Resident Evil 4 Remake

Resident Evil 4 Remake - Intro

Considéré en son temps comme un renouveau pour la franchise, Resident Evil 4 signait également une révolution pour tous les jeux d’action qui l’on suivit. Souvent imité, rarement égalé, cet opus phare de la saga était donc un candidat idéal au remake, suivant ainsi le destin de RE 2 et 3. Mais on ne touche pas si aisément à ce monument, et les fans étaient d’ores et déjà prêts, torches, fourches et autres instruments contondants au poing, juste au cas où Capcom aurait pris trop de libertés avec ce titre si cher à leur cœur. Sorti le 24 mars 2023 sur PC, PS4, PS5 et Xbox Series, il semblerait que Resident Evil 4 ait de beaux atouts dans sa manche pour nous (re-)conquérir. Du coup, on range les bêches ou pas ?

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

A Plaga tale

Resident Evil 4 Remake - Cinématique 1

Que ce soit pour Resident Evil 4 ou pour son Remake, tout commence avec ce cher Leon S. Kennedy, ancien flic de la police de Raccoon City à la carrière éclair. Étant l’un des derniers survivants du drame qui a valu à la ville d’être rayée de la carte (voir les événements de Resident Evil 2 Remake), Leon, toujours hanté par les souvenirs de cette nuit fatidique, est recruté par le gouvernement pour intégrer un programme spécial, destiné à faire de lui un super agent. Quelques années plus tard, notre héros fait désormais partie de la garde rapprochée du Président des États-Unis. Quand la fille de ce dernier, Ashley Graham, se fait enlever par une secte, Los Illuminados, c’est tout naturellement vers Leon que se tourne le dirigeant pour aller la chercher et la ramener saine sauve à la maison (Blanche bien entendu).

Resident Evil 4 Remake - Cinématique 2

Voilà donc Mr Kennedy en vadrouille dans la campagne espagnole avec deux policiers du cru. Mais alors qu’ils se rapprochent d’un étrange et inquiétant village qui serait le lieu de culte des fameux Illuminados, l’un des deux flics disparaît, à la faveur d’une envie pressante, obligeant notre héros à partir à sa recherche. Après une visite sommaire des alentours, qui ne sont pas vraiment des plus accueillants, Leon entre dans une habitation où le propriétaire des lieux, loin d’avoir envie de discuter, préfère lui sauter à la gorge. Après s’être débarrassé du malandrin, l’agent spécial retrouve le policier disparut passé de vie à trépas. Courageusement, Leon continue d’avancer seul vers le village, ayant eu des informations comme quoi Ashley serait retenue prisonnière dans l’église de la bourgade. À son arrivée, c’est l’effervescence dans le bourg, mais pas à cause d’une fête de village.

Resident Evil 4 Remake - Début 1

Pris en chasse par tous les habitants qui ne semblent avoir d’autres buts que de le découper en morceaux, Leon ne devra son salut qu’au retentissement d’une mystérieuse cloche, appelant tous les fidèles à se rendre dans un lieu verrouillé. C’est le début d’une mission à haut risque pour Condor 1, qui va peu à peu découvrir les secrets inavouables et les expérimentations prenant place dans cette région reculée. Tout au long de son périple pour récupérer Ashley, Leon va devoir se battre contre des infectés de plus en plus retors, mais aussi et surtout contre ce qui grandit en lui. Depuis le temps que Resident Evil 4 (dont on ne compte plus les nombreux portages) tourne sur nos consoles, l’intrigue n’a plus vraiment de secret pour nous, même si avec ce remake, ce n’est pas tout à fait vrai.

Resident Evil 4 Remake - Eglise

En effet, si les développeurs sont restés assez fidèles à la trame originale, ils ont tout de même eu à cœur d’étoffer certains pans de l’intrigue et d’éclaircir quelques zones d’ombres qui persistaient dans le classique de 2005. Un prélude de haute volée, incluant des images de RE2 Remake et balayant les années qui ont suivi la destruction de Raccoon City, permet de recontextualiser le parcours de notre ami Leon. En ajoutant certains détails dans l’intrigue et en enlevant quelques scènes, Capcom n’avait qu’un désir, surprendre les joueurs et notamment ceux ayant pratiqué de multiples fois le titre original. Pareillement, afin d’apporter une plus grande homogénéité à l’ensemble, les designs des personnages sont très proches de ceux des Resident Evil 2 et 3 Remake.

Que Sera, Sera…

Resident Evil 4 Remake - Zombies 1

Alors que Resident Evil 4 faisait la part belle à l’action, parfois au détriment de la peur, avec le Remake les équipes de développement ont voulu revenir aux bases de la saga en changeant l’atmosphère du jeu. Sur les pas de Leon, nous nous retrouvons plongés dans un monde beaucoup plus lugubre et angoissant que ne pouvait l’être RE4 premier du nom. Si on y retrouve toujours le stress inhérent aux chasses à l’homme dont vous faites l’objet en permanence, les moments plus calmes auront de quoi déclencher quelques sursauts ou frissons avec une musique diablement efficace et un sound design qui ne l’est pas moins. On se retrouvera également très souvent plongé dans les ténèbres, à devoir s’éclairer à la lampe torche, sans rien distinguer de ce qui se cache dans le noir, attendant de vous trucider.

Resident Evil 4 Remake - Nuit 1

Afin de moderniser la formule, le rythme du titre a été un peu modifié en voyant certains passages remodelés, voire supprimés pour rendre l’action plus fluide et plus crédible. Autre changement qui fait du bien, le personnage d’Ashley devient dans cette version beaucoup moins caricatural et nunuche que son incarnation de 2005. En supprimant sa jauge de vie, Capcom laisse une plus grande marge de manœuvre aux joueurs, d’autant que l’IA qui gère la jeune fille s’avère moins pénible que par le passé. Dorénavant, quand elle se fera touchée par un ennemi, elle se retrouvera immobilisée et un nouveau coup dans cet état entraînera un game over d’emblée.

Resident Evil 4 Remake - Ashley 1

Aiglonne s’est faite attraper ? Plus besoin de systématiquement viser son ravisseur de loin (au risque de shooter la belle par inadvertance), il vous suffira de vous en rapprocher pour pouvoir achever l’ennemi au couteau. Un vrai renouveau pour tous les traumatisés du “boulet Ashley”. Comme toujours, Resident Evil 4 Remake propose trois niveaux de difficulté de base : facile, standard et difficile, sachant que le mode standard a revu un peu à la hausse la difficulté du mode normal originel. Une fois votre aventure arrivée à son terme, le fameux mode Professionnel se débloquera pour un challenge encore plus ardu.

Resident Evil 4 Remake - Cinématique 3

Toutefois, ne comptez pas trouver d’emblée les scénarios additionnels d’Ada, ni même le mode Mercenaries qui sont pour l’instant aux abonnés absents. Si le mode Mercenaries est d’ores et déjà annoncé pour une arrivée le 7 avril 2023 en DLC gratuit, nous n’avons pour l’instant aucune nouvelle des scénarios mettant en scène l’espionne, mais il serait étonnant que nous ne les voyions pas débarquer un de ces jours prochains.

On a tous quelque chose en nous de Kennedy

Resident Evil 4 Remake - Zombies 2

Si Resident Evil 4 a été un tel tournant vidéoludique en 2005, c’est avant tout grâce à son gameplay réglé au cordeau et à ses innovations jamais vues jusque-là. C’était donc le point à ne surtout pas rater pour les équipes en charge du projet. Et c’est un sans faute, il faut bien le dire ! À chaque affrontement, on retrouve cet enchaînement nerveux et fluide qui a fait la renommée de son ancêtre. Mais loin de se reposer sur ses lauriers, le remake a vu l’arrivée de certaines fonctionnalités qui améliorent encore les choses (si tant est que ce soit possible).

Resident Evil 4 Remake - Zombies 3

Rappelons-le, Resident Evil 4 était un jeu en vue à la troisième personne, caméra sur l’épaule. C’est toujours le cas, mais là où il était impossible de se déplacer tout en visant, le Leon 2023, lui, y arrive très bien. Autre changement de taille, il est désormais possible d’équiper jusqu’à huit armes et de passer de l’une à l’autre à la volée via des raccourcis sur la croix directionnelle. On ne dirait pas comme ça, mais ça fait une sacrée différence en jeu quand des hordes d’adversaires se ruent sur vous pour vous faire la peau.

Resident Evil 4 Remake - Armes 1

Vous préférez faire dans le feutré ? C’est prévu puisque Leon pourra maintenant s’approcher d’un ennemi par derrière et le zigouiller d’un seul coup de couteau bien placé sans alerter les autres. Bon, cette technique a ses limites, d’autant que dorénavant les couteaux sont destructibles, vous obligeant à en faire un usage parcimonieux et stratégique. Mais rassurez-vous, vous aurez la possibilité de les faire réparer par le marchand moyennant quelques pesetas. Car oui, le marchand est de retour avec ses améliorations d’armes, ses marchandises pour vous faciliter la vie (et vous éviter la mort), mais également avec quelques contrats qui vous donneront des petites missions annexes (tuer des rats, dégommer des médaillons, tuer trois vipères…).

Resident Evil 4 Remake - Armes 2
Resident Evil 4 Remake - Armes 2

De quoi augmenter encore la durée de vie, puisque ces missions vous permettront d’obtenir des spinelles, monnaie d’échange pour des items plus rares ou plus efficaces. Cerise sur l’infecté : on retrouve la grande générosité par laquelle s’était illustré le chef-d’œuvre de Shinji Mikami, avec une durée de vie assez longue pour un épisode de la licence. En effet, il vous faudra (à nouveau) une vingtaine d’heures environ pour le terminer sans trop vous presser.

Allergie aux Grahaminés

Resident Evil 4 Remake - Zombies 4

Pour bien comprendre mon histoire avec Resident Evil 4, il faut que je vous explique en premier lieu que je suis une trouillarde finie. Malheureusement pour moi, j’ai épousé un homme qui est un grand amateur et spécialiste des jeux d’horreur et qui mène une croisade depuis des années pour me convertir. Afin de ne pas trop me brusquer, il m’a tout d’abord fait découvrir le Remake du premier Resident Evil (2002), mais devant mes réactions assez violentes, m’a proposé en second jeu RE4, sous le fallacieux prétexte qu’une de ses premières itérations de développement avait donné Devil May Cry dont je suis une fan absolue.

Resident Evil 4 Remake - Zombies 5

J’ai donc arpenté ce monde en proie aux plagas et peuplé d’infectés de toute sorte. Et contre toute attente, je l’ai adoré, notamment à cause de son aspect plus orienté action que peur primale. Comme tous les amateurs, j’étais ainsi sur les rangs dès que le remake a été annoncé. Il faut bien l’avouer, j’ai eu énormément de mal à m’habituer à la nouvelle apparence de Leon, ainsi qu’à son maniement. Dans cette version, les ennemis sont plus agressifs et rapides que dans l’original, mais je trouve que notre avatar est lourd et met trop de temps à se dégager ou à se mettre en mouvement. Cela m’a occasionné de nombreuses crises de rage lors de mon run, surtout dans les phases dans lesquelles on est attaqué de toute part et où l’esquive peut souvent minimiser les dégâts.

Resident Evil 4 Remake - Gameplay

Le temps et les épreuves passant, j’ai tout de même réussi à m’y faire, pour ne plus vraiment être gênée en fin d’aventure. Autre point que j’attendais au tournant : Ashley ! Oui, je suis l’une de ses fameuses traumatisées du “boulet Ashley” et je l’attendais au tournant. Certes, ce n’est pas encore l’amour fou et je continue de régulièrement lui envoyer des noms d’oiseaux quand elle ne réagit pas assez vite ou comme je le voudrais, mais globalement nos relations se sont améliorées. Un exploit que je n’aurais pas cru possible tant elle m’en a fait voir de toutes les couleurs par le passé !

Pour le reste, je vous ai déjà exposé mon avis plus haut en long en large et en travers, je conclurais donc en disant que si pour Shakespeare : “En nous efforçant de faire mieux, nous gâchons souvent ce qui est bien.”, Resident Evil 4 remake en est le contre-exemple parfait !

Pour conclure…

Si Resident Evil 4 était un bouleversement en 2005, Capcom réussit avec ce remake à se hisser à la hauteur du mythe. Mieux que ça : il l’a modernisé ! En reprenant assez fidèlement la trame de l’original tout en la modifiant assez pour que les joueurs qui connaissent le titre par cœur soient quand même surpris, les développeurs ont assuré à RE4 Remake une (nouvelle) entrée au panthéon du jeu vidéo. Avec l’adjonction de petites nouveautés de gameplay, la correction de certains de ses anciens défauts et les différents challenges proposés, Resident Evil 4 Remake fait un quasi sans faute et s’assure d’une rejouabilité au long terme. Doté d’une ambiance plus sombre et glauque que son aîné, nul doute que cette petite virée espagnole va vous laisser des traces. Bon, c’est pas tout ça, mais on part quand ?

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Un Leon plus badass que jamais

Des petites nouveautés de gameplay qui font plaisir

On retrouve toutes les qualités qui ont fait le succès de l’original

Une réalisation superbe

Ashley est beaucoup moins caricaturale

Les points négatifs

L’absence des DLC “Separate Ways”, “Assignment Ada” et du mode “Mercenaries”

Un Leon un poil trop lent et lourd à diriger

Certains fans pourront regretter la disparition de certains passages

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