Persona 5 : The Phantom X

Ce qui est certain, c’est que Persona 5 reste à ce jour l’un des plus grands succès de l’éditeur Atlus. Ce spin-off de Shin Megami Tensei a même donné naissance à de nombreuses suites, certes inégales, mais chaque titre gravitant autour des Voleurs Fantômes continue de susciter un engouement intact. Forts de ce constat, Atlus et Sega n’ont donc surpris personne en choisissant de se tourner vers un modèle free-to-play pour leur nouvel opus. Fidèle à l’univers d’origine, Persona 5: The Phantom X mise cette fois sur une toute nouvelle galerie de personnages. Disponible depuis le 26 juin 2025 sur iOS, Android et même sur PC, le jeu nous a vendu du rêve… mais le réveil, lui, nous a sonné.

Ce test a été réalisé sur une version PC.

Phantom X, confiance collective

Persona 5: Phantom X prends place alors que le héros (qu’il vous appartiendra bien entendu de nommer), se réveil d’un rêve étrange où il était confronté à un mystérieux jeune homme masqué et habillé de noir. Parti pour le lycée, il s’aperçoit qu’une étrange application à fait son apparition sur son smartphone et il s’empresse de la supprimer. Alors que les cours battent leur plein, l’adolescent s’endort et se retrouve transporté dans un monde parallèle, une salle sous l’eau dans laquelle il fait la connaissance d’Igor et de Merope, qui l’assurent de leur aide et de leur plein soutien dans les évènements à venir. Prêt à rentrer chez lui après cette journée assez bizarre, il assiste au suicide d’une jeune femme et malgré l’absence de réaction générale, se révolte de ne rien avoir pu faire.

Une fois dans le train, il s’aperçoit que l’application est de retour sur son téléphone et c’est à ce moment qu’un hibou posé sur la banquette d’en face lui adresse la parole. Malgré l’étonnement, notre héros n’a pas le temps de s’interroger plus avant puisqu’un cycliste fait irruption dans le wagon et lui fonce dessus. Il reprend conscience dans un endroit inconnu en compagnie du hibou qui a changé de forme. Ce dernier lui explique se nommer Luffel et avoir besoin de son aide pour empêcher les gens de perdre leurs désirs et leurs espoirs, ce qui les conduit à devenir apathiques et même à ne plus avoir envie de vivre. Cependant, leur conversation est bien vite interrompue par des monstres qui les attaquent et c’est alors que l’adolescent se découvre une Persona nommée Jánošík.

Fort de ce pouvoir tout neuf, aidé d’Igor et de Merope, notre protagoniste prend le pseudonyme de Wonder et accepte de rejoindre les Phantom Thieves (Voleurs Fantômes en français) pour aider Luffel à endiguer la perte d’espoirs de la population. Et cela commence en s’occupant du “pousseur du métro” qui, en perpétrant ses crimes, vole les désirs de ses victimes. Un premier pas sur une route qui va le conduire bien plus loin qu’il l’imagine. Vous l’aurez compris, on reste assez proche de Persona 5, tant au niveau de l’intrigue qu’au niveau des personnages, dont les archétypes sont assez calqués sur les précédents Voleurs Fantômes, Luffel étant le nouveau Morgana et Motoha le pendant de Ryuji, par exemple.

Pour autant, le nouveau casting n’est pas dénué de charme et d’intérêt et on se prend vite d’affection pour le nouvelle petite bande, d’autant que leurs aventures sont habillés avec les mêmes graphismes et la même musique que l’opus original, ce qui fait d’emblée vibrer le coeur des fans. De plus, les cinématiques sont toujours d’aussi bonnes qualités, ce qui ne gâche rien. Malheureusement, Persona 5: The Phantom X ne s’adresse qu’aux anglophones confirmés, le titre n’étant pas traduit en français et bénéficiant d’une somme de textes plus que conséquente. Il est donc indispensable d’avoir une bonne compréhension de la langue de Shakespeare pour pouvoir en appréhender parfaitement les mécaniques.

Microtransactions et macro-frustrations 

Une fois lancé à l’assaut de Tokyo, là encore on est dans des chaussons, on retrouve les activités quotidiennes comme le jardinage, la cuisine, les cours, le travail à temps partiel ou la possibilité de crafter des outils. Le système de lien relationnel est également de retour et passe à 20 niveaux pour chaque personnage. Contrairement à son modèle, Persona 5: The Phantom X se base sur un système de points journaliers, chaque activité coûtant un certain nombre de points se régénérant automatiquement au fil du temps ou en récompense de certaines missions et autres montées de niveau (voir après un achat en argent réel).

Il faut cependant noter que les incursions dans les palais ou dans le Mementos (Métaverse en français) ne coûtent rien en termes de points d’activités. Il est donc possible de se balader librement en ville tout en réalisant des achats et autres conversations sans que le temps ne s’écoule. Pour améliorer ses compétences sociales, il est également possible d’étudier et de tester de nombreux jobs afin de faire progresser son niveau de courage, de gentillesse, de sagesse, etc. Chaque moment passé à réaliser une activité donnera des récompenses intéressantes pour évoluer dans le jeu. De plus, vous aurez accès à un certain nombre de quêtes annexes qui, outre les récompenses une fois terminées, permettront à votre avatar de gagner en expérience.

On ne sait pas toujours ce que permettent de faire les récompenses dans "Persona 5: The Phantom X"

En effet, système de gacha oblige, la montée en expérience de Wonder ne se fera pas comme dans un RPG classique, la plupart de combats simples ne lui apporteront pas d’expérience et il faudra écumer les palais et le Métaverse (voire acquérir certains items) pour que le héros évolue via des menus dédiés. Il faut bien le reconnaître, la multiplicité et la complexité de ces derniers n’aident pas vraiment à s’y retrouver et l’on se retrouve souvent coincé dans ses gains d’expériences (surtout pour les Personas) sans vraiment savoir pourquoi, ni quoi faire pour y remédier (à part payer bien entendu !). Et fatalement, seuls les ennemis les plus coriaces permettront à Wonder de gagner en puissance, il faudra donc farmer intelligemment.

En ce qui concerne le Métaverse, fini les donjons générés aléatoirement, il abrite des zones fixes déblocables en y ramassant des tickets, ainsi des évènements saisonniers et sert de hub central pour les stages bonus et les palais mentaux. Ceux-ci sont d’ailleurs beaucoup plus étendus que dans Persona 5 et restent accessibles même une fois le trésor de leur créateur volé.

Gacha la manette

Ce n’est un secret pour personne, qui dit palais et Métaverse dit forcément combat ! Si les joueurs de Persona ne seront pas déstabilisés, Persona 5: The Phantom X apporte tout de même de petites subtilités qui pourront plaire… ou pas ! Ici le système de base reste inchangé, bien que simplifié, nous sommes toujours sur du tour par tour où il est nécessaire de cibler les faiblesses élémentaires des adversaires afin d’enchaîner les attaques grâce aux “One more”. Cependant, il est désormais impossible de choisir l’attaque qui va être lancée, celle-ci étant automatiquement pré-sélectionnée. D’ailleurs, certains ennemis sont dotés d’une barrière qui nécessitent un nombre défini d’attaque sur leur faiblesse avant de la voir détruite.

Mais attention, chaque coup ne touchant pas la faiblesse de l’adversaire renforcera sa protection. Autre changement, désormais n’importe quel combattant de votre équipe pourra déclencher une attaque groupée, quand seul le leader pouvait le faire dans Persona 5. De plus, votre avatar pourra équiper de base plusieurs Personas (nombre qui évoluera en fonction de son niveau) avec lesquelles il pourra switcher à la volée en cours d’affrontement, ce qui permet de s’adapter rapidement et facilement à toute situation. Toutefois, chaque combattant sera limité à trois compétences actives, deux passives et une compétence d’éveil, ce qui limite fortement l’aspect tactique.

Il est à noter également que l’attaque à deux (disponible assez tard dans le jeu d’origine) est ici remplacée par une attaque spéciale puissante plus basique, mais disponible d’emblée. Afin de collectionner assez vite un deck de combattants, vous pourrez échanger l’une des nombreuses monnaies du jeu pour essayer de tirer au sort des alliés que vous pourrez incorporer à votre groupe. Cela étant, il est assez perturbant d’avoir accès à des protagonistes, sans que votre avatar ne les aient jamais rencontrés auparavant. Un choix inhérent au système de gacha qui ne me convainc pas, d’autant que le nombre de monnaies disponibles (quasiment une par type d’item) rend le tout brouillon, limite indigeste.

Pourtant, l’inclusion des Voleurs Fantômes originels et les nouveaux venus ne manquent pas de piquant, mais là encore, le déséquilibre entre les joueurs prêts à ouvrir les cordons de leur bourse et les autres est par trop disproportionné. Malgré tout, comme il ne s’agit pas d’un jeu multijoueur, une grosse dose de patience permet de faire son bonhomme de chemin sans trop d’écueils, du moment que l’on est déterminé à y passer le temps nécessaire.

Joker ! Mais pas de carte maîtresse…

Ce n’est pas nouveau, je suis la cible parfaite pour tout jeu estampillé Persona 5, depuis que j’ai découvert sa version Royal. De Persona 5 Strikers à Persona 5 Tactica, aucune de ses itérations suivantes ne m’a échappé, galvanisée que j’étais de retrouver ces héros que j’aime tant. Aussi, quand Atlus a annoncé l’arrivée en Europe de Persona 5: The Phantom X, je n’ai pu que me réjouir, malgré un habillage qui habituellement me rebute, celui du free-to-play. En effet, entre le fait que je déteste me sentir obligée de me connecter quotidiennement à un jeu et le fait de ne pas y voir de fin définie, j’ai toujours eu beaucoup de mal à en comprendre l’intérêt.

Mais nous parlons de Persona 5 et il était hors de question que je ne lui donne pas une chance, d’autant qu’il promettait une toute nouvelle intrigue et de nouveaux personnages, mais en corrélation directe avec l’univers déjà bien installé. Et je dois dire que de ce point de vue là je n’ai absolument pas été déçue. Entre la musique, l’ambiance et les graphismes, ainsi que les nombreuses incursions de Joker et sa bande dans la vie de Wonder, je me suis régalée. En prime, le nouveau casting ne manque pas de charisme et l’intrigue principale de Persona 5: The Phantom X reste cohérente avec celle de son prédécesseur, tout en y amenant quelques subtilités. Toutefois, au bout de plusieurs heures, j’ai commencé à en ressentir les limites.

Malgré un bon niveau d’anglais, les textes sont si nombreux qu’il arrive parfois que l’on lise en diagonal et que l’on loupe des informations importantes, que l’on ne sait plus vraiment où retrouver dans les tutoriels par la suite. La multiplication des quêtes annexes et autres vecteurs de récompenses m’ont écarté de la quête principale pendant un long moment et j’avoue m’y perdre ne sachant toujours pas à quoi donnent accès exactement les diverses monnaies (et il y en a un paquet) et autres récompenses disponibles.

Dans le même ordre d’idée, il est nécessaire de coupler la manette et la souris, certains menu et autre manipulations n’étant pas réalisable à la manette, ce qui est un peu crispant, d’autant que les bugs sont encore beaucoup présents et qu’il est assez difficile d’arriver à faire reconnaître sa manette par le jeu, obligeant à relancer l’ouverture plusieurs fois avant même de commencer à jouer. Certes, il y a fort à parier que des patchs correctifs vont être mis en place, mais un mois après la sortie il reste encore une trop grande fragilité technique pour ne pas induire de frustration.

Autre sujet d’incompréhension, l’écoulement du temps lors des missions secondaires où il est question de retourner voir un personnage après un moment. J’avoue en avoir été contrainte à avancer le temps jusqu’au moment adéquate afin de continuer la quête (ce qui dans un jeu sans fin ne pose pas de réel problème, on est d’accord), mais qui nuit à l’immersion car j’aurais préféré en arriver à ce moment de façon plus naturelle, ce qui est impossible, toute indication de durée précise étant absente. Enfin, les indications de nouveauté dans les menus m’ont parfois perturbé m’indiquant qu’un update de mes Personas ou de mes armes étant disponibles, mais restant impossibles à réaliser pour je ne sais quelle raison.

N’ayant jamais joué à un free-to-play de ce type, j’imagine que c’est mon expérience qui est à mettre en cause et que des habitués trouveront ce système parfaitement logique, ce qui m’amène à en conclure que Persona 5: The Phantom X n’est sûrement pas une bonne porte d’entrée au free-to-play, et si ça se trouve pas l’un des meilleurs représentant du genre non plus. Une déception qui s’accompagne de la frustration de collectionner des personnages que j’utilise en combat sans les avoir au préalable rencontrés et sans rien savoir d’eux et tout en sachant pertinemment que je ne verrais sans aucun doute jamais la fin de l’aventure. Je vais donc continuer un peu, mais il y a fort à parier que je finirais par abandonner, à la faveur d’un autre titre qui aura attiré mon attention, pour ne jamais y revenir.

Pour conclure…

Alors que tous les ingrédients semblaient réunis pour offrir aux aficionados des voleurs masqués une nouvelle aventure digne de ce nom, Atlus manque sa cible et tire clairement à côté. La faute à un trop grand nombre de bugs, des contrôles manette pas franchement optimisés, un déséquilibre criant entre les récompenses accessibles gratuitement et celles monnayables en euros, sans parler d’une avalanche de menus parfois aussi complexes que difficilement appréhendables. Et pour ne rien arranger, Persona 5: The Phantom X n’est disponible qu’en anglais, ce qui le coupe d’une partie de son public, surtout quand les dialogues sont aussi nombreux que verbeux. Et pourtant… tout n’est pas à jeter. Les nouveaux personnages sont intéressants, les graphismes et les musiques piochés dans l’ADN de Persona 5 font toujours leur petit effet, et les interactions entre les deux générations de Voleurs Fantômes attisent la curiosité. Malheureusement, pour beaucoup, l’aventure risque de s’arrêter là, la déception pointant plus vite que prévu. Cela signe-t-il la fin des Voleurs Fantômes ? Réponse dans quelques mois…

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

L’univers de Persona 5 fonctionne toujours très bien

De nouveaux personnages intéressants et une nouvelle histoire qui débute bien

La bande son et les graphismes, toujours au top

Les nombreuses incursions des héros de Persona 5

Les points négatifs

Aucune traduction française n’est disponible

Des menus multiples trop complexes et parfois difficilement compréhensibles

De nombreux bugs à déplorer

Un nombre trop important de monnaies d’échange

Une trop grande différence de progression entre ceux qui “payent” et ceux qui se contentent de la monnaie du jeu

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