
Sorti initialement en 1993, développé par le studio Trilobyte et vendu à plus de 2 millions d’exemplaires (pour l’époque !), The 7th Guest se voit remis au goût du jour avec un remake ambitieux. Garde-t-il son âme de l’époque ? Le jeu a-t-il été simplifié ? Découvrons tout cela ensemble.
Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.
Tour d’Horizon
The 7th Guest, sorti en 1993, est l’un des premiers jeux à sortir sur CD-ROM. Le jeu avait attiré l’attention de la presse de l’époque pour avoir intégré in-game des séquences vidéo comme élément principal de son gameplay. Fort de son succès, un jeu de société est également sorti ainsi qu’une version VR avec des énigmes retravaillées par rapport au matériau d’origine pour mieux exploiter ce nouveau média. Les vidéos ont également été complètement re-filmées pour intégrer la vidéo volumétrique (captures vidéo filmées en 3D, qui permettent au jour de se déplacer librement dans les scènes). Cette nouvelle version intègre les différentes améliorations apportées pour la version VR pour une version jouable sans casque de réalité virtuelle.

Stauf qui Peut !
L’histoire de The 7th Guest Remake se déroule dans le manoir du célèbre fabricant de jouets, Henry Stauf. Ce dernier a convié six personnes chez lui et leur a demandé de résoudre diverses énigmes. Celui ou celle qui réussira à mener à bien ce défi pourra obtenir ce qu’il souhaite le plus au monde. Nous incarnons un personnage énigmatique qui va devoir remonter les fils des événements pour découvrir ce qui s’est passé dans ce sombre manoir, découvrir ce qui est arrivé aux six invités précédents, qui sont ces enfants qui nous assistent, et surtout qui est ce septième et dernier invité…

Cluedo Grandeur Nature
Dès le menu du jeu, l’ambiance est posée avec une vue inquiétante du manoir vu de l’extérieur, le curseur en forme de main de squelette, et notre hôte, Henry Stauf, qui nous accueille à chaque fois avec une phrase différente, de sa voix inquiétante. Si le jeu original de 1993 était plutôt de type point and click, nous aurons ici la possibilité de circuler librement dans le manoir en vue à la première personne. Le manoir sera divisé en différentes pièces, à la manière d’un Cluedo (salle à manger, salon, hall d’entrée…), qui se débloquent petit à petit au fur et à mesure de notre avancement.

Chaque pièce contient plusieurs énigmes à résoudre, dont une énigme ultime qui permet d’accéder à une séquence vidéo qui met en scène les invités qui nous ont précédés, et permet petit à petit de lever le voile sur le mystère qui plane sur ce manoir et son mystérieux propriétaire. Pour explorer ce manoir, nous serons équipés d’une lanterne spirituelle. Cette dernière, lorsqu’elle est allumée, dévoile le passé et l’invisible, présent et passé vont se superposer, ce qui va s’avérer utile lors de la résolution de certains puzzles.

Attardons-nous un moment sur ces derniers. Comme je l’ai évoqué, chaque pièce aura son lot de puzzles, et si certains sont assez faciles à comprendre, d’autres demanderont une plus grande réflexion. Les puristes seront enchantés de savoir que nous ne sommes pas pris par la main pour la résolution de ces derniers. La difficulté, bien que variables pour certains, est assez élevée. Les puzzles sont originaux, variés, et exigeants dans certains cas.


À noter que des pièces Stauf peuvent être trouvées çà et là dans le manoir et peuvent être utilisées pour obtenir directement la résolution complète d’un puzzle. Enfin, rapidement, nous aurons en notre possession une planche de spiritisme qui fera office de map, mais également d’aide et permettra de voir nos statistiques de progression.

Danse Macabre
Pour un remake, The 7th Guest est très joli, bien qu’il n’atteigne pas les standards actuels. Néanmoins, ne crachons pas dans la soupe, le travail qui a été accompli sur ce titre est très qualitatif. L’ambiance huis clos avec des tenues d’époque et des personnages caricaturaux et hauts en couleur rappelle des ambiances que l’on peut avoir dans des Agatha Christie, par exemple.

L’ambiance générale est inquiétante et pesante, et sublimée par l’utilisation de la lanterne. En effet, la possibilité de voir le passé et le présent permet de belles surprises, comme les peintures murales, qui vont changer selon si on les observe avec ou sans la lanterne spirituelle. J’ai d’ailleurs trouvé que la direction artistique concernant ce point précis était très efficace et va renforcer le côté mystérieux du manoir et de l’ambiance générale du lieu. L’ambiance sonore n’est pas en reste puisqu’on ressent à travers les différents bruitages, tels que le vent qui s’engouffre, le tonnerre qui gronde, mais également la musique, une impression de malaise constant, de mélancolie, de tristesse même avec parfois des notes qui rappellent des comptines d’enfants.


J’ai trouvé que l’on ressentait le travail effectué pour la version en VR, par exemple en ayant la possibilité d’interagir avec tous (ou presque) les objets présents dans le manoir, qu’ils soient utiles ou pas. Le menu du jeu est également dans le thème, avec ses couleurs vertes luminescentes, typique des couleurs qui évoquent les fantômes et le surnaturel. Comme mentionné plus haut, l’utilisation d’une planche de spiritisme en guise de map est une idée que je trouve lumineuse (tout comme l’idée de la lanterne, sans mauvais jeu de mots) et participe grandement à l’immersion dans cet univers. Enfin, The 7th Guest Remake ne possède pas de version française (contrairement à la version de 1993) et il faudra nous contenter des sous-titres. Cependant, la version anglaise est d’excellente qualité, tout comme les jeux des différents acteurs.


The 7th Guest est une très belle découverte et un très bon remake. J’ai trouvé que le jeu était truffé de bonnes idées, comme la lanterne ou la planche de spiritisme, que l’immersion était très réussie, tout comme le sound design ou les cinématiques. Les puzzles, bien qu’assez ardus pour certains, peuvent être facilement résolus grâce aux solutions et éviteront de trop grosses frustrations pour les personnes qui préfèrent se focaliser sur l’histoire plutôt que la résolution d’énigmes.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Très belle refonte graphique
Des énigmes originales et variées
L’utilisation de la lampe et de la planche de spiritisme
Les points négatifs
Pas de version française
Les énigmes peuvent parfois être obscures si l’on utilise pas les indices




