
Lies of P : Overture est le DLC très attendu par les fans du sous-like inspiré de l’histoire de Pinocchio. Un bon prétexte pour ajouter du contenu au jeu de base déjà excellent. Le DLC est disponible depuis le 6 juin sur PlayStation 4 & 5, Xbox One et Series, et sur PC.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Retour vers le passé
Lies of P conserve à ce jour sa couronne de meilleur action RPG « souls-like” à mes yeux. Beaucoup ont essayé d’imiter la formule qui a fait couler tant d’encre depuis Demon’s Souls. Mais rares sont ceux qui ont réussi à maîtriser le genre comme NEOWIZ l’a fait il y a deux ans. Mieux encore, le jeu se permettait même de faire mieux que ses sources d’inspiration sur de nombreux aspects qualité de vie.

C’est donc en terrain conquis que Lies of P : Overture se présente à nous par cet été ardent. Ironique, puisque les événements de ce DLC se passent par un hiver enneigé à Krat. Un hiver qui a aussi la spécificité d’être… Le passé ? Après avoir interagi avec un Stargazer mystérieux, notre protagoniste P est propulsé dans un environnement boisé froid et hostile. Très vite, nous arrivons face au zoo de Krat.


Impossible, murmure notre compagnon Gémini, car le zoo a brûlé lors du soulèvement des marionnettes. Et pourtant, le bâtiment est intact, si on fait abstraction des visiteurs massacrés. Sans parler des animaux, visiblement mutés d’une manière qui n’est pas sans rappeler les carcasses rencontrées à Krat. Notre enquête nous poussera vite à nous faire une raison : nous sommes bien dans le passé.


Accessibilité ? Si on veut…
Un passé qui n’est pas plus tendre que le jeu de base, bien au contraire ! Accessible à partir du chapitre 9 du jeu de base, la difficulté de Lies of P : Overture est pensée pour les joueurs aguerris. Le moindre ennemi de base frappe fort, très fort. Le nouveau statut Gel combine les malus de la décomposition avec un ralentissement notable de notre marionnette. Et bien sûr, le placement des ennemis sait continuer à nous surprendre au pire moment.


Lies of P : Overture est l’occasion pour NEOWIZ de proposer deux modes de difficulté alternatifs pour leur jeu. Le mode de base, désormais qualifié de “Rôdeur légendaire”, s’accompagne de deux modes plus faciles. Ne pensez pas que le mode le plus bas soit une promenade de santé pour autant. Si le jeu de base devient nettement plus abordable, le DLC reste ardu. C’est bien simple, j’ai refait une partie pour ce test en mode facile pour aller plus vite. Une fois arrivé au DLC, j’ai dû aller vérifier dans les options si la difficulté était toujours en facile, tant l’écart était notable !


Que cette difficulté ne soit pas décourageante pour autant. Car à mes yeux, Lies of P : Overture transforme l’essai avec brio. Les ajouts multiples sont si qualitatifs que je le comparerais sans hésiter à l’importance qu’a le DLC de Bloodborne pour son jeu de base. Des ajouts sur lesquels je vais revenir plus en détail dans les paragraphes suivants. Au menu : des boss épiques, de nouvelles armes formidables, et des révélations de lore poignantes.
30 millions d’ennemis
Parlons bestiaire tout d’abord donc. Lies of P : Overture est jonché de nouveaux adversaires, de toutes catégories. On retrouve bien sûr nos marionnettes, nos carcasses et nos alchimistes habituels. Mais on croisera également le fer avec des animaux sauvages dopés à l’Ergo. Gorilles, kangourous, éléphanteaux et même crocodiles : une vraie ménagerie se dressera sur le chemin de P. Heureusement, notre parade résiste même aux assauts de crocs et de griffes les plus sauvages, tant que le timing reste parfait !


En ce qui concerne les marionnettes, le passage par une fête foraine ambulante sera l’occasion parfaite de renouer avec l’ambiance du jeu de base. L’occasion de faire la rencontre d’une PNJ attachante, mais aussi de participer à des épreuves. Lancez l’émote pas de danse, et les marionnettes danseuses du carnaval se joindront à vous. Un parfait répit avant de retourner explorer les recoins plus sombres de la région.


Lies of P : Overture multiplie ainsi les moments plus sombres. Exit les environnements exotiques et familiers du zoo et de sa serre, le complexe des alchimistes se veut claustrophobe et intimidant. La mine d’où provient l’Ergo semble descendre sans fin dans les profondeurs. Jusqu’à émerger sur ces magnifiques aurores boréales de la côte, parsemée de navires échoués. Les panoramas de Lies of P : Overture savent bluffer.


Combats pour la postérité
Les affrontements de boss ne sont pas en reste. Notre premier adversaire notable est un énorme crocodile dont les assauts effrénés nécessitent toute notre concentration. Et ce n’est là que le début des problèmes. La marionnettiste Markiona réussit l’exploit d’être un très bon “gank boss”. Éviter les pirouettes de sa marionnette puis ses attaques alchimiques n’est pas de tout repos. Et pourtant, je n’ai jamais ressenti de frustration comme sur le Duo sanctechair d’Elden Ring. En seulement deux boss, j’étais déjà convaincue de la qualité des combats à venir.


Sans tous les spoiler verbalement, les boss suivants sont tous d’excellente facture. Lies of P : Overture gère un peu mieux ses affrontements multiphases que son aîné dans l’ensemble. Sur certains boss, c’était tout simplement logique et nécessaire de voir une phase deux s’enclencher ! Qui plus est, comme notre P est au sommet de son art, aucun de ces challenges ne semble découler d’un écart de niveau ou de préparation. Les compositions qui accompagnent ces duels sont, évidemment, toujours dantesques.


Difficile de ne pas mentionner le combat final, qui est un vrai défi. Il est possible de le faire seul ou épaulé par Léa, une Rôdeuse NPC qui sert de fil rouge à notre intrigue. Au vu des enjeux de lore, j’ai adoré me lancer dans ce combat à ses côtés. Pour autant, ne comptez pas sur elle pour triompher à votre place ! Ce boss n’est pas là pour plaisanter, et trop de parades imparfaites vous laisseront exsangues. Un challenge à la hauteur des meilleurs Rôdeurs de Krat.
Mensonges sans fin
Et pour celles et ceux qui n’auraient pas eu assez de challenge, pourquoi ne pas tenter une marche de la mort ? En interagissant avec le Stargazer de l’Hôtel Krat, il est désormais possible de refaire la plupart des boss majeurs de Lies of P et de Lies of P : Overture. Des affrontements où nous sommes maîtres de la difficulté, mais aussi de l’enchaînement. Car les plus aguerris pourront choisir un enchaînement de boss à tomber d’affilée, sans répit !


Heureusement, Lies of P : Overture n’est pas un simple prétexte à rendre le jeu plus difficile. C’est surtout une bonne occasion pour les chasseurs de lore de reprendre du service. Comme souvent avec les voyages dans le temps, nous savons déjà comment les choses se finissent, mais sans connaître le déroulé. Qui étaient vraiment Roméo et la fameuse Rôdeuse légendaire ? D’où provient le schisme entre les alchimistes ? Autant de questions qui trouvent des éléments de réponse ici.


Finir le DLC aura également pour conséquence d’altérer certains éléments du jeu principal. Rien de majeur néanmoins, surtout que l’accès se fait presque à la fin de Lies of P. Pour prendre un exemple, nous sommes amenés à visiter l’Hôtel Krat avant son ouverture. Ainsi, donner un collier à clochette au petit chaton malicieux du passé aura peut-être un effet sur le chat adulte de l’hôtel du présent… Et surtout, les armes débloquées peuvent être un très bon prétexte à tenter un new game + avec de nouveaux jouets.


Mon avis sur Lies of P : Overture
Les armes ajoutées dans Lies of P : Overture justifient presque à elles seules l’achat du DLC. On tombe très tôt sur un arc délicieusement utile, surtout pour neutraliser les bombardements à distance. J’ai adoré le concept du Chevalier Pâle, une grande épée doublée d’un pistolet explosif. Les amateurs de gunblade de Final Fantasy seront aux anges ! P se dote également de deux nouveaux bras de légion pour l’occasion. Le canon de chasse est redoutable à courte portée. J’ai cependant préféré le bras Icarus et ses lames boomerang avec mon build.


Lies of P : Overture ajoute également son lot de cosmétiques à débloquer pour notre protagoniste. Si vous rêviez de porter les tenues de la Confrérie des Lapins noirs depuis deux ans, sachez que c’est enfin possible via une quête annexe d’exploration. Et si c’est plutôt les statistiques brutes votre passion, l’organe P peut être boosté davantage dans le DLC. Moyennant du quartz, il sera possible de renforcer certains groupements d’effets.


Du reste, pour 30 euros, il faudra compter une bonne douzaine d’heures pour voir le bout de Lies of P : Overture. Une durée de vie qui peut s’allonger selon votre degré d’exploration. Bien que toujours linéaires, les environnements proposent néanmoins des embranchements purement optionnels. L’occasion même de tomber sur la forme juvénile d’un boss que j’ai adoré détester dans le jeu de base ! Une étrange manière de boucler la boucle… Ou bien de la commencer ?
Lies of P : Overture est la cerise sur un gâteau déjà exceptionnel. Mieux encore, cette cerise parvient à raviver tout l’intérêt que j’ai pu porter au jeu il y a déjà deux ans. Rares sont les productions qui parviennent à planter leur étendard aussi fièrement aux côtés de leurs inspirations, sans avoir à en rougir. Et pourtant, NEOWIZ l’a fait pour la deuxième fois d’affilée. Si vous aimez les jeux Soulslike, Lies of P et Lies of P : Overture sont des incontournables avérés.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
La variété d’environnements à explorer
Le bestiaire étoffé
Des boss mémorables
Les armes ajoutées
L’épilogue (ou prologue ?) parfait
Les points négatifs
L’équilibrage de difficulté du DLC, peut-être un peu décourageant
Mon cœur brisé suite à la quête de Rosaura…




