Bayonetta 3

Cela faisait des années que les fans le réclamaient à corps et à cris : une suite à Bayonetta 2 sorti en 2014. Annoncé lors des Game Awards 2017, les infos sur le prochain opus s’étaient ensuite faites rares, au grand dam des joueurs en attente de nouvelles de la sorcière de l’Umbra. Après 8 ans de cache-cache avec les fans, Nintendo a enfin répondu à leur supplique et Bayonetta 3, disponible depuis le 28 octobre 2022, arrive pour envoûter la Nintendo Switch.

Le pourvoyeur de Rodin

Bayonetta 3 commence dans un New-York ravagé, en proie au chaos, où une mystérieuse créature constituée d’ombre lutte contre un personnage qui nous est bien connu : Bayonetta (telle qu’elle est dans le premier opus). Avec l’aide de son démon Gomorrah, la sorcière semble avoir l’avantage sur son opposant. Mais sa domination n’est que de courte durée et Bayonetta se retrouve bientôt prise au piège, à la merci de son adversaire. C’est alors que deux compagnons de la prisonnière font leur apparition : une jeune fille au look punk qui veut se ruer à la rescousse de notre héroïne, et un borgne masqué qui l’en empêche tout en lui remettant un dispositif étrange et un cube permettant de voyager entre les mondes.

La rebelle, nommée Viola, se jette dans la bagarre pour sauver Bayonetta, mais non seulement son sauvetage est avorté par la mort de la sorcière (qui a juste le temps de transmettre son pouvoir à la jeune fille), mais il va également causer la mort de son compagnon nommé Sigurd. Après avoir tenté de réduire le monstre à néant, Viola se rend compte de la différence de niveau avec son adversaire et s’enfuit par un portail menant à un autre monde. Changement de lieu, nous voilà transporté dans un Manhattan paisible. Là, nous retrouvons Bayonetta (avec deux tresses, une de chaque côté du visage) en civil, faisant du shopping…

“Elle est où Jeanne ?”

Malheureusement, cette journée paisible ne va pas durer. Alors que Viola tombe du ciel, un gigantesque tsunami ravage la ville et des créatures inconnues attaquent la sexy magicienne. Après avoir fait un peu de ménage et rejointe par sa complice de toujours, Jeanne, la petite bande, submergés par les nouveaux arrivants, se regroupe dans le bar de Rodin. C’est là que Viola leur explique que ceux qui ont envahi leur monde sont des Homonculi (des armes bio-organiques) et que s’ils veulent les stopper avant qu’ils ne détruisent complètement leur réalité ils auront besoin des cinq Rouages du Chaos et d’un scientifique nommé Sigurd.

Elle leur explique qu’elle même provient d’un monde parallèle qui a été anéanti par les Homonculi et qu’il ne leur reste plus beaucoup de temps avant que ce monde ne subisse le même sort. Déterminées à agir, Jeanne est envoyée à la recherche du mystérieux Sigurd, tandis que Bayonetta se lance à la chasse aux Rouages du Chaos. Elles ignorent encore jusqu’où leurs aventures vont les conduire, à travers le temps, l’espace et les dimensions…

Ra-Viola aux gnons

Après toutes ces années durant lesquelles les aficionados des représentantes de l’Umbra ont réclamé une suite à corps et à cri, les équipes de Platinum Games avaient une sacrée pression pour contenter tout ce petit monde. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se sont pas reposés sur leurs lauriers. Si on retrouve avec plaisir les personnages qui nous ont fait vibrer dans les deux premiers jeux, le gameplay a lui considérablement changé en mettant le focus sur les démons qui accompagnent cette chère Bayonetta. Ceux-ci, gigantesques, sont invocables à n’importe quel moment pour venir en renfort de l’héroïne. De là à dire que Platinum s’est inspiré de V dans Devil May Cry 5 et s’est servi de son travail sur le regretté Scalebound, il n’y a qu’un pas…

Mais ce ne sont pas les seuls changements effectués, la voix de la sorcière ayant également fait l’objet d’un remplacement. En effet, ayant peu fait parler de lui durant sa production, Bayonetta 3 s’est rattrapé juste avant sa sortie, quand l’actrice prêtant sa voix à Bayonetta sur les deux premiers épisodes a annoncé avoir refusé de poser sa voix sur ce nouveau chapitre. S’en est suivie une polémique sur laquelle nous ne reviendrons pas, toujours est-il que c’est désormais Jennifer Hale qui reprend avec brio la voix de Bayonetta, incarnée jusque-là par Hellena Taylor. Un excellent travail tant on voit peu de différences entre les deux.

Bayonetta 1 – 0 Homonculus

Niveau combats, Bayonetta 3 n’a rien perdu de sa superbe. Les affrontements sont toujours aussi nerveux, du moins quand on distribue des bourre-pifs avec l’héroïne. Si l’inclusion des démons invocables à tout moment est sur le papier une bonne idée, dans les faits c’est un peu plus nuancé. Pour invoquer ses démons, Bayo est obligée de faire la danse de la soumission, comprenez par là qu’elle-même ne peut plus combattre ou riposter durant le laps de temps où le démon est présent dans l’arène. Cela implique qu’elle est à la merci des attaques adverses et totalement sans défense, obligeant le joueur à la placer assez loin de l’action pour éviter d’être prise pour cible. De plus, les démons en eux-mêmes, véritables géants, se révèlent assez lourds et peu maniables (surtout Gomorrah, sorte de Godzilla à la lenteur de tortue). Cela crée un contraste assez étrange manette en main.

Pas de panique pour autant, le titre reste malgré tout très jouable et parfaitement maîtrisé que ce soit au niveau de sa direction artistique qui est sublime, de sa bande son toujours aussi géniale et même techniquement. Le titre tient la route et ce malgré la débauche d’effets visuels popant sur l’écran de la Switch. On ne souffre d’aucune baisse de framerate, d’un bout à l’autre du jeu, un exploit assez exceptionnel sur la console pour être souligné. On retrouve également les bons vieux niveaux de difficulté afin de rendre l’intrigue accessible au plus de joueurs possible. Pour ceux qui aiment le challenge, vous y trouverez également votre compte avec un niveau de difficulté Expert assez corsé et un niveau Apothéose qui se débloque une fois le premier run fini.

Chouchou, Churros, boissons fraîches…

Autre nouveauté, dans Bayonetta 3, nous n’incarnerons plus seulement la brunette à nattes. En effet, au cours de notre périple qui nous permettra de visiter des mondes divers et variés (et de rencontrer différentes versions de notre sorcière préférée toutes aussi hautes en couleurs les unes que les autres), nous serons amenés à prendre le contrôle de Viola et de Jeanne. Si les missions mettant en scène cette dernière font la part belle à l’infiltration et se déroulent en scrolling horizontal (avec un générique, très inspiré de celui de Cowboy Beebop, de toute beauté), les niveaux avec Viola rappellent les grandes heures de Bayonetta 1 et 2. La punkette et son démon Chouchou (Cheshire de son vrai nom), identique à la poupée de Cereza dans le premier opus, peuvent se battre côte-à-côte, le démon étant contenu dans le katana de la jeune fille.

Elle pourra donc continuer le combat à mains nues pendant que Chouchou fera une razzia chez les ennemis. Cela étant dit, qui dit invocations gigantesques dit adversaires en conséquence, ce qui en jeu provoque de menus désagréments. En effet, la caméra trop proche de l’action et la taille démesurée de tout ce petit monde fait que l’action est souvent illisible et l’on perd bien vite de vue son personnage, ce qui peut être très compliqué pour certains boss. Toutefois, la générosité du titre en termes de contenu et de durée de vie est plus qu’honorable. Avec ses 14 chapitres répartis sur 4 mondes (Tokyo à l’ère moderne, la Chine antique, l’Égypte ancienne et Paris de nos jours), comptez une bonne quinzaine d’heures pour arriver au dénouement de l’intrigue.

Joyaux-netta

En tant que grande amatrice de Bayonetta depuis le premier, j’ai sauté sur l’occasion de réaliser le test de Bayonetta 3 et j’attendais le jeu de pied ferme. Je dois dire que je n’ai absolument pas été déçue, que ce soit par la forme ou par le fond. Le récit proposé par Platinum Games est plus sombre que dans les précédents épisodes de la série, et on s’attache beaucoup à Viola. Le fait d’avoir une seule arme et trois démons “switchable” ne m’a absolument pas gênée, d’autant qu’il faut bien le dire, j’ai fait toute l’aventure avec les trois premiers démons disponibles tant les autres m’ont semblés trop peu maniables. Ce qui m’a un peu plus dérangée en revanche, c’est la longueur des temps de chargements, qui à la longue ont fini par avoir raison de ma patience.

Toutefois, la fluidité du jeu, que ce soit en mode portable ou en docké, rattrape aisément ce petit inconvénient. Ne soyons pas plus royaliste que le roi, j’ai adoré retrouver Bayonetta et ses sosies d’autres mondes, qui m’ont ensorcelés durant les 16h30 qu’a duré mon run. Certes, il y a quelques petits défauts comme nous l’avons évoqué plus haut, mais dans l’ensemble j’ai envie de récompenser la prise de risque de Platinum, d’avoir changé quelque peu la formule Bayonetta au risque de se mettre à dos une partie des amoureux de la licence. J’ai apprécié les nouveautés apportés par Bayonetta 3, qui ne démérite absolument pas par rapport à ses aînés.

Pour conclure…

Bayonetta 3 bénéficie assurément du savoir-faire de Platinum Games, studio spécialisé dans les jeux d’action survoltés aux systèmes de combats solides. Avec cette nouvelle production, la Switch se pare d’un beat’em up presque parfait, qui compense sans mal ses quelques défauts par de bonnes trouvailles qui les font oublier. Vous l’aurez compris, si vous avez un minimum d’atomes crochus avec ce type de jeu, Bayonetta 3 est fait pour vous.

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique toujours aussi magnifique, servie par une bande son qui n’est pas en reste.

Des combats toujours aussi nerveux pour peu que l’on n’utilise pas trop les démons.

Les options d’accessibilité qui sont toujours aussi appréciables pour permettre au plus grand nombre de pouvoir découvrir le titre.

Faire la connaissance des différentes versions de Bayonetta issues de multiples dimensions est un régal.

Les divers types de gameplay présent renouvellent toujours l’intérêt.

Les points négatifs

Des combats difficilement lisibles dès lors que les ennemis sont énormes et qu’on utilise les démons.

Il n’est pas toujours simple de comprendre quoi faire dans les phases d’infiltration avec Jeanne.

Les temps de chargement assez long malgré les interactions possibles et qui lassent au bout d’un moment.

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