
Parasol Stars fait son grand retour, une excellente nouvelle pour les amateurs des classiques des années 1990. Initialement sorti sur PC Engine en 1991 (contrairement à de nombreux autres épisodes de la série, il n’a jamais été vu en arcade), il a été adapté sur Amiga, Atari ST, NES et Game Boy en 1992. Ce titre emblématique de Taito est désormais disponible en version numérique sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et Switch, au prix attractif de 9,99 €. Une édition collector, conçue par Strictly Limited Games, est également prévue pour le 27 juillet 2024. De quoi voir la vie en couleurs ? Peut-être bien.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Tout est bon dans le dragon !
Il est inconcevable de parler de Parasol Stars sans prendre un moment pour évoquer ce que les journalistes spécialisés de l’époque qualifiaient de “cute games”. Ces « jeux mignons » ont su effectivement captiver des millions de joueurs, qu’ils soient de fervents passionnés ou occasionnels. L’éditeur japonais Taito, également créateur de Space Invaders, a marqué de manière indélébile l’univers des “cute games” avec une avalanche de hits qui n’ont pas pris une ride.


Deux jeux peuvent être considérés comme les précurseurs de cette famille chez Taito. Tout d’abord Chack’n Pop (1983), qui mettait en scène Chack, une créature jaune devant atteindre la sortie de chaque niveau en évitant les ennemis et en utilisant des bombes. Puis The Fairyland Story (1985), qui permettait d’incarner une sorcière capable de transformer ses ennemis en pâtisseries. Mais c’est l’immense Bubble Bobble (1986) qui se démarque particulièrement. Créé par Fukio Mitsuji, ce jeu né dans les salles d’arcade (et adapté sur toutes les machines de l’époque) raconte la quête de deux adorables dragons, Bub et Bob, partis sauver leurs petites amies kidnappées par un gros vilain méchant vraiment pas très sympa.

Le gameplay, basé sur des bulles que l’on utilise pour emprisonner les ennemis, l’univers naïf et la possibilité de jouer à deux ont contribué au succès phénoménal de ce titre. Le but ultime de monsieur Mitsuji était de faire venir les couples dans les salles de jeu, pour faire évoluer le public qui fréquentait ces lieux qui n’avaient pas toujours bonne réputation. D’ailleurs, il convient de faire le parcours en mode 2 joueurs pour avoir la vraie fin !

Fort de ce succès, Taito a continué sur cette lancée avec Rainbow Islands (1987), où Bub et Bob, redevenus humains, utilisent des arcs-en-ciel pour progresser. D’autres productions, telles que The NewZealand Story (1987) avec le kiwi Tiki et Liquid Kids (1994) avec l’ornithorynque Hipopo, ont suivi, reprenant la philosophie qui a fait le succès des cute games de Taito : un univers adorable, un gameplay accessible et addictif et une difficulté progressive (mais impitoyable lors des derniers niveaux).


Bubble Bordel
La chronologie et la classification des jeux de la saga Bubble Bobble peuvent prêter à confusion pour plusieurs raisons. Les titres et sous-titres des jeux varient souvent d’une région à l’autre, ne reflétant pas toujours avec précision leur place dans la série. Par exemple, Parasol Stars est sous-titré « The Story of Bubble Bobble III » sur PC Engine, mais « The Story of Rainbow Islands II » sur NES. De même, Bubble Bobble 2 sur Famicom (la NES japonaise) devient Bubble Bobble Part 2 sur NES. Pas simple ! Par ailleurs, la série Bubble Bobble a donné naissance à une série dérivée, Rainbow Islands, qui suit les mêmes personnages mais avec un gameplay différent.

Parasol Stars, bien qu’étant une suite de Rainbow Islands, rappelle davantage Bubble Bobble dans ses mécaniques, ce qui ajoute à la confusion entre les séries principales et secondaires. De plus, certains jeux Bubble Bobble ont d’abord été lancés en arcade avant d’être portés sur consoles, tandis que d’autres ont suivi le chemin inverse, compliquant ainsi la compréhension de l’ordre de sortie des jeux, avec des sous-titres contradictoires. Enfin, il ne faut pas non plus oublier les Puzzle Bobble (autrefois appelée Bust-a-Move en occident), le jeu de puzzle dans lequel on explose joyeusement des bulles.
Le coup du parapluie

Mais revenons à ce cher Parasol Stars ! Ici, nous contrôlons Bubby et Bobby, conservant leur forme humaine, comme nous avons pu le voir dans Rainbow Islands. Leur arme principale est un parasol qui est capable de servir de bouclier, d’étourdir les ennemis, de capturer des gouttelettes ou de projeter les adversaires (l’occasion de réaliser de jolis combos). Il peut également être utilisé comme parachute. Quatre types de gouttes, principalement à thème élémentaire, peuvent être attrapées et fusionnées pour obtenir une grosse goutte au pouvoir spécial.

Les niveaux sont truffés de bonus en tout genre, et c’est un bonheur d’en récolter à foison lorsqu’on se débrouille bien. Les objets qui donnent des points peuvent parfois être invisibles et il convient alors de projeter des gouttes ou des ennemis dans le décor pour les faire apparaître. Mieux encore : en effectuant la même action, on peut les récupérer à distance ! Une vie bonus est offerte en cumulant 100 000 points, et un crédit à 6 millions de points. De quoi motiver les férus de scoring.


Le parcours de nos héros les mène à travers diverses planètes, chacune dotée d’un thème unique. Chaque environnement est composé de sept niveaux, le dernier abritant toujours un boss. Le jeu comprend huit mondes principaux, mais pour le terminer complètement, il est impératif de découvrir une porte secrète dans le dernier monde en collectant trois objets Étoile. Cela permet d’accéder à deux mondes secrets, inspirés de Bubble Bobble et de Chack’n Pop.

En terminant ces deux mondes cachés, le joueur affronte le boss final, Chaostikhan, responsable du vol des couleurs dans les mondes et supposé être le cerveau des méchants du jeu précédent, menant ainsi à la véritable fin de Parasol Stars. Un parcours loin d’être de tout repos ! Dans le détail, les niveaux à défilement vertical de Rainbow Islands laissent place ici à des écrans fixes à la Bubble Bobble, bien que la progression dans le jeu élargisse parfois l’espace avec des salles qui s’étendent légèrement.

Visuellement, le style graphique charmant des cute games de Taito fait encore rage, intégrant de nombreuses références aux autres jeux de cette célèbre lignée. La bande sonore est également choupi, avec un thème principal efficace (et entêtant) et une mélodie pour les combats de boss qui reprend une variation du hit de l’été 1989, « Lambada » du groupe Kaoma. Pour l’anecdote, dans Rainbow Islands, on pouvait entendre certaines notes de « Somewhere Over the Rainbow ».



Beau, mais feignant

Pas de suspense : la qualité de l’émulation est impeccable. L’expérience est fluide, fidèle à la version PC Engine d’origine. Ce portage, supervisé par Taito (Pocky and Rocky Reshrined, Puzzle Bobble Everybubble!, etc.) et ININ Games (Panorama Cotton, Cotton 100%, etc.), propose en outre une multitude d’options et de cheats (rewind, vies infinies, invincibilité, sauts illimités, stages bonus automatiquement débloqués, etc.) pour rendre l’expérience la plus accessible possible. Car si les premiers niveaux sont relativement simples, la difficulté augmente rapidement et terminer les derniers mondes demandera beaucoup, beaucoup de pratique.


La maniabilité a également été améliorée, permettant des mouvements plus fluides avec le parapluie activé. Il est aussi très appréciable d’avoir un grand choix de filtres visuels, avec des options de personnalisation et de réglages précis, ce qui est pour votre serviteur l’un des points forts de cette version. Car il ne faut pas oublier que les graphismes de ces jeux étaient conçus pour prendre tout leur sens sur des écrans cathodiques. Il est cependant regrettable que le contenu se limite au jeu lui-même (dans sa version japonaise ou internationale) sans galerie d’artworks, documents d’époque ou autres bonus.

Parasol Stars: The Story of Bubble Bobble III est une excellente adaptation, offrant une expérience de jeu enrichie par des options modernes. Cependant, il manque des bonus comme des documents d’époque et autres contenus pour satisfaire les fans les plus dévoués. De plus, l’absence d’autres opus de la série en supplément est regrettable. Néanmoins, pour 9,99 €, l’achat reste très tentant pour les mordus de rétro et les amateurs des formidables cute games de Taito.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un classique toujours aussi prenant
Emulation de très bonne facture
Diverses options pour rendre le jeu plus facile
On peut toujours y jouer à deux !
Les points négatifs
Manque de contenu bonus
Un épisode ou deux en plus aurait été le bienvenu




