrestre qui se nourrit de fictions, pour profiter des joies d’une fête foraine inter-galactique. Pendant que le Docteur part chercher de quoi grignoter, Martha se retrouve prise au piège des Pyroméths et doit, pour survivre, leur conter une histoire. Elle va alors leur raconter l’une des plus grandes aventures du Docteur.

Et c’est là la première superbe idée de Slott, user du fait que nous serons dorénavant à la place des Pyroméths, à savoir de jeunes ouailles découvrant la personnalité, l’univers ainsi que les artefacts du Docteur. Ainsi, il arrive que ses auditeurs interrompent Martha pour lui poser des questions, qui vont permettre au lecteur de se familiariser avec des concepts propre à l’univers de la série, comme l’utilisation du papier métapsychique, le TARDIS ou le tournevis supersonique, qui font tout le sel de Docteur Who, mais aussi des différents ennemis de ce dernier.

Dans la deuxième partie de « Dr Who – Il était une Fois un Seigneur du Temps », c’est au tour du dixième Docteur de raconter une histoire à Martha, lorsqu’il était le neuvième Docteur et qu’il était alors accompagné de Rose, un ancien compagnon. Cette deuxième histoire, plus courte que la première, parvient tout de même à tirer son épingle du jeu, notamment en jouant habilement avec son médium, ici la bande dessinée. Une démarche plutôt maligne de Dan Slott qui installe ainsi son travail comme une véritable plus-value au show télévisé, et pas simplement comme un produit dérivé dont on pourrait se passer.

Chaque Docteur a une personnalité et un style bien différents qui, je trouve, sont vraiment bien retranscrits dans le comics. On sent que le neuvième Docteur a un dynamisme plus grandiloquent quand le dixième Docteur est davantage dans l’humour et la loufoquerie. Dans le même temps, l’excentricité propre à chaque Docteur, et à la série en général, est parfaitement retransmise ici. On a l’impression que tout est permis, et c’est là l’un des grands points forts de cette série. Enfin, dernier compliment, et non des moindres, la qualité des “épisodes” présentés ici m’a donné envie de revisionner la série, voire de découvrir de nouveaux épisodes (qui arrivent bientôt…). 

Martha Jones, la compagne de voyage du Docteur a été capturée par les effroyables Pyromeths, et son seul espoir de survie est de les distraire en leur contant trois histoires sensationnelles du Docteur, affrontant ses ennemis les plus meurtriers.

Black River

Fantastique !

Avec sa jolie couverture souple en relief et en vernis sélectif, cette édition de Dr Who – Il était une Fois un Seigneur du temps, est très réussie. Si vous êtes des habitué.es de la série de la BBC, vous reconnaîtrez facilement tous les personnages qui apparaissent dans ce tome, ainsi que leur personnalité qui est bien retransmise. Ceci n’était pas forcément évident vu l’excentricité dont font preuve le show et les différents protagonistes, surtout le Docteur.

Différents dessinateurs vont travailler sur ces nouvelles, et cela va se ressentir dans le style graphique, qui va changer d’une page à l’autre, voire d’une case à l’autre. Ce procédé, habituel pour les comics, peut être déroutant si l’on n’est pas habitué à en lire. Cependant, ici, le choix a été d’utiliser un style graphique pour la partie de l’histoire se passant à notre période, et un autre pour la partie romancée. Cela permet de comprendre à quel “endroit” nous nous trouvons en un coup d’œil.  

Pour conclure…

C’est une réussite totale pour cette adaptation en ce qui me concerne. Bien souvent, quand le seul reproche que l’on peut faire à une œuvre est son aspect trop court, c’est plutôt bon signe. Le comics délivre deux histoires successives très dynamiques et respectueuses de l’univers qui trouvent chacune le moyen d’être une œuvre à part entière de la série et non un simple produit dérivé. Les personnages sont parfaitement retranscrits, que ce soit visuellement ou dans leur personnalité respective, ainsi que la richesse et la loufoquerie de l’univers qui sont intelligemment utilisées. Les visuels sont beaux et chatoyants, dans les standards très corrects du comics mainstream. Enfin, Dan Slott se paie le luxe d’exploiter son médium avec ruse, ce que finalement encore peu de produits “à licence” parviennent à faire.

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