Pocky and Rocky Reshrined

Jaquette de "Pocky and Rocky Reshrined"

Forte de ma première plongée dans l’univers du shoot’em up avec Yurukill, j’ai voulu réitérer l’expérience en m’attaquant au remake d’un jeu sorti initialement sur Super Nintendo (Super Famicom pour les puristes) dans les années 90, j’ai nommé Pocky and Rocky Reshrined. Disponible depuis le 24 juin 2022 sur Switch et PS4, le titre nous propose une relecture de Pocky and Rocky premier du nom, mais également quelques surprises.

Tanuki veux jouer avec moi ?

Après avoir remis Rocky et sa bande sur le droit chemin, la jeune Pocky est retournée s’occuper de son temple et remplir ses devoir de miko. Elle est tranquillement en train de balayer quand elle voit accourir Rocky qui lui demande de l’aide. Apparemment, sa bande de Yokai, qui avait promis de se tenir à carreau, s’est mise à agir bizarrement et à s’en prendre à tout ce qui bouge. À peine Rocky a-t-il le temps d’expliquer la situation à la prêtresse que tout ce joli monde passe à l’attaque, envahissant le temple. Les deux compères n’ont d’autre choix que de se lancer dans la bataille pour découvrir les raisons de ce revirement aussi soudain qu’incompréhensible.

"Rocky" le tanuki est obligé de demander de l'aide à Pocky la miko

Après un petit bout de voyage, ils vont constater que les Yokais sont envoutés par un mystérieux personnage appelé Manteau Noir. Mais quelles sont les intentions de cet énigmatique ennemi ? Bien que l’histoire ne soit clairement qu’un prétexte dans le jeu original, dans Pocky and Rocky Reshrined, celle-ci a été revue et agrémentée d’éléments pour la rendre plus riche. Il est appréciable de passer d’un nemesis faisant le mal juste pour faire le mal à un adversaire possédant un background et des motivations un peu plus profondes (toutes proportions gardées, on n’est pas dans du NieR Automata non plus). De même, si les trois premiers niveaux sont des modernisations de ceux que l’on trouve dans l’original, les suivants sont des environnements originaux conçus pour coller au mieux à la nouvelle intrigue. La version 2022 est donc à 85% un nouveau jeu, ce qui est une excellente nouvelle.

Les "Yokais" se montrent de nouveaux agressifs

Miko, la crème de la crème

Pocky and Rocky Reshrined est le dernier épisode d’une série initiée en arcade en 1986, appelée Kiki Kaikai en version originale et développée par Taito. Sa suite Pocky and Rocky (KiKi KaiKai: Nazo no Kuro Manto au Japon) est sortie en 1992 sur Super Famicom avant de fouler le sol européen en 1993 pour alimenter la Super Nintendo. Cette première incursion sur console a été orchestrée par la société Natsume. Exit donc Taito, qui gardera tout de même la licence originale du jeu sous le coude. Si dans le premier opus (Kiki Kaikai) Rocky était l’antagoniste principal, dès Pocky and Rocky le tanuki passe dans le camp des gentils, en s’alliant avec la jeune miko pour sauver ses copains Yokais envoutés par le diabolique Manteau Noir.

Ayant bénéficié d’un succès relatif, Natsume a alors décidé de remettre le couvert en 1994 avec une suite nommée sobrement Pocky and Rocky 2, où la prêtresse et le yokai reprennent du service pour lutter contre un nouveau méchant. Notons que la saga a fait une timide incursion en 2001 sur GameBoy Advance avec Pocky and Rocky with Becky, titre oubliable et oublié rapidement. Toutefois, lorsqu’en septembre 2020 le remake tiré de Pocky and Rocky est annoncé, les nostalgiques du shoot de Taito se sont frottés les mains, d’autant que le studio en charge du développement comprend en son sein un certain nombre d’employés ayant travaillés sur le jeu original. Avec en prime la promesse d’un jeu incluant pléthore de nouveaux éléments, il n’en fallait pas plus pour que les fans s’emballent.

La première chose qui saute aux yeux dès le lancement de la production, c’est la qualité du pixel art qui, aussi bien durant les cinématiques que pendant les niveaux, en met plein la vue. Les animations sont fluides et, bien que modernisées, on retrouve ce style 16-bit qui a fait les beaux jours de la Super Nintendo. Niveau musique, rien à dire non plus puisque l’on retrouve Hiroyuki Iwatsuki, le compositeur historique de la série, en charge de donner un coup de jeune aux morceaux les plus connus de Pocky and Rocky. Un coup de polish bienvenu dont résulte un jeu kawaii et coloré mais avec une pointe d’humour que n’aurait pas renié son ancêtre Parodius.

Retrouvez notre test complet de Breakpoint ici

Yokai Watch

Au niveau du gameplay, on se retrouve avec un shoot’em up à défilement en vue de dessus avec des niveaux blindés d’ennemis à combattre. Votre but sera de détruire tous les obstacles sur votre route tout en collectant des bonus vous permettant d’augmenter votre puissance ou vos capacités. Attention, si vous perdez une vie, vous reprendrez le niveau au checkpoint mais vous perdrez toutes vos améliorations. Vous pourrez incarner jusqu’à cinq personnages : Pocky, Rocky, Ame-no-Uzume, Gozen Hotaru et Ikazuchi (uniquement dans le mode libre).

Écran de sélection des joueurs dans "Pocky and Rocky Reshrined"

Chacun de ces protagonistes, s’ils possèdent des attaques spécifiques, présentent des coups similaires. On retrouvera donc un bouton pour tirer, un autre pour le corps-à-corps (qui permettra également de renvoyer certains projectiles) et un bouton pour l’esquive. Il est aussi possible de réaliser des attaques spéciales en maintenant enfoncés les boutons de tir ou de corps-à-corps pour charger des coups puissants. Enfin, des bombes (dispersées dans les niveaux) se chargeront de faire le ménage chez vos adversaires, quand vous le souhaiterez, par simple appui sur le bouton adéquat. En ce qui concerne les modes de jeu, vous aurez le choix entre le mode histoire et le mode libre.

Si pour le mode histoire vous ne pourrez arpenter les niveaux qu’en solo, le mode libre vous proposera de revenir dans les différents environnements seul ou à deux (une fois que vous aurez débloqué le mode libre en terminant le mode histoire avec un score supérieur à 10 000). Pour chaque mode, vous pourrez choisir entre trois niveaux de difficulté : super facile (à débloquer), normal et difficile. Avec une durée de vie assez courte (comptez 2 heures pour finir un run en mode histoire) et malgré une difficulté importante, même en mode normal, une fois le mode libre refait avec chacun des cinq personnages il n’y aura pas vraiment d’intérêt à relancer le jeu encore et encore.

Chaque "personnage" possède sa propre palette d'attaque

Jeux de mains, jeux de vilains…

Après ma première confrontation avec un jeu mélangeant shoot’em up et visual novel, je me suis lancée le défi de recommencer avec un titre cent pour cent shoot. Je m’y suis aventurée, confiante en mes nouvelles capacités et conquise par les graphismes et la musique. Cependant, une fois dans les niveaux, il m’a fallu me rendre à l’évidence, je n’avais clairement pas le skill pour avancer dans le jeu. À commencer une longue période de défaites successives, à apprendre les patterns des boss pour progresser péniblement tout au long du mode histoire. Ce n’est qu’après avoir fini le scénario principal (avec l’aide d’un ami je l’avoue) que j’ai débloqué le mode libre, puis le mode super facile.

C’est à ce moment précis que j’ai redécouvert le plaisir du titre à refaire les différents environnements avec un deuxième joueur, ou en relançant le récit avec un niveau plus proche de mes capacités réelles. Si j’ai adoré l’univers et la proposition de Pocky and Rocky Reshrined, je ne comprends toujours pas cette idée bizarre de devoir débloquer le mode facile, quitte à perdre les joueurs les moins doués et / ou les moins patients en cours de route. Si encore il avait été possible de faire l’aventure avec un ami plus fort à ce genre de jeu, je ne dis pas, mais cette option uniquement disponible dans le mode libre est également à débloquer. Une erreur qui risque malheureusement de pénaliser le titre malgré ses qualités.

L'écran de continue dans "Pocky and Rocky Reshrined"

Découvrez notre critique de Yurukill: The Calumniation Games ici

Pour conclure…

En admettant que vous fassiez partie de ceux qui ont aimé Pocky and Rocky, que ce soit en arcade ou dans sa version Super Famicom, vous ne pourrez qu’applaudir des deux mains l’excellent travail d’adaptation et de modernisation du studio Tengo Project. Pour les autres, si vous ne craignez pas la difficulté de vous lancer dans un titre au niveau assez corsé dès le départ, c’est un très bon shoot à découvrir si vous aimez le genre. Enfin, si un niveau de difficulté élevé vous rebute et que vous savez d’avance que vous n’aurez pas la patience de perdre en boucle avant de pouvoir débloquer le mode facile, passez votre chemin, Pocky and Rocky ne fera que vous frustrer. Mais après tout, le plaisir de dégommer du Yokai ne vaut-il pas un peu d’efforts ?

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Le pixel art est sublime tant en jeu que dans les cinématiques

La musique est géniale et jamais entêtante malgré les longs moments que vous passerez à les écouter.

L’action reste toujours lisible malgré un grand nombre de sprites à l’écran.

Un gameplay au cordeau avec des attaques très bien équilibrées.

Les points négatifs

Une difficulté très ardue même en mode normal.

Le mode libre est à débloquer pour pouvoir jouer à deux en local.

Le mode super facile qui est également à débloquer.

L’impossibilité de pouvoir faire le mode histoire à deux joueurs.

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