Nobody Wants to Die

Pour un premier jeu, on peut dire que Critical Hit Games, studio polonais créé en 2020, a mis la barre très haut ! Tant graphiquement (grâce à Unreal Engine 5), qu’au niveau du gameplay, des ambiances, des personnages, tout est réussi. On sent la passion du studio et leur envie de proposer des jeux de très haut niveau. La New-York dystopique cyberpunk (mais à tendance Art Deco) dans laquelle nous allons évoluer avec James Karra, que nous incarnons, va s’avérer des plus passionnantes… 

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

L’Immoralité de l’Immortalité

New York, 2329. L’immortalité n’est plus un fantasme, elle est bel et bien réelle. Grâce à l’ichorite, une technologie de pointe permettant de transférer notre conscience dans un autre corps lorsque l’on est trop vieux ou malade. Tout cela est possible, mais réservé à une élite. En effet, ce système demande de souscrire à un abonnement (cher !) obligatoire dès 21 ans, ainsi que d’acheter aux enchères un nouveau corps. Sans cela, votre conscience se verra transférée dans une bibliothèque de stockage, dans l’attente de peut-être, un jour, retrouver un corps.

Mais depuis quelque temps, une personne prend beaucoup de plaisir à s’en prendre à cette élite et à détruire les ichorites de personnalités importantes, pour supprimer leurs données et donc les empêcher d’être transférés dans un nouveau corps. Elles se retrouvent ainsi “vraiment” mortes.

Et c’est là qu’entre en scène James Karra, matricule 984, détective au service Mortalité, 120 ans. Véritable tête brûlée, qui n’en fait qu’à sa tête, fort d’une carrière de 50 ans, notre protagoniste a changé plusieurs fois de corps avant de se retrouver ici et maintenant, chargé de résoudre le mystère de ces meurtres. Très controversé par les méthodes qu’il emploie, et sortant d’une affaire qui a fait parler la presse, entachée sa réputation, et lui a fait perdre des personnes chères, James Karra est, en plus, en pleine rémission suite à son transfert de conscience dans son nouveau corps, ce qui lui pose des problèmes de mémoire. On lui adjoint donc une coéquipière, Sara Kai, qui va devoir le surveiller, et avec qui il va communiquer par radio, pour l’aider dans cette affaire mystérieuse

Art Déco…necté

Le gameplay, très restreint de Nobody Wants to Die, donne vraiment l’impression que le focus du studio se voulait être le visuel et la narration. Ici, le gameplay sert l’histoire et non l’inverse, ce qui mérite d’être souligné. En plus des déplacements classiques dans l’environnement, des interactions avec certains éléments, ponctuées par une remarque tantôt acerbe, tantôt drôle de notre détective du futur, nous avons la possibilité d’utiliser divers outils dans notre panoplie de détective. Tous ces outils vont être complémentaires les uns avec les autres. Je passe rapidement sur le pistolet, ou encore la lampe torche ou l’appareil photo, qui ne sont que très peu utilisés, bien qu’indispensables aux moments opportuns.

Premier élément, le plus important, le bracelet qui permet, par une technologie obscure, de remonter le fil du temps pour revisionner une action, à la manière d’une VHS, et d’analyser et interagir avec certains éléments à certains moments clés. En effet, après avoir analysé une scène de crime et récolté un certain nombre d’indices, nous aurons la possibilité de remonter le temps grâce à notre bracelet. Et, par le biais d’un mini-jeu rapide (un peu à la façon des piratages dans Cyberpunk 2077), nous allons débloquer une zone jaune sur notre bracelet qui va permettre de matérialiser une “bulle temporelle” devant nous. Cette dernière nous révèle qu’il y a des indices clés à trouver dans cet espace.

Au fur et à mesure, le but va être de répéter ces étapes pour obtenir la ligne temporelle complète sur le bracelet. Nous avons également la lampe UV, très pratique pour suivre les traces de sang ou de pas des suspects et/ou victimes, ou encore la lampe à rayons X qui va nous permettre de voir à travers les murs (qui cachent parfois des secrets), ou à travers les vêtements, voire le corps en lui-même, ce qui s’avère pratique pour voir l’état du cerveau de la victime, et donc son ichorite, mais aussi l’état de son squelette par exemple.

Lorsque l’on a rempli notre mission sur les lieux du crime, on rentre chez nous, dans notre sublime appartement à la lumière chaude et réconfortante et on peut accéder à notre tableau d’enquête. Enfin tableau… façon de parler… Il s’agit des preuves récoltées sous forme d’hologrammes, qu’il va falloir placer de sorte à mettre de l’ordre dans nos idées. Tant lors des explorations sur les lieux des crimes, que lorsque l’on est chez nous, nous serons constamment en contact avec Sara, tels Johnny Silverhand et V dans Cyberpunk 2077, nous partagerons nos hypothèses, nos doutes, nos réflexions avec elle, et elle avec nous.

Lors des dialogues, nous aurons d’ailleurs des choix multiples, la plupart avec un temps limité, qui vont impacter la fin de l’histoire, car oui, plusieurs fins vont être possibles. J’ai joué à pas mal de jeux d’enquêtes, et je trouve que ce dernier est d’une fluidité à toute épreuve. Tout est clair, tout est simple, malgré un gameplay qui peut paraître fouilli au premier abord, on comprend où se rendre, quoi faire, pourquoi etc… C’est tellement agréable ! Et ça se suffit en lui-même. Ici, pas de points de compétences ou d’amélioration d’équipement etc… Même si mon côté fan de RPG aurait apprécié du loot cosmétique pour pimper notre James (ce dernier, avec son look excentrique à la Dr Who, s’y prêtant particulièrement). 

Walking Enquêtor

Habituellement, je ne suis pas une fan des vues à la première personne. Cependant, je trouve que pour Nobody Wants to Die, c’était vraiment le choix à faire, et cela fonctionne parfaitement. En effet, de cette façon, nous incarnons vraiment James Karra, nous vivons vraiment à travers lui ses traumas, ses malaises, sa surprise lors de certaines révélations… Nous allons d’autant plus pouvoir profiter des sublimes panoramas de la New-York futuriste.

Et tout comme dans Cyberpunk 2077 nous vivions les désynchronisations de V, nous allons vivre les problèmes de synchronisation de James entre sa conscience et son nouveau corps. À la différence qu’ici, je les ai trouvées beaucoup plus immersives, beaucoup plus prenantes. Je regrette cependant grandement, tout comme pour Indika récemment par exemple, la non-existence d’un mode photo. L’environnement est si beau, si fouillé, si détaillé qu’on a envie de passer du temps dans ce dernier, de le fouiller, l’explorer, le partager aussi. Nobody Wants to Die a presque des airs de walking simulator. Presque.

De plus, James Karra est tellement charismatique qu’il est bien dommage de ne voir sa frimousse qu’une seule fois dans le jeu. Quelle frustration ! J’espère que nous aurons droit, lors d’un patch ou d’une mise à jour, à un mode photo qui nous permettra de pouvoir partager cette D.A. aux petits oignons sur les réseaux, ou simplement comme fond d’écran. J’aurais aussi beaucoup apprécié que certaines zones soient en monde ouvert. À la place, nous avons différentes zones, que l’on peut plus ou moins visiter librement, mais cela reste un “jeu couloir”, avec peu de liberté de mouvement. Et comme dit plus haut, certains éléments de personnalisation auraient été sympas, comme pour Mafia où l’on pouvait changer notre costume (pour rester dans l’univers du polar) ou encore personnaliser notre bracelet temporel aurait également été chouette, vu que c’est l’accessoire que nous observons le plus durant nos parties.

Mais cela reste du détail, car le jeu est déjà tellement parfait tel quel. En me relisant, je remarque que j’ai fait beaucoup de comparaisons avec Cyberpunk 2077, car c’est un peu devenu la référence des mondes dystopiques, cyberpunk, en vue en première personne, mais j’ai aussi trouvé que le Nobody Wants to Die trouvait quelques inspirations dans d’autres univers tels que Fallout et ses publicités vintages, mais aussi Bioshock pour l’ambiance générale, Blade Runner, évidemment, avec un petit clin d’œil au roman 1984 de George Orwell, le badge de James Karra portant le matricule 984.

L’architecture des bâtiments ainsi que les accessoires sont très inspirés de l’Art Déco, ce mouvement décoratif qui fut en plein essor dans les années 1920. Notons toutefois que malgré plusieurs inspirations visuelles assez marquées, le jeu tire vraiment son épingle du jeu et sait pousser cette direction artistique au firmament. On peut parler de claque visuelle sans rougir ! Enfin, et comme dans toutes les dystopies, des questions éthiques sont traitées et poussent à une réflexion personnelle, comme par exemple dans ce cas, la question de l’immortalité et de son accessibilité réservée aux bourgeois, la manière dont elle est monétisée et politisée… Le jeu vogue ainsi entre deux grosses références littéraires, Philip K Dick, pour tous ces questionnements Anthropologiques, mais également Raymond Chandler et le polar en général, James Karra étant d’ailleurs un cinéphile accompli sur cette période de films noirs hollywoodiens du début du XXe siècle. 

Gershwin Impact

Transition parfaite pour aborder l’OST, qui, à l’instar du reste du jeu, est une réussite en tous points. Pas si étonnant quand on sait qu’elle est le fruit du travail de Mikolai Stroinski, qui nous avait déjà épatés il y a quelques années avec The Witcher 3. Ici, on oublie les ballades médiévales afin de se plonger corps et âme dans un Blues-Jazz très crépusculaire à coup de longues plages de cuivres et d’envolées de hautbois rappelant parfois le travail de Gershwin. Lorsque l’action se lance, l’ambiance fait un bond dans le temps et se transforme en électro aux tonalités bien digitales et bien sombres, collant ainsi, encore une fois, parfaitement aux thématiques de l’œuvre.

Pour conclure…

Tout comme Indika très récemment, Nobody Wants to Die ne m’a pas laissée indifférente. Véritable perle narrative et visuelle, on ne se lasse pas de découvrir les différents environnements aux détails très soignés. Le jeu gagne à être court (plus ou moins 7h pour le terminer entièrement une première fois) car les mécaniques de gameplay sont peu nombreuses et on a vite fait le tour des possibilités. Cependant, ça me plairait beaucoup de retrouver James Karra dans un second opus ou un DLC, si ce dernier est tout aussi bien ficelé que Nobody Wants to Die. Dans tous les cas, j’ai d’autres fins à tester, donc j’y retourne !  

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

D.A magnifique

Narration

Gameplay

Personnages

On en veut plus !!!

Les points négatifs

Pas de mode photo

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