Yurukill: The Calumniation Games

Ecran titre de  "Yurukill: The Calumniation Games"

Il arrive parfois, dans la vie d’un gamer, de tomber sur des ovnis vidéoludiques. Et Yurukill: The Calumniation games est de ceux-là. Sorti le 8 juillet 2022 sur Switch, PlayStation 4, PlayStation 5 et PC, ce mélange de shoot’em up (ou shmup pour les intimes) et de visual novel s’est révélé intrigant dès son annonce en septembre dernier. Avec Izanagi Games (World’s End Club, Death Come True) et G.rev (Strania, Kokuga) aux manettes, je ne pouvais pas le laisser m’échapper. J’ai donc pris mon billet en première classe et j’ai sauté dans le Yurukill Express.

Le jeu de la mort

Yurukill: The Calumniation Games commence lorsque Sengoku Shunju se réveille dans la cellule d’un bateau, un étrange collier autour du cou (c’est marrant, ça m’évoque quelque chose). Condamné à 999 ans de réclusion pour avoir causé la mort de 21 personnes, crime qu’il a toujours nié, il vient de passer les 10 dernières années de sa vie en prison.

Alors qu’il se demande ce qu’il fait là, Binko, une mystérieuse femme portant un masque de renard, apparaît pourdonner à tous les prisonniers présents des informations. Elle leur indique qu’ils sont en route pour Yurukill Land, un parc de loisirs insulaire dans lequel ils devront participer à diverses attractions.

Un seul prisonnier sera gagnant et le prix convoité est le moyen de prouver son innocence de façon incontestable (que celle-ci soit réelle ou pas d’ailleurs). Pour participer à ce jeu tordu, chaque prisonnier sera en équipe avec un « exécuteur », celui-ci étant une victime collatérale dudit prisonnier qui devra en fait choisir de le pardonner ou de l’exécuter. Ayant désormais la possibilité de prouver son innocence, Sengoku accepte de participer à ces épreuves dont la défaite signifie un retour en prison, voire la mort. C’est avec Rina Azami, seule survivante de l’affaire qui a envoyé le jeune homme derrière les barreaux, que notre héros va se lancer dans la bataille. Dommage pour lui, les quatre autres équipes sont elles aussi prêtes à tout pour l’emporter.

Gambling rule

Comme je l’ai déjà dit, Yurukill mise beaucoup sur son scénario, et ce n’est pas peu dire puisque la rédaction de ce dernier a été confiée à Homura Kawamoto, auteur de Gambling School. Quand on connaît un peu les œuvres du monsieur, on retrouve dans le titre d’Izanagi Games tous les thèmes chers à son cœur : un jeu tordu dont la victoire promet une récompense vitale pour les héros.

Le "passeport Yurukill" permet d'avoir des infos sur les protagonistes entre autres

Cela étant dit, il y a du beau monde au casting de la production puisqu’on retrouve au générique Shinsuke Umeda (Death Come True) à la réalisation, Hiro Kiyohara (Valkyria Revolution) au chara-design et Yuko Komiyama (Mega Man, Monster Hunter, Final Fantasy) à la musique. Inutile de préciser que l’habillage du titre est sublime, avec un chara-design superbe et des musiques de haute volée.

La "relation" entre prisonnier et exécuteur parfaitement résumée

Précisons d’ailleurs que les musiques, les graphismes, tout comme la diversité du gameplay m’a immédiatement fait penser à la série des Danganronpa. Mais ce n’est pas la seule influence de Yurukill puisque les phases où l’on doit convaincre les exécuteurs de son innocence en présentant la bonne preuve pour le faire douter rappelle beaucoup Ace Attorney (Phoenix Wright sous nos latitudes). En ce qui concerne les niveaux shmups, ceux-ci ont été réalisés par des spécialistes : le studio G.rev. Connus pour avoir officié sur Senko no Ronde et Under Defeat notamment.

Les phases de shoot'em up dans "Yurukill: The Calumniation Games"

Ils ont développé toute la partie shoot et ont optés pour rien de moins qu’un bullet hell (un type de shmup avec énormément de boulettes à l’écran). Enfin, il convient d’évoquer l’excellente prestation des comédiens japonais prêtant leur voix aux personnages, surtout pour l’actrice Yu Kobayashi qui incarne une Binko totalement déjantée avec brio. Ne vous inquiétez pas, le jeu est intégralement sous-titré en français pour que vous ne perdiez pas une miette de l’intrigue.

Tuer n’est pas jouer

En ce qui concerne le déroulement du jeu, rien de bien exceptionnel. Celui-ci est découpé en chapitres, chacun vous emmenant dans une attraction avec un couple détenu-victime différent. Après une saynète en ombres chinoises vous schématisant le délit censé avoir été commis par le criminel, l’attraction commence et il faudra chercher des indices dans le décor (en mode point’n click) et résoudre des puzzles grâce aux indices trouvés dans l’environnement. Une fois que vous aurez réussi à sortir de l’attraction viendra le moment du jugement Yurukill. Votre avatar se retrouvera sanglé à un siège RC qui le propulsera, en esprit, aux commandes d’un vaisseau.

Vous devrez tout d’abord répondre à quelques questions sur l’affaire que vous venez de traiter. Répondez correctement et cela pourra vous octroyer jusqu’à 30 vies en plus (en mode facile). Durant cette phase, vous devrez détruire vos ennemis sans vous faire toucher par leur tirs et profiter du combat contre le boss (votre exécuteur en l’occurrence) pour lui faire douter de votre culpabilité et l’amener à vous pardonner.

Si, au-delà de l’histoire, ce qui vous intéresse surtout ce sont les niveaux de shoot, vous avez la possibilité après avoir terminé le premier run de les refaire en ayant le choix des vaisseaux et du niveau de difficulté. Si vous êtes des vieux routards de la discipline, passez outre le mode easy qui ne vous procurera aucun challenge. Le mode normal est quant à lui bien équilibré. Mais pour un réel défi, il vous faudra lorgner du côté du mode hard, qui devrait vous donner du fil à retordre. En bref, de quoi bien prolonger la durée de vie du titre.

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Bienvenue à Yurukill Land

Moi qui n’ai jamais touché à un shoot’em up depuis que je joue aux jeux vidéos, il a fallu l’arrivée de Yurukill: The Calumniation Games et de son concept hybride pour que je me décide à me frotter au genre. Je le dis sans mal, j’ai plus été attirée par le côté visual novel / jeu d’enquête que par le côté bullet hell. L’histoire de ces prisonniers qui assurent avoir été accusés à tort est prenante et on reconnaît bien la patte d’Homura Kawamoto derrière cette intrigue complexe, aux implications multiples.

D’emblée, j’ai pris le parti de croire les prisonniers impliqués dans le récit, et ce fut un régal de les incarner tous (sauf un) tour à tour au cours des attractions qui leurs étaient consacrés. Cela dit, en lançant le jeu, je craignais que les phases de shoot ne soient excluantes. Heureusement, les développeurs ont pensé aux débutants comme moi avec un mode facile extrêmement permissif pour les novices du genre. Par contre, le niveau des énigmes et des puzzles à résoudre ne m’a jamais posé trop de problème (je n’ai dû utiliser les indices que quatre fois au cours de ma progression) et un peu plus de challenge à ce niveau-là ne m’aurait pas déplu.

Entendons nous bien, j’ai adoré arpenter Yurukill Land pour en apprendre plus sur les personnages et le destin qui les attendait, je n’ai d’ailleurs pas vu passer les onze heures qui m’ont été nécessaires pour boucler mon premier run. Même si j’ignore encore si je relancerais Yurukill autrement que pour refaire le mode histoire, j’espère que nous n’en avons pas fini avec la société Yurukill et que la conclusion du titre s’ouvrira sur une ou plusieurs suites, nous permettant éventuellement de revoir nos héros, pourquoi pas. Moi en tout cas, je signe de suite le formulaire d’inscription à la prochaine session !

Puzzle à résoudre dans "Yurukill: The Calumniation Games"

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Pour conclure…

Il est très difficile de définir une production comme Yurukill: The Calumniation Games, tant ses influences sont multiples et son gameplay touffu. Toutefois, cela peut être une force, permettant aux inconditionnels des shoot’em up de s’essayer au visual novel et inversement. Quel que soit le camp où vous vous situez, Yurukill mérite de faire partie de votre ludothèque, ne serait-ce que pour son scénario qui, à n’en pas douter, vous embarquera dès les premières minutes pour un tour de grand huit. Alors, vous bouclez votre ceinture ou pas ?

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une intrigue intéressante servie par un visual novel de toute beauté.

Les différentes phases de gameplay renouvellent l’intérêt à chaque chapitre.

Un doublage japonais au top du top rehaussé par des musiques collant parfaitement au jeu.

Les points négatifs

Pas franchement de challenge dans les énigmes.

Quelques ralentissements à déplorer sur PS5.

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