Sakura Wars

Sakura Wars est un visual novel disponible sur PlayStation 4. Le jeu est développé et édité par SEGA.

Une guerre contre les démons

Sakura Wars commence sur les chapeaux de roues avec un clin d’œil aux épisodes précédents. En effet, dès la première cinématique, une petite fille est attaquée par un démon puis secourue par une jeune épéiste qui n’est autre que Sakura Shinguji, l’héroïne des anciens Sakura Taisen (le nom de la licence au Japon). Le jeu se déroule pendant l’ère Taishō, une période de l’histoire nippone connue pour sa militarisation et son côté colonialiste. Le monde de Sakura Wars est en proie à une guerre contre les démons, les seuls derniers remparts sont les brigades armées de leurs mechas. Vous incarnez Seijurou Kamiyama, un ancien capitaine de la marine qui fut muté après un fiasco se déroulant sur son navire. Vous arrivez à Tokyo et êtes affecté au théâtre impérial en tant que capitaine de la brigade des fleurs sous les ordres de Sumire Kanzaki (un autre clin d’œil aux anciens opus de la licence). Votre travail sera donc de redonner ses lettres d’or à une brigade maintenant considérée comme la plus faible en gagnant le tournoi inter-brigades. Tout l’enjeu repose sur vos épaules car si vous échouez, la brigade des fleurs sera dissoute.

Un gameplay inégal

Sakura Wars se divise en deux parties. Tout d’abord, vous avez la partie visual-novel qui constitue 80% du jeu. Autant vous prévenir tout de suite, si vous n’aimez pas lire ou que vous n’aimez pas les animes « tranche de vie », ce jeu n’est pas fait pour vous. Alors oui, le jeu est long à démarrer, ça parle beaucoup et parfois pour pas grand-chose, mais l’écriture est d’une qualité indéniable. Tout d’abord par ses personnages, les protagonistes de l’aventure ont tous un caractère propre qui les rend attachants. De plus, au fil de nos discussions avec les filles, nous ressentons une véritable progression dans l’histoire des personnages. La narration du jeu a été pensée pour que le personnage de Seijurou Kamiyama soit acteur de l’histoire et non spectateur. En qualité de capitaine, il n’est pas seulement le supérieur hiérarchique de l’équipe, il fait également office de grand-frère et sera toujours présent pour soigner les petites blessures de la vie. C’est là d’ailleurs tout l’intérêt de Sakura Wars : vivre au sein d’un lieu constitué d’une majorité de filles. En tant que capitaine, vous les dirigerez au combat et, pour que votre petit groupe soit efficace, il faudra en connaître les membres. De ce fait, vous aurez énormément de discussions avec réponses à choix multiples qui, en cas de bonnes réponses, vous donneront des points de moral qui donneront un petit boost à votre équipe.

De plus, chaque brigade possède une base qui leur sert de couverture. Pour la brigade des fleurs, c’est le théâtre impérial dans lequel elle donne des représentations. Au début, c’est la catastrophe, les représentations sont risibles, les filles sont maladroites et n’ont aucune notion en comédie. Dans ce domaine aussi, Seijurou Kamiyama sera présent comme soutien et tentera d’aider afin que le théâtre retrouve sa gloire d’antan. Sakura Wars est une immense comédie romantique qu’il est agréable de parcourir, car ses personnages sont hauts en couleur, Sakura Amamiya par exemple est la fille rêveuse et très douce, Azami est une jeune fille qui se prend pour un ninja, Claris est un rat de bibliothèque et ainsi de suite. Tout naturellement, le jeu prête à sourire grâce à ses situations improbables, ses blagues en dessous de la ceinture, ses quiproquos amoureux et surtout la mignonnerie des filles de la brigade.

Je tiens néanmoins à notifier un petit point noir au tableau qui me dérange. Le jeu est doublé en japonais et sous-titré en français, mais toutes les scènes ne sont pas doublées. Parti de ce constat, vous vous retrouverez avec pas mal de textes à lire, ce qui brise un peu la dynamique du jeu. Il en va de même pour certaines scènes qui sont juste illustrées par un dessin, mais doublées. Le jeu est muni d’un superbe moteur graphique, mais aussi de très bons doublages, il est dommage de ne pas les utiliser tout le temps.

Sakura Wars

Ensuite, vous avez par moment des scènes de combat style action, on notera que la formule tactical-RPG a complètement disparu, ce que je trouve bien dommage car elle aurait pu entrer en adéquation avec le côté visual-novel. Lier des liens avec des filles afin de monter leurs statistiques en combat aurait été un choix judicieux, néanmoins il est à noté que le jeu comporte un système appelé LIPS qui vous permettra d’augmenter le moral des filles en tissant des liens avec elles. Cela dit, le côté action de Sakura Wars est très réussi, il permet d’introduire une finalité ou une ouverture à un chapitre en cours. Il faut comprendre que le côté action du jeu est secondaire, il n’est pas le genre principal du titre, il permet juste de justifier le scénario. Cela se ressent d’ailleurs, car les mechas ont une palette de coups assez limitée, les déplacements sont très rigides et le mapping n’a pas été pensé pour être optimal.

Un scénario lié à la sensibilité

La qualité du scénario de Sakura Wars est en adéquation avec votre sensibilité. Si vous aimez les animés tranche de vie ou que vous êtes le genre de personne à être ouverte aux autres, le scénario du jeu vous correspondra. Par contre, si vous n’aimez pas lire ou qu’apprendre à connaître les gens qui vous entoure n’est pas dans vos habitudes, vous trouverez de ce fait le scénario assez bateau et ennuyant. Le tournoi inter-brigades est une excellente idée au sein du scénario, car les rivaux sont charismatiques et on peut ressentir une réelle tension vis-à-vis de l’enjeu. La hargne, l’envie de réussir, la fierté, le courage, la volonté, sont autant de sentiments qui seront mis en avant. Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à parcourir Sakura Wars, car les personnages sont attachants et de nombreuses blagues viennent pimenter les longues phases de dialogues.

Le contenu secondaire

Sakura Wars possède peu de contenu dit « secondaire ». Vous aurez entre autres des quêtes secondaires mettant en scène les protagonistes du jeu, ce qui vous permettra de mieux les connaître. Des cartes sont cachées un peu partout et vous pourrez partir à leur recherche pour les collectionner. Et, pour terminer, vous pourrez affronter tout le monde dans des parties de Koi-Koi. Ce dernier est un jeu de cartes utilisant les règles du Hanafuda, où il faut faire des paires, appelées Yaku, selon certains critères comme les plaines, les rubans et bien d’autres qui vous seront expliqués en jeu. Ce contenu secondaire permet de laisser de côté la trame scénaristique sans pour autant pallier au dynamisme, car elles sont intéressantes à faire et permet de mieux cerner la psychologie des personnages.

Pour conclure…

Sakura Wars est une magnifique relecture. Les personnages sont mignons, attachants et souvent très drôles, ce qui fait que l’on aime suivre leurs aventures. L’appréciation du scénario se fera en fonction de la sensibilité de chacun, soit on aime, car on accroche, soit on va s’ennuyer et détester. Je regrette cependant que le coté tactical-RPG ait disparu au détriment d’un mode action mit au second plan. Le jeu est de ce fait un visual-novel très réussi parsemé de phases d’action qui le sont moins.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

De jolis graphismes

Très drôle

Personnages très attachants

Le jeu de Koi-Koi

La mise en scène

Les points négatifs

Le côté combat mit en arrière-plan

Très simple dans son approche

Les scènes non doublés

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