
S’il y a bien un studio dont je surveille les sorties de près, c’est le studio polonais 11 Bit Studios. C’est par exemple de leurs cerveaux qu’est sorti l’incroyable The Alters, jeu que j’ai personnellement adoré ! Mais c’est également eux qui ont édité des titres tout aussi intéressants (et que j’ai également beaucoup appréciés) tels que Indika, The Thaumaturge, ou encore The Invincible. Après tous ces bons moments, il était temps pour moi de me plonger dans une nouvelle pépite du studio, et cette fois, je vous invite à me suivre dans le second opus d’une série très appréciée (et on comprend pourquoi une fois qu’on y a joué) : Frostpunk 2.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
A Song of Ice and Fire
Frostpunk 2 se déroule 30 ans après le premier volet, dans une ère glaciaire où a eu lieu un hiver volcanique. Petit rappel : Frostpunk premier du nom sort en 2018. Comme pour ce second opus, les choix moraux et l’aspect narratif y étaient omniprésents (on retrouve d’ailleurs cette cohérence et les valeurs du studio dans le choix qu’il fait de verser une partie de ses revenus à des ONG humanitaires). Cette fois, nous sommes choisis pour diriger La Nouvelle Londres, avec ses habitants, ses ressources et ses conflits. Notre mission principale est de faire appliquer des lois, et prendre des décisions, pour permettre la survie de la colonie pendant l’Enfer Blanc, période de l’année où les températures sont particulièrement basses, et où la survie et la gestion de la chaleur des logements (ou de la nourriture) sont primordiales. Accrochez-vous car il est temps de prendre des décisions !

Cold Cold Heart
Frostpunk 2 est un jeu de gestion, de survie, et de construction de ville à la fois exigeant et profondément humain, qui met en avant l’aspect narratif, les choix moraux impactants ainsi que des choix politiques controversés. Le jeu possède un mode histoire (celui que j’ai testé), mais également un mode bac à sable, qui nécessite de se familiariser avec les mécaniques de gameplay et l’identité de la licence avant de s’y plonger. Pour ma part, je découvrais la série avec ce titre, je me suis donc cantonnée au mode histoire, sans aucun regret. Ce mode se divise en cinq chapitres, dont un prologue qui fait office de tutoriel et d’explications des nombreuses mécaniques qui s’exercent au sein de ce jeu. La structure de chaque emplacement est identique d’une colonie à l’autre.


En effet, pour survivre, les habitants vont choisir de développer des campements, des villes, etc. Cela autour de gigantesques chaudières, elles-mêmes alimentées par des combustibles (charbon, vapeur, pétrole). Autour de ces chaudières, il faudra y placer les logements, mais également des bâtiments plus logistiques d’extraction de ressources alimentaires ou autres… Comme dans The Alters, nous pouvons apercevoir les différentes ressources mises à notre disposition sur la map. Différentes étapes seront nécessaires pour arriver à extraire la ressource, et chacune de ces étapes coûte elle-même plus ou moins cher. Heureusement, le jeu nous guide à travers différentes quêtes à accomplir pour ne pas être livrés totalement à nous-même. C’est pourtant le sentiment que j’ai eu face à toutes ces notions très complètes, poussées et variées, qui m’ont valu de tâtonner un moment avant de bien m’imprégner des mécaniques de Frostpunk 2.


Mais, paradoxalement, j’ai vite trouvé que cela ajoutait une dimension RP intéressante. Me sentant moi-même démunie ou perdue à certains moments, je pouvais pleinement m’immerger dans le ressenti du personnage que l’on incarne dans le jeu, lui-même perdu face à toutes les choses qu’il doit gérer, et surtout des décisions parfois cornéliennes qu’il doit prendre. Notre personnage n’est pourtant pas seul, et sera secondé par différentes factions, chacune porteuse d’une valeur morale (équité, mérite, technologie…), à la manière des différents alters de Jan Dolski dans The Alters. Et, encore une fois comme dans The Alters, il sera impossible de satisfaire tout le monde tout le temps. Préparez-vous à jouer au politicien et à glisser des pots-de-vin et autres promesses pour essayer de convaincre au maximum les différentes factions de vous soutenir.

Dans le cas contraire, la confiance générale que l’on vous porte va décroître, et la tension générale va quant à elle augmenter, pouvant parfois aller jusqu’à des actions fortes comme des manifestations (dans le meilleur des cas…). À vous alors de la jouer finement pour essayer de rétablir un certain équilibre. Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’aucune solution n’est parfaite, le système de morale étant assez tranché. Cela permet de faire des choix en conscience, mais également de voir les répercussions que vos décisions vont avoir sur la population du jeu.

C’est, pour ma part, quelque chose que j’apprécie énormément dans les jeux narratifs, car cela pousse à la réflexion et à l’introversion. Frostpunk 2 met à notre disposition un menu appelé “L’Arbre des Idées” dans lequel différentes recherches pourront être menées pour améliorer les conditions de vie de notre ville, mais également les choses qui peuvent être mises en place afin d’augmenter le rendement, l’exploration, etc.

Ces recherches peuvent être menées au nom d’une des factions, ce qui montre que vous leur vouez un intérêt particulier et favorise les relations entre elles et vous. Certains bonus seront passifs quand d’autres débloquent des bâtiments spéciaux à construire sur le site. Dans le même esprit, nous aurons également “Le Conseil”, qui est un rassemblement de membres importants des différentes factions, et nous-même en tant que dirigeant. Ce conseil, pour sa part, se focalise sur les lois à mettre en vigueur pour gérer ce beau petit monde. Au fur et à mesure de l’avancement du jeu et des problématiques rencontrées, une loi devra être votée pour légiférer cet aspect qui n’existait pas jusque-là. Pour chaque proposition de loi, différentes variantes vont être proposées, chacune soutenue par une ou plusieurs factions. À nous de choisir celle qui correspond le plus à notre ligne politique choisie.

Chaque recherche prendra un certain temps avant d’être étudiée, à l’instar des lois proposées qui prendront elles aussi un certain temps avant qu’il soit possible d’en proposer de nouvelles. C’est alors que l’on arrive dans le cœur de Frostpunk 2 : parlons de la gestion du temps… Les choses sont dites dès le départ : le temps presse. Il faut construire rapidement pour chauffer les populations. Pour cela, il faut trouver assez de combustible, et donc de la main-d’œuvre à nourrir, à loger, etc. Mais dans le froid qui sévit à La Nouvelle Londre, chaque minute, chaque seconde compte. C’est pourquoi le jeu propose soit de pouvoir laisser le temps s’écouler “normalement”, soit faire des avances rapides, soit faire une pause pour bénéficier d’un moment de réflexion (et croyez-moi, cela va arriver). Cette mécanique du jeu achève de rendre Frostpunk 2 à la fois très réaliste, très prenant, et très galvanisant.



Snow Fiercer
Graphiquement, Frostpunk 2 est vraiment très beau. Les visuels sont sobres, simples, parfaits pour le propos tenu par le jeu et les enjeux qui en découlent. J’ai beaucoup aimé pouvoir zoomer sur certaines zones pour y voir les différents travailleurs, ou la population vaquer à ses occupations. Le design des mécaniques, des machines, la saleté qui en émane est vraiment présente, et on sent à travers les graphismes la rudesse de la vie des PNJ du titre.

Les images d’illustrations sont hyper poussées dans leurs détails et leurs effets de textures, rendant l’univers très palpable et très crédible, en plus d’être également très chiadé en termes d’esthétique, de couleurs, et d’atmosphère. Le sound design du jeu est également un petit bijou de perfection. On sent qu’à chaque son, quelque chose “qui compte” a lieu. Que ce soit le bruit sourd d’une notification qui nous informe de l’état d’âme d’un PNJ, ou de celui lorsque l’on construit un bâtiment. On sent à travers ce son que chaque étape compte et qu’elle a des conséquences.


Ce que j’ai le plus apprécié, ce sont les annonces de propagande dans le micro pour annoncer à La Nouvelle Londre les actualités, c’est réellement ce qui finit de compléter la personnalité du titre. Bien entendu, on ne peut pas parler du son sans parler de la musique, exceptionnelle, et composée par Piotr Musiał, qui avait également fait la BO de The Alters, mais également celle de l’excellent DLC de The Witcher 3 : Blood and Wine. Les thèmes seront ici épiques et forts, on y ressent toute la tension et l’espoir de ce qui se joue sur notre écran.
Frostpunk 2 est l’un de ces jeux marquants où chaque petit détail est travaillé jusqu’au bout. Que ce soit dans les mécaniques de jeu particulièrement riches, variées et stimulantes, dans l’esthétique générale qui combine beauté atmosphérique, textures et rudesse industrielle, ainsi que le rendu, parfait, de ce froid mordant qui nous menace constamment, ou encore que ce soit dans l’installation des ambiances sonores qui allient sound design aux petits oignons, compositions musicales envoûtantes et réalisme environnemental, le jeu est une nouvelle véritable pépite de 11 Bit Studios à ne pas manquer !
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Exigeant et complexe
Diversité des différentes mécaniques
Ambiance générale du jeu
Choix moraux impactants
Musique et sound design
Les points négatifs
Beaucoup de notions à intégrer dès le départ




