Mina the Hollower

Mina the Hollower est un jeu d’aventure aux inspirations rétro fièrement assumées. Inspirée des légendes d’antan, la dernière production de Yacht Club Games entend bien rentabiliser les vieux pots pour cette soupe. Le jeu est disponible sur PlayStation 5, XBOX Series X&S, Nintendo Switch et PC depuis le 29 mai.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Le retour du yacht

Cela faisait pas mal d’années que j’attendais la sortie de Mina the Hollower de pied ferme. Quand un développeur comme Yacht Club Games annonce travailler sur un jeu inspiré entre autres par Link’s Awakening, ça attire l’attention ! Après l’excellent hommage aux jeux de plateforme de l’ère 8-bits qu’était Shovel Knight, j’avais donc une confiance quasi aveugle en la qualité du titre avant même de me lancer dans l’aventure.

Une aventure qui démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roues. Avant même de lancer une partie, nous sommes accueillis par une superbe cinématique, véritable aperçu de ce qui nous attend sur la route. Mina the Hollower nous expose ensuite brièvement son intrigue par la lettre du Maréchal Thorne, reçue par notre héroïne éponyme. Les générateurs de bluettes de sa conception seraient en péril, et le Baron Lionel requiert l’aide de son illustre conceptrice : Mina, Muloteuse de profession.

Mais tandis que son navire fait route vers l’île de Ténébrande, un Kraken monstrueux attaque et cause son naufrage. Avec pour seules défenses une arme au choix et ses fioles de plasma guérisseuses, la Muloteuse prend la route de sa ville principale, Ossex. Mais embûches et monstres l’attendent sur le chemin ! La panne des générateurs semble avoir déchaîné bien des maux sur l’île autrefois paisible. Et chacun d’entre eux est bien évidemment gardé par un redoutable boss, qui n’attend que d’en découdre.

Muloteuse un jour…

Une fois réuni avec son ami Baron, ce dernier lui indique qu’il suffira de réparer les six générateurs de Ténébrande pour mettre un terme à cette problématique. Plus facile à dire qu’à faire, bien entendu ! Chaque générateur est localisé dans une partie différente de l’île, et les méthodes de transport rapide sont toutes hors service. Mina the Hollower nous laisse la possibilité de partir dans la direction de notre choix dès sa séquence introductive terminée. Un véritable monde ouvert se dévoile à nous, regorgeant d’écrans à explorer.

Mina the Hollower prend d’ailleurs le pari de ne pas proposer de carte, ni de marqueurs de mission. La seule forme de guide proposée est diégétique : de précieux indices sur la voie à suivre se trouvent dans la gazette de l’île ou en parlant aux PNJ en ville. Le jeu ne propose également pas de tutoriel contextuel. Un manuel très complet est accessible depuis le menu pause et détaille tous les systèmes du jeu en profondeur. On croirait presque lire une vieille notice physique !

L’occasion d’apprendre comment marche le mulotage plus en détail, ou encore le fonctionnement du système de soin du jeu. Mina the Hollower nous fait incarner une héroïne dont la principale force est de pouvoir s’ensevelir. En restant appuyée sur la touche de saut dans les airs, elle peut ainsi s’enfouir temporairement pour mieux réapparaître dans le dos de ses ennemis. Une mécanique également utilisée pour allonger ses sauts : en sortant du sol, nous traversons deux cases au lieu d’une. Ce qui nous permet également de passer au-dessus de pas mal d’obstacles.

Mon mulotage percera les cieux !

Le système de mulotage est constamment utilisé, que ce soit pour des puzzles ou dans le feu de l’action. Il est donc primordial de vite s’y habituer ; surtout que son timing peut perturber au départ. Comme Mina peut se faire toucher dans les airs pendant qu’elle tente de s’ensevelir, on se retrouve vite contraint d’anticiper les attaques plutôt que d’y réagir. Un changement de rythme un peu rude, surtout au début du jeu, où nos ressources sont un peu plus limitées.

Les fioles de plasma de Mina the Hollower renforcent le côté punitif du début de jeu, à mon avis. Ne comptez pas sur elles comme d’un item à utiliser en panique ! Leur capacité de soin dépend du plasma récolté en infligeant des dégâts aux ennemis, qui vient remplir en orange notre vie manquante. En consommant une fiole, Mina se lance dans une longue animation qui convertit ce plasma orange en points de vie. Il faudra donc non seulement anticiper la durée de cette action, mais surtout oser aller au contact même blessé pour rentabiliser le plus possible nos fioles.

Qui plus est, même si Mina the Hollower nous permet bien d’aller explorer partout très tôt, un ordre d’exploration recommandé se dessine très vite. Pour une première partie, je conseille vivement de le suivre, afin de ne pas se décourager trop vite. Si toutefois le jeu apparaît vraiment insurmontable, il reste possible d’activer une flopée de modificateurs de difficulté à tout moment. Certains rendent le jeu plus facile, d’autres plus dur ; d’autres encore… Plus bizarres ? Tout est pensé pour éviter d’être bloqué irrémédiablement et de finir dégoûté trop tôt.

Rongeur sur mesure

Au bout de quelques heures, Mina the Hollower nous permet de toute manière de varier assez profondément notre gameplay. De par l’usage de ses Armes d’appoint, pour commencer. Moyennant quelques Joules pour leur utilisation, chacune d’entre elles a son propre effet bien utile. Dégâts à distance, onde de choc, ou encore mobilité accrue : de quoi rendre notre Muloteuse encore un peu plus habile. Heureusement qu’il est possible d’en équiper deux à la fois au bout d’un certain temps, car j’ai bien eu du mal à me passer de mon vélo ultra rapide !

En terrassant des monstres et en explorant Ténébrande, Mina collecte deux types de ressources : les Os et l’Ostéolithe. Car bien que le jeu ne soit pas un Souls-like, il y a quand même une pénalité en cas d’échec répété. Si Mina perd toutes ses bluettes sans les récupérer après trépas, nous perdons la totalité de nos Os ! L’Ostéolithe, en revanche, se conserve peu importe les circonstances. Mais, bien entendu, il sera plus compliqué de s’en procurer… En collectant suffisamment d’Os, il nous sera ainsi donné le choix de convertir nos précieux ossements en Ostéolithe ou de monter un des attributs de Mina d’un niveau. Un choix cornélien, donc.

Enfin, toute Muloteuse qui se respecte sait varier son équipement. Bien que nous ayons dû choisir une arme au début du jeu, Mina the Hollower en compte cinq bien différentes en tout. Il y en a pour tous les goûts niveau gameplay ! En explorant l’île, nous pourrons trouver deux améliorations pour chacune d’entre elles, leur débloquant des traits et compétences supplémentaires. Les dégâts de notre Muloteuse restent, en outre, liés à sa statistique d’attaque avant tout : pas de risque de faire foncièrement moins de dégâts en choisissant une arme non améliorée !

Mon avis sur Mina the Hollower

Du reste, Mina the Hollower tient complètement ses promesses initiales. Le jeu se joue comme se jouerait un Zelda classique, en vue de dessus, tout en piochant des éléments de gameplay dans d’autres illustres inspirations. L’ambiance de chaque zone est réussie, nous faisant voir du paysage à chaque écran. C’est bien simple, Ténébrande regorge de secrets et de passages cachés à découvrir. Que ce soit un simple gisement d’os, une amélioration, un raccourci, ou encore une quête annexe entière : ça vaut toujours le coup de sortir des sentiers battus.

Côté direction artistique, comme signifié plus haut, c’est un sans-faute évident. Le pixel-art est somptueux, que ce soit les écrans ou les sprites des personnages. Le jeu se prête d’ailleurs naturellement très bien aux petits écrans, que ce soit sur Switch ou sur Steam Deck. La bande-son met la barre haut dès le début de notre périple, et ne semble jamais baisser en qualité. Et même si le jeu ne brille pas par son scénario, j’ai adoré l’écriture de ses PNJ bourrée d’humour parfois bien burlesque. Un aspect comique poussé à son apogée vers la fin du jeu, dans un procès d’intention complètement absurde.

J’ai déroulé les crédits de Mina the Hollower au bout d’une vingtaine d’heures, en prenant mon temps. On a envie de continuer à explorer, à se perdre, à affronter des boss spectaculaires, à escalader les générateurs de bluettes dans des séquences bonus dignes d’un Sonic rétro, à interagir avec son casting de PNJ loufoques. La meilleure solution ? Relancer sa sauvegarde en nouvelle partie + bien entendu ! Le jeu propose jusqu’à sept cycles de NG+ distincts, pour notre plus grand plaisir. Autant vous dire que je n’ai pas fini de retourner chaque lopin de terre de Ténébrande.

Pour conclure…

Malgré l’ombre des attentes colossales générées par Shovel Knight, force est de reconnaître que le pari est réussi : Mina the Hollower est une aventure unique, mémorable et hautement qualitative. Je pense même l’avoir préféré au titre emblématique de Yacht Club Games ! Pour peu que vous ayez grandi avec une Game Boy ou que vous soyez simplement fan de jeux d’aventures, vous pouvez foncer les yeux fermés.

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Direction artistique superbe

Le mulotage, toujours utilisé intelligemment

Gameplay varié et customisable

Haute rejouabilité

Les points négatifs

Le début de jeu peut donner une image du jeu plus rude qu’il ne l’est vraiment

Vous devriez Lire aussi
Speed Crew

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture