Darkest Dungeon II

Darkest Dungeon II est un jeu développé et édité par Red Hook Studios, sorti sur PC en mai 2023 sur PC et le 15 Juillet sur PS4/5, Xbox Series, et Nintendo Switch

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Darkest Dungeon II : Dans la lignée du premier opus ?

Ah, Darkest Dungeon, quel chef-d’œuvre de l’année 2017 ! Quasiment le GOTY si on me demande mon avis : une DA magnifique (lisez Lovecraft !), une réalisation dingue, un concept novateur et une difficulté complètement aberrante à vous faire retourner votre bureau, envoyer voler votre manette voire même insulter les mamans. Red Hook Studios avait trouvé la formule magique du jeu vidéo quasi parfait. Rendu disponible sur pratiquement tous les supports, le jeu fut un succès commercial, critique, et joueurs, c’est vous dire !!

Red Hook studios est donc le studio de développement et l’éditeur de Darkest Dungeon. C’est donc tout naturellement qu’après ce succès colossal, ils décidèrent de sortir un second opus. Celui-ci est sorti en Mai 2023 sur PC et enfin sur PS4/5, XboxOne/Series, et Nintendo Switch le 15 Juillet 2024.

À première vue, n’importe quel studio, faisant une suite de leur PREMIER jeu, se contenterait de reprendre les éléments du premier, d’améliorer un peu le gameplay, on écrit une nouvelle histoire et hop ça roule, on enchaîne un second succès en donnant aux joueurs ce qu’ils réclament à grand prix de passion, de joie et d’allégresse !!

ALORS POURQUOI NE PAS AVOIR FAIT CELA RED HOOK STUDIOS ????????? POURQUOI AVOIR CHANGÉ LA FORMULE MAGIQUE??? TRAHISON !!! DISGRÂCE !!!

Noxy, testeur un « peu » énervé

Vous l’aurez compris, Red Hood Studios a décidé de changer son fusil d’épaule pour ce second opus… Après avoir lancé le jeu en n’ayant RIEN vu avant pour ne pas me spoiler quoi que ce soit, et après une quinzaine d’heures de jeu environ, que vaut-il ? Eh bien pour être honnête, si on fait abstraction du fait qu’il est la suite de Darkest Dungeon, ce n’est pas si mal que cela. Mais laissez-moi vous conter une histoire avant d’en dire plus

Histoire

Un scientifique connu sous le nom de l’Universitaire a fait des expériences avec une force obscure appelée la “Iron Crown”. Malheureusement, tout a très vite dérapé et la puissance obscure a créé une sorte d’Alignement de la planète plongeant celle-ci dans le chaos et la folie. Tout ceci a permis à la force obscure de pénétrer notre monde. Quant à l’Universitaire, il se retrouve bloqué dans une boucle d’événements sans fin qui se répète sans cesse.

L’Académicien, qui n’est d’autre que le mentor de l’Universitaire, le retrouve et lui donne la Flamme de l’Espoir et lui apprend que la seule façon de résoudre tout ce bazar est d’amener cette Flamme au cœur de la montagne.

Il se met donc en route pour la montagne, non sans avoir recruté des héros croisés en chemin de la Vallée, première zone sur la longue route qui l’attend dans ce monde souillé par la corruption et la folie…

Petite analyse

Une pure histoire de Dark Fantasy comme Red Hook Studios nous avait proposés dans le premier opus. De ce côté-là, la lignée est bien poursuivie. Des démons, des cultistes, des abominations, des bandits, etc. Vous l’avez compris, nous allons encore une fois avoir un monde très fortement inspiré des Mythes et légendes de Cthulhu (Lisez Lovecraft !) et ce, pour notre plus grand plaisir. Bref, que du bonheur. 

D’autant plus que, cerise sur le gâteau, chaque héros aura son propre passé à explorer et à accepter. En plus d’ajouter du contenu au gameplay, cela permet également de consolider le lore de Darkest Dungeon II ! Du tout bon de ce côté-là… Mais qu’en est-il du gameplay de ce nouvel opus ??

Gameplay

Même en faisant abstraction du premier opus de la série, cela va être difficile de ne pas les comparer un minimum. Là où le premier nous proposait de construire un village afin de nous aider entre les aventures, où ce premier opus nous permettait d’explorer des dizaines de donjons avec leur environnement dédié (forêt, châteaux, grottes, …), et surtout nous proposait la mort permanente de nos héros durement montés en niveau au prix de myriades d’efforts (et d’un peu de chance)… Ici, rien de tout ça ou presque, mais à la place nous avons une diligence… Oui oui, vous avez bien lu, mais laissez-moi développer mes propos. 

La diligence

Première et énorme nouveauté dans Darkest Dungeon II : fini la liste du dessus, bienvenue à la diligence !! Qui dit voyage vers une montagne dit forcément chemin et qui dit chemin dit moyen de locomotion bien sûr !! Celle-ci vous permet de parcourir les différentes zones en parcourant leurs routes plus ou moins sûres en ces temps démoniaques. Chaque zone est composée de routes et d’embranchements permettant de choisir la direction que vous voulez emprunter mais toujours en avançant. 

Arrivez au bout de la route, un évènement, obligatoire ou non, vous sera proposé. Cela peut aller d’aider des malheureux laissés pour compte sur le bord de la route, à exterminer des monstres ou des animaux féroces, ou explorer la tour d’un magicien dément, etc.  Chaque évènement viendra avec son lot de difficultés mais aussi de récompenses qui vous permettront de faciliter votre mission.

À la fin de chaque zone, une auberge vous y attend afin de vous proposer quelques menus services indispensables, mais aussi vous permettra de choisir la prochaine zone de votre voyage. Pesez bien le pour et le contre car chaque zone présente des difficultés spécifiques qui peuvent s’avérer plus ou moins redoutables en fonction de la composition de votre équipe. 

Du Rogue-like à la place du dungeon crawler…

Exit le dungeon crawler à la Darkest Dungeon, place au rogue-like purement et simplement à la sauce Lovecraft. Ce qui veut dire que les runs vont être nombreux et que les premiers temps, il sera pratiquement impossible d’avancer tant la difficulté est présente. Mais Darkest Dungeons II a tout prévu pour nous : les bougies de l’espoir

Quand votre équipe meurt, vous perdez tout ce que vous avez accumulé lors de votre partie (consommables, équipements, progression, etc) MAIS vous gardez néanmoins vos bougies de l’espoir ! Celles-ci vous permettent de débloquer des améliorations permanentes tels que des nouveaux héros (ou bien de les améliorer de façon permanente), des pièces de rechange ou d’amélioration pour votre diligence, des équipements dont vous pourrez vous équiper dès le début, et plein d’autres choses que je vous laisse découvrir. Sachez juste que, plus vous accomplirez d’objectifs demandés et/ou irez de moins en moins dans les zones, plus vous gagnerez de bougies. Donc on fait attention à son stock et on le dépense PRÉCAUTIONNEUSEMENT, d’accord ?  

Après avoir vu la partie gestion, abordons maintenant la pierre angulaire de cette série : la Baston !

La Baston

Véritable nerf de la guerre et cœur de ce jeu : les combats. Ceux-ci sont au tour par tour et en 2d. Les joueurs du premier opus ne seront pas dépaysés car c’est pratiquement la même à quelques “détails” prêt. 

Les combats sont toujours tendus, aucun d’entre eux n’est gagné d’avance tant il y a de difficultés et de paramètres à prendre en compte. Déjà la composition de votre équipe est d’une importance CAPITALE, sinon vous courez au casse pipe assurément. Avec plus de 10 héros différents et de différents archétypes, vous devrez n’en choisir que 4, alors autant bien réfléchir avant, car en changer sur la route sera très difficile (sauf en cas de décès). 

Les capacités de chaque héros ne peuvent toucher (ou soigner) qu’en fonction de leur place dans la composition (4e ligne ou bien devant) mais aussi de la position des ennemis dans leurs propres formations. Placez bien vos unités sous peine de vous exposer à de grosses défaites, mais rassurez-vous le jeu se fera un plaisir, par pur élan de sadisme, de parfois les mélanger juste avant le combat…

En lisant certaines capacités, on se rend compte que certaines peuvent être améliorées si, par exemple, une autre capacité d’un autre héros a mis un débuff Combo sur un adversaire. Ce genre d’interaction est à prendre absolument en compte également. Par exemple : prendre un héros qui n’a pratiquement que ce genre de capacités mais ne pas prendre un autre héros pouvant poser ce débuff ne va que vous compliquer la vie (Croyez-en mon expérience lors de mon troisième run…).

D’autant plus que le nombre d’altérations positives et négatives qui peuvent arriver lors d’un combat est délirant : empoisonnement, brûlure, saignement, étourdissement, esquive, évasion, etc. 

Darkest Dungeon 2 - Altérations

Ne stressez pas les amis sinon la folie vous emportera

Ajoutez à cela une valeur à gérer en plus de vos points de vie : le Stress. Celui-ci s’accumule en fonction des actions de vos héros lors des évènements mais également en fonction des capacités utilisées par vos ennemis. Une fois le chiffre fatidique de 10 atteint, votre personnage sera testé sur son courage et là, deux choses peuvent se produire, la Crise ou la Détermination (nous sommes dans un jeu référence à Cthulhu, n’oubliez pas, lisez Lovecraft !). Si la Crise l’emporte, votre personnage gagnera un débuff permanent du genre “ne veut plus soigner” ou “refuse d’être en première ligne” et perdra une très grande quantité de points de vie. Si la Détermination l’emporte, votre héros gagnera un bonus permanent du genre “se soigne de 1 PV en frappant” ou “+2 en vitesse”, le tout en gagnant moults points de vie ! 

La difficulté de tordus

Il faut savoir que Darkest Dungeon II est un jeu extrêmement dur, qui ne vous fera aucun cadeau, et qui se fera un malin plaisir de vous persécuter à coup de techniques retorses, de coups critiques BEAUCOUP plus fréquents pour vos ennemis, et plein d’autres choses encore. C’est simple, on croirait un mauvais MJ sadique envers ses pauvres joueurs qui ne demandent qu’à s’amuser. 

Entendons-nous bien, ce n’est pas du DS ou Elden Ring non plus, mais c’est encore plus frustrant de mourir sur un quatrième coup critique de vos ennemis que sur Malenia car là votre skill n’entre pas du tout en compte… Frustrant et plein de sel, mais n’est-ce pas là ce que nous cherchons, nous autres mortels dans un monde tourmenté et malade comme celui de Darkest Dungeon II ??

La réalisation : l’enfer de la manette

La réalisation est pour moi excellente à un petit détail prêt : la manette.
Tout d’abord, je tiens à indiquer que je n’ai rencontré aucun bug, ni ralentissement dans mes différents runs de Darkest Dungeon II. À la hauteur de son aîné, Red Hook Studios a fait un excellent travail

Mais jouer à ce genre de jeu sur console présente quasiment à chaque fois le même problème : l’ergonomie

Sur un PC, avec le nombre de touches disponibles sur le clavier, il est beaucoup plus simple d’accéder à certaines informations (touche P pour les personnages et leurs fiches, la touche F1 pour plus d’infos sur les caractéristiques, etc) et de sélectionner ce que l’on veut avec la souris. Mais sur Switch, ce n’est pas du tout la même limonade qui nous est servie… On perd énormément de temps à trouver quelle touche fait quoi, sans parler des combinaisons du style : Maintenir ZL puis naviguer avec les touches directionnelles et ensuite bah rien pour voir plus en détail les capacités ennemies par exemple… Cela s’amenuise peut-être avec l’expérience mais quand même au début, c’est un peu la galère.

Direction artistique

Musique de folie

Dans un jeu tel que Darkest Dungeon II n’espérez pas trouver de la musique de joie ou de bonheur. Ici, tout n’est que désolation et mort. Et la musique composée par Stuart Chatwood ne fait pas exception à la règle. Musique d’ambiance à la mélodie angoissante, musique de combat grave et pesante. Rien n’encourage le joueur dans cette OST. Tout y sublime la mort, le désespoir, la fragilité, etc. 

Stuart Chatwood nous livre ici une OST grandiose et magnifique. Je ne peux que vous encourager à la découvrir ici :

Graphisme de folie mentale

Darkest Dungeon II nous propose un aspect général dans la lignée de son grand frère, mais en mieux. Les décors sont plus fins, les sprites des héros et des ennemis sont animés, … Red Hook Studios a vraiment fait un excellent travail. Surtout Chris Bourassa qui est le directeur artistique et qui a aussi tenu le même rôle sur le premier opus. 

C’est un travail énormément inspiré de la Dark Fantasy au niveau du ton mature qui se dégage de l’ambiance générale du titre. Saupoudrez le tout avec l’imaginaire horrifique Lovecraftien et vous obtenez une patte graphique unique reconnaissable entre mille qui vous fera ressentir différents sentiments tels que le malaise, le dérangeant, le fameux “mais qu’est-ce que c’est que ce truc?” et bien sûr, la folie.

Pour conclure…

Que dire? Oui, ce jeu est génial, même s’il déboussolera les fans hardcore du premier au début. Mais laissez lui une chance, essayez-le au moins. Et si ce test a permis de donner à l’un d’entre vous l’envie de persévérer, alors je considérerai ma tâche comme accomplie… Pour les autres joueurs qui seraient tentés par l’aventure, je ne peux que vous encourager à l’essayer même si la difficulté est omniprésente. Un système de combat extrêmement rigoureux, une DA magnifique, une bande son pleinement maîtrisée et une histoire de Dark Fantasy (lisez Lovecraft !) prenante. Un très bon jeu en somme même si par moment, quand on meurt, on jurerait l’entendre murmurer… ‘My name is Darkest Dungeon 2, game of games, Look on my works, Ye Mighty, and despair!’

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Un système de combat rigoureux

une DA magnifique

Une suite qui se renouvelle

Une bande son fidèle

Une histoire et un univers inspiré de Lovecraft

Durée de vie titanesque pour tout débloquer

Les points négatifs

difficulté colossale même si un peu moindre que le premier opus

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