
Dystopicon est un simulateur de vie dystopique qui invite le joueur à expérimenter un quotidien dans un monde où les robots travaillent à notre place, et où tous nos faits et gestes sont regardés, analysés et contrôlés par le gouvernement. Le jeu a été développé et édité par Palitroque et est sorti le 27 juillet 2026.
Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.
Citoyen de seconde classe
En lançant notre partie de Dystopicon, on est accueilli par une sobre lettre envoyée par La Trinité, le gouvernement de ce monde, qui nous explique que l’on vient tout juste d’être promu au rang de citoyen de seconde classe et qu’on peut donc sortir du Camp de Civisme Communautaire pour rejoindre notre appartement de fonction et commencer notre nouveau travail. Et c’est suite à ce message et à notre installation dans notre nouveau chez-nous que le jeu commence.
Notre nouvel emploi est simple : il suffit de regarder la télé mise à notre disposition pour gagner de l’argent. Selon la chaîne que l’on regarde, on gagnera plus ou moins d’argent et notre jauge d’amusement augmentera ou baissera. On se servira ensuite de cet argent pour utiliser une des installations de notre logement, comme le lit, le frigo, la douche… Qui permettront de faire remonter une de nos autres jauges, à savoir la faim, le confort et la santé.


Si une de ces barres se vide, c’est le Game Over immédiat et on reçoit une lettre de Trinité pour nous prévenir que l’on est mort et que notre appartement sera donc donné à quelqu’un d’autre.

Un jeu narratif aux nombreuses fins
Un des gros points forts de Dystopicon est sa manière de raconter le fonctionnement de son univers et son régime politique de plusieurs manières différentes.
Les modes de narration
Un premier exemple de cela est la lettre quotidienne que nous envoie chaque jour Trinité pour nous tenir au courant de nos résultats et de l’actualité, ou nous donner de nouvelles directives. Ces messages avec en titre “La Vérité” et qui se terminent par le slogan “Justice et Travail !” sont remplis de sous-entendus menaçants et autoritaires qui donnent une très bonne idée du fonctionnement du régime et de notre place dans ce dernier.


Mais notre appartement lui-même peut nous en apprendre plus sur le monde. Pour commencer, dans la pièce principale, on retrouve une machine d’euthanasie automatique qui nous permettra, comme son nom l’indique, de “mettre fin à nos jours si on souhaite offrir notre chance à un autre citoyen”. Ce qui donne l’image d’un univers dans lequel la vie d’un individu n’a en elle-même aucune valeur. Mais ce n’est pas la seule chose intéressante de notre logement. On pourra également y retrouver des témoignages de l’ancien citoyen de seconde classe qui habitait ici. Je ne spoilerai pas son histoire, mais elle est assez choquante quand on comprend le fond et amène encore une fois beaucoup de contexte et de profondeur à l’histoire. On peut également regarder par la fenêtre pour voir ce qui se passe, ce qui est visuellement résumé par une courte bande dessinée, et explorer le bâtiment par les ventilations afin de voir ce qu’il se passe dans les autres appartements.



La dernière manière d’en découvrir davantage cet univers est en parlant à nos voisins. En effet, même si nous, on n’a pas le droit de sortir, certains peuvent venir toquer à notre porte pour nous parler, nous faire des propositions, nous en apprendre plus sur le monde…

Vers différentes fins
La plupart de nos décisions, que ce soit lors des dialogues avec d’autres personnages ou quand on choisit d’obéir ou non aux directives du gouvernement, vont faire changer notre valeur de “qualification de citoyenneté”, statistique qui définit si on est obéissant ou non et si on est un bon citoyen ou non. Et toutes les quatre semaines, on est évalué selon cette dernière, et le résultat est généralement soit le maintien dans notre classe actuelle, soit une promotion vers une classe plus élevée de citoyenneté, soit, si on est trop dissident, un passage plus ou moins long dans un “camp de rééducation”, afin de s’assurer que nos intérêts coïncident bien avec ceux du gouvernement.

Chacune de ces zones ou presque fonctionne de manière semblable, avec une télé au centre, et différents objets interactifs pour tenter de subsister ou en apprendre toujours plus sur le monde. Et certaines, selon les choix que l’on fera, nous permettront d’atteindre une des 14 fins de Dystopicon. Des fins toutes différentes (ou presque) qui nous apprennent le plus souvent encore de nouvelles choses.


Des lenteurs de gameplay
Il y a peu de choses qui m’ont vraiment déplu dans Dystopicon, il y avait quelques légers bugs mais rien de très handicapant pour jouer. Et c’est presque excusable, puisque le jeu vient de sortir et que ce sera donc, je l’espère, rapidement réparé.
Néanmoins, de vraies lenteurs de gameplay m’ont davantage embêtée. En effet, chaque phase du jeu est assez longue, cela prend quatre semaines en jeu entre chaque évaluation, et généralement vers le milieu de chaque phase, les voisins ou autres personnages arrêtent de venir nous parler, et ça rend tout de suite le jeu bien moins intéressant car il ne se résume quasiment plus qu’à essayer de maintenir nos quatre jauges vitales le plus haut possible, et on ne sort plus vraiment de notre routine. Mais ces lenteurs de gameplay peuvent être justifiées dans le sens où il est normal en prison de ne pas s’amuser, et le thème de l’isolement et de la lutte contre l’ennui de notre personnage est abordé dans le jeu. Malgré tout, même si c’est intéressant narrativement parlant, cela peut être un réel frein à l’expérience car c’est juste trop long.
Aspect artistique
Pour ce qui est de l’aspect visuel de Dystopicon, je trouve que les bandes dessinées et autres panels 2D sont très réussis. Ils sont colorés, saisissants et s’intègrent parfaitement dans l’histoire. Mais j’aurais tendance à dire que les designs 3D sont juste corrects, ce n’est pas moche, mais ce n’est pas incroyable non plus. Cependant, cela ne dérange en aucun cas l’expérience.


La musique d’ambiance est sympathique et les effets sonores sont bien réalisés également.
Mon avis sur Dystopicon
La toute première fois que j’ai joué au jeu, je n’ai honnêtement pas été vraiment convaincue. Je ne comprenais pas grand-chose à ce qui se passait et ça m’énervait plus qu’autre chose. Mais en commençant à m’imprégner du lore et de l’univers, j’ai trouvé cette expérience vraiment intéressante et unique, et j’ai fini par prendre du plaisir à chercher à atteindre les différentes fins.
C’est donc un jeu qu’il ne faut pas s’attendre à comprendre dès le début, mais qui saura vous intriguer si vous lui donnez sa chance.
Dystopicon est un très bon simulateur de vie dystopique, qui arrive bien à raconter son histoire en profondeur grâce à ses nombreuses fins et à ses personnages, et ce malgré quelques lenteurs de gameplay.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Plusieurs fins possibles
Une histoire prenante
Les points négatifs
Un gameplay relativement lent




