
Tandis que la saison 2 de la série animée Devil May Cry, concoctée par Adi Shankar, crève l’écran sur Netflix, les descendants du démon Sparda refont parler d’eux et cette fois, c’est la Nintendo Switch 2 qui devient leur terrain de jeu avec le portage de Devil May Cry 5. Pour l’occasion, la Special Edition (amputée de quelques fonctionnalités) du titre phare de Capcom devient la Devil Hunter Edition et se trouve enrichie de quelques bonus supplémentaires. Disponible depuis le 23 juin 2026, Devil May Cry 5 : Devil Hunter Edition nous replonge dans une chasse aux démons jouissive qui n’a pas pris une ride !
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch 2 fournie par l’Éditeur.
Des rejetons infernaux
Pour la licence Devil May Cry, tout commence à la fin des années 1990, alors que chez Capcom Hideki Kamiya planche sur le quatrième opus de Resident Evil. Toutefois très vite, l’équipe s’aperçoit que le jeu en développement est trop éloigné de l’ADN du survival-horror pour fonctionner. Le héros est extrêmement agile, l’action est débridée et les batailles spectaculaires, mais la peur, elle, est totalement absente du tableau. Qu’à cela ne tienne, plutôt que d’abandonner le prototype, le studio japonais décide d’en faire une toute nouvelle franchise : Devil May Cry.

Sorti en 2001 sur PlayStation 2, le succès est immédiat et Devil May Cry pose les bases du stylish action game où le but est moins de se débarrasser de tous ses ennemis que de le faire avec style. L’hybride humain/démon Dante va inspirer toute une nouvelle génération de héros dont la plus emblématique sera sa consœur Bayonetta, par le même créateur, qui aura droit à trois opus numérotés (Bayonetta en 2010, Bayonetta 2 en 2014 et Bayonetta 3 en 2022).

De son côté, le fils de Sparda voit ses aventures et son combat fratricide contre son frère jumeau Vergil s’étaler sur 4 épisodes. C’est sous la houlette d’Hideaki Itsuno appelé en dernier recours pour tenter de sauver le développement de Devil May Cry 2 et réalisateur principal de tous les volets suivants, que Dante va renforcer sa légende. Devil May Cry 4 proposera néanmoins un tout nouveau protagoniste principal du nom de Nero, même si Dante n’est jamais très loin.

Puis pendant près de 14 ans, si l’on excepte un reboot qui n’a de DMC que le nom et la sortie de la Spécial Edition de Devil May Cry 4, Dante et les siens tombent dans l’oubli, jusqu’à ce qu’en 2019 un ultime épisode censé conclure l’arc des fils de Sparda déboule sur PS4, Xbox One et PC : Devil May Cry 5. À peine un an plus tard, c’est une Special Edition du cinquième volet qui accompagnera la sortie de la PlayStation 5 et des Xbox Series, devenant du même coup la version de référence du titre, incluant en plus du jeu de base la possibilité d’incarner Vergil, le mode Legendary Dark Knight, le Ray Tracing, un mode turbo augmentant la vitesse de 20% et la possibilité de jouer en 120 FPS.
Devil Can Cry
Mais et la Devil Hunter Edition dans tout ça ? On pourrait croire qu’il s’agit d’un portage pur et simple de la Special Edition, ce qui est loin d’être exact. En réalité, la Devil Hunter Edition de Devil May Cry 5 reprend les ajouts de la Special Edition comme la possibilité d’incarner Vergil, le mode 60 FPS, les améliorations de gameplay et tous les bonus inclus dans les contenus additionnels publiés au fil des années, en y ajoutant seulement deux cinématiques inédites au début et à la fin du mode de Vergil.

Cependant, qui dit passage sur Switch 2 dit forcément concessions au niveau des capacités techniques. Ainsi, la Devil Hunter Edition a dû faire l’impasse sur le Ray tracing, le mode 120 FPS, le mode Legendary Dark Knight et le Turbo mode, afin de coller au mieux aux spécificités de la console. Dans les faits, ce n’est pas réellement un problème puisque Capcom a fait un énorme travail pour que le jeu bénéficie de la même fluidité et réactivité sur Switch 2 que sur ses concurrentes plus puissantes. Malheureusement, l’image y est nettement moins belle, souffrant d’aliasing et de textures parfois assez disgracieuses. Des défauts surtout visibles en mode docké, qui sont forcément atténués lorsque l’on passe en mode portable du fait de la taille de l’écran.

Nero lit et V voit

Devil May Cry 5 débute le jour où Dante reçoit une nouvelle mission d’un mystérieux client nommé V. Ce dernier, par l’intermédiaire de Morrison, lui demande de combattre un démon nommé Urizen qui compte prendre le contrôle autant du monde des humains que du monde démoniaque. Pour cela, il compte se servir du Qliphoth, un arbre monstrueux absorbant la vie des humains de la ville de Redgrave pour se développer et produire un fruit capable d’apporter la puissance absolue. Une fois sur place en compagnie de Lady et de Trish, Le demi-démon se retrouve dépassé par la force écrasante de son ennemi.

Nero, qui a vu son bras démoniaque arraché par un étrange individu quelque temps auparavant, et V arrivent en renfort, mais devant la supériorité d’Urizen, Dante les exhorte à fuir, ce que Nero fait de mauvaise grâce. Suite à cet épisode, Dante, Lady et Trish disparaissent, laissant V et Nero seuls capables de s’opposer aux démons qui pullulent dans la cité en ruine et de contrer les plans d’Urizen. Privé de son Devil Bringer, Nero peut toutefois compter sur Nico, une mécanicienne aussi excentrique que talentueuse qui va lui fabriquer une série de Devil Breakers destinés à remplacer son bras démoniaque.


Quant à V, ce personnage frêle qui préfère laisser ses familiers se battre à sa place, il intrigue immédiatement, tant son identité que ses motivations sont entourées de mystère. Les musiques de Devil May Cry 5 comptent toujours parmi les meilleures de la série. Devil Trigger accompagne parfaitement la fougue de Nero tandis que Bury the Light est rapidement devenu l’un des thèmes les plus emblématiques de Vergil. Mieux encore, les morceaux gagnent progressivement en intensité à mesure que votre rang de style augmente, récompensant vos prouesses par une montée en puissance aussi grisante que spectaculaire.
De la castagne oui, mais avec classe !
Bien entendu, Devil May Cry et joutes dantesques vont de pair et ce numéro 5 ne fait pas exception à la règle. Au cours de l’épopée d’une dizaine d’heures qui vous attend vous incarnerez tour à tour Nero, V et Dante (voire Vergil dans le mode homonyme), chacun des personnages ayant un style de combat bien distinct. Cette alternance entre les trois protagonistes permet de renouveler constamment les affrontements et évite que le gameplay ne tombe dans la répétition. Vous l’aurez compris, ici on ne privilégie pas l’efficacité pour terrasser ses ennemis, mais bien la classe que vous allez mettre dans vos coups. Le but sera alors de varier les armes, les techniques et les enchaînements pour obtenir une note de plus en plus élevée à mesure que vous rendrez l’affrontement spectaculaire.


Une note finale vous étant attribuée chaque fin de chapitre avec pour récompense un nombre d’orbes rouges proportionnel à la note décernée. Ces orbes sont la monnaie qui vous permettra d’acheter des objets, des Devil Breakers pour Nero ou de débloquer des techniques individuelles plus poussées pour Dante, Nero et V. Nero sera le personnage le plus facile à manier, il alterne entre son révolver le Blue Rose, son épée Red Queen et les Devil Breakers, chaque prothèse ayant une capacité spéciale comme le grappin, le laser, le ralentissement du temps, j’en passe et des meilleures. Leur principal intérêt réside toutefois dans leur caractère consommable.

Chaque Devil Breaker peut être sacrifié pour déclencher une attaque particulièrement puissante, obligeant le joueur à constamment réfléchir à l’opportunité de conserver sa prothèse pour profiter de son pouvoir ou de l’utiliser immédiatement dans l’espoir de renverser un affrontement compliqué. Une mécanique simple sur le papier, mais qui apporte une vraie dimension stratégique aux affrontements. Du côté de Dante, on retrouve les quatre styles de combat classiques du fils de Sparda : Trickster, Swordmaster, Gunslinger et Royal Guard, qu’il va mixer avec un nombre assez impressionnant d’armes à feu et de mêlées.


Enfin V est le plus atypique des trois puisqu’il n’aura pour toute arme que sa canne, avec laquelle il se chargera d’achever les ennemis et trois familiers démoniaques qui vont se battre à sa place. Il va falloir batailler sec pour obtenir une bonne note de style et si le défi vous semble trop simple, sachez que vous aurez le choix entre deux modes de difficulté de base : Humain (le mode facile) ou Devil Hunter (le mode normal) avant que ne se débloque une fois le premier run bouclé les modes Son of Sparda, Dante Must Die, Heaven or Hell et Hell and Hell qui modifient profondément la manière d’aborder la lutte.

Un classique Dante poches
La saga Devil May Cry et moi c’est une longue histoire d’amour qui dure depuis plus de vingt ans, puisque Devil May Cry 1 est le premier jeu que j’ai terminé et qui a marqué un réel tournant dans ma vie de gameuse. J’ai depuis exploré pléthore d’autres genres, mais le stylish action game reste l’un de mes genres de prédilection. En ce qui concerne Devil May Cry 5, c’est sans conteste l’un des jeux de ma ludothèque que j’ai le plus refait, tant sur PS4 que sur PS5 et j’étais curieuse de le voir tourner sur Switch 2. J’ai d’ailleurs un affect particulier avec ce titre qui canonise Morrison et Patty, transfuges de la série Devil May Cry: The Animated Series, produite par le studio Madhouse en 2007. Série que j’avais adoré et qui s’intègre parfaitement entre les événements de DMC et DMC 2.


Mais revenons à nos démons ! Je dois avouer que l’expérience nomade proposée par la Switch 2 m’a beaucoup plu. Pouvoir jouer à l’un de mes jeux cultes partout dans la maison, avec le confort d’un écran assez grand pour une console portable, ça ne se refuse pas, à plus forte raison que malgré sa taille conséquente, l’écran reste tout de même assez petit pour gommer bon nombre de défauts de textures et d’affichages du portage.

Avec ce qui précède, je pense que vous aurez compris ce que je pense du jeu, en revanche, moi qui suis une habituée de la franchise sur PlayStation, j’ai eu beaucoup de mal à m’habituer au mapping des commandes sur Switch 2 et il m’a fallu un bon moment avant de ne plus enchaîner les fausses manipulations. En tout état de cause, si vous possédez déjà la Special Edition sur PS5 ou que vous hésitez à effectuer la mise à niveau de la version PS4 vers cette dernière, vous n’aurez aucun intérêt à acquérir la version Switch 2 du fait de ses limitations techniques et du peu d’apport sur la version Devil Hunter Edition. Cela étant, si vous souhaitez découvrir le titre de Capcom et que vous ne disposez que d’une Switch 2, foncez sur ce portage qui reste très qualitatif malgré tout.

Devil May Cry 5 n’a peut-être plus la fraîcheur de sa sortie de 2019, mais il demeure une référence incontournable du stylish action game. Malgré quelques concessions techniques inévitables, cette Devil Hunter Edition réussit à préserver tout ce qui fait la force de l’œuvre de Capcom : des combats grisants, un système de jeu d’une richesse exceptionnelle et une mise en scène toujours aussi spectaculaire. Si les possesseurs de la Special Edition sur PS5 n’y trouveront pas suffisamment de nouveautés pour justifier un nouvel achat, les joueurs Switch 2 tiennent sans doute entre leurs mains la meilleure façon de découvrir les aventures de Dante, Nero et V… avec, en prime, le plaisir de pouvoir emporter cette chasse aux démons partout avec eux.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un titre qui n’a pas pris une ride malgré les années
Les diverses techniques de combat et les trois personnages jouables empêchent tout sentiment de redondance
C’est toujours un plaisir de pouvoir incarner Vergil même en bonus
Le moteur RE Engine fait des merveilles même sur Switch 2
Pouvoir jouer à Devil May Cry 5 n’importe où, ça n’a pas de prix !
Les points négatifs
L’absence de Ray Tracing
Une qualité d’image moindre que sur PS5, avec des textures moins fines et de l’aliasing
Une prise en main qui demande un temps d’adaptation pour les habitués de la version PlayStation




