
Deathground est un jeu d’horreur coopératif pour 1 à 4 joueurs. Le jeu est développé et publié par Jaw Drop Games. Il est actuellement en early access sur PC depuis le 7 octobre 2025.
Cette preview a été réalisée sur une version PC fournie par l’Éditeur.
Présentation
Si le nom du studio Jaw Drop Games ne vous dit rien, c’est tout à fait normal car Deathground est le premier jeu de ce studio indépendant anglais. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet est très (trop ?) ambitieux pour ce nouveau studio.
Présenté en juillet 2020, le studio passe par un Kickstarter pour engranger plus de fonds afin d’améliorer encore plus le jeu. Un certain intéressement de la part de la presse et des joueurs se fait sentir et pour cause : le studio propose un jeu Jurassic Park d’horreur avec des inspirations comme Dino Crisis et surtout Alien Isolation (pour le comportement des dinosaures).
Forcément, la hype commence à monter et Deathground s’annonce comme un futur grand hit. Normalement, le jeu devait sortir en Early Access lors du troisième trimestre de 2021 mais celle-ci a été annulée et le développement a continué jusqu’en 2025. Et c’est en octobre de cette année que le jeu est enfin sorti en Early Access.
Maintenant, la question que tous ceux et celles qui attendent le jeu se posent : est-ce que le jeu vaut le coup ? La réponse est mitigée comme nous allons le voir au cours de cette preview.
Gameplay
De la coop horrifique
Deathground est donc un jeu de coopération horrifique pour 1 à 4 joueurs. Pour commencer, le mode 1 joueur peut être oublié tout de suite car rien ne s’adapte au nombre de joueurs. Exemple typique du problème : devoir appuyer sur 4 boutons quasi simultanément (1 seconde entre chaque), pratiquement impossible malheureusement.
Le jeu vous propose d’incarner 6 personnages différents, enfin plutôt des archétypes (chasseur, soigneur, scientifique…) et chacun d’entre eux a le choix de l’objet de “classe” qu’il peut utiliser lors de la mission. Ceux-ci sont au nombre de 4 : le détecteur de mouvement permet de détecter les dinosaures proches de vous, le fusil aux balles anesthésiantes qui permet d’endormir un dinosaure pendant quelques trop courtes secondes. Les 2 autres sont : le système de hacking qui permet de contourner les systèmes informatiques et enfin la trousse de soin qui, comme son nom l’indique, permet de soigner ses petits camarades de mission.


Vous l’aurez compris, il est de bon ton de bien se répartir les objets clés au début de la mission et d’éviter de partir avec 4 fusils par exemple…
Des missions trop peu nombreuses
Au moment de l’écriture de ce test, il existe seulement 3 missions jouables (la 4ème servant de lieu d’entraînement) dans 3 environnements différents : une grotte volcanique, une forêt remplie de fleurs vénéneuses et un laboratoire de recherche.


Chaque mission reprend les mêmes codes : votre équipe doit s’infiltrer pour enquêter sur la situation ou bien récupérer un objectif. Au fur et à mesure de l’avancée, vous aurez à actionner des interrupteurs, ramasser des objets, etc. Le tout en évitant de servir de dîner aux dinosaures peuplant les niveaux.


Vous avez créé des raptors ?
Véritable point central de la communication du studio, Deathground se veut doté de dinosaures horrifiques tant dans leurs comportements que dans leur aspect.
Autant le dire tout de suite : oui, le peu de dinosaures que nous sommes amenés à croiser est bien modélisé et correspond aux standards actuels de ce que l’humanité sait sur eux. Bien que cela demeure nettement inférieur aux vidéos que Jaw Games Studios nous avait montrées.
Le comportement est beaucoup plus problématique. Les dinosaures ne sont pas des bêtes intelligentes et qui s’adaptent aux comportements du joueur. Tant que vous restez en dehors de leur champ de vision, tout va bien. Les dinosaures suivent un tracé prédéfini et ne s’en écartent que si vous faites du bruit (inconsciemment ou non). Une fois repérés, ils vous traquent jusqu’à la mort à moins d’arriver à se cacher sous un meuble ou dans un casier sans que le dinosaure ne vous voit, ce qui est difficile car le dinosaure va plus vite que vous-même si vous sprintez.
Mais j’ai eu l’impression que leur comportement est totalement aléatoire mais pas dans le bon sens. On est à des années-lumière du xénomorphe dans Alien Isolation. Si les développeurs veulent faire de leurs dinosaures des chasseurs craints et respectés, il y a encore beaucoup de travail de ce côté-là. Plusieurs fois, il est arrivé que des dinosaures se retrouvent coincé derrière une chaise ou une porte ouverte (comme illustré ci-dessous).

Les 2 points qui gâchent le plaisir !
Les files sont vides !
Certes, le jeu est en early access, ce qui limite le nombre de joueurs présents sur les serveurs de jeu. Mais, en moyenne, je n’ai pu lancer une partie dans de bonnes conditions (avoir une équipe complète) qu’une seule fois en plus de 6 heures de jeu, après quasiment plus de 30 minutes d’attente à ne rien faire. La file d’attente prenant toute l’Europe et jouant en début de soirée, je pensais pouvoir trouver plus facilement des teammates. Hélas, la réalité est bien plus cruelle, sur la page Steam du jeu, d’autres joueurs se plaignent que le jeu est vide de joueurs et beaucoup ont jeté l’éponge.
C’est dommage pour un jeu multijoueurs, surtout de collaboration, de ne pas pouvoir jouer dans de bonnes conditions.
Le club des 4 muets et sourds
Voilà, en ce qui me concerne, LE gros point négatif de Deathground : l’absence de toute forme de communication avec les autres joueurs in-game. Du lobby lors de la création de l’équipe à la fin de la mission, AUCUN MOYEN DE DISCUSSION N’EXISTE DANS LE JEU ! Comment voulez-vous mener à bien des missions qui demandent de la coordination, de la précision et de la réactivité à chaque instant ? C’est tout simplement impossible !
Alors on me dira qu’il existe des solutions pour pallier ça : Teamspeak, Discord et d’autres. Mais ça, c’est bon pour quand vous jouez avec des amis ou des gens réguliers. Deathground vous fait jouer avec des inconnus… Franchement, cela m’a fait péter des plombs car c’est très très frustrant de voir ses partenaires faire n’importe quoi et de ne rien pouvoir leur dire du tout.
Sur Steam, un des développeurs a mentionné l’idée d’un chat de proximité sur lequel le studio serait en train de travailler, mais ce n’est pas leur priorité du moment.
Direction artistique
Graphismes
En ce qui concerne les graphismes, je suis plus que divisé pour Deathground. Les différentes vidéos montrées par le studio étaient vraiment splendides. Mais une fois le jeu en main, il faut se rendre à l’évidence que ce n’est plus la même limonade. Pourtant, c’est monnaie courante dans les trailers et la communication des studios, on devrait en avoir l’habitude.
Les environnements sont, pour l’instant, vraiment réduits au nombre famélique de 4 (forêt, volcan, usine, laboratoire). De plus, ceux-ci ne sont pas du tout inoubliables, c’est du basique et du déjà-vu. On a vraiment l’impression de jouer sur des consoles d’ancienne génération.



Par contre, les dinosaures sont beaucoup mieux lotis. Ils sont beaucoup plus détaillés et impressionnants (surtout les plus grands que l’on peut croiser). L’équipe de design a fait un travail intéressant et a tenu à faire en sorte de respecter les dernières découvertes en matière de paléolithique. C’est pourquoi le jeu propose des dinosaures à plumes (que l’on peut enlever dans les options), qui sont une découverte relativement nouvelle mais encore contestée par certains milieux scientifiques. Malheureusement, il est très difficile de prendre des screenshots corrects étant donné que si les dinosaures vous voient c’est quasiment le Game Over assuré…


Bande sonore
S’il y a un point sur lequel le travail accompli est remarquable, c’est bien sur l’ambiance sonore. Même s’il n’y a pas de musiques à proprement parler, sauf quand vous êtes coursés par un dinosaure, le bruitage de tout ce qui nous entoure est particulièrement bien réalisé, surtout pour la spatialisation. Limite, on pourrait se repérer et se diriger avec les bruits environnementaux.
Un exemple typique : les alarmes qu’il faut éteindre en appuyant sur un bouton réparti dans les niveaux. Il est parfois plus aisé de se repérer à l’oreille tellement le design sonore est aux petits oignons. Une totale réussite permettant une immersion de tous les instants tellement le moindre bruit va vous faire frissonner, sursauter, ou au contraire respirer !
Deathground, en l’état actuel, fait l’effet d’un soufflé au fromage qui se recroqueville sur lui-même à peine servi. C’était l’annonce d’un truc titanesque mais tout retombe à plat et c’est déprimant. Les promesses des développeurs ne sont, pour l’instant, pas respectées : jeu au contenu famélique, features manquantes, soucis d’optimisation… Au bout de 5 ans de développement, cela fait quand même beaucoup de manquements. En l’état actuel des choses, je ne peux pas vous conseiller de vous jeter à corps perdu sur l’early-access, mais plutôt de patienter, comme moi, jusqu’à une sortie définitive pour lui donner une seconde ou une première vraie chance de faire ses preuves. Messieurs les développeurs, la balle est dans votre camp !
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Les différents dinosaures présents
L’ambiance sonore
L’horreur et l’angoisse bien exploitées
Les points négatifs
Graphismes en jeu pas folichons
L’IA des dinosaures n’est pas évoluée
Pas de communication in-game
Objectifs des missions pas clair
Trop peu de missions (3 actuellement)
Pratiquement impossible de jouer tout seul (alors que le jeu le permet)
Pas assez de joueurs sur les serveurs actuellement
Pratiquement impossible de monter une équipe avec des joueurs random




