
La voilà enfin ! Après de longs mois de rumeurs, de spéculations puis d’attente, la relève de la Nintendo Switch débarque dans nos salons et nos mains. Alors, nouvelle console au concept innovant ou simple évolution de la génération précédente ? Ce n’est pas si simple. Mais voyons cela ensemble.
Form factor
Commençons par le plus simple, le form factor. Sans grande surprise, le concept de la première génération de Switch ayant très bien fonctionné, on retrouve sur la seconde génération le même principe. On a donc une console munie d’un écran et de manettes détachables ainsi qu’un dock, permettant à la fois le jeu portable et de salon. Bien que globalement le concept et la forme soient identiques, les dimensions, elles, ne le sont pas. Comparons avec le modèle de Switch le plus récent.
Nintendo Switch OLED : 102 mm x 242 mm x 13,9 mm.
Nintendo Switch 2 : 166 mm x 272 mm x 13,9 mm.
La nouvelle console de Nintendo est donc plus grande, et cela se voit clairement. On passe également de 320 grammes à 401, le tout sans les Joy-Cons. Mais ce ne sont pas les seuls changements.


Les caractéristiques
Outre la taille de la console, les specs ont bien évolué elles aussi. Évidemment, la puissance du processeur et la quantité de mémoire vive a augmenté, mais nous verrons cela quand nous regarderons les performances.
Ce qu’il faut retenir de différent sur la console en elle-même, c’est l’écran. En effet, Nintendo a clairement mis le paquet sur celui-ci, et ça explique grandement le prix de la console. Ainsi, nous passons d’un écran de 7 pouces / 720p sur la Switch OLED à un écran 7,9 pouces / 1080p sur la Nintendo Switch 2. Mais ce n’est pas tout ! Cet écran est aussi capable d’afficher jusqu’à 120 images par seconde (compatible VRR qui plus est) et HDR10. De quoi nous régaler les yeux.


Autres changements, on passe d’un stockage interne de 64 Go (32 pour la première version de la Switch) à 256 Go en UFS (même technologie de mémoire flash que sur les smartphones, très rapide), du WiFi 6, d’une batterie un peu plus grosse (5220 mAh contre 4310 mAh) et d’un port microSD Express. Ce dernier point est sensible car il n’est compatible qu’avec des cartes microSD Express, il faudra donc acheter de nouvelles cartes pour augmenter le stockage de la console.
Au menu des nouveautés, on note un micro monaural intégré ainsi qu’un nouveau port USB-C sur le dessus de la console.
Au niveau du dock, il y a aussi quelques changements. Déjà, il n’est pas compatible avec les Switch de première génération (et inversement, la Switch 2 n’est pas compatible avec les anciens docks). Ensuite, il dispose d’un port Ethernet (comme pour le dock de la Switch OLED) pour de meilleures performances réseau. Il dispose d’un petit ventilateur pour refroidir plus efficacement la console lors de longues sessions sur TV. Enfin, il est compatible 4K 60 FPS.
Les Joy-Cons 2
Les manettes ont bien évolué, elles. Première constatation : elles sont bien plus grandes qu’avant, et ça, ça va plaire à tous ceux qui se plaignaient de la petitesse de la première génération. Passons à un point très critique : les sticks. Ils ne sont plus à effet hall ! Si vous ne saviez pas, cette technologie rend les sticks beaucoup plus précis, mais c’est aussi le responsable du joy-con drift (qui existe aussi dans une moindre mesure sur les manettes des autres constructeurs aussi). C’est donc une très bonne nouvelle de savoir que Nintendo a décidé de changer de technologie pour éviter les déboires du passé.
Autre différence, les boutons SL et SR sont bien plus larges. Cela est rendu possible par le changement de technologie pour accrocher les Joy-Cons à la console. Si, avant, ils étaient fixés sur des rails, ils sont maintenant attachés magnétiquement. Et pas de soucis à se faire sur la résistance, en utilisation normale, tout tient parfaitement bien (on ne conseille évidemment pas de tenir fermement la console par un Joy-Con et de la balancer violemment pour voir si ça tient, ce n’est pas une utilisation normale, calmez-vous). Notons également 2 nouveaux boutons, un à l’arrière pour détacher le Joy-Con, et un autre à l’avant : le bouton C. Ce dernier servira pour une nouvelle fonctionnalité logicielle que l’on verra plus loin.


Enfin, la grosse nouveauté des Joy-Cons 2 : le mode souris ! Oui, vous en rêviez, Nintendo l’a fait. Une fois détachés, les Joy-Cons peuvent être utilisés comme des souris grâce à un capteur optique sur leur tranche. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais imaginez un instant jouer avec cette manette à un jeu de gestion ou de stratégie, tels que Two Point Museum ou Civilization 7… Oui ! Cela change tout ! À noter que le mode souris fonctionne très bien sur les vêtements tels que les jeans. Nintendo a par ailleurs annoncé un jeu de handi-basket utilisant les 2 Joy-Cons en mode souris en même temps, un pour gérer chaque roue du fauteuil. À voir sur le long terme les autres idées que trouveront les développeurs pour exploiter cette fonctionnalité de manière originale.
Les performances
Un point sensible pour beaucoup, alors que de nos jours, la performance brute ne fait pas tout, merci les nouvelles technologies ! Je vais m’expliquer.
Alors certes, le processeur est plus puissant et rapide, et dispose de nouveaux cœurs de calculs. Sans rentrer dans les détails, on passe d’une architecture nVidia GTX900 (donc la génération avant les GeForce 10×0) à une architecture RTX 30x (sachant que la dernière génération sur PC est la 50×0). C’est déjà un sacré bond. Le processeur sera épaulé par 12 Go de mémoire vive (contre 4 sur la Switch 1). C’est un peu juste, mais là aussi c’est nettement mieux. Bon, avec ça, on ne va pas se mentir, ça va être difficile de tenir la distance avec la PS5 et la Series X. Oui, mais c’est sans compter une technologie que Microsoft et Sony utilisent massivement aussi de nos jours : le DLSS (ou FSR chez AMD).



Le DLSS permet de générer une image en résolution basse et d’augmenter la résolution et les détails en 4K avec très peu voire aucune différence avec une image générée directement en 4K. Pourquoi faire cela ? Car cela nécessite beaucoup moins de ressources tout simplement. Cette technologie permet également de générer des images supplémentaires entre 2 frames, permettant par exemple de passer de 30 à 60 fps (ou plus) pour gagner en fluidité, toujours sans perte de puissance.
Au niveau de la batterie, on se retrouve un poil en deçà de ce que proposait la première Switch. C’est un peu dommage mais il fallait s’y attendre, surtout au vu des spécifications de l’écran. Car qui dit plus d’images par seconde dit plus de consommation d’énergie.
L’OS et les nouveautés logicielles
Ici, on ne sera absolument pas perdu puisque le système d’exploitation de la Nintendo Switch 2 est le même que sur la Switch 1. D’autant que certains changements sont déjà disponibles sur la première génération depuis fin avril, à savoir les cartouches virtuelles et l’icône pour accéder au Gameshare.
Voici donc une des grosses nouveautés logicielles de la Switch 2 ! En gros, GameShare permet de jouer avec vos amis en ligne en partageant votre jeu avec eux, sans qu’ils n’aient à le posséder. Si vous êtes joueur sur Steam, vous devez connaître la fonctionnalité Remote Play Together. Eh bien c’est la même chose mais chez Nintendo. Tout comme son homologue sur Steam, la fonctionnalité sera limitée aux jeux qui l’autorisent. Cela ouvre de belles perspectives pour certains jeux dont le multi était limité au jeu local (je pense à Boomerang Foo, qui est très marrant entre amis, mais qui n’a pas de online).


En plus de cela, il y a également le GameChat. Enfin un chat disponible chez Nintendo et sans passer par la case appli smartphone ! Cette fonctionnalité vous permettra de discuter avec vos amis, y compris en visio avec l’achat d’une caméra optionnelle, que ce soit pendant une partie online, une partie GameShare, mais aussi pour partager des moments sur des jeux solo. En parlant de la caméra, elle sera aussi utilisable dans certains jeux. Par exemple, sur Mario Kart World, on pourra voir une bulle avec la tête de nos amis au-dessus de leur kart et voir en temps réel leurs réactions. La mise à jour payante de Mario Party Jamboree pour Switch 2, qui est en fait un DLC apportant aussi du contenu supplémentaire, la caméra et le micro serviront pour de nouveaux mini-jeux.
Nintendo Switch Online : la Game Cube !
Enfin ! Après des mois / années de rumeurs et d’attente, voilà enfin la console virtuelle Game Cube ! La bonne nouvelle ? Si vous avez déjà le Nintendo Online avec le pack additionnel, vous l’avez inclus sans surcoût. Par contre, c’est exclusif à la Switch 2. Trois jeux seront disponibles dès le début, à savoir Zelda Wind Waker, F-Zero GX et Soul Calibur 2 (celui avec Link jouable). Comme pour les autres consoles virtuelles, d’autres jeux viendront enrichir le catalogue au fil du temps. Une manette Game Cube sans fil est également disponible à l’achat sur le site officiel de Nintendo.


On notera également que la puissance de la console permet aussi de petites améliorations de la console virtuelle Nintendo 64, c’est toujours bon à prendre.
Les cartouches et le line-up de lancement
Voici la liste des jeux disponibles dès le 5 juin :
- Arcade Archives 2 Ridge Racer
- Bravely Default: Flying Fairy HD Remaster
- Civilization VII
- Cyberpunk 2077: Ultimate Edition
- Deltarune
- Fantasy Life i: La Voleuse de temps
- Fast Fusion
- Fortnite
- Hitman World of Assassination
- Hogwarts Legacy
- Kunitsu-Gami: Path of the Goddess
- The Legend of Zelda: Breath of the Wild – Nintendo Switch 2 Edition
- The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom – Nintendo Switch 2 Edition
- Mario Kart World
- Nintendo Switch 2 Welcome Tour
- Nobunaga’s Ambition Awakening
- Puyo Puyo Tetris 2S
- Rune Factory: Guardians of Azuma
- Sonic x Shadow Generations
- Split Fiction
- Street Fighter 6 Years 1-2 Fighters Edition
- Suikoden I & II HD Remaster
- Survival Kids
- Yakuza 0 Director’s Cut
En plus de cela, il faut ajouter la presque totalité du catalogue Switch 1, puisque presque tout est compatible (98%, il y a une liste sur le site officiel de Nintendo). Si le jeu ne fonctionne pas, il devrait rapidement recevoir une mise à jour gratuite pour résoudre le souci.


Ajoutons encore que certains titres Switch vont recevoir ou ont reçu une mise à jour spéciale Switch 2 pour améliorer les graphismes et / ou la fluidité des jeux :
- Arms
- Big Brain Academy : Cerveau contre cerveau
- Captain Toad : TReasure Tracker
- Clubhouse Games: 51 Worldwide Classics
- Fantasy Life i: The Girl Who Steals Time (2,27€)
- Kirby’s Dream Buffet
- Kirby Star Allies
- L’atelier du jeu vidéo
- New Super Mario Bros. U Deluxe
- Pikmin 3 Deluxe
- Pokémon Écarlate/Violet
- Rune Factory: Guardians of Azuma (10€)
- Sid Meier’s Civilization 7 (9,99€, avec gestion du mode souris)
- Story of Seasons: Grand Bazaar (10€)
- Super Mario 3D All-Stars
- Super Mario 3D World + Bowser’s Fury
- Super Mario Bros. Wonder
- Super Mario Odyssey
- The Legend of Zelda: Breath of the Wild (9,99€ ou gratuite avec le Nintendo Online)
- The Legend of Zelda: Echoes of Wisdom
- The Legend of Zelda: Link’s Awakening
- The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom (9,99€ ou gratuite avec le Nintendo Online)
- Xenoblade Chronicles 3
Mine de rien, ça fait déjà pas mal de titres, même si la plupart ne sont pas de nouveaux jeux. Côtés cartouches, il y en aura de 3 types reconnaissables aux 2 premières lettres inscrites dessus :
- LB ne fonctionnent que Switch 2
- LP Game Key Cards (jeu à télécharger, mention sur la jaquette aussi)
- LN fonctionne sur Switch 1 et Switch 2 (Switch 2 Edition écrit sur la jaquette)
Impressions console en main (et en dock)
Alors déjà, la console est grande, et ça fait plaisir ! L’écran est très bon et lisible grâce à sa grande taille, permettant de profiter correctement de ses 1080p. Les manettes sont elles-aussi plus grandes, et c’est tant mieux pour nos mains. Malgré un poids un peu plus élevé, elle tient bien en main et je n’ai personnellement pas ressenti plus de fatigue que ça à la soutenir.
Sur la TV, la console tourne en 4k 60fps sans souci. Ayant pris le pack avec Mario Kart World, j’ai pu pleinement en profiter, et c’est beau et fluide. J’en ai aussi profité pour tester le mode souris : ça fonctionne super bien ! On peut naviguer dans les menus, cliquer sur les boutons, faire défiler avec le stick… la fonctionnalité est bien foutue, et fonctionne aussi sur un jean sans problème de glisse. Le micro détecte super bien le son pour faire du vocal, même en étant à 3 ou 4 mètres de la console, donc là aussi du bon. Je n’ai pas pu tester la caméra, je n’en ai aucune en USB chez moi, ni le GameShare / GameChat, n’ayant pas de contact l’ayant activé lors de l’écriture de ce test.

Côté manettes, l’attache magnétique est très puissante, il sera a priori impossible de les détacher en tirant un peu dessus, il faudra vraiment le vouloir. Les attacher et les détacher est très satisfaisant, assez curieusement, c’est plaisant. Enfin, des dragonnes sont livrées avec. Elles permettent non seulement de ne pas les lâcher involontairement lors d’un mouvement un peu ample, mais aussi et surtout à ajouter des patins pour améliorer la glisse en mode souris.
Autre très bon point : l’eshop. Il a été refait et est totalement réactif ! Cela change vraiment énormément par rapport à celui de la première Switch. On retrouve aussi des menus plus accessibles, et la possibilité de n’afficher que les jeux en promotion dans la liste de souhait, pratique.
Un petit point négatif quand même. Sans doute fait-il trop chaud chez moi, mais j’ai trouvé que la console chauffait beaucoup dans son dock, malgré le ventilateur intégré. Après une partie de Mario Kart World, elle est un peu chaude, mais surtout le ventilateur de la console était à fond et bruyant. À voir sur le long terme et hors été si le problème est toujours aussi flagrant.
Conclusion
Avec la Nintendo Switch 2, Nintendo repart d’une bonne base pour en améliorer le concept et le pousser un petit peu plus loin, intégrant des éléments que l’on avait pu déjà voir sur la Wii U (la caméra, en option achat à part) et la DS/ 3DS (le micro). Les choix technologiques sont bons et permettent de bons résultats graphiques sans utiliser du matériel trop cher.
On pourra reprocher le prix un peu élevé, mais ce serait oublier que la console a un écran, contrairement aux autres plateformes, et un très bon en plus, et aussi l’inflation qui touche malheureusement tous les constructeurs, quel que soit le domaine. En prenant en compte tout cela, le prix est plutôt logique. En revanche, le prix des jeux est vraiment élevé. On sent un alignement avec Sony et Microsoft, ça se comprend d’un point de vue coût du développement des jeux de nos jours, mais la pilule passe mal côté joueurs, surtout quand on voit des studios indé vendre des jeux tels que Clair Obscur: Expédition 33 nettement moins cher… On verra sur le long terme, sinon les promotions régulières aideront.

Si vous aimez les jeux Nintendo et que vous voulez pouvoir jouer aussi à d’autres titres sur la TV et en mode portable, la Switch 2 devrait vous conquérir assez facilement. Et si vous êtes aussi fans de city-builder / stratégie / gestion, le mode souris sera la goutte d’eau pour faiblir totalement.
La console est disponible depuis le 5 juin 2025 à partir de 439€ seule ou 499€ en bundle avec Mario Kart World.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Gestion des dernières évolutions graphiques
L’écran technologiquement au top
Les joy-cons 2 et le mode souris
GameShare / GameChat
Rétro-compatibilité Switch 1
Console virtuelle Game Cube
Les points négatifs
Le prix élevé des jeux
Des mises à jour de jeux Switch parfois payantes juste pour augmenter un peu la résolution et stabiliser le framerate
Batterie un peu faible même si cohérente par rapport à la puissance délivrée et à l’écran




