
Après des années d’attente ponctuées de reports et de teasers, et alors qu’une démo publique a récemment permis aux joueurs de se faire une première impression, Pragmata continue de lever le voile sur ses ambitions. Invités dans les locaux de Capcom France, nous avons pu découvrir une section inédite du jeu sur PlayStation 5 Pro et mieux cerner ce que cette nouvelle licence de l’éditeur japonais a réellement à offrir. Le verdict ? Nous en sommes repartis convaincus et enthousiastes.
Cette preview a été réalisée sur une version PS5 Pro chez l’Éditeur & les Images réalisées à partir d’une séquence vidéo fournie par l’Éditeur.
Viser la lune, ça ne lui fait pas peur
Si la démo « Sketchbook » nous avait permis, il y a trois mois, d’appréhender l’univers et le gameplay hybride de Pragmata, cette session chez Capcom a dévoilé des facettes inédites de son concept. L’exploration d’une nouvelle zone confirme également que notre duo ne se limitera pas aux couloirs cliniques d’une station spatiale, aussi rutilants soient-ils. Pour rappel, l’intrigue de Pragmata se noue dans un futur proche. Le récit gravite autour d’une station lunaire, théâtre d’une disparition aussi soudaine qu’inquiétante.

Des années après la découverte du « lunum » (minéral à l’origine d’une révolution scientifique majeure) des chercheurs étaient parvenus à synthétiser la « lunafibre », un minerai capable de matérialiser n’importe quel objet. Pourtant, le centre de recherche dédié à cette technologie a brusquement sombré dans le silence. Plus un signal, plus un contact. C’est dans ce mutisme absolu qu’une équipe d’intervention est dépêchée, juste avant qu’un violent séisme ne vienne briser l’opération. Seul survivant apparent, Hugh Williams reprend conscience, grièvement blessé, aux côtés d’une alliée inattendue : Diana, une androïde qui a l’apparence d’une petite fille. Une entité artificielle forgée à partir de lunafibre. Une Pragmata.

La tête et les jambes
Rappelons que le gameplay de Pragmata repose sur une collaboration fondamentale entre Hugh et Diana. Dans ce centre de recherche lunaire, l’action-aventure prend une dimension tactique dans laquelle la force brute de l’un ne peut triompher sans l’expertise technique de l’autre. Le joueur doit constamment jongler entre les capacités offensives de Hugh et les talents de piratage de Diana pour progresser. Plus concrètement, les ennemis que vous rencontrez sont protégés par un blindage renforcé qui les rend presque invulnérables aux tirs de Hugh.

Pour briser cette défense, Diana, située sur les épaules de notre héros, doit intervenir via une interface de hacking qui s’affiche en superposition à l’écran, sans couper l’action. Nous avons donc Hugh visant en mode TPS (avec une caméra à la manière des remakes de Resident Evil 2, Resident Evil 3et Resident Evil 4), et Diana qui effectue le hacking sur l’antagoniste mis en joue. Un piratage qui demande de déplacer un curseur à l’aide des boutons d’action de la manette vers un nœud d’objectif spécifique. La subtilité réside dans le parcours choisi : passer par des nœuds bleus renforce l’efficacité du piratage, tandis que les nœuds jaunes déclenchent des effets tactiques comme la baisse de la défense ennemie ou le ciblage de plusieurs cibles simultanément. Une fois le bouclier désactivé par Diana, Hugh entre en scène avec son arsenal.

Il dispose de plusieurs types d’armes, allant de l’équipement standard à munitions auto-rechargeables à des armes lourdes extrêmement puissantes. Ces dernières étant limitées en munitions et disparaissant une fois vides, leur utilisation doit être coordonnée avec précision, après un hacking réussi, pour maximiser les dégâts sur les points faibles des adversaires. Le bestiaire que nous avons pu découvrir présente des créatures à l’esthétique high-tech, par endroit résolument glauque et creepy (pour le plus grand plaisir de l’auteur de ces lignes). A partir de ces bases déjà solides, Pragmata décline de façon futée son concept. Diana est, par exemple, capable de hacker en plein vol les missiles que l’on nous balance pour les retourner contre l’envoyeur. Aussi, les mechas ennemis arborent parfois des boucliers spéciaux (de couleur rouge) qu’il faut absolement détruire car cela obstrue l’interface de hacking.

Pragmata ne cesse de varier les approches : le piratage est utilisé dans différentes mécaniques, aussi bien pour résoudre des puzzles environnementaux que pour neutraliser des menaces. Nous avons également constaté que Diana est capable d’acquérir de nouvelles capacités au fur et à mesure de l’aventure, comme un filament explosif qui permet de désintégrer des matériaux organiques ou métalliques. La démo s’est conclue par une séquence de boss particulièrement intense. Cet affrontement dantesque, qui a vu l’ennemi enchaîner des attaques et des patterns impressionnants, a fini de nous convaincre de l’exigence des combats, de leurs intensités, et du plaisir qu’il s’en dégageait.

De prime abord, cette jouabilité hybride, à la fois originale et audacieuse, peut déconcerter. Cependant, on s’y adapte très vite. Le tir s’effectue avec les gâchettes de la manette, tandis que le piratage (hacking) est assigné aux boutons du pad (sur une manette PlayStation 5, l’orientation du curseur se fait naturellement : à droite avec Rond, en bas avec X, etc.). L’exécution devient intuitive, même si la tension monte à mesure que les adversaires se font plus nombreux et agressifs. De plus, la disponibilité d’un Mode Facile favorisera l’accès au jeu pour tous.
New New York

Cette session a également permis de découvrir un nouvel environnement, bien plus dense et détaillé que celui de la démo « Sketchbook ». Nous avons plongé dans un simili-New York impressionnant, apportant une variété salutaire à la direction artistique. Cette zone (dans laquelle nous devions déverrouiller divers terminaux) est en réalité une simulation conçue à partir de données terrestres fragmentaires, elle fourmille donc d’inexactitudes et d’”hallucinations”, pour reprendre le jargon lié à l’IA générative. On y ressent tout le poids de l’abandon et la mélancolie d’une civilisation désormais inaccessible, le tout baigné dans une atmosphère de science-fiction dystopique.

L’occasion de saluer un rendu visuel d’une rare élégance, fidèle aux standards d’excellence auxquels Capcom nous a habitués. Le RE Engine (qui nous a encore éblouis récemment avec Resident Evil Requiem) ne fait pas les choses à moitié : des effets de lumière aux textures, le rendu graphique est tout simplement superbe. En plus de proposer un décorum pour le moins attrayant, ces imitations de civilisations humaines sont l’occasion pour Diana de poser des tas de questions à Hugh. Engoncé dans sa combinaison lourdement armée, ce dernier n’est demeure pas moins très empathique envers la petite androïde. Ainsi, la narration s’installe naturellement à travers leurs échanges, rappelant l’excellente dynamique entre Joel et Ellie dans The Last of Us.

Via une technologie, perfectible, d’imprimante 3D géante qui tente de reconstituer des éléments de la vie humaine, Diana se prend de passion pour la vie sur Terre et les us et coutumes des Hommes. Hugh donne de nombreuses informations, apporte des précisions et corrige les erreurs d’interprétations. Ces observations mutuelles, ces commentaires contextuels et ces moments de calme apportent une véritable épaisseur émotionnelle à l’expérience. Si cette alchimie parvient à évoluer de manière pertinente tout au long du périple, elle pourrait offrir au titre un supplément d’âme appréciable.
Après l’effort, le réconfort

Si cette nouvelle section que nous avons pu joyeusement arpenter était satisfaisante d’un point de vue esthétique, elle disposait également d’un level-design solide. Celui-ci faisait la part belle à la verticalité. En outre, il y a moult secrets et coffres à dénicher ici et là, des itinéraires cachés en hauteur et des recoins dissimulés, qui récompensent généreusement les joueurs qui aiment fouiner, observer leur environnement et optimiser leur équipement à fond. Cette construction peut parfois paraître labyrinthique et il est facile de se laisser distraire par une ruelle sombre ou un échafaudage prometteur et d’en oublier sa mission. Heureusement, les développeurs ont intégré une fonctionnalité de repérage : d’une simple pression sur une touche (Carré sur la manette PlayStation 5), les objectifs sont clairement désignés visuellement.

Ce système permet de ne jamais se perdre tout en conservant le plaisir de l’exploration libre. Et pour souffler entre deux missions, Pragmata déroule un système de checkpoints (ceux-ci sont plutôt nombreux) qui permet de se rendre à un lieu nommé le « Refuge ». C’est dans ce hub central que l’on peut dépenser les ressources durement acquises pour upgrader diverses compétences, améliorer et perfectionner son arsenal. Mais au-delà de l’aspect purement utilitaire, le Refuge alimente également le processus narratif.


C’est ici que l’on peut offrir à Diana des reliques du passé glanées lors de l’exploration, comme un vieux téléviseur cathodique ou des meubles d’époque. Ces présents déclenchent des échanges où Hugh explicite la fonction de ces objets, permettant à sa jeune équipière de s’imprégner de la culture humaine. Cette mécanique touchante renforce l’attachement au duo et fait du Refuge un véritable lieu de vie. Il y a fort à parier que la version finale nous y réserve encore de belles surprises.

Vous l’aurez compris, cette immersion dans un pan inédit de Pragmata nous a conquis. Le titre dispose de sérieux atouts pour briller, reste à confirmer si ces excellentes impressions tiendront sur la durée. Surprise de taille : Capcom a récemment avancé la date de sortie. Pragmata sera donc disponible dès le 17 avril 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, Steam et sur Nintendo Switch 2. En mêlant une action viscérale propre aux standards de l’éditeur, un aspect puzzle-game, un level-design maîtrisé et un duo de personnages aussi atypique qu’attachant, cette nouvelle licence semble avoir toutes les cartes en main pour marquer l’année 2026. Inutile de préciser que cette session de jeu nous a laissés affamés : vivement le retour sur la station lunaire pour en percer les ultimes secrets !
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un gameplay hybride et original
Le duo Hugh/Diana fonctionne très bien
Une belle direction artistique
Un level-design soigné
Les points négatifs
Un concept qui, sur le papier, peut décourager les moins habiles
Hugh est un peu lent dans ses mouvements




