The Witcher : La Croisée des corbeaux

Alors que le nouvel opus vidéoludique du studio CD Projekt Red, The Witcher IV et la saison 4 de la série du même nom sont attendus comme le messie par les fans de la saga, la maison d’édition Bragelonne vient de sortir un nouveau roman dans l’univers du célèbre sorceleur. Cette fois il s’agit d’une préquelle mettant en scène un Geralt tout juste sorti de l’enfance et écrit par l’auteur original de la saga : Andrzej Sapkowski. Disponible dans les rayons des libraires depuis le 1er octobre 2025, The Witcher : La Croisée des corbeaux nous plonge dans le passé du loup blanc et nous conte les aventures qui ont amenées à faire du sorceleur le redoutable guerrier qu’il va devenir. Un itinéraire parsemé d’embûches ou chaque mauvais choix de direction pourrait s’avérer fatal.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La légende au passé antérieur

On ne naît pas sorceleur. On le devient.

Avant d’être connu sous le nom du Loup Blanc ou du Boucher de Blaviken, Geralt de Riv était un jeune sorceleur formé à Kaer Morhen, faisant ses premiers pas dans un monde incapable de comprendre ni d’accepter ceux de son espèce.

Lorsqu’un acte d’héroïsme naïf tourne mal, Geralt n’est sauvé de la corde que par Preston Holt, un sorceleur au mystérieux passé et aux motivations secrètes.

Sous son aile, Geralt apprend peu à peu ce que signifie réellement s’engager sur la Voie, protéger les humains qui le craignent et survivre dans un environnement hostile en adoptant ses propres règles. Mais alors que la frontière entre le bien et le mal s’estompe, Geralt doit faire un choix : devenir le monstre que tous imaginent, ou un être totalement différent.

Voici comment naît une légende, et le prix à payer pour la forger.

Bragelonne 

Il est assez difficile d’imaginer un Geralt de Riv quittant Kaer Morhen pour la première fois après avoir achevé sa formation et totalement ignorant des usages du monde. Pourtant, c’est ce que nous propose de découvrir The Witcher : La Croisée des corbeaux. Tout commence alors que le sorceleur est interrogé pour avoir tué un déserteur, après que ce dernier ait agressé un paysan et tenté de violer sa fille. Un acte de justice aussi instinctif que désintéressé qui amène le jeune homme devant le maire Bulava, bien décidé à avoir sa peau. Mais alors qu’un sort funeste lui est promis sous peu, Geralt se voit porter secour de façon providentielle par Preston Holt, un autre sorceleur dont il ignorait jusqu’alors l’existence. Ayant évité de justesse la potence, Geralt est ravi de la proposition de Holt de faire un bout de chemin avec lui.

En route, ils arrivent dans une colonie minière où les ontophages sont légions et où un enfant à disparu. Engagés par les mineurs pour retrouver le gamin, Preston et Geralt se préparent à intervenir, mais, du fait d’une infirmité à la jambe le vétéran propose de se poster à l’entrée de la mine pour y attirer les créatures tandis que l’autre sorceleur  descendra par un puit éloigné pour aller chercher l’enfant. Un plan assez simple que Geralt accepte d’emblé. Cependant, une fois arrivé à son poste, il a la désagréable surprise de s’apercevoir que non seulement les monstres n’ont pas été attirés ailleurs, mais qu’en prime ils sont nombreux et prêts à l’attaque.

Après avoir réussit à se tirer tant bien que mal du guet-apens, non sans quelques blessures, Geralt rejoint Holt qui lui apprend que le gamin est rentré tout seul, étant juste aller se balader et que de son côté il a complètement oublié de s’occuper de sa partie du plan. Il s’avère qu’en fait le vieux sorceleur souhaitait tester l’adresse de son cadet et après avoir réussi à calmer sa colère, l’emmène à un carrefour où les corbeaux règnent en maître.

Là, Holt lui propose le choix suivant : soit redevenir un chasseur de monstres solitaire, soit s’associer avec lui pour bénéficier de son excellente réputation dans la région, tout en travaillant à la place du sorceleur désormais handicapé et en lui versant une partie de ses gains. Geralt ignore encore que sa décision va impliquer de nombreux défis et qu’il va se retrouver au cœur d’un complot qui prend racine lors de l’attaque de Kaer Morhen en 1194 ayant failli éradiquer les sorceleurs.

Découvrez un extrait de The Witcher : La Croisée des corbeaux ici !

Le magicien du Sorceleur

Maintenant que la licence de CD Projekt Red prend de plus en plus de liberté avec la saga élaborée par Andrzej Sapkowski, il est agréable de découvrir une nouvelle aventure du sorceleur de la plume même de son créateur. Bien que les aventures de Geralt, ainsi que ses missions, semblent décorrélées les unes des autres, l’auteur arrive malgré tout à les imbriquer de façon intelligente afin de donner une cohérence bienvenue à l’ensemble. Nous n’en attendions pas moins du maître de la fantasy polonaise, dont on retrouve avec plaisir le style simple et efficace. The Witcher : La Croisée des corbeaux se lit avec aisance et il est difficile de s’arrêter dans sa lecture tant l’aventure est prenante.

Et pour couronner le tout, une magnifique carte est même disponible en préambule afin de pouvoir suivre à la trace le parcours de notre sorceleur préféré. Pour rappel Geralt a vu le jour dans la nouvelle Le Sorceleur publiée en 1986 dans la revue polonaise Fantastyka à l’occasion d’un concours où il a raflé la troisième place et 5 autres nouvelles du sorceleur suivront dans le magazine. Il aura donc fallu attendre 39 ans avant que Andrzej Sapkowski ne se décide à explorer la jeunesse de son héros dans une préquelle qui constitue une excellente porte d’entrée à la saga pour ceux qui souhaiteraient découvrir les trépidantes aventures du Boucher de Blaviken.

Geralt, un corbeau de l’année

Si j’ai déjà pu m’immerger dans les jeux traitant du sorceleur, notamment l’excellent The Witcher 3 Wild Hunt – Complete Edition, c’est surtout avec la série The Witcher  disponible sur Netflix que j’ai fait mes premiers pas dans l’univers élaboré par Andrzej Sapkowski, avant de devenir réellement accro à l’histoire avec la saison 2 de la saga. Pour autant, la multiplicité des romans et des nouvelles traitant du Loup Blanc et de son monde dans lequel je n’ai jamais trop réussi à me retrouver font que je ne me suis jamais lancée dans la lecture des divers tomes du Sorceleur. Heureusement pour moi, la maison d’édition Bragelonne, éditeur français de l’écrivain polonais, continue de publier régulièrement les écrits du sieur Sapkowski.

Il est à noté qu’ils ont sorti il y a quelques années des versions illustrés de certaines nouvelles comme The Witcher illustré : Le moindre mal ou encore The Witcher illustré : Le Dernier Vœu qui m’avaient réellement tentés à l’époque. Il était donc providentiel que le dernier roman de Geralt soit une préquelle, m’affranchissant de toute connaissance sur l’univers. J’ai adoré les quelques heures que j’ai passé en compagnie du Loup blanc en devenir (et oui, comme je n’ai pas pu m’arrêter de lire une fois le livre commencé, je l’ai terminé le temps d’un week-end) et je dois dire qu’il est rafraîchissant de rencontrer un Geralt naïf, maladroit et surtout manquant singulièrement de connaissances du monde.

Au vue de sa version adulte, je ne m’imaginais pas que le jeune homme ait pu même ne pas savoir le sens de certains mots, tant par la suite il navigue sans aucun souci entre les puissants et les gens du peuple dans son métier de chasseur de monstre. De même, il est intéressant de constater que si les sorceleurs sont victimes de préjugés et de superstitions, il en est de même pour les magiciennes, dont Holt lui-même le met en garde contre la perfidie. Cependant, je dois avouer que l’utilisation du latin, notamment dans la correspondance épistolaire qui émaille The Witcher : La Croisée des corbeaux, peut poser quelques problèmes de compréhension pour les lecteurs qui n’ont que des notions de cette langue, au premier rang desquels je me place sans honte.

J’avoue que si la plupart des sens des mots se déduit assez facilement, j’aurais apprécié d’en avoir la traduction en bas de page, ne serait-ce que pour voir si je ne faisais pas de contresens, surtout dans les fonctions des destinataires et des expéditeurs des dites lettres. Mais ce n’est réellement qu’un détail et je vous enjoint à suivre la direction prise par Geralt dans The Witcher : La Croisée des corbeaux, que vous soyez un fan de longue date ou que vous souhaitiez découvrir son monde. Il ne me reste désormais qu’une route à prendre, celle de me procurer les autres récits du sorceleur et le plus tôt sera le mieux.

Pour conclure…

C’est un retour dans le passé de son héros que nous invite à faire Andrzej Sapkowski dans The Witcher : La Croisée des corbeaux et le moins que l’on puisse dire c’est que ce regard en arrière est parfaitement exécuté. Que ce soit par son style dynamique et facile à lire, son intrigue passionnante et la facette inconnu de Geralt de Riv qu’il nous dépeint, il serait franchement dommage de passer à côté, d’autant que comme il s’agit d’une préquelle, celle-ci saura contenter tant les fans de la première heure que les nouveaux arrivés dans le monde du Sorceleur. Que demandez de plus ?

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